Préquelles : et si c'était mieux avant ? [Top 10]

Perrine Quennesson | 19 mars 2013
Perrine Quennesson | 19 mars 2013

La grande force d'un film est souvent de se suffire à lui-même. Un environnement donné, des personnages fixés que l'on découvre à un moment de leur vie et que l'on voit évoluer en essayant de comprendre leurs tenants et aboutissants et une intrigue qui prend fin avec le long-métrage. Mais parfois, on se dit qu'il pourrait être intéressant de savoir ce qu'il s'était passé avant dans la vie du héros, ou dans l'univers que l'on nous a présenté, afin de mieux les comprendre, de les approfondir : une sorte de prologue. Et les producteurs pensent la même chose, ce qui donne les préquelles, une vraie mode actuellement. En effet, depuis quelques temps, la tendance paraît s'accentuer.

Avec les suites et reboots à gogo qui sévissent actuellement sur nos écrans, les préquelles peuvent être vues comme l'un des symptômes du manque d'originalité d'Hollywood qui semble préférer rester sur des valeurs sûres plutôt que de se risquer à nous proposer de nouvelles histoires, de nouveaux personnages. Mais parfois, la surprise est bonne et l'on découvre une préquelle qui, réellement, nous permet d'enrichir notre perception du film original. Une préquelle dont on ne pensait pas avoir besoin et qui s'avère, parfois, presque aussi nécéssaire que son prédecesseur. Ce fut le cas la semaine dernière du Monde fantastique d'Oz de Sam Raimi. Une parfaite occasion pour qu'Ecran Large vous propose de découvrir 12 (oui, on a un peu dépassé du cadre du top 10) préquelles qui ont fait le job.

 

Le bon, la brute et le truand

 

Situé avant le Pour une poignée de dollars de 1964 et le Et pour quelques dollars de plus de 1965, le troisième et dernier épisode de la trilogie du Dollar, Le Bon, la Brute et le Truand est sûrement aussi le meilleur des trois. Si on ne sait toujours pas comment s'appelle le personnage de Clint Eastwood, on apprend comment il a acquis son poncho et le reste de son attirail. Mais c'est surtout l'occasion pour Sergio Leone de donner une vraie introduction à l'un des personnages les plus iconiques de l'histoire du cinéma mais aussi de permettre à Eastwood d'ancrer à jamais un style (le silence, le regard plissé) qui marquera à jamais sa façon de jouer.

 

Le Parrain 2

 

Une préquelle englobée dans une suite, voilà la brillante idée du Parrain 2 de Francis Ford Coppola. En parallèle de la vie de Michael Corleone (Al Pacino), on suit la genèse de Vito Corleone, joué ici par Robert de Niro, qui en plus d'une prestation exceptionnelle, offre une incarnation d'un Marlon Brando jeune tout à fait saisissante. La grande force du film est aussi et surtout de mettre en parallèle ces deux chefs du même clan, à des époques différentes et surtout l'influence du pouvoir sur leur façon d'être. Moyen d'expansion et d'ouverture sur le monde pour Vito, il est un poids sur les épaules de Michael qui cupide et perdu s'enferme et s'isole. Vous avez dit chef d'œuvre ?

 

Indiana Jones 2

 

Et oui, ce n'est pas évident pour tout le monde mais le second opus d'Indiana Jones est une préquelle ! En effet, son action se situe un an avant les événements des Aventuriers de l'Arche Perdue. Episode souvent le moins aimé de la saga (Le 4, quel 4 ? Il y a eu un 4 ?), c'est également le plus sombre. Une raison à cela pourrait être qu'à cette époque, (attention moment People) et George Lucas, et Steven Spielberg étaient en pleine rupture. Mais le résultat est qu'Indy y fait face à un culte secret aux pratiques sanglantes et à des enfants esclaves. Une scène de sacrifice a d'ailleurs été à l'occasion de la création du label PG-13. Et si l'on y réfléchit bien, un peu de noirceur, ne fait jamais de mal à une franchise.

