De SOS Fantômes à Jurassic Park : miracles et catastrophes des franchises increvables

La Rédaction | 27 mai 2017
La Rédaction | 27 mai 2017
La sortie de Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar rappelle la durée de vie parfois tragique de films cultes devenus franchises.
 
Qui aurait pu prédire avec certitude, en 2003, que Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl serait le démarrage d'une franchise phénoménale pour Disney ? Quatorze ans et trois films plus après, avec plus de 3,7 milliards récoltés par la saga, le pirate Jack Sparrow interprété et quasi créé par Johnny Depp est une figure incontournable du cinéma hollywoodien mainstream. Loin de l'enterrer, le cinquième épisode, intitulé La Vengeance de Salazar, compte bien le rappeler.
 
Mais la formule est hautement instable. Les studios ont beau chercher par tous les moyens à ressusciter les franchises et réactualiser leurs marques emblématiques, la catastrophe est parfois au détour d'un choix de casting, d'une décision à peine assumée de réécrire ou rebooter une mythologie, ou simplement d'un très mauvais timing et d'une foi aveugle en la franchise. Retour sur quelques uns des cas les plus populaires - en bien ou en mal.
 
 

Photo Johnny Depp

Jack Sparrow, de retour pour une cinquième aventure
 

JURASSIC PARK

Steven Spielberg est alors le maître incontesté du blockbuster, du frisson grand public, et l'empereur sinon le créateur du film d'attaques animales dans son acceptation moderne. Autant d'idées qui sont combinées dans Jurassic Park et y explosent en 1993. Si la critique se montre assez froide vis-à-vis du film, ciblant les questions de l'écriture et de l'adaptation, le public ne s'y trompe pas et ressent instantanément que le métrage constitue une révolution technologique, un nouveau seuil franchi dans la concrétisation de l'imaginaire. Le film est un succès phénoménal avec plus de 900 millions de dollars récoltés au box-office (sa ressortie en 3D en 2013 lui fera passer la barre du milliard).
 
C'est assez naturellement que s'enchaîneront deux suites, accueillies plutôt négativement et nettemoins moins brillantes au box-office malgré des budgets plus importants : Le Monde perdu, réalisé à nouveau par Spielberg, ne dépasse pas les 618 millions en 1997 et Jurassic Park III, de Joe Johnston, se contentera de 318 millions en 2001.
 
 

Photo Laura Dern, Sam Neill, Jeff Goldblum, Richard Attenborough

Jurassic Park, premier du nom, en 1993
 
 
Après ce troisième opus plaisant mais qui a troqué le grand spectacle éblouissant contre la série B qui renarde de la moustache, Universal ne sait pas quoi faire du film. à tel point que le studio tentera durant des années de produire une abominable version où nos héros affrontent des mutants mi-hommes, mi-dinos. Il faudra attendre plus d'une décennie que la franchise revienne avec Jurassic World, en 2015. Le succès est immense : 1,671 milliard au box-office. Le film de Colin Trerorrow a beau laisser de nombreux spectateurs et fans sur leur faim, voire franchement exaspérés, le public plébiscite en masse cette nouvelle aventure, portée par un Chris Pratt fraîchement catapultée dans la cour des stars avec Les Gardiens de la galaxie. L'incontournable suite, prévue pour 2018, devra donc confirmer l'engouement et éventuellement satisfaire davantage.
 
Ce qu'on en garde de bien : le retour des dinosaures, que tout le monde adore mais curieusement absents du grand écran, un succès planétaire qui laisse espérer qu'on en voit plus souvent, et l'embauche de Juan Antonio Bayona pour réaliser Jurassic World 2.
 
