The Dark Knight : le Batman version Christopher Nolan est-il vraiment à la hauteur du super-héros culte ?

mdata | 11 juin 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
mdata | 11 juin 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Adaptation fidèle ou trahison ? Dans ce nouveau crash test, Ecran Large se penche aujourd’hui sur le cas de Batman, dans la version de Christopher Nolan.

Après le carnage de Joel Shumacher, personne n’aurait misé sur un retour de Batman au cinéma. Difficile de passer après un film aussi barré que Batman & Robin, véritable ode au mauvais goût flashy, aux tétons apparents et aux vannes foireuses, qui a traumatisé les fans en 1997.

Mais Christopher Nolan a relevé le défi et ramené en 2005 la chauve souris de Gotham au premier plan dans les films Batman Begins, The Dark Knight et The Dark Knight Rises. Mais est-ce que sa vision est fidèle aux comics ? C’est l’heure du crashtest !

 

Photo Christian Bale

Batman de retour après avoir été saccagé par Joel Schumacher

 

Avertissement : pour le crashtest, nous nous contentons de juger de l’adaptation des comics. Nous ne nous intéresserons pas dans ce dossier aux éventuels défauts des films, et nous ne parlerons donc pas de la mort insolite de Marion Cotillard par exemple... Les éléments de la mythologie de Batman absents des films (alliés, ennemis,...) ne seront pas évoqués.

 

Photo Anne Hathaway

Anne Hathaway dans The Dark Knight Rises

 

LES ORIGINES 

Avec celles de Spider-Man, les origines de Batman sont probablement celles qui sont le mieux connues dans la pop culture, et pas forcément dans le microcosme des lecteurs de comics.

Dans une ruelle sombre de Gotham City, un voleur menace le docteur Thomas Wayne et son épouse pour les dévaliser. Devant les yeux du jeune Bruce, les Wayne sont alors assassinés. Traumatisé, Bruce grandira en décidant que ce qu’il a subi n’arrivera à personne d’autre. Il forgera son corps et son esprit en parcourant le monde pour apprendre à se battre, mais aussi pour acquérir des connaissances scientifiques et une expertise dans le domaine de la criminologie. Il revient plus tard à Gotham. Arès qu’une chauve-souris soit entrée par la fenêtre de son bureau, Bruce décide qu’il se servira de son image pour semer la terreur dans le coeur des criminels. Batman est né !

 

Photo

Comics La mort des parents de Bruce Wayne

L'instant où tout a basculé, dans Batman Begins et les comics

 

Les origines de Batman sont racontées dans Batman Begins. C'est assez fidèle, avec toutefois des altérations pour intégrer le personnage de Rachel Dawes (absent des comics) ou encore une relecture du rapport de Bruce aux chauve-souris. Le jeune garçon développe en effet une phobie des chauve-souris après être tombé dans un puits, puis avoir été attaqué par une nuée de chauve-souris ; et c'est parce que l'évocation de chauve-souris lors d'un opéra auquel il assiste avec ses parents lui fait peur qu'ils sortent tous les trois dehors avec les conséquences qu'on connait.

Cela change sensiblement la donne, faisant de Bruce le responsable (involontaire) de la mort de ses parents. Christopher Nolan a d'ailleurs expliqué qu'il a délibérément choisi cette approche (au lieu du traditionnel film de Zorro utilisé habituellement lors de la mort des époux Wayne) pour mettre l'accent sur l'importance des chauve-souris dans la tête de Bruce Wayne. La chute dans le puits a d'ailleurs été tiré d'un comic book (The man who falls). Mais mettre l'accent sur cet incident pour justifier la crainte des chauve-souris est bel et bien un ajout du film. Cette approche est inédite et fonctionne plutôt bien, humanisant le héros par rapport à son modèle de papier.

 

Photo Christian Bale

Les chauve-souris ont un rôle important dans Batman Begins

 

La genèse du justicier costumé à son retour à Gotham est également plus lente que dans ses premières aventures, ce qui est raccord avec des relectures plus récentes comme Year One, qui est une influence assumée du film. On est en effet loin du "bon vieux temps" de l'âge d'or des comics où le héros n'a pas besoin d'une phase d'apprentissage et est opérationnel tout de suite : être un héros, ça s'apprend, et en cela Batman Begins montre l'évolution du protecteur de Gotham qui a beaucoup à apprendre.