 

Twin Peaks - Les 7 derniers jours de Laura Palmer

 

La fin de la série Twin Peaks avait laissé les fans sur le carreau et des questions en suspens. Alors, évidemment, quand David Lynch décide de faire un film tiré du show télé, il ne prend pas la peine de donner des réponses et fait une préquelle. On replonge alors dans ce monde étrange et malsain qu'est Twin Peaks, sept jours avant la mort de Laura Palmer. Peu apprécié à sa sortie, car peu clair pour les non-adaptes de la série et trop, peut-être, pour les fans, Twin Peaks, le film, à revoir aujourd'hui, est une saisissante synthèse et de la série, et de son univers. Et David Bowie et Chris Isaak en agents du FBI, que demander de plus ?

 

Batman Begins

 

Si les Batman selon Tim Burton avaient laissé un formidable souvenir, les films de Joel Schumacher étaient venus « saloper » (il n'y a pas d'autres mots) le travail avec leur aspect grand-guignolesque aux couleurs criardes. Mais aucun de ces films n'avait réellement exploré les origines de Batman, ce qui laissait à Warner une chance de sauver cette franchise. C'est là que Christopher Nolan est entré en scène. S'inspirant de la saga de Frank Miller, Batman : Year One, il offre au spectateur et à son personnage, une vraie genèse où l'on apprend comment il a acquis sa maitrise des arts martiaux, pourquoi il a choisi la chauve-souris comme avatar et la naissance de sa relation avec le commissaire Gordon. Mais dans ce film, il y a également les bases de thématiques développées dans le reste de la trilogie du Dark Knight, à savoir son impuissance (malgré d'immenses ressources) à sauver ce(ux) qu'il aime et les limites de la vengeance personnelle et du rôle du vigilante.

 

Casino Royale

 

Si Pierce Brosnan avait le parfait physique de l'emploi pour le rôle de James Bond, il n'a malheureusement pas joué dans les meilleurs épisodes, le pire étant sûrement le dernier, Meurs un autre jour. La franchise a pris son temps et a finalement décidé de tout reprendre depuis le début. A la fois reboot et préquelle, Casino Royale offre une scène d'introduction originale, en noir et blanc, où Bond, plus jeune, est dans une mission qui va le mener à acquérir son statut de double-zéro, soit le fameux permis de tuer. Mais c'était l'occasion aussi pour la saga de prendre un tournant plus réaliste, plus contemporain après les délires toujours plus « gadgetesques » de certains opus précédents.

 

Star Trek

 

Avec la série original, les spin-off, films, suites, reprises, etc, etc, vous pensiez qu'il n'y avait plus moyen de raconter quoi que ce soit sur l'équipage original de l'Enterprise ? Et bien, vous vous trompiez. Parce que depuis, vous avez vu le Star Trek de J.J. Abrams qui, armé de ses flares et d'un formidable casting, a su raconter la façon dont Kirk, Spock, McCoy ou encore Uhura se sont rencontrés à l'Académie Starfleet et comment ils ont poursuivi leur aventure au sein de l'Enterprise. La grande force du film est, à la fois, de convenir aux trekkies en bousculant un peu leur monde tout en incluant les noobs qui n'y pipaient rien à l'univers Star Trek. Le long-métrage est, en effet, à la fois une suite des autres films (grâce à la séquence avec Leonard Nimoy, notamment), une préquelle (qui raconte les origines de l'équipe donc) et un reboot qui donne de nouvelles bases pour l'histoire. Brillant !

 

X-Men : le commencement

 

Après le très décrié épisode de Brett Ratner et l'affreux spin-off sur Wolverine, la saga X-Men avait besoin d'un petit coup de frais. Il est arrivé en passant par la Guerre Froide avec cette préquelle mise en scène par Matthew Vaughn qui explique, avec un casting plus jeune, comment Magneto et Professor Xavier sont devenus amis, comment ce dernier a perdu ses jambes et surtout comment leur amitié a tourné au vinaigre. Le film offre, comme le faisaient déjà les deux premiers opus, une intelligente métaphore. Si les films de Singer parlaient plus de l'intolérance de la société vis à vis de la différence, celui de Vaughn s'intéresse clairement au danger du nucléaire si celui-ci se retrouve entre de mauvaises mains. Et enfin, cette préquelle laisse de nombreuses portes ouvertes et opportunités pour faire des suites comme ce sera le cas avec le X-Men : days of future past de Bryan Singer qui nous dira, sans doute, pourquoi Mystique a fini par se tourner vers Magneto et à quitter Professeur X.

