La Planète des singes : comment la nouvelle trilogie est devenue la saga la plus importante de son temps

Jacques-Henry Poucave | 4 août 2017
Jacques-Henry Poucave | 4 août 2017

Quand la Fox annonça son souhait de rebooter La Planète des singes, pas mal de dents ont grincé. Le film original demeurant un indéboulonnable classique et le remake de Tim Burton ayant globalement déçu, personne ne voyait d’un très bon œil l’arrivée d’une nouvelle version, surtout alors que le mouvement de franchisation et de récupération nostalgique qui bat encore son plein à Hollywood prenait son essor.

Pourtant, alors que vient de sortir le troisième volet de cette relecture attendue au tournant, force est de constater que la trilogie a bénéficié non seulement d’une excellente réception critique, mais d’un succès suffisamment important pour que le studio s’autorise à produire très rapidement trois films techniquement complexes, beaucoup plus exigeants et matures que l’ensemble des blockbusters contemporains.

L’occasion était donc trop belle de revenir sur les ingrédients qui ont fait d’un projet inquiétant une des plus singulières réussites récentes de l’industrie hollywoodienne.

 

Photo

La Planète des singes : suprématie 

 

CHANGER DE POINT DE VUE

Le vertige de l’humain découvrant soudain qu’il n’est plus l’espèce dominante, le choc concluant le premier film : tous ces ingrédients sont désormais des emblèmes de l’histoire du cinéma comme de la science-fiction, et les dupliquer semble nécessairement voué à l’échec.

L’excellente idée de ce reboot aura donc été de renverser le point de départ initial, non seulement en narrant l’avènement des singes au sommet de la pyramide de l’évolution, mais surtout en adoptant leur point de vue.

Car si cette trilogie laisse (du moins au départ) une place certaine aux personnages humains, ce n’est jamais leur cheminement, leur parcours, ou leur sensibilité qui constituent le cœur des enjeux. En changeant de point de vue, la saga renouvelle mécaniquement son contenu, mais nous propose une nouvelle lecture politique.

 

James Franco et Andy Serkis dans La Planète des singes : les origines 

 

Difficile en effet de ne pas voir dans ses questionnements sur l’altérité, sur ce qui fait la valeur de l’autre, de l’humain, sa dignité, une interrogation globale sur le rapport à l’autre. Des problématiques tout sauf anodines quand on est un film américain, pays en guerre depuis un paquet d’années un  peu partout dans le monde, et toujours pas en paix avec son histoire et ce qu’elle peut contenir de part d’ombre.

 

La Planète des singes : l'affrontement

 

DEFI TECHNOLOGIQUE

Si le remake de Tim Burton a prouvé avec une certaine classe que maquillages et trucages à l’ancienne étaient toujours capables de nous impressionner, la nouvelle trilogie de La Planète des Singes a réussi un sacré tour de force technique.

 

Andy Serkis

  

Si la performance capture n’a pas été inventée à l’occasion, loin de là, la trilogie l’a poussé dans ses derniers retranchements. Interactions extrêmement complexes entre personnages virtuels et réels, niveau de détails ahurissants, travail sur le photoréalisme qui esquive avec génie la « Uncanny Valley » (ou « vallée de l’étrange », quand le réalisme souligne paradoxalement les micro-défauts d’une image ou création artificielle) : les effets spéciaux de la saga comptent parmi les plus impressionnants aboutissements techniques de ces dernières années.

 

La Planète des singes : l'affrontement

 

DESSINER LE FUTUR

Alors que nombre de commentateurs s'inquiètent ouvertement d'une industrie où la performance technologique, l'illusion et le fond vert seraient potentiellement amenés à réduire la part d'art, d'orfévrerie et d'humanité, La Planète des Singes permet de garder un peu la tête froide. On se souvient des débats, légèrement ubuesques, qui ont accompagné la sortie de Rogue One : A Star Wars Story et sa résurrection de Peter Cushing. D'aucuns prédisaient déjà la disparition des comédiens, engloutis par l'ogre numérique.

 

Andy Serkis

 

Et pourtant, Andy Serkis est là (ainsi que ses collègues, notamment Toby Kebell) pour démontrer que les percées techniques sont autant d'opportunités de faire progresser, muter, le comédien de cinéma. Loin de le limiter l'avenir de l'artisan, La Planète des Singes trace la voie qui sera la sienne.

