Terminator 2 fête ses 25 ans : pourquoi le film de James Cameron est-il toujours une œuvre culte ?

Jacques-Henry Poucave | 5 juillet 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Jacques-Henry Poucave | 5 juillet 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Terminator 2 a 25 ans. Adoré par des millions de spectateurs, cinéphiles, cinéphages, curieux et fans à travers le monde, le classique de James Cameron a rapidement accédé au statut d’œuvre culte. Pourquoi ?

 

Bigger is… Bigger

Le premier Terminator était un polar hard boiled mâtiné de science-fiction. Un film mutant, une très humble série B que le talent de son metteur en scène transcendait à chaque scène. Doté d’un budget nettement plus confortable, James Cameron en profite ici pour décupler tout ce qui faisait la saveur du premier épisode et le pousser à son paroxysme.

Le précédent épisode impressionnait par sa débrouille et sa capacité à dépasser les faibles moyens dont il disposait, ce Terminator 2 sidère par la quantité d’innovations et d’idées qu’il met en pratique.

 

Photo Terminator 2

 

Schwarzenegger au sommet

Le Chêne Autrichien est loin d’être un inconnu lorsque sort le film en 1991, mais l’énorme succès de ce dernier et la métamorphose subie par son personnage, qui passe de machine à tuer à protecteur impavide, font de lui une superstar indiscutable.

L’image du Terminator disparaissant dans une cuve de magma rougeoyant, la main et le pouce dressés vers un enfant bouleversé marquera les kids et leurs parents, permettant au film de traverser presque instantanément les générations, tout en cristallisant l’aura phénoménale du comédien.

25 birthday

 

Cameron au firmament

Trop souvent cantonné à une image de roi du blockbuster de SF avide de prouesses technologiques, James Cameron est aussi un metteur en scène surdoué. Bien sûr, Terminator 2 est spectaculaire. Mais c’est aussi un film composé avec une ahurissante minutie.

De la photographie, en passant par les cadres, le cinéaste organise et structure son intrigue avec une finesse rarement atteinte. Se focalisant, avec le génie qui est le sien, sur des relations, des gestes, parfois instinctifs et infimes, dans lesquels sont contenus le message de son œuvre et la logique qui met les héros en mouvement (ce qu’on appelle communément le Kaïros), il aboutit à une forme d’épure visuelle et cinématographique qui n’a pas pris une ride.

25 birthday

En résultent plusieurs séquences qui vont se grever immédiatement dans l'inconscient collectif. Le jeune Edward Furlong pris en tenailles entre les deux Terminators lors de leur première confrontation, l'évasion de Linda Hamilton de l'hôpital psychiatrique, le dézingage à la Gatling, Schwarzie arrachant les tissus de son bras pour révéler sa nature mécanique et bien sûr l'ultime affrontement entre les deux machines envoyées du futur. Rares sont les films à pouvoir se targuer de posséder autant de scènes iconiques, copiées maintes fois, mais jamais égalées.

 

25 birthday

 

Une philosophie du spectacle

Œuvre de science-fiction, étude des rapports de transmission et recherche sur le sens de la filiation, Terminator est avant tout une leçon de cinéma à grand spectacle. En réalité, il suffit de le comparer avec Terminator Genisys, sa plus récente suite, pour comprendre combien T2 propose à son public une véritable philosophie du spectacle.

25 birthday

Ainsi, si le film regorge de trouvailles techniques, voire d’innovations majeures (l’usage de CGI, les séquences de destruction/reconstruction du T-1000), aucune de ces géniales performances ne prend jamais le pas sur le récit. Au contraire, chaque idée, chaque élément de scénographie est là pour renforcer un concept, pour assoir un sens bien précis.

Le génie de Terminator 2, c’est de ne jamais donner au spectateur ce qu’on suppose qu’il attend, mais bien de deviner comment le surprendre.

 

25 birthday

Un film visionnaire ?

Les années 90 furent particulièrement violentes au Etats-Unis. Ainsi, le tabassage en règle dont fut victime Rodney King en 1991 et qui devait plus tard provoquer de terribles émeutes, a eu lieu à quelques mètres du diner où Schwarzenegger apparaît au début du film, pendant le tournage. En revoyant le métrage aujourd’hui impossible de ne pas questionner à nouveau le personnage de Robert Patrick.

Comme si, en immortalisant cette image d’un policier glacial et meurtrier, Cameron avait capturé en avance ce qui constituerait une des grandes interrogations de l’Amérique post-9/11, mixant la peur du flic assassin et une certaine idée de la prolifération d’un armement incontrôlable.