Ce qu'on en garde de pas bien : le film lui-même, un piège marketing incroyablement bien rodé, qui aura su séduire des millions de spectateurs, mais se révèle n'être qu'un blockbuster vérolé par la recette Marvel, techniquement ignoble, scénaristiquement abscons, interprété par un casting manifestement en vacances, et peuplé de dinosaures numériques mal intégrés, qui ne représentent jamais une menace digne de ce nom. (ceci n'engage presque que le rédacteur)
 
 

Photo Chris Pratt, Bryce Dallas Howard

 Bryce Dallas Howard et Chris Pratt seront de retour dans la suite de Jurassic World
 
 

STAR WARS

C'était le retour inespéré, certainement aussi rêvé que redouté par les fans. Après la trilogie originale entre 1977 et 1983, puis la prélogie si contestée entre 1999 et 2005, l'univers de George Lucas semblait appartenir au passé, rangée dans le hall d'honneur des monuments du cinéma intouchables. Lorsque Disney rachète Lucasfilm fin 2012, le monde s'arrête de tourner pendant quelques instants : le studio qui dominait le monde du divertissement avec les super-héros Marvel allait donc rouvrir la voie vers cette fameuse galaxie lointaine, pour bâtir une autoroute en vue d'une nouvelle méga-franchise composée d'épisodes et spin-off.
 
Après Le Réveil de la Force et Rogue One, une évidence : Mickey a eu raison de rouvrir l'usine, avec plus de deux milliards pour le premier épisode de la nouvelle trilogie et plus d'un milliard pour le spin-off au box-office pour le démontrer. Le public a répondu présent à l'appel des descendants de Skywalker, pour replonger dans une nouvelle aventure étalée sur plusieurs années.
 
 

Photo Dark Vador

Le premier Star Wars
 
 
Néanmoins, les signaux ont été problématiques dès le premier film, avec de nouveaux héros incarnés par des acteurs méconnus voire inconnus, mais un film aux airs de remake à peine camouflé du premier épisode de George Lucas. Plus sombre, Rogue One a apporté des couleurs plus nobles, mais que la production ait été particulièrement compliquée n'est peut-être pas un hasard. Le choix de Rian Johnson (Looper) pour l'épisode VIII a charmé les fans, mais celui de Colin Trevorrow (Jurassic World), nettement moins. A ce stade, Star Wars nouvelle génération laisse donc de nombreux spectateurs sur leurs gardes, méfiants vis-à-vis d'un studio devenu l'incarnation du mal hollywoodien depuis quelques années.
 
Le côté lumineux de la Force : le plaisir évident de redécoller dans l'espace, l'idée que de nouveaux réalisateurs apportent leur touche et leur imaginaire à la saga, des choix de casting intéressants.
 
Le côté obscur de la Force : la flemmardise colossale (une Etoile de la mort est au coeur des deux films sortis), le caractère précieux de la franchise condamné à disparaître avec tant de films et spin-off.
 
 

Photo Daisy Ridley

Daisy Ridley, héroïne de la nouvelle trilogie  
 

TERMINATOR

Une certaine idée de la catastrophe made in Hollywood, ou un mode d'emploi pour redorer l'image d'une franchise à coup d'acide. La triste histoire commence en 2003, avec un Terminator : Le Soulèvement des machines hautement dispensable, qui a cru que remplacer le méchant Terminator par une méchante Terminator était un scénario. Un spectacle inoffensif, qui a rencontré un certain succès avec plus de 433 millions au box-office pour un budget de 200. Le studio décide néanmoins de planifier une nouvelle trilogie dans une toute nouvelle direction : en 2009, Renaissance se déroule dans un futur post-apocalyptique à la Mad Max où le monde n'a donc pas été sauvé. Malgré de grandes ambitions et un casting vendeur (Christian Bale, Sam Worthington post-Avatar), c'est la douche froide avec une revue de presse très mitigée et un box-office en deça des espérances (dans les 371 millions). Au passage, la série Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor, plus amusante et moins médiocre qu'il n'y paraît, est annulée après deux saisons.
 
 

Photo Arnold Schwarzenegger

Arnold Schwarzenegger dans Terminator 2
 
 
Il en fallait plus pour décourager les comptables. En 2015, Terminator est donc de retour avec des arguments persuasifs : Schwarzenegger rempile face à Emilia Clarke, star de Game of Thrones, avec la décision de replacer dans le sillage des films de James Cameron. Avec une assurance qui frôle la pulsion morbide, Genisys réécrit même la mythologie avec des pirouettes de voyage temporel qui permettent de refilmer des scènes du premier film. Le résultat est curieux : le film est globalement conspué, mais attire plus de spectateurs que Renaissance (un box-office de 440 millions avec un budget inférieur). 
 
Depuis, c'est la panique. La suite est suspendue pour une durée indéfinie, Emilia Clarke affirme qu'elle ne reviendra pas, la saga semble enterrée, mais Schwarzenegger assure qu'il reviendra, encore. Tremblez.
 
