Wes Craven : 5 films inoubliables du maître des horreurs

Jacques-Henry Poucave | 31 août 2015
Jacques-Henry Poucave | 31 août 2015

Selon la formule consacrée, un maître de l’horreur nous a quittés. Mais il serait peut-être plus pertinent de parler de maître DES horreurs, tant la carrière de Wes Craven aura, pendant 25 ans, consisté à surprendre les amateurs du genre.

Peu de metteurs en scène peuvent se targuer d’avoir couché sur pellicule au moins deux personnages cultes du Septième Art, d’avoir provoqué de profondes mutations des genres qu’ils ont pratiqué, ou d’avoir su manier efficacement le premier degré et la parodie.

Wes Craven était de ces auteurs dont la compréhension aiguë de l’horreur et du fantastique lui permettait de nous plonger dans ses pires cauchemars, comme d’en appréhender les ficelles, les outrances. Un empereur de la terreur dont les films semblaient s’auto-analyser avec un enthousiasme visionnaire. Alors que le réalisateur vient de mourir, revenons sur 5 œuvres représentatives d’un cinéaste aussi à l’aise dans la représentation brute de l’horreur que dans son pastiche « méta ».

 

La Dernière Maison sur la gauche – 1972

Ce n’est pas un hasard si le film figure en bonne position des classiques à avoir été passés à la moulinette du remake. A l’époque, Wes Craven pulvérise les codes et choque, en emballant un récit terriblement glauque et violent, dont la particularité est de souvent coller à l’esthétique documentaire.

Œuvre viscérale et terriblement agressive, on oubliera longtemps sa dimension politique, pour se focaliser sur son aura de souffre.

 

La Colline a des yeux - 1977

Qu’aurait été le survival sans La Colline a des Yeux ? Peut-être pas grand-chose, tant ce nouveau film cristallisera le genre et contribuera à lui donner sa forme finale. Et peu importe que le métrage ait méchamment vieilli, il demeure le géniteur de personnages uniques et de situations d’une cruauté peu commune.

Sans compter que c’est grâce à lui que notre Alexandre Aja national a réalisé un implacable remake, à la fois dépassement, relecture et hommage.

 

Les Griffes de la Nuit - 1984

Après s’être imposé comme le représentant d’une horreur crue et « réaliste », Craven bifurque dans le fantastique. C’est un virage, mais quel virage ! Avec ce conte macabre, il accouche d’un des Boogeymen les plus célèbres et flippants de toute l’histoire du cinéma.

Freddy Krueger hante les cauchemars de ses victimes où il les massacre. Un concept à la fois diaboliquement simple et formidablement riche, qui permettra à Craven de rappeler qu’il n’est pas qu’un concepteur malin, mais aussi un metteur en scène. Plus drôle, sardonique et délirant que ses précédents films, Les Griffes de la Nuit et probablement son œuvre la plus appréciée de par le monde.

 

Le Sous-sol de la Peur - 1992

On oublie souvent cette œuvre atypique de l’artiste. Complètement folle, changeant de rythme, de ton et de genre à quasiment chaque bobine, Le Sous-Sol de la Peur est aussi inclassable que jubilatoire.

Débutant comme un thriller, avant d’enchaîner sur du survival à l’ancienne, le film flirte finalement avec le fantastique, tout en convoquant un esprit diablement eighties. On retrouve des enfants, des pièges mortels, u décor labyrinthique et un couple meurtrier socio-psycho-sado-ridiculo-maso totalement dingue.

Une création bizarroïde sans doute, mais qui témoigne encore une fois de l’étonnante vitalité du cinéaste.

 

Scream – 1996

Wes Craven est-il lassé ? A-t-il fait le tour de la question ? Dès Freddy sort de la Nuit 2 ans plus tôt, on sentait bien que l’artiste préférait faire des films sur l’horreur plutôt que d’horreur. Déjà il mettait en abîme, questionnait le genre.

Une démarche qui trouve ici son apothéose, Scream réussissant le tour de force d’être à la fois un pastiche cruel de slasher et du cinéma de Craven, mais également un pur film d’horreur, à l’intensité parfois difficilement soutenable. En témoigne cette introduction qui joue avec le spectateur sans lui laisser la moindre échappatoire.

commentaires

WinslowLeach
24/08/2016 à 14:32

Triste qu'ECRANLARGE, pour illustrer son propos, ne cite pas les chefs d'œuvres du "maître DES horreurs" que sont SUMMER OF FEAR (1978), DEADLY BLESSING (1981), SWAMP THING (1982), CHILLER (1985) et SHOCKER (1989)... Un peu de sérieux please, Wes Craven n'est pas mondialement connu pour une utilisation spécifique et originale de la caméra (ce n'est pas un réalisateur visionnaire ni un bon technicien) d'ailleurs qui se souvient d'un seul mouvement de caméra (travelling ou panoramique) marquant dans toute sa carrière ? A part le long panoramique d'ouverture pour THE HILL HAVE EYES... Paresseux en mise en scène et encore plus à l'écriture de ses scénarios : en effet qui n'a jamais remarqué que ses films avaient la fâcheuse tendance à utiliser les mêmes ficelles au final : arrivé au dernier acte de l'histoire, les protagonistes toujours en vie décident qu'il est temps de se "rebeller" et vont, à l'instar du petit Macauley Culkin dans HOME ALONE, créer de petits pièges ridicules pour se débarrasser du "monstre"... et ça marche ainsi de films en films. Lassante, répétitive et paresseuse, telle est la filmographie de Wes Craven.

tenia
31/08/2015 à 20:45

Correction : le soufre (élément chimique) ne prend qu'un seul f.

PafLeChien
31/08/2015 à 13:51

The serpent and the rainbow (L'Emprise des ténèbres). Son meilleur film et de loin.

Armand_FilmGeek
31/08/2015 à 13:50

Perso je ne trouve pas que The Hills Have Eyes a vraiment vieilli, son format et la photo cradasse continuent de filer un malaise que seul le gore boueux d Aja a pu depasser. Comme souvent l origine des personnages est passee a la trappe laissant l imagination du spectateur courir. Efficace, comme dans le Assault de Carpenter ou encore Halloween, malheuresement explicites dans leurs remakes de 2005 et 2007.

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