VERDICT : Un traitement plutôt fidèle des origines de Batman, malgré une approche différente du rapport entre Bruce et les chauve-souris.

 

Photo Christian Bale

Bruce Wayne parcourt le monde

  

LA PERSONNALITE

Bruce Wayne est un personnage complexe : traumatisé par la mort de ses parents, le personnage a fait de sa vie une croisade pour combattre le crime. Suivant les scénaristes, la psychologie du personnage a changé au fil des ans, devenant progressivement de plus en plus dure (la mort du second Robin, Jason Todd, n’ayant rien arrangé).

Il devient de plus en plus évident que Batman est la vraie personnalité du justicier et Bruce Wayne un déguisement, au lieu du contraire, et que l’homme au costume de chauve souris a un sérieux pet au casque (ce qui est régulièrement souligné par son ennemi de toujours, le Joker). La mission de Batman est sacrée pour lui, et contrairement à la version Nolan Bruce Wayne n'a renoncé à sa cape que contraint et forcé, notamment lorsque Bane lui a brisé le dos.

 

Comics Bruce Wayne / Batman

Bruce Wayne ou Batman ?

 

Christian Bale prête ses traits à Bruce Wayne / Batman dans la trilogie de Christopher Nolan, et le comédien restitue avec talent le caractère sombre et torturé du personnage. Là aussi on retrouve les fêlures de la psychologie du personnage, et le fait que son identité civile ne soit qu’un déguisement. Il faut dire aussi que Christian Bale sait à merveille incarner des personnages à la psychologie insolite, comme par exemple le trader serial killer de American Psycho.

VERDICT : On retrouve un Bruce Wayne fidèle aux versions les plus récentes du personnage à l’époque de la sortie des films.

 

American Batman !

 

LE COSTUME 

Le costume de Batman était assez simple à ses débuts : une simple combinaison, une cape et un masque évoquant l’image de la chauve-souris, cette dernière étant renforcée par le logo iconique placé sur la poitrine du protecteur de Gotham.

Même si le costume est resté longtemps dans les mêmes tons (combinaison grise, logo jaune et noir, bottes gants cape et masque bleus), il a bien évolué au cours des dernières décennies en allant vers des teintes plus foncées. Le collant s’est aussi progressivement mué en armure, mais une armure souple évoquant une tenue militaire et pas un tas de ferraille à la Iron Man.

 

Comics Batman

Un costume légendaire !

 

Le costume de Batman version Nolan est conforme aux versions contemporaines de la sortie des films. On retrouve bien les fondamentaux du costume, avec un look à la fois réaliste et immédiatement reconnaissable. Il est assez étrange d’avoir fait de ce costume ni plus ni moins qu’un relookage amélioré de sa tenue de la Ligue des assassins, mais cette idée marche plutôt bien.

VERDICT : Le costume de Batman est respecté dans cette adaptation du personnage.

 

Batman version ciné : beaucoup plus massif avec son armure

  

LES GADGETS

Batman et ses gadgets, c’est une longue histoire. Le justicier de Gotham compense son absence de pouvoirs par une grande collection d’équipements, qui trouvent pour la plupart leur place dans la fameuse “bat-ceinture”, fantasme ultime des petits garçons qui veulent tous en avoir une. Batman a un nombre hallucinant de gadgets, qui lui permettent de se tirer de n’importe quelle situation.

 

Comics Les gadgets de Batman

Batman et ses gadgets !

 

Les gadgets de Batman sont présents dans les trois films, mais avec un parti pris de réalisme assez marqué. Ils sont dans ce cas moins farfelus que lors des adaptations précédentes (entre l'approche gothique de Tim Burton et le délire de Joel Shumacher il y avait de quoi faire...), mais toujours efficaces. Il est de toutes façons exclu de représenter tels quels des gadgets dont on accepte le côté surréaliste sur papier dans un film voulu comme le plus réaliste possible par son réalisateur ! Et pourtant, ça serait tellement pratique pour notre héros...