Bien : la série Les Chroniques de Sarah Connor devrait en ressortir plus forte avec le poids des années, les producteurs devraient arrêter de piocher dans l'équipe de Game of Thrones en croyant duper le public, l'ambiance amusante de Renaissance.
 
Pas bien : Emilia Clarke, Jai Courtney, et toutes les personnes impliquées dans un Genisys qui devrait rester encore longtemps comme un gros navet d'un inconsistance fascinante.

 

Photo Emilia Clarke

 Emilia Clarke dans Genisys
 

ALIEN

En 1979, Scott révolutionne la série B horrifique en lui injectant une grosse dose de sexualité et de trouble, le tout dans une esthétique européenne dopée par une mise en scène proche des canons expérimentaux du moment. Résultat : le cinéma découvre, avec Alien, le huitième passager, une nouvelle forme de peur, et un univers qui engendrera une des plus puissantes mythologies générées par le médium.
 
Les suites vont s'enchaîner, toutes réalisées par de futurs auteurs en puissance, dont les talents vont se juxtaposer pour composer un univers complexe, chaque metteur en scène ajoutant des éléments et réinterprétant le monde d'Alien et ses règles, jusqu'à l'apparence du monstre. Mais d'épisode en épisode, le succès diminue : les budgets augmentent plus vite que les scores au box-office. Le premier film dépasse les 100 millions au box-office pour un budget de 11, le deuxième atteint les 130 pour un budget de 18, le troisième s'approche des 160 mais la note s'est élevée jusqu'à une cinquantaine de millions au fil d'une production chaotique, et le quatrième dépasse de peu les 160 mais en a coûté 75 (notamment parce que Sigourney Weaver a négocié un cachet de 11 millions). Après un Jean-Pierre Jeunet perçu rapidement comme une mauvaise plaisanterie hors-sujet, mais surtout deux Alien vs Predator qui banalisent la saga et transforment le Xénomorphe en accessoire de luxe, la franchise est trop démonétisée pour revenir sur grand écran.
 

 

Photo Katherine Waterston

 Katherine Waterston dans Alien : Covenant
 
 
C'est sans compter sur Ridley Scott, désireux de reprendre le contrôle de la saga et de se confronter à son propre mythe. En 2012, il réalise Prometheus, qui entend ausculter la part d'ombre du mythe Alien. Malgré des critiques désastreuses et un public profondément divisé, entre nanar de luxe et grand film incompris, il s'impose comme un succès international (403 millions au box-office, pour un budget de 130 tout de même) et demeure dans la mémoire de nombreux spectateurs (en bien comme en mal). C'est suffisant pour que la Fox prolonge l'essai avec un deuxième volet, un temps intitulé Paradise Lost, puis Alien : Covenant.
 
Après avoir évoqué deux ou trois suites avant de se reconnecter au premier film, Ridley Scott semble désormais miser sur un film, qu'il compte tourner dès 2018. Reste à déterminer quelle tournure pourra réellement prendre cette franchise, le démarrage de Covenant aux Etats-Unis ayant été loin des attentes du studio, et du score de Prometheus. Reste une certaine cohérence, puisque les deux films divisent le public et la presse de la même manière.
 
Ce qu'on aime bien : la mise en scène follement racée de Scott, la quantité invraisemblable d'idées, le choix de renverser totalement la mythique d'Alien, la volonté non pas de lever le voile sur l'oeuvre originelle mais de lui substituer une relecture de Frankenstein.
 
Ce qu'on aime moins : l'hésitation du studio qui a déjà deux fois empêché le réalisateur de suivre pleinement sa vision gothique, et l'a obligé à ne pas trop s'éloigner de la construction narrative autour d'un bodycount désormais dispensable (sans oublier toutes les raisons pour lesquelles on peut trouver ces films très ratés)
 
 

Prometheus Les héros de Prometheus

 

PREDATOR

Il y a d'abord le film culte de John McTiernan, où Arnold Schwarzenegger affronte dans la jungle d'Amérique centrale un alien guerrier particulièrement laid et belliqueux. Sorti en 1987, ce film impose une créature venue d'ailleurs et vouée à devenir inoubliable, en partie grâce au grand Stan Winston. Le succès est certain (près d'une centaine de millions engrangé pour un budget inférieur à 20), et une suite arrive donc sans surprise en 1990. Réalisée par Stephen Hopkins, avec Danny Glover, elle voit la bestiole sptatiale débarquer à Los Angeles, au milieu d'une guerre entre la police et des gangsters. Le succès est moindre (le film a coûté environ 35 millions et n'a pas atteint les 60 au box-office).
 