 

La planète des singes : les origines

Au-delà du titre vraiment pas terrible de cet épisode de La planète des singes, le film de Rupert Wyatt est surtout une intelligente façon de faire une préquelle d'une saga qui a déjà connu maintes suites et remake. A commencer par un axe plus scientifique et logique qui permet de rendre plus crédible et accrocheur l'avènement des singes. De plus, cette histoire, descendante de Frankenstein, joue sur plusieurs brillants tableaux métaphoriques très contemporains allant de notre peur des maladies, à nos scrupules vis à vis de l'éthique pharmaceutique tout en passant par une vraie réflexion quasi-géopolitique. Pour compléter le tout, le film est également une réussite visuelle grâce à une motion capture maîtrisée et à l'interprétation subtile d'Andy Serkis en leader simiesque de la révolte.

 

Fast Five

 

Et ouais, Fast Five est une préquelle. Tout comme Fast & Furious 4 et comme le sera Fast & Furious 6. Hormis les titres qui prêtent à confusion, ces films se passent tous avant le Tokyo Drift de 2006. Et si le quatrième opus s'est avéré intéressant, le cinquième était au-delà de toutes les espérances. A la fois divertissant et bien réalisé, il est en fait une sorte d'Ocean's Eleven des voitures où cette fois le tuning est presque considéré comme une disgrâce tant il faut respecter le produit d'origine. Et quand on voit la bande-annonce du 6, on comprend que la saga a pris un tout autre tournant après lequel le troisième épisode va sembler un peu fade en termes de spectacle : il y a tout de même un tank dans le 6 !

 

Prometheus

 

Certes, certains crieront leur haine, que Ridley Scott avec sa préquelle a tout bonnement massacré sa franchise ou encore que ce n'est pas vraiment un prologue à Alien mais un film se déroulant dans le même univers. Et ils n'auront pas forcément tort car ce Prometheus soulève presque plus de questions qu'il n'apporte de réponses. D'ailleurs, Paradise, la suite annoncée de Prometheus, devrait davantage relier ces deux films. Mais si la frustration provoquée par des années d'attente est bien réelle, il faut aussi être un peu honnête. Car Prometheus reste un film captivant. Visuellement, Ridley Scott n'a rien perdu de sa superbe mais scénaristiquement, non plus. Il y a bien quelques scènes un peu stupides mais pour chacune d'entre elles, il y en a deux géniales. En partant de ce petit moment où, dans Alien, l'équipe du Nostromo découvre le fameux Space Jockey, Scott est en train de nous construire une réflexion sur l'origine du monde, sur le but de la vie humaine mais aussi un vrai débat sur l'opposition entre science et religion. Ça mérite bien une seconde chance.

 

The Hobbit : un voyage inattendu

 

Coupons court au critique maintenant : oui, The Hobbit n'est pas parfait. Oui, il est trop long, tire beaucoup trop à la ligne et, il n'y a pas à dire, les nains c'est un peu moins captivant sans des elfes, des hommes et sans huru-kaï. Mais, il faut aussi se l'avouer, voir The Hobbit, c'est un peu comme retourner dans un univers familier, un espace connu où de grandes aventures sont toujours à portée de main. Un univers du possible où, cette fois, on apprend comment Bilbon est entré en possession du fameux anneau (on avait eu un résumé dans La Communauté de l'anneau mais, bon, comme les enfants, on préfère les longues histoires). Courses poursuite, monstres, enjeux : tout pour faire plaisir à des quémandeurs d'histoires comme nous.

 

 

 

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