Comics Le communicateur de Batman

Un communicateur ultra miniaturisé avec fonction holographique... génial mais pas possible dans les films de Nolan

 

VERDICT : Déclinés de façon réaliste, les gadgets de Batman ont réussi le passage du papier au grand écran.

 

Un gadget version ciné !

  

LA BAT-CAVE

S’il est bien un endroit iconique de l’univers de Batman, il s’agit de la Bat-Cave. Ce gigantesque souterrain, situé sous le manoir de la famille Wayne, abrite en effet tout l’équipement de Batman et ses véhicules. C’est aussi ici que Batman passe le plus clair de son temps quand il n’est pas en mission, au grand dam d’Alfred qui y apporte des repas souvent négligés. En plus de son équipement, Batman conserve de nombreux trophées de ses précédentes aventures, dont un énorme Tyranosaure mécanique, une gigantesque pièce de monnaie ou encore une carte à jouer à l'effigie du Joker. Le costume de Jason Todd, le second Robin qui a été assassiné par le Joker, est aussi présent dans une vitrine. C'est toute l'histoire de Batman qu'on retrouve dans la Bat-Cave, avec toute la démesure qui va avec son univers.

 

Comics Bat-Cave

Une Bat-Cave richement décorée !

 

La Bat-cave est présente dans les films de Christopher Nolan, mais dans une version beaucoup plus sobre que dans les comics. C’est vraiment une cave, avec un minimum d’équipement : une nouvelle fois, le parti pris réaliste des films a motivé un rendu plus simple que sur papier. C'est compréhensible, car il aurait été vraiment étrange d'avoir une Bat-Cave aussi délirante que sur papier dans un film dont le réalisme est le maître mot. Mais quelque part c'est frustrant pour le fan de Batman d'avoir une "simple" cave fonctionnelle à la décoration spartiate.

VERDICT : La Bat-cave est au rendez-vous, mais vend nettement moins de rêve que sur papier.

 

Photo du film

La Bat-Cave est très spartiate !

 

LES VEHICULES

Au même titre que les gadgets et la cave, les véhicules de Batman sont un élément clef de la mythologie du personnage. Outre l’incontournable Batmobile, au design de plus en plus fou suivant les artistes, on retrouve au fil des ans un nombre insensé de véhicules aux noms préfixés de “bat” : Batplane, Batwing, Batcopter, Batboat… Les auteurs ont progressivement opté pour une collection moins farfelue de véhicules, même si Batman en a toujours beaucoup.

 

Comics Les véhicules de Batman

Une jolie collection de véhicules !

 

Les véhicules des films sont nettement moins nombreux que dans les comics, et en sont des adaptations assez lointaines : la Batmobile est devenue le Tumbler, le Batwing le “Bat” tout court. Ces appareils sont des prototypes destinés à l’origine à l’armée, et récupérés pour devenir les véhicules de Batman. Là encore : le réalisme prime. Les véhicules font le job, mais comme pour la Bat-Cave il manque le petit quelque chose qui fait rêver...

 

Le Tumbler, la Batmobile en mode bourrin

 

VERDICT : On retrouve DES véhicules mais pas LES véhicules de Batman, sous prétexte de réalisme.

 

Photo du film

 

LES ALLIÉS

Alfred Pennyworth est l’allié le plus important de Batman. Au service de la famille Wayne depuis des lustres (petite altération suite à Crisis on Infinite Earths), il est non seulement un père de substitution pour Bruce mais aussi son assistant dans son activité de justicier (il se charge de la maintenance de l’équipement et autres activités de logistique), ainsi que son médecin clandestin, qui passe son temps à panser ses nombreuses plaies.

A l’écran, Michael Caine joue le rôle d’Alfred avec toute la dignité qui sied à ce rôle, mais une partie de son activité a été transférée vers Lucius Fox. On retrouve par contre bel et bien la relation père/fils entre les deux personnages de Bruce et Alfred.