 

Photo Arnold Schwarzenegger

Schwarzenegger dans le premier film
 
 
Entre les comics datant de la fin des années 80 et l'apparition d'un crâne d'alien parmi les trophées du Predator dans la suite, un fantasme déviant qui flirte avec le cauchemar se concrétise : Alien vs Predator. En 2004, le film de Paul Anderson rencontre un succès clair, avec plus de 170 millions au box-office pour une soixantaine de budget. C'est un nanar parfois réjouissant qui torpille les deux sagas dans un spectacle gras et stupide, qui relève du délire du dimanche soir. Le Predator s'en sort avec le moins de déshonneur, les xénormorphes étant présentés comme des vaches enragées pas bien intelligentes.
 
Dans la foulée, Alien vs Predator : Requiem sort en 2007. Il coûte moins cher (environ 40 millions), rapporte moins (moins de 130 millions au box-office), et prouve surtout que l'intérêt est fragile. Le film des frères Strause a beau sortir la carte de la violence et du gore, le spectacle est hautement dispensable.
 
 
 
 
Le chemin des deux bêtes se sépare, et le crustacé de l'espace sera de retour en 2010, avec Robert Rodriguez à la production et Nimród Antal à la réalisation. A la manière d'Aliens, le retour, Predators s'annonce au pluriel pour vendre du rêve. Adrien Brody prend du muscle pour être pris au sérieux dans une intrigue mi-remake mi-suite mi-WTF ("On est dans l'espace !") qui repousse les limites de l'univers. Pas vraiment bon mais loin d'être désagréable ou honteux, Predators est un petit succès : le film à 40 millions engrange plus de 127 millions dans le monde.
 
L'histoire continuera en 2018, avec la sortie de The Predator de Shane Black, prévue le 15 août de l'année prochaine. Malgré les effets d'annonce de Rodriguez, Antal et Brody, qui parlaient de revenir, ce nouveau film est présenté comme une suite des deux premiers (Schwarzenegger a d'ailleurs refusé d'apparaître), avec une toute nouvelle équipe et l'intention revendiquée de reserrer l'univers, qui avait pris une dimension spéciale dans le précédent film. Boyd HolbrookTrevante Rhodes ou encore Olivia Munn affronteront ainsi l'extraterrestre dans une ambiance qui devrait fortement ressembler à celle du McTiernan. Rien de plus naturel : Shane Black y était acteur. 
 
C'est génial : le premier film, la créature, le thème musical, l'espoir autour du film de Shane Black.
 
C'est moins génial : monsieur Predator pubère qui se lie d'amitié avec une humaine pour affronter des Aliens débiles.
 
 

Photo Sterling K. Brown, Trevante Rhodes, Boyd Hollbrook, Olivia Munn, Keegan-Michael Key, Jacob Tremblay, Shane Black

Shane Black et les acteurs de The Predator

 

ROBOCOP

En 1987, Paul Verhoeven se livre à un des actes de pirateries dont il a le secret : sous couvert de livrer un blockbuster de science-fiction porté sur l'action, il réalise un film anti-capitaliste gore et satirique, dont la violence fera date. Le public valide : cette pépite à 13 millions engrange plus de 53 millions au box-office.
 
Suivront deux séquelles, qui apauvrissent progressivement le sujet, son esthétique et sa charge politique. Robocop 2 rencontre un certain succès, avec plus de 43 millions de dollars en salles. Hideux et d'une bêtise sans nom, le bide Robocop 3 (une dizaine de millions au box-office) paraît avoir totalement assassiné la franchise, 
 
 

Robocop, de Paul Verhoeven
 
C'est sans compter sur les studios, qui ont la bonne idée de mettre sur pied un reboot tout public et politiquement correct sur pieds : RoboCop nouvelle génération sort ainsi en 2014, avec un casting massif (Gary Oldman, Michael Keaton, Samuel L. Jackson, Jackie Earle Haley, Abbie Cornish, autour de Joel Kinnaman dans le rôle-titre). Plus brillant, plus clinquant, le nouveau modèle rencontre un succès très relatif, avec environ 242 millions au box-office pour une centaine de budget. Un score loin d'être honteux, mais un film profondément fade et dispensable. Ce que le réalisateur Jose Padilha confirmera lui-même en 2016, en expliquant qu'il n'avait quasi aucun contrôle sur le blockbuster.
 
