Avant Les Gardiens de la Galaxie 2 : 3 films qui ont forgé la légende Kurt Russell

Jacques-Henry Poucave | 28 avril 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Jacques-Henry Poucave | 28 avril 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Depuis que James Gunn a officialisé la présence de Kurt Russell au casting des Gardiens de la Galaxie Vol. 2, les esprits de milliers de cinéphiles s’échauffent.

Si le grand Kurt est aujourd’hui (re)connu par une certaine frange de la critique et apprécié des plus jeunes générations de cinéphiles, c’est bien sûr grâce à Tarantino, qui à travers Boulevard de la mort et Les Huit Salopards, aura su remettre au goût du jour l’aura du comédien, tout en capitalisant sur elle.

Mais la stature colossale de l’artiste ne date pas d’hier, pas plus que sa propension à incarner une certaine Amérique. Histoire de se rafraîchir la mémoire et de comprendre d’où vient sa légende, il est l’heure de regarder un peu dans le rétroviseur, afin de se souvenir des trois rôles qui auront sédimenté son image et concouru à faire de lui une véritable icône. Trois œuvres cultes, toutes réalisées par John Carpenter, qui sut faire de Kurt Russell à la fois son héros séminal, l’incarnation de son discours anarcho-misanthrope et la critique du héros américain.

 

Photo Kurt Russell

 

NEW-YORK 1997

Snake Plissken. Plus grand criminel d’un futur dystopique, il passe pour une légende chez les uns, un mort en sursis chez les autres, voire un modèle fantasmatique. Si on doit à Carpenter d’avoir su mettre en scène et narrer un récit de SF novateur, revêche et malin, le film et son héros doivent énormément à Russell.

À bien y regarder, au-delà de la pose, du charisme ou du lien évident que son magnétisme impose entre le récit et le spectateur, ce qu’accomplit l’acteur va le faire quasiment instantanément entrer  dans la légende du cinéma des années 80. En effet, Kurt Russell interprète ici une légende vivante, parfaitement inconnue du public et dont il doit rendre palpable l’aura mythique qui l’accompagne.

 

Photo Kurt Russell New York 1997

 

À force de réplique sur ou sous-jouées, de légers décalages, d’une interprétation en creux, Kurt Russell compose un mélange de cowboy solitaire, de hors la loi et de guerrier silencieux qui feront éclore dans le public l’idée que Kurt Russell est un héros, le comédien nous offre une partition qui tient à elle seule le film et l’empêche de vieillir.

 

 

THE THING 

À nouveau, on ne s’intéressera pas ici à la mise en scène de Carpenter (géniale), ou à la  place tres particulière dans sa carrière de ce film (son meilleur), appelé à devenir trop tard un des plus grands classiques du genre.

 

Photo Kurt Russell

 

Avec The Thing, Kurt Russell nous propose une nouvelle nuance du combattant solitaire qu’il en est venu à incarner. Profondément seul et misanthrope, MacReady n’a rien à dire ou proposer d’autre que sa détestation de l’humain. Seul rempart contre la propagation inarrêtable d’une entité parasite qui se confond avec ses victimes, son refus des sentiments, sa froide rationalités seront les seuls remparts efficaces contre la folie destructrice des uns, la paranoïa absurde, ou la bonne volonté contre-productive des autres.

Avec The Thing, Kurt Russell s’impose plus que jamais comme un héros de néo-western sorti d’un passé alternatif du cinéma, un pistolero nécessairement sceptique dans un monde trop vulgaire, bête et lâche pour lui. Snake était un  rebelle capable de rentrer dans le rang momentanément, pour une cause supérieure, MacReady assume le fait qu’il n’est désormais plus de cause au-delà de la simple survie individuelle.