 

Photo Christian Bale, Michael Caine

Alfred version ciné

 

Lucius Fox est un atout important pour la double vie de Batman, permettant à ce dernier de disposer des ressources pour s’équiper sans que cela soit trop visible. Au cinéma, Morgan Freeman tient le rôle de cet allié dont la fonction est beaucoup plus importante que sur papier : il est en effet le concepteur de la plupart des équipements de Batman, dont il devine la double identité sans que les deux hommes n’en fassent jamais mention, autrement que par allusions.

 

Photo Christian Bale, Morgan Freeman

Lucius Fox, le monsieur gadget de Batman

 

Difficile de parler de Batman sans évoquer le policier James Gordon. Il s’agit d’un des rares policiers intègres de Gotham, qui grimpe les échelons jusqu’à tenir le rôle de commissaire. Gordon est un allié indéfectible de Batman, toujours très agacé par la manie de ce dernier d’apparaitre et disparaitre avec une discrétion surnaturelle. Gordon est incarné par Gary Oldman dans la trilogie de Christopher Nolan, et le comédien campe avec efficacité un personnage très fidèle à son modèle de papier. On retrouve en effet un policier incorruptible, prêt à tout pour protéger sa ville et tolérant son étrange allié du moment qu'il reste dans un certain cadre. Et surtout une moustache légendaire !

 

Photo Gary Oldman

Gordon et sa moustache sont présents chez Christopher Nolan

 

Robin est un autre membre important de l'univers de Batman : il s'agit de son jeune protégé (sidekick en VO) qui l'accompagne dans ses aventures. Plusieurs personnages ont tenu le rôle de Robin au fil des ans : Dick Grayson (devenu ensuite Nightwing), Jason Todd (assassiné par le Joker, mais il se porte mieux depuis), Tim Drake (devenu ensuite Red Robin), Stephanie Brown (devenue ensuite Batgirl) et Damian Wayne (le fils de Bruce Wayne et Talia Al Ghul). 

 

Comics Les Robin

Dick, Jason, Tim et Damian : tous des Robin !

 

Il n'y a pas de Robin à proprement parler dans la trilogie de Christopher Nolan, principalement car Christian Bale était vivement opposé à sa présence dans l'histoire. Mais le policier John Blake (Joseph Gordon-Levitt) s'avèrera à la fin de The Dark Knight Rises se prénommer Robin, et il est fortement sous-entendu qu'il prendra la relève de Batman (présumé mort), tout comme Dick Grayson a assumé le rôle de Batman quand ce dernier était considéré comme mort dans les comics (en fait il était piégé dans le temps). 

On ne peut donc pas juger de la qualité du passage du papier à l'écran, vu qu'au sens strict John Blake n'est pas un "vrai" Robin, même s'il regroupe des aspects de trois d'entre eux : orphelin comme Dick Grayson, gamin des rues comme Jason Todd et détective hors pair déduisant la vraie identité de Batman comme Tim Drake.

 

John Blake : Robin sans en avoir l'air

 

VERDICT : Les alliés de Batman sont présents à l’écran, et fidèlement représentés même si Lucius Fox a une place beaucoup plus importante dans l’univers de l’homme au costume de chauve-souris et que Robin est présent sans l'être.

 

Photo Christian Bale

 

LES ENNEMIS

Ra’s Al Ghul, outre son nom difficile à orthographier, est un adversaire redoutable de Batman. Dirigeant la redoutable Ligue des assassins, Ra’s Al Ghul s’oppose à Batman en de nombreuses occasions. Il a accès aux puits de Lazare, éléments mystérieux du folklore de l’univers DC qui lui permettent de rester en vie depuis des siècles.