On retient : les efforts de Jose Padilha pour s'assurer d'un peu de maîtrise technique. Réalisateur d'action compétent, il emballe quelques fusillades propres et maîtrise ses effets visuels.
 
On ne retient pas : une tonalité qui piétine littéralement l'ADN du projet, une thématique à la Frankenstein qui réussit l'exploit de bouffer une partie du récit en allant beaucoup moins loin que le film original, et une absence de violence qui nuit à la crédibilité de ce personnage de superflic aux ordres d'une société ultra-violente. 
 
 

Photo Joel Kinnaman

RoboCop, version 2014 
 

ZOOLANDER

La comédie n'y échappe pas. La farce sur la mode de et avec Ben Stiller n'a peut-être pas été un succès fou (60 millions au box-office pour une trentaine de budget) à sa sortie en 2001, elle est devenue au fil des années un film culte. Une raison pour y revenir, quinze ans après ? La réponse est définitivement non : Zoolander 2 a beau avoir coûté plus cher (50 millions), casté plus beau (Penelope Cruz, Kristen Wiig) et visé plus haut (caméos de Justin Bieber, Katy Perry, Kiefer Sutherland, Susan Sarandon, Anna Wintour), l'échec est clair avec un box-office dans les 56 millions de dollars.
 
Sans compter que cette suite, discutée et annoncée depuis des années, rejoindra difficilement le cercle des comédies cultes. Plat, poussif, paresseux, Zoolander 2 est une petite catastrophe à tous les niveaux, avec l'impression gênante que Ben Stiller jette de la poudre aux yeux (des stars, des décors, des costumes) pendant 1h42 pénibles, à peine convaincu qu'il a de vraies raisons de filmer ce cirque ridicule.
 
Ce qu'on en garde de bien : la preuve que Penelope Cruz devrait définitivement lire les scénarios avant de signer, les performances de Kristen Wiig et Will Ferrell.
 
Ce qu'on en garde de pas bien : tout le reste. #malaise
 
 

Zoolander 2

 

SOS FANTÔMES

Le cas qui fâche. Qui a fâché pendant de longs mois, activant un spectre de violence, de mauvaise foi et de passion grotesque de tous les côtés, bien au-delà du raisonnable dans un camp comme dans l'autre. 
 
Des éléments à peu près clairs : le film n'est ni un désastre absolu, ni une oeuvre significative. Rien de plus qu'une nouvelle démonstration, ni pire ni plus noble, des dérives grotesques de l'industrie et du recyclage intense opéré en coulisses. La revue de presse a été très moyenne, le public s'est vite désintéressé de l'affaire face à un spectacle dispensable d'une banalité très hollywoodienne, et le box-office a sans surprise été décevant sans être catastrophique (près de 230 millions pour un budget officiel de 144 : Sony a assumé le non-succès, mais le poids du merchandising et autres a limité la casse). Depuis, Ivan Reitman, réalisateur des deux films originaux, a même confirmé que d'autres films (dont un d'animation) étaient toujours prévus.
 
 

S.O.S. Fantômes II

S.O.S. Fantômes II
 
 
Entre les débats soulevés bien au-delà du film (détesté dès son annonce, avant même le choix des actrices) et les aspects incontournables d'une telle superproduction (Paul Feig a expliqué que le budget était dès le départ très lourd à cause du business des droits, avant qu'il n'arrive), SOS Fantômes version 2016 a néanmoins mis en lumière les limites de la chose. Que ce soit la nostalgie féroce d'une partie du public, qui n'a rien à voir avec du sexisme ou du racisme (probablement moins présents mais bel et bien existants), ou les capacités du réalisateur et ses actrices talentueuses à oeuvrer dans une telle machine, le blockbuster restera comme une leçon fort intéressante.
 
