Cannes jour 2

Simon Riaux | 15 mai 2013
Simon Riaux | 15 mai 2013

Par quelque tour de passe-passe mystique et irisé de champagne, il est encore de nombreux zigotos pour s'imaginer que la Croisette se transforme chaque année en succédané Venice Boulevard. Il y ferait beau. Il y ferait chaud. La preuve, il y a même des palmiers. Les mythes ayant la vie dure, et le journalisme d'investigation se devant de les fouler au pied du tapis rouge, il est temps de vous délivrer vérité (nue ou en robe de soirée). Il ne fait pas beau à Cannes, le temps oscille généralement du grisâtre poétique au crachin cradingue ; ce n'est pas pour rien que les vendeurs à la sauvette prolifèrent en vendant des parapluies plutôt que des bobs.

Comme d'habitude, des nuées de journalistes, envoyés spéciaux, invités de marques et notables anoblis vont donc se presser sous des trombes d'eau, mouiller la chemise malgré eux, avant de rejoindre le Grand Théâtre Lumière dans un concerto ouaté de couinements obséquieux. Cette douce mélopée s'accompagne traditionnellement de moult grognements et complaintes. Sans doute afin de parer durablement à ces désagréments, le Festival a opté pour une programmation ensoleillée et audacieuse. Ainsi, cette première journée de visionnage intensif sera-t-elle placée sous le signe du soleil et des nanas.

C'est le bien nommé François Ozon qui ouvrira le bal de la compétition officielle avec le très frenchy Jeune et Jolie, ou les mésaventures d'une étudiante amenée à se prostituer pour payer ses études, jusqu'à ce que le plaisir entre dans la danse. À en croire la rumeur, le film serait plus troublant que véritablement choquant, mais tous les espoirs sont permis, et la Croisette ne s'est jamais montrée avare de scandales. Bref, cette année, le pain de fesse pourrait bien faire les gorges chaudes de la presse humide. Les réjouissances ne s'arrêteront pas là, puisque les festivaliers en manque de soleil seront comblés par les premières projections de la prestigieuse sélection Un Certain Regard, qui mettront à l'honneur la très chic Sofia Coppola et son Bling Ring. En effet quel meilleur remède à la grisaille Cannoise que les tribulations d'une bande de post ados dopés à la real TV et au Star System au cœur de Los Angeles ? Ces mésaventures people et policières seront emmenées par la désormais officiellement sexy Emma Watson, qu'on attend de pied ferme sur le tapis rouge, convaincus qu'elle soumettra sans mal une météo capricieuse.

Une aigrefine de charme sous perfusion de Paris Hilton, une étudiante à la cuisse trop hospitalière, il n'y a pas à dire, le 66ème Festival de Cannes sait recevoir, et s'ouvre sous les plus beaux hospices, ceux des losers magnifiques.

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