Au cinéma, le rôle de Ra’s Al Ghul est tenu par deux comédiens, le vrai étant Liam Neeson et le faux Ken Watanabe. Le premier film réserve en effet une surprise au spectateur (et à Batman) : Ra’s Al Ghul se fait passer pour un certain Ducart, et une doublure tient le rôle à sa place (Ducart est un personnage à part entière dans les comics). A noter que tout le folklore autour des Puits de Lazare (des puits aux eaux mystérieuses pouvant faire revenir les mots à la vie et guérir les blessures) est absent des films. Cette version de Ra's Al Ghul est du coup très édulcorée par rapport à son modèle de papier : même si la version jouée par Liam Neeson est satisfaisante pour le spectateur ne connaissant pas les comics, on perd en effet un adversaire mythique, qui a vécu des siècles et des siècles (et donc engrangé le savoir qui va avec) et qui surtout peut revenir à tout instant d'entre les morts ou survivre aux pires blessures avec les Puits de Lazare. D'un autre côté, quand on voit le Ra's Al Ghul version CW dans la série Arrow (avec donc des Puits de Lazare cette fois), on se dit que la version Liam Neeson est bien mieux !

 

Photo Christian Bale, Liam Neeson

Amis un jour, ennemis un autre...

 

L’Epouvantail (Jonathan Crane) est un psychologue qui a mis au point une toxine capable d’inspirer une terreur intense et donner des hallucinations à ceux qui le respirent. L’Epouvantail est un ennemi récurrent de Batman, présent dans ses récits les plus emblématiques, et s’avère particulièrement dérangé. A l’écran, Jonathan Crane est joué par l'excellent Cillian Murphy, dans une version plus réaliste mais somme toute assez fidèle à son modèle de papier. Le fait de le retrouver à plusieurs reprises dans la trilogie de Christopher Nolan souligne l'importance du personnage comme dans les comics, vu que l'Epouvantail a joué un rôle dans plusieurs histoires importantes de l'histoire de Batman (dont Un long Halloween).

 

Photo

L'Epouvantail, un vilain très effrayant

 

Ennemi emblématique de Batman, le Joker est un mystère : personne ne connaît son vrai nom et ses origines restents énigmatiques, même s’il est généralement admis que Batman a joué un rôle dans la genèse de son ennemi. En outre, le Joker est parfois très différent d’un auteur à l’autre, allant du gangster clown barré au pur psychopathe. Il s’agit incontestablement du pire ennemi de Batman, sa folie en faisant un adversaire totalement imprévisible et capable des pires horreurs.

C’est Heath Ledger qui a la difficile mission d’incarner le Joker à l’écran, et le comédien livre une prestation remarquable pour donner vie à un personnage complètement flippant. Il sera couronné d'un Oscar posthume, suite à son décès en janvier 2008.

Le look du Joker version Nolan n’est pas très fidèle à la version papier : son teint n’est qu’un maquillage et il est affublé de monstrueuses cicatrices de chaque côté de sa bouche. On retrouve cependant le côté psychopathe du Joker dans cette version qui fait froid dans le dos. Comme dans les comics, le Joker n'hésite pas à taper là où ça fait mal : le Joker version papier n'a par exemple pas hésité à tirer sur la fille du commissaire Gordon (ce qui l'a clouée dans une chaise roulante) pour briser ce dernier dans le mythique The Killing Joke, tandis que le Joker version Nolan est directement responsable de la mort de Rachel Dawes dans The Dark Knight. Les actes de cette version du Joker ne sont pas directement adaptés des comics, mais on en retrouve l'esprit et le personnage est largement aussi effrayant que son modèle de papier. 

 

Photo du film

Le Joker version Nolan : vous avez dit flippant ?

 

Double Face est un autre ennemi emblématique de Batman. Le procureur Harvey Dent est un allié de James Gordon et Batman, et ennemi du crime organisé. Il est défiguré lors du procès d’un criminel en recevant un jet d’acide en plein visage, et son psychisme déjà fragile (ce qui a été établi dans des récits plus récents) vole en éclats. Double face est l'un des pires ennemis de Batman, avec un comportement dicté par sa fameuse pièce fétiche.

Aaron Eckhart interprète le rôle de Double face au cinéma, avec de nettes altérations du personnage : il reste un allié de Gordon et Batman, mais sa transformation a des causes complètement différentes (il est défiguré lors d’une tentative de le délivrer du Joker tandis que Rachel Dawes perd la vie). En outre, Dent fait partie d’un triangle amoureux avec Bruce Wayne et Rachel Dawes. Le choc de la mort de cette dernière, combiné à sa défiguration, font basculer Harvey Dent ; mais au lieu de devenir un gangster comme dans les comics, il est plutôt une espèce de justicier aux méthodes extrêmes, allant beaucoup plus loin que Batman.