Ce qui est drôle : Kate McKinnon, Chris Hemsworth.
 
Ce qui n'est pas drôle : les caméos gênants des acteurs originaux, le cul entre deux chaises "un peu reboot mais pas vraiment, un peu pour les fans mais pas entièrement", le chaos marketing qui a durée des mois (nourri à la fois par des fans hystériques et un réalisateur et quelques acteurs pas très malins)
 
 

Photo Kristen Wiig, Leslie Jones, Kate McKinnon, Melissa McCarthy

 

PIRATES DES CARAÏBES

Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence n'a peut-être pas enthousiasmé les foules, mais peu importe : il a rapporté plus d'un milliard pour devenir le deuxième plus gros succès de la saga, juste derrière Le Secret du coffre maudit. Disney aura donc sans surprise cherché un moyen de convaincre Johnny Depp qu'il a des raisons de rempiler, avec la volonté évidente de lancer une nouvelle trilogie - nouveau couple de jeunes acteurs, scène post-générique classique.

Exit Penelope Cruz donc, malgré une scène post-générique dans le précédent qui laissait entendre que son histoire n'était pas terminée : le studio a oeuvré pendant plusieurs années pour ramener le célèbre pirates sur les eaux, avec plusieurs essais et versions (un scénario abandonné était centré sur une antagoniste féminine, que Johnny Depp aurait apparemment refusé pour ne pas reproduire Dark Shadows où il affrontait Eva Green). 

Avec le salaire de Johnny Depp mais aussi quelques accidents de parcours (l'acteur a été blessé sur le tournage, mis en pause pendant deux semaines), le budget de La Vengeance de Salazar aurait grimpé jusqu'à 320 millions de dollars, sans compter les frais marketing massif d'une telle superproduction. Le cinquième épisode serait ainsi le plus cher de la saga, mais Disney a conscience de la force phénoménale de la marque Pirates des Caraïbes, et des retombées merchandising de chaque épisode. Reste à savoir si La Vengeance de Salazar atteindra lui aussi le fameux milliard au box-office, et si le prochain épisode évidemment programmé sera une suite directe ou un autre petit redémarrage.

C'est amusant : un côté cartoonesque plus assumé et des couleurs plus sympathiques après la fade Fontaine de Jouvence.
 
C'est exaspérant : le côté reboot pas très fin (avec une nouvelle brune au caractère bien trempé et un nouveau bellâtre aux cheveux longs), Johnny Depp qui pourrait jouer les yeux fermés, la mythologie qui manque d'imagination.
 
 

Photo Kaya Scodelario, Johnny Depp

 

BRIDGET JONES

Exemple parfait d'une très mauvaise idée basée sur une confiance aveugle en la marque. Après deux films en 2001 et 2004, la célèbre célibataire imaginée par d'Helen Fielding aura été de retour en 2016, contre toute attente et après des années de rumeurs. Le box-office a suivi la pente descendante, en rapportant moins que le deuxième film qui avait lui-même été moins fructueux que le premier, mais le problème est surtout ailleurs : cette sensation de rengaine, avec le retour gênant de Renée Zellweger qui a choisi ce rôle pour son comeback, dans une nouvelle histoire poussive et ringarde.
 
Douze ans après, qui avait encore de voir Bridget Jones ? N'était-elle pas devenue un vieux stéréotype, pillé suite au succès du premier film ? Y avait-il autre chose que la nostalgie (côté public) et le business paresseux (côté producteurs et acteurs) ? Visionner ce Bridget Jones Baby, c'est avoir une réponse très claire.
 
Ce qu'on en garde de bien : quand Emma Thompson cachetonne, elle s'arrange pour participer au scénario.
 
Ce qu'on en garde de pas bien : le film, du début à la fin, et notamment Renée Zellweger.
 
 

Photo Renée Zellweger

 

CHUCKY, HALLOWEEN, VENDREDI 13 & Cie

Voilà un groupe qui constitue l'exception, à moins qu'il n'ait tout simplement été visionnaire. Pendant longtemps, Hollywood a été réticent à produire des suites face à un public rarement intéressé, car convaincu (à juste titre) que l'exploitation automatique des succès d'hier donnait le plus souvent de mauvais films. Mais le cinéma d'horreur leur a toujours laissé une grande place.
 