 

Photo Kurt Russell

 

LES AVENTURES DE JACK BURTON DANS LES GRIFFES DU MANDARIN

Et si ce héros Américain, taiseux, violent et sûr de lui, n’était en réalité qu’un énorme connard, un beauf content de lui mais incapable de rien entreprendre ou réussir ? Avec Big Trouble in Little China, Carpenter s’amuse certes avec le genre du film de kung-fu, qu’il hybride à l’envie, mais propose également à Russell de critiquer, voire moquer, ses personnages imperturbables qu’ils ont composés ensemble.

En résulta un camionneur aventurier, jamais avare de punchlines débiles, un peu raciste sur les bords, convaincu de sa toute-puissance mais infoutu de triompher de quoi que ce soit. Jack Burton est totalement abruti et se vit lui-même comme un héros surpuissant, quand bien même rien n’est possible sans une tripotée de personnages secondaires occupés à faire avancer l’intrigue pour lui.

 

Photo Jack Burton

 

Ce contrepied est non seulement réjouissant, mais il vient prouver combien Kurt Russell est capable de retourner la dynamique des personnages qu’il incarne habituellement, et qui lui collent déjà à la peau. Cette nuance comique, malgré le four du film, va colorer sa carrière, et cristalliser l’équation de ses futures compositions.

 

Photo Kurt Russell, Rose McGowan

 Boulevard de la mort

 

Photo Kurt Russell

Les Huit Salopards

 

Deepwater

Deepwater

 

Photo James Spader, Kurt Russell

Stargate, la porte des étoiles

 

Russell

Soldier

 

Photo Kurt Russell, Michelle Pfeiffer, Mel Gibson

Tequila Sunrise

 

Photo Kurt Russell

 Tango & Cash

Tout savoir sur Kurt Russell

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commentaires
Rorov94
02/05/2017 à 09:39

Dommage que son rôle dans les gardiens soit celui d'un traitre géniteur qui veut tuer starlord.
Mais finalement détruit par une bombe déclenchée par babygroot!

Colonel Stuart
30/04/2017 à 19:43

Toujours adoré ce mec depuis des années!
Je pense que la première fois ou j'ai découvert ce garçon, c'est allant voir au cinéma à l'époque "Jack Burton"! (quel souvenir...)
Puis ensuite, j'ai suivis l'ensemble de sa carrière (séance rattrapage pour The Thing et N-Y 1997: le haut très haut du panier!)
Puis il y eu Tango & Cash, un buddy movie très sous estimé à l'époque et qui aujourd'hui fait figure de référence de "cool movie"!
Puis ensuite, pour résumer ce mec à toujours été excellent et surtout MEGA COOL!
Ah oui... je l'adore!

kolby
29/04/2017 à 23:44

Soldier, vraiment une réussite.
Je ne sais pas pourquoi il ne parle pas de ultime décision.

Mutata
29/04/2017 à 14:14

"Big John" Carpenter et Kurt Russel, deux Dieux qui marchaient parmi les hommes, on en fait plus des comme ça /se prosterne. Excellente description du personnage Jack Burton, bravo à l'auteur de l'article. Dire que si le film avait réussi ça aurait pu être un personnage récurent à la Indiana Jones...

stivostine
29/04/2017 à 04:29

et bien on rajoutera pas les GOTG2 il a des airs de franck dubosc parfois

Flash
28/04/2017 à 19:01

En effet les trois cités sont géniaux.
Mention spécial à Soldier, Tango et cash, Breakdown.
J'avais bien aimé tombstone, bien qu'il ne soit pas aussi génial que Costner dans le rôle de Earp.

Lulucine
28/04/2017 à 17:48

Et Backraft (le film de Ron Howard sur les pompiers).

Scarface666
28/04/2017 à 16:28

4 collaborations en fait. ,Le Roman d'Elvis aussi. Un téléfilm, certes mais d'une durée de 2h50, tout de même.

Snake1973
28/04/2017 à 15:49

Pourquoi toujours citer New York 1997 et pas la suite Los Angeles 2013 ?
et la série sur la piste des Cheyennes, personne ne connaît ?

Matt
28/04/2017 à 15:21

Super article! Vous n'avez pas cité Captain Ron...
Oui, je sors.

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