 

Photo

Double-Face, s'il ne cesse pas de se gratter ça ne cicatrisera jamais !

 

Bane est un personnage qui a joué un grand rôle dans l’histoire de Batman : il s’agit en effet de celui qui lui a brisé le dos au terme d’un combat épique, forçant Bruce Wayne à cesser ses activités de héros (Knightfall). Bane est le fils d’un révolutionnaire qui a grandi dans un environnement carcéral, où il a acquis de nombreuses compétences dangereuses et une musculature imposante. Une mystérieuse drogue appelée le Venin, à laquelle il a survécu contrairement à tous les autres cobayes, augmente radicalement sa force mais doit lui être administrée continuellement.

A l’écran, c’est Tom Hardy qui prête ses traits à Bane, mais le Bane de Christopher Nolan est très différent de son modèle de papier : il a bien grandi en prison, mais a un lien différent avec Talia Al Ghul comparé aux comics. En la protégeant lors de sa captivité, il a souffert de graves blessures, qui l'obligent à porter un masque en permanence : il consomme des analgésiques en continu pour supporter la douleur. Ainsi, il n’y a aucune mention du Venin. Mais il va tout de même briser le dos de Batman à l’écran.

 

Photo Tom Hardy

Bane relooké façon Dark Vador !

 

VERDICT : Les vilains de l’univers de Batman ne sont pas adaptés de façons très fidèle. Ils sont très réussis, mais question fidélité aux comics on repassera.

 

 

LES FEMMES DE SA VIE

Difficile d’évoquer les femmes de la vie de Batman sans parler de Catwoman. Alors qu’elle est la plupart du temps du mauvais côté de la loi, Selina Kyle a un lien très fort avec Batman et ils ont même parfois travaillé ensemble. Le passé de Selina Kyle a été remanié plusieurs fois par des auteurs successifs, intégrant des éléments qui en font un personnage tragique et davantage une anti-héroïne qu’une simple criminelle.

Au cinéma, c’est Anne Hathaway qui tient le rôle de Selina Kyle dans The Dark Knight Rises : il s’agit d’une cambrioleuse qui est engagée pour voler les empreintes digitales de Bruce Wayne, en échange de l’effacement de son passé (qui n’est jamais clairement évoqué). Elle joue un rôle dans le piège de Bane qui lui permet de briser (au sens propre) Batman, mais se rangera aux côtés de ce dernier quand il revient sauver Gotham. On retrouve quelques éléments du personnage, dont la romance avec Bruce Wayne à la fin du film et son côté anti-héroïne, mais dans une version vraiment très simplifiée du personnage original.

 

Photo Anne Hathaway

  

Cette version de Catwoman est également très sage, en étant gentiment séductrice mais sans aller jusqu'à la version très sexualisée du personnage de la version de Tim Burton. D'ailleurs, elle n'est jamais appelée Catwoman dans le film, et son costume n'évoque un chat que lorsqu'elle positionne ses lunettes de vision nocture sur sa tête. Le fait aussi de la voir se ranger à la fin du film pour vivre sa romance avec Bruce Wayne contraste avec le personnage de papier qui est une femme forte et indépendante - même s'il est vrai que sur Terre-2, Selina Kyle et Bruce Wayne se sont mariés et ont eu une fille ensemble.

 

Photo Anne Hathaway

Catwoman version ciné

 

Talia Al’Ghul est la fille de Ra’s Al Ghul : comme ce dernier respecte Batman en tant qu’adversaire de grande valeur, il souhaitait unir le protecteur de Gotham à sa fille pour en faire son successeur. Batman a refusé l’offre, mais a toutefois connu une brève romance avec Talia, déchirée entre sa loyauté envers son père et son amour pour Batman. Talia est la mère de Damian, le fils de Batman qui plus tard deviendra Robin.