Certains genres, comme le slasher, ont rapidement multiplié les suites, relances de franchises et simili-reboots, tout simplement parce qu'une partie du public vient y chercher l'application de règles et la permanence de codes. Ainsi, il est possible d'apprécier Halloween 15, la vengeance du Masque, ou Souviens-toi l'été dernier fait du surf, car le coeur de ces projets et le plaisir retiré lors de leur visionnage est fondamentalement différent.
 

 

Brad Dourif

 
 
Mais si le cinéma dit d'exploitation a très tôt pris goût aux suites, il semble toujours l'avoir fait "en conscience", prémunissant ses aficionados de la politique du doigt d'honneur. C'est peut-être ce qui explique que l'on attende avec toujours autant de bienveillance les prochains Chucky, Halloween, Scream ou autres. Peut-être également parce que l'avènement d'un mauvais épisode, au sein d'une économie beaucoup plus modeste, ne condamne pas nécessairement une franchise, et peut même se déguster avec bonheur.
 
 

 Halloween, version Rob Zombie

 

commentaires

Dutch Schaefer
08/04/2018 à 17:01

Je constate qu'au final, on vois ici bien plus de "remake" que de véritables suites!
Le Predator 2 de 1990 est loin d'être une purge (au contraire!)
SOS Fantôme 2 est certe un cran en dessous de l'original, mais bien plus respectable que cette immonde bouse de "remake"!
Robocop 2 est plein de qualité et de violence! (je ne parle pas du 3... à chaque fois mes yeux saignent!)
Halloween 2 de 1980, certains Vendredi 13, Alien 3, et j'en oublie!
Mais...ces saloperies de REMAKE et autres REBBOT, mais quelle horreur!
C'est cela qui tue les oeuvres originales!

boum
31/05/2017 à 16:51

les dents de la mer 2 c'est canon ça ?

Geoffrey Crété - Rédaction
31/05/2017 à 12:16

@Boum

Oui, une erreur d'inattention sur Predator au milieu de nos pavés de réponse (on donne la date de sortie dans l'article d'ailleurs)

Bonne continuation...

boum
31/05/2017 à 12:10

Faux ! The predator ne sort pas cet été ! Mais en 2018 !

Et si certains font attention au canon de leurs saga, la preuve avec star wars, les tvfilm sur les ewoks ne sont plus canon !

Geoffrey Crété - Rédaction
31/05/2017 à 12:02

.....

"C'est tant mieux, c'est dommage, c'est honteux : peu importe, c'est une réalité" : vous n'avez visiblement pas compris le sens de la phrase, on vous laisse donc le relire dans le contexte.

La question n'est pas d'émettre un avis subjectif sur la qualité ou le degré de problèmes, de déterminer si c'est bien ou pas bien, mais de dire "c'est comme ça". On va finir par croire que vous faîtes exprès hein ;)

En tout cas, que cela vous satisfasse, vous frustre ou vous énerve : peu importe, on vous expose ici les faits, et surtout l'absence de faits dans de nombreuses franchises. Nous ne pouvons prétendre savoir ce que les studios n'ont pas dit clairement, nous ne pouvons satisfaire votre besoin vital de réponse claire, nous ne pouvons pas décemment vous exposer des choses et inventer des réponses en les présentant comme des vérités. Si cela vous attriste ou agace, désolés, mais c'est bien au-delà de notre pouvoir.

On a fait le tour de la question. On a tenté de répondre aux très nombreuses questions qui sont allées dans tous les sens. On a dit tout ce que nous pouvions expliquer sur ce sujet, au point d'en venir à nous répéter. On vous quitte donc là-dessus.

Geoffrey Crété - Rédaction
31/05/2017 à 11:57

@Boum

.... Alors, on ne sait plus comment vous le dire : puisqu'il n'y a pas de version officielle au sein des studios, que les studios ont régulièrement réécrit ou effacé les mythologies, et que la question de "canon" n'est pas toujours pertinente (soit parce que la franchise n'a pas été entretenue de ce point de vue, soit parce que les réalisateurs et producteurs l'ont balayé), vous n'aurez pas de réponse.