 

Andy Serkis

 

PLAISIR CINEPHILE

La Planète des Singes s’inscrivant dans une logique politique, qui revisite les tensions entre colons et natifs, il est logique que dans sa composition esthétique, les métrages s’inscrivent également dans un rapport historique au cinéma.

La Planète des singes : l'affrontement proposait une réflexion sur le western en général, dont il imitait les codes et les réinventait. Suprématie fait le double choix du récit mythologique (Les 10 Commandements) et du film de guerre classique (Le Pont de la Rivière Kwaï, Apocalypse Now, La Grande Evasion).

C’est évidemment un plaisir pour le cinéphile, et l’occasion de bâtir des connexions parfois inattendues entre des genres le plus souvent opposés.

 

Affiche française

 

 

commentaires

popeye
19/10/2017 à 20:37

très bon film à voir et à revoir avec une très bonne histoire et à voir se

film les singe se comporte beaucoup mieux que les humains et toute mes Felicitacions pour se film

HappyHand31
15/09/2017 à 07:11

Je vais peut-être paraitre vieux jeu, mais je préfère nettement les tous premiers opus avec Charlton Heston,... Cornélius et Zira. Certes les effets spéciaux n'ont rien de comparables avec les 3 derniers, mais il y a ce petit quelque chose dans les personnages que je ne retrouve plus. Et puis qui ne se souvient pas du choc ressenti par le spectateur, à la fin du 1er volet de la planète des singes, de la découverte sur la plage, de ce qui reste de la statue de la Liberté.

vercors
13/08/2017 à 11:19

Respecte la loi de gravité du cinéma où ceux perçus comme supérieurs doivent forcément être cruels racistes et méchants, quand ceux perçus comme dominés doivent forcément être dotés de qualités humaines, de tolérance et de bienveillance.
Dans la vie ce sont pourtant les plus évolués qui appliquent la justice et l'Etat de droit, et les moins qui sont cruels et intolérants. Le spectateur a besoin de son picotin d'avoine.

jimmy76
09/08/2017 à 14:20

Une trilogie quasi parfaite, une saga au niveau d'une trilogie dark knight ou the hobbit ou le seigneur des anneaux. Un der meilleurs film de cette années.

Dirty Harry
07/08/2017 à 14:08

Un ennui poli pour ma part. Plus intéressant techniquement que scénaristiquement où je rejoins Zanta sur les points soulevés. Je ne saisis pas tout le foin autour du réalisateur, qui sans être un tâcheron n'est pas non plus n'est pas le David Lean du genre...

Prometheus56
06/08/2017 à 19:49

La qualité de cette trilogie est bonne en effet mais c'est surtout quand on la compare aux films de super héros qui pullulent depuis 10 ans. J'ai beau avoir beaucoup aimé les 2 premiers je n'éprouve bizarrement pas l'envie de me procurer la saga en bluray pour l'instant.

Zanta
05/08/2017 à 12:32

Tout à fait d'accord avec Benjamin... et après avoir vu le troisième film !
Dans "Dawn" et "War", la prouesse technique et la mise en images de Reeves ne parviennent pas à compenser un scénario échouant totalement à construire de véritables enjeux dramatiques - aucun sentiment d'urgence, mais au contraire un ennui à voir les évènements s'enchaîner. Les bonnes idées du film sont mal exploitées - dans le troisième film, en particulier, tout ce qui concerne la mutation du virus, passionnant, est sous-exploité pour privilégier une histoire de vengeance déjà vue de multiples fois... et sans singes.
S'en tenir au premier film suffit largement : le long-métrage a ses défauts, mais il fait le job.

Benjamin
05/08/2017 à 10:23

Mouais, je n'ai pas encore vu le troisième. Le premier était bon et pertinent. Mais alors, le deuxième, même si techniquement c'était très bien et que le casting était solide, je trouve que c'est un sacré pétard mouillé. Le scénario est à la ramasse et la fin ne m'a fait ni chaud ni froid. Ça frôlait même le navet par momemt tellement c'était mal ficelé.
Je reste sur le premier film original et le premjer de cette trilogie. ..

Didine
05/08/2017 à 03:15

Très belle trilogie la planète des singes suprimasie espere une suite

Pseudo
05/08/2017 à 01:39

D'accord avec vous tous excellente trilo

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