Marion Cotillard joue le rôle de Talia à l’écran, dans une version très différente du personnage : elle a été rejetée par son père et a ainsi grandi dans l’enfer carcéral où Bane l’a protégée. Sous l’identité de Miranda Tate, elle séduit Bruce Wayne et met en route son plan pour détruire Gotham, afin d'honorer son père qui avait le même objectif.  Même si la version cinéma du personnage s'encanaille avec Bruce Wayne, on ne retrouve pas l'amour que porte Talia à Bruce Wayne dans les comics, source de conflits intérieurs pour la fille du Démon.  

 

Photo Marion Cotillard, Morgan Freeman

Talia Al Ghul version ciné

 

Il y a une femme importante dans la vie du Bruce Waye version Nolan, qui a été inventée pour les besoins des films : il s’agit de Rachel Dawes, jouée par Katie Holmes dans Batman Begins et Maggie Gyllenhaal dans The Dark Knight. Amie d’enfance de Bruce Wayne, Rachel est son grand vrai amour. Sa mort brutale dans le deuxième film poussera le justicier de Gotham à mettre un terme à ses activités pendant des années. Mais la part de noirceur que porte Bruce en lui effraie Rachel (qui connait sa double identité) et la poussera à choisir Harvey Dent. Choix qu'Alfred choisira d'ailleurs de cacher à Bruce en brûlant la lettre qu'elle a écrit pour l'annoncer, histoire de préserver celui qu'il aime comme un fils.

Il est assez insolite qu'un personnage aussi important que Rachel soit en fin de compte un personnage inventé pour le film, éclipsant de fait les autres personnages féminins qui proviennent des comics.

 

Photo Katie Holmes, Christian Bale

Photo The Dark Knight

Rachel Dawes, la (double) femme de la vie de Bruce Wayne

 

VERDICT : On retrouve deux femmes importantes de la vie du Batman de papier, même si lors de leur passage à l’écran elles ont été largement modifiées. Rachel Dawes, centrale dans la trilogie, a été créée pour les films.

 

 

BILAN

Au-delà des qualités cinématographiques, le Batman de Christopher Nolan est une adaptation mitigée du personnage. On retrouve bien ses fondamentaux et les parties importantes de son univers, mais certaines libertés prises sont tout de même très discutables. La volonté affichée de réalisme, qui touche quasiment toute la mythologie, est en effet frustrante pour le spectateur amateur de comics.

 

En partenariat avec Watchtower Comics 

 

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commentaires
Basarab
30/03/2019 à 11:14

C'est incroyable toutefois tournois à quel point certaines scènes de la trilogie Nolan ressemblent trait pour trait avec le batman de Burton :
-la rencontre entre le joker et les membres de la pègre dans laquelle l'un d'eux, contrariant le psychopathe, se fait tuer par ce dernier.
-Meme chose pour la rencontre entre le Joker et l'amoureuse de Bruce Wayne et qui se conclut par l'intervention de Batman.
-la course poursuite dans Gotham City entre le Joker et Batman.
-L'ultime confrontation entre les deux ennemis du haut d'un immeuble particulièrement élevé et qui s'achève par la chute du joker.
-les discours de Dent pour nettoyer la ville de la pègre.

Il y a sans aucun doute de la copie dans l'air. Bien déguisée, dramatisee au possible... mais copie tout de même.

Kiwi25
24/03/2018 à 09:40

...bug...dsl,
La mort de Marion Cotillard, et juste une immense blague et un manque de maitrise sur cette scéne, la seul vrai faute à mes yeux de cette trilogie.
Mais le vrai fait marquant et l'oppression musical dont jouïe le dernier volet, c'est vraiment impressionnnant, la tension musical débute à la 1er seconde pour finir plus de 2 heures plus tard, la 1er fois ou j'ai vu le film, c'était trop pour moi(ceci dit je n'avais pas vu les 2 précedent volets).
Je vais peut étre exagéré en disant que finalement si on retire le rytme musical , je pose la question si le film ne tomberai pas dans le vide finalement?!
Je comprend que mon avis manque un peu de profondeur mais cette trilogie est tellement surprenante à mes yeux, parfaite et tres discutable à la fois ,qu'elle meriterai une critique un peu plus detaillé.
Je ne le ferai pas, tout simplement parce que je reste sur ma 1er vision, comme etant surprenante, captivante et un soucis flagrant de qualité pour le grand public, cette trilogie, reste pour moi une grande expérience, et je pardonne allègrement les petites erreurs.
Le jour ou Nolan signe pour l'extension de cet univers, j'irai pour la 1er fois de ma vie voir un batman au cinoche.
Cordialement