25 birthday

Mais c’est aussi dans le duel entre deux technologies que Terminator 2 nous annonce le combat qui s’apprête à se jouer sur grand écran. D’un côté, le bon Terminator, ancien modèle issu d’une technologie qui paraît essentiellement mécanique, un quasi-être de chair, presque capable de saigner et ressentir, une métaphore des effets spéciaux mécaniques auquel tant de cinéphiles sont attachés.

En face de lui, une créature indestructible, froide, parfaite. Capable de performances incroyables, de changer de forme, une chose lisse à la puissance bien supérieure. Cette bataille entre Schwarzenegger et Robert Patrick est aussi celle que vont se livrer effets traditionnels et CGI, avec l’issue que l’on sait, changeant drastiquement l’apparence du cinéma de divertissement.

25 birthday

Pour toutes ces raisons (et bien d’autres encore, qui appartiennent à chaque spectateur), Terminator 2 reste 25 ans après sa sortie un film emblématique de son époque, mais aussi d’une certaine idée du 7ème Art, à la fois formidable et humain, un artisanat tellurique et une invitation au rêve comme à la réflexion.

Tout savoir sur Terminator 2 : Le Jugement dernier

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commentaires
gdy
07/07/2016 à 17:00

@Satan l'habite
Quand même, depuis nous avons eu "Matrix" (premier du nom) et "Les deux tours" , ces 2 films ont quand même fichu une baffe quand ils sont sortis !! :-)
En tout cas T2... alala... je me souviens qu'à l'époque une version "pirate" tournait via VHS en qualité bien pourrie , tout le monde au collège se battait pour l'avoir, c'était l'époque ou Amstrad avait sorti le double lecteur cassette, c'était pratique pour faire des copies...oups pardon je m'égare dans les années 90 :-)

venomsnake
06/07/2016 à 18:41

Mon film prefere depuis mais 8 ans! j en ai 30 et sa change pas, un vrai chef d oeuvre!

Gu
06/07/2016 à 17:33

Vive T2

Satan l'habite
06/07/2016 à 09:43

25 ans plus tard, je trouve que les effets spéciaux au ciné ne proposent plus rien d'innovant. Tout a été fait avec T2, Jurassic Park (quelque soit la qualité du film) et Forrest Gump.

LaTeub
05/07/2016 à 20:16

Parce que c'est un chef d'oeuvre tout simplement.... Voir la Skynet Edition pour en avoir encore un petit peu plus...

Marty
05/07/2016 à 19:25

Un des meilleurs film de tous les temps .
Inégalable , inébranlable , incomparable .
Le genre film ou tout est parfait .
Merci a Cameron et ses équipes pour cette pierre angulaire du cinéma moderne .

Dirty Harry
05/07/2016 à 18:05

Bel article, cela donne envie de se refaire le métrage et ses attitudes de film-uber-camion (avec un verre de Loch Lomond pour moi^^). La mise en scène élégante, pas un seul moment ringarde (c'est là qu'on voit le talent : lorsqu'il traverse les époques..comme un bon vin) et les acteurs ont tous eu là un écrin formidable dans lesquels ils nous ont marqué : Robert Patrick notamment, avec ses mouvements de mammifère bipède légèrement transformés numériquement pour suggérer que c'est une machine d'un nouveau genre, qui "glisse" dans l'espace, est une marque de petit détail maniaco-perfectionniste qui prouve que Cameron n'est pas le "Roi" pour rien dans son travail. He'll be back ?

corleone
05/07/2016 à 17:53

C'est cameron au sommet de son genie tout simplement(pour ne pas dire de son art...) scenario impeccable, linda hamilton incroyable actrice qui est restée dans la memoire collective à travers presqu'un seul film, schwarzie comme vous l'avez écrit vous même... ce mec a une aura phenomenale, une présence spectaculaire, un charisme insolent encore inégalés à ce jour(the rock peut toujours courir), bref en fait excellent article et excellente analyse de ce fucking film culte ...j'ai plus rien à ajouter a part que je vais me taper le film ce soir à 22h éxactement. Seul avec mon jack daniel's. Face à mon enfance. Savourant de nouveau mes années ado... j'espère juste que ma girlfriend ne va pas m'entendre trop chialer de nostalgie ...

rigolax
05/07/2016 à 17:52

Le film est sorti en 91. 91 bordel ! Pas en 92 !

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