Il faut comprendre que ce n'est pas un site qui décide que, un autre qui décide que. Ca n'a rien à voir avec la qualité des films. On le répète : hormis Marvel (principalement), la question des univers a été peu traitée et peu assumée. Ce qui oblige les journalistes et le public à rassembler les informations. Tout n'est pas blanc ou noir, à ranger dans une case ou une autre.

Alien vs Predator était sur le papier dans l'univers d'Alien (présence de Bishop, personnage de la saga Alien), sans que rien ne le relie à la saga Predator de manière claire (reprendre le Predator étant insuffisant sans autre élément ou volonté exprimée par le studio). Depuis, Ridley Scott a repris la franchise Alien en main, et ne veut pas des Alien vs Predator (comme de nombreux fans, qui savent que c'était une parenthèse Z, chose assez courante dans le cinéma de genre). The Predator sort cet été, et comme le précédent film : aucune mention de l'alien (sauf surprise, mais ça semble fort improbable). Ceci est la réalité, et cette réalité ne pourra rentrer dans aucune case simple et claire du tableau des univers à la MCU.

On le répète, encore : ce que vous appelez débile et incohérent, c'est juste la preuve que Marvel a établi pour la première fois un univers solide et assumé. Pendant des décennies, ce n'était pas le cas, et personne ne trouvait ça problématique, ni ne réclamait des explications et un plan précis. Impossible de plaquer le modèle MCU partout ailleurs, pour des raisons parfois grandiloquentes (Insidious et Sinister par ex).

boum
31/05/2017 à 11:49

vous dites:

"C'est tant mieux, c'est dommage, c'est honteux : peu importe, c'est une réalité. "

euh, vous avez fait erreur, soit c'est tant mieux, soit c'est honteux, mais ça peut pas être les deux !

et déjà je n'ai jamais voulut appliquer la méthode marvel à d'autres sagas, et je voulais juste savoir sur quel site le canon des sagas pouvez être répertoriez !

et la preuve que certains se déclare sur le sujet, le dceu a ouvertement déclaré que la trilogie Nolan n'était pas canon, parce que désolé mais rentré dans une salle de cinéma en ne sachant pas quel film est canon ou pas, ça fait gerber !

boum
31/05/2017 à 11:46

sur quel site peut-on trouver un répertoire ou tout ce qui est canon ou non dans les sagas ?!

j'aimerais bien trouver un site qui en serait capable !

parce que tomber sur un site qui dit "avp est canon" et un autre qui dit "avp n'est pas canon parce que j'en ai décidé ainsi",
moi je trouve ça débile et incohérent ! on ne décide pas du canon de la franchise parce que le film ne nous a pas plut !

Geoffrey Crété - Rédaction
31/05/2017 à 11:44

@Boum

On vous arrête tout de suite et on résume, parce qu'on ne va pas pouvoir vous répondre pendant 3 jours :

- la majorité des séries ne répondent pas à une logique d'univers cohérent et assumée/affichée par les producteurs
- il est donc inutile de chercher à poser la méthode Marvel partout (Insidious et Sinister...), Marvel ayant "inventé" ce concept au cinéma

Vous pourrez trouver beaucoup d'autres exemples et questions, mais ni nous ni personne ne pourra y répondre, tout simplement parce que les esprits derrière les films ne se sont pas intéressés à la question. C'est tant mieux, c'est dommage, c'est honteux : peu importe, c'est une réalité.

Ce n'est pas possible de plaquer la formule Marvel sur toutes les franchises, surtout a posteriori, avec Universal ou Godzilla par ex. Relisez aussi notre partie sur le cinéma de genre, dans le dossier : c'est une dynamique spéciale, qui parfois se contrefiche encore plus d'une quelconque cohérence profonde au-delà de quelques motifs (notamment le méchant).

Il faut garder en tête que le MCU est quelque chose d'assez unique, et que personne d'autre avant n'avait construit un tel univers au cinéma. A partir de là, vous comprendrez pourquoi les réponses sont parfois inexistantes, ou peu satisfaisantes en comparaison.

Cordialement

boum
31/05/2017 à 11:37

tiens encore un autre, le premier godzilla, tout le monde qu'il est canon mais pas les suites (nanardesque certes).
les godzilla de la toho forment-ils un univers ?

et sinister et insidious forment-ils un univers eux aussi ? sont-ils la même franchise et comment s'appellerait-elle ?

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