Kiwi25
24/03/2018 à 09:18

Je fais parti des traumatisés des précédentes version (dixit Joel shumacher) et je connais assez vaguement l'univers de Batman, tout en maitrisant quand même quelques fondamentaux.
Je trouve trés interessant ce "Crash test", qui finalement osculte tout les pans de l'histoire, personnage et objet.
Mon avis sur cette trilogie, certe contestable pour le vrai Fan, et d'avoir su faire digéré un personnage (Batman) qui était devenu "persona no grata" au cinéma,
J'ai beaucoup apprécié la profondeur et la psycologie des personnages, notament Christian Bale que je classerai comme magistral, l'autre acteur marquant et sans nul doute le Joker, bien barré.
Certains plans vidéos sont parfois limite grotesques (certaines poses) cela concerne essentiellement Batman et (Catwoman), mais rien de redhibitoire à mon goût.
Pour moi finalement l'étrangeté provient du troisième épisode, notament avec 2 fait marquant sur le final : la baston général au pied du tribunal,wtf c'est quoi se bordel ? Et surtout la mort de Marion Cottillard

mdata
14/06/2017 à 16:11

@sylvinception : Il s'agit de la seconde itération de la Batcave, après la destruction du manoir.

Batman ses le
12/06/2017 à 21:25

Trop classe Batman

sylvinception
12/06/2017 à 11:43

La photo avec la légende "La Bat-Cave est très spartiate !"
Je suis pas certain du tout que ce soit la Bat-Cave en fait...

Kolby
12/06/2017 à 00:38

@corleone
Pas si mauvais que cela ce dark knight rises. Sinon tu n'as pas tord quand même comparer à begin et dark knight...
Conclure a été sans doute pour lui le plus dificile mais il a quand même fait.
La conclusion pour moi est à acclamer. Ce qui présageait une bonne entame de la justice league mais tout a été bouleversé

corleone
11/06/2017 à 21:23

Je sais que ce n'est pas vraiment le sujet, puisque je connais bien le concept de votre rubrique crash test(en passant que j'adore étant un fan de comics). Mais je pouvais m'empêcher de faire ma petite analyse de cette trilogie fabuleuse du genre super-heros au ciné, et pousser par là mon coup de gueule contre le troisieme volet qui aurait pu être bien mieux. J'ai vu TDKrises plusieurs fois, et et à chaque fois j'ai eu de plus en plus l'impression que Nolan se foutait de nos gueules.

corleone
11/06/2017 à 21:08

Lire Batman Begins et The Dark Knight volent très haut…

corleone
11/06/2017 à 21:05

Batman Begins et The Dark Knight Rises volent haut mais alors très très haut. Ensuite The Dark Knight Rises vient troller tout ça. J'ai toujours eu l'impression qu'après la mort d'Heath Ledger, Nolan ne voulait plus rien foutre dans cet univers. Je me dis du coup que ce Rises n'etait pas vraiment ce que le maestro voulait raconter. Non mais c'est du concentré de n'importe quoi ce troisième volet! Ce meli mélo Bane-Thalia Al Gul(si on peut appeler cette chose que Cotillard interpretait ainsi) -Rha'as Al Gul, Cat Woman qui n'est pas vraiment CatWoman, Des combats plus risibles que dramatiques(mention spéciale pour le face à face des forces de Bane contre la police et civils). Non mais WTF?? Nolan avait vraiment envie d'en finir avec Bruce Wayne dans ce DKR(encore heureux que le héros en question ne crève pas à la fin).

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