David Bowie : hommage au caméléon magnétique du cinéma

Jacques-Henry Poucave | 11 janvier 2016
Jacques-Henry Poucave | 11 janvier 2016

David Bowie n’est plus. Sa musique, elle, demeure et résonne dès à présent sous nos crânes, avec une force inégalée. Mais le génie britannique s’était également illustré sur les écrans, et nous laisse en héritage une poignée de rôles emblématiques, formant un patchwork aussi protéiforme que sa carrière musicale.

 

Les Prédateurs – 1983

Réunir Tony Scott, Catherine Deneuve, Susan Sarandon, David Bowie et une certaine idée de la figure vampirique, voilà qui ne pouvait que faire des étincelles. Le résultat est une leçon de style envoûtante, parfois kitsch, toujours somptueux.

Resté célèbre pour une séquence saphique particulièrement réussie réunissant Sarandon et Deneuve, le film est aussi un écrin parfait pour le charme décontracté et vénéneux de Bowie, qui imprime la pellicule de toute sa grâce féline.

 

Furyo – 1983

Autre collaboration prestigieuse, Bowie collabore cette fois avec l’immense réalisateur Nagisa Oshima, lequel envisagea un temps Robert Redford pour ce rôle une nouvelle fois trouble. Le chanteur y campe un prisonnier Britannique, major de son état, qui va troubler le commandant japonais d’un camp de prisonnier en pleine Seconde Guerre Mondiale.

RIP

L’alchimie conflictuelle et terriblement sensuelle entre Ryuichi Sakamoto et le rockeur est évidente. L’artiste s’investit alors totalement dans le rôle, refusant au passage de signer la bande-originale du film, histoire de se focaliser sur sa performance d’acteur et de signifier qu’il vient faire plus que jouer les guests de luxe. Furyo restera sans doute sa performance de comédien la plus remarquable et remarquée.

 

Labyrinthe – 1986

Comment oublier Labyrinthe ? Délire de Fantasy d’un mauvais goût extrême, folie bariolée à la direction artistique sous LSD, le film de Jim Henson restera comme un sommet hallucinatoire de ce que les années 80 pouvaient nous offrir de pire (ou de meilleur, c’est selon).

David Bowie y est véritablement une sorte de détonateur psychédélique, passant son temps à torturer la toute jeune Jennyfer Connelly, quand il ne jette pas un innocent bébé dans le vide, à vent de le confier à des gobelins libidineux. Du grand n’importe quoi, mais dont les outrances manquent aujourd’hui cruellement au cinéma de divertissement.

 

RIP

 

La Dernière Tentation du Christ – 1988

Les excursions du chanteur au sein du 7ème art vont commencer à s’espacer, ce qui n’empêchera pas l’artiste de s’allier à des cinéastes de tout premier plan. Il devient ici le Ponce Pilate de Martin Scorsese, à l’occasion d’une de ses œuvres les plus controversées.

 

RIP

 

Basquiat – 1996

Si le film de Julian Schnabel n’est pas exactement une œuvre inoubliable, on se souvient néanmoins très bien de la partition de la star dans le rôle d’Andy Warhol, une sorte de rencontre-hommage parfaitement délicieuse. Et l’occasion d’admirer une sacrée réunion de légendes, puisqu’il y cotoie Dennis Hopper et Gary Oldman.

 

Lost Highway – 1997

Bien sûr, on se souvient de lui dans le pendant cinématographique de Twin Peaks, où il affichait une dégaine improbable, mais sa collaboration la plus fascinante avec David Lynch demeurera sûrement la présence de I’m Deranged, qui confère au générique de son Lost Highway une aura incomparable.

Véritable note d’intention du film, la voix de David Bowie y contamine littéralement le film, qu’elle ne cessera de hanter, telle un virus abrasif et magnétique.

 

RIP

Omikron – 1999

Personne ne l’avait vu venir, mais cette participation à l’un des jeux les plus audacieux et malin de sa génération n’a rétrospectivement rien de très étonnant. Faisant une nouvelle fois preuve d’un instinct, d’un discernement et d’une curiosité remarquables, David Bowie compose la bande-originale du jeu qui devait faire la renommée de son créateur David Cage, assurant également une partie du doublage.

 RIP

Le Prestige – 2008

Peut-être le meilleur rôle de Bowie, sans doute le plus discret, énigmatique et envoûtant de sa carrière cinématographique, dans ce qui demeure le meilleur film de Christopher Nolan, ou du moins son plus abouti.

Il interprète ici Nikola Tesla, célèbre physicien et ingénieur américain, dont le scénario fait ici une figure fantomatique et mystique, véritable magicien, pourchassé et menacé par Edison. Génie et stéréotype du « savant fou », qui soignait tout particulièrement la mise en scène de ses inventions, il s’avère une sorte de double parfait de Bowie, qui lui confère une aura magnétique absolument saisissante, et quelques unes des plus belles séquences mises en scène par Christopher Nolan.

 

RIP

Bob L’Eponge – 2007

Parfaitement anecdotique (et donc parfaitement indispensable), ce bon David assura également le doublage d’un personnage secondaire des aventures de la plus célèbre éponge du petit écran : son altesse Lord Royal Highness.

Oh yeah.

commentaires

GUGUSSE0
11/01/2016 à 17:35

Je rejois majorfatal et même mieux, c'est un très grand film et bowie y est sublime. En plus le titre l'homme qui venait d'ailleurs était prophétique non!!!

Bolderiz
11/01/2016 à 14:54

Super triste, la musique de ce grand artiste a baigné ma jeunesse...

majorfatal
11/01/2016 à 13:51

Rien sur: L'Homme qui venait d'ailleurs.....?????

Ded
11/01/2016 à 13:37

J'espère qu'on aura droit à une belle édition BR de "Furyo" (c'est un minimum !). Il existe sous ce format en Italie depuis 2011 (mais sans sous-titres français !) En France on est toujours sacqués et c'est frustrant à la longue...

Matt
11/01/2016 à 13:32

Et sa participation jubilatoire dans Zoolander.

Bishop
11/01/2016 à 12:24

On peut quand même rajouter Absolute beginners non ?

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