Les Pères Noël au cinéma

Perrine Quennesson | 24 décembre 2013
Perrine Quennesson | 24 décembre 2013

Il s'agit sûrement du plus beau mensonge de l'enfance : un homme barbu tout de rouge et de blanc vêtu est censé passer par la cheminée (ou autres) afin de rentrer dans nos maisons pour déposer les cadeaux tant attendus. Si ce bienfaiteur aux méthodes de cambrioleur a enchanté notre enfance (ou alors terrorisé celle-ci car en effet s'asseoir sur ses genoux dans des grands magasins a quelque chose de flippant), il est aussi un vrai protagoniste du cinéma. Ecran Large vous propose 10 films qui montrent différentes facettes de Santa Claus.

 

Le vrai Père Noël : Miracle sur la 34ème rue

 

Et si le Père Noël existait ? C'est en tout cas la question enchanteresse que pose le film de 1947 et son remake de 1994. Il est ici Kris Kringle, un homme âgé, à la bienveillance suspecte. Engagé par un grand magasin pour jouer les papas nono, il prétend être le vrai, ce que personne n'est prêt à croire, et surtout pas sa fille. C'est en allant jusqu'au tribunal que cet homme au regard pétillant et rassurant de vieillesse va tenter de prouver qu'il est ce qu'il affirme être. Un conte très premier degré, léger et bourré d'optimisme qui va faire douter jusqu'au plus sceptique des anti-esprit de noël. Et Richard Attenborough dans ce rôle d'homme prêt, une fois de plus, à dépenser sans compter, est tout simplement le Santa Claus rêvé.

 

Moi, Père Noël, alcolo et méchant : Bad santa

On a beau tenter de saboter l'esprit de Noël, il revient au galop. Même avec un Billy Bob Thornton dans le pire du pire : alcoolique, queutard et voleur, il incarne chaque année un père noël dans un centre commercial. Assisté de son compère nain déguisé en elfe, ils décident de braquer le magasin. C'était sans compter sur Thurman, un gamin naïf voire tête à claques qui, lui, croit en ce père noël. Irrévérencieux, vulgaire et sale, ce long-métrage produit par les frères Coen, massacre l'esprit de Noël pour finalement le restaurer, avec, certes, un peu moins d'innocence mais beaucoup plus de sincérité. Et c'est drôle.

 

Importer noël : L'étrange noël de Monsieur Jack

Bien facile de détester Noël quand on l'a chaque année mais imaginez l'émerveillement d'une créature qui en est privée et qui est condamnée à faire peur lorsqu'elle découvre cette fête tout simplement joyeuse. C'est le cas de Jack, ce squelette sympathique, un peu déprimé par la routine de sa vie. Quand il découvre la ville de Noël, il a le mauvais réflexe, celui de vouloir de l'approprier. Et quand Santa sera en danger, il n'écoutera que son courage, renoncera à son propre intérêt pour découvrir le vrai sens de Noël. Au-delà de la beauté des chansons et de l'animation, il est amusant de voir que la vision de Noël par Tim Burton est aussi classique que son film ne l'est pas.

 

Le père fouettard et le Père Noël, même combat : Rare exports

Dans Rare exports, c'est les mythes qui sont à l'honneur. Et si le Père Noël n'était pas ce gentil bonhomme qu'on veut bien nous dépeindre depuis toujours ? Lorsque des Américains font des fouilles du côté de la frontière russo-finlandaise, il découvre ce qu'il pense être le village du Père Noël. Mais très vite, les choses se dégradent et tournent mal. Un petit garçon du village, grâce à ses lectures finit par faire le lien. En effet, selon la légende, le Père Noël est en réalité un monstre qui terrifiait, frappait et mangeait les enfants turbulants. Et ses elfes ? Des psychopathes. Une autre vision de Noël qui n'empêche pas de réaliser un conte superbe, drôle et parfois effrayant plus proche des films de Spielberg que de l'esprit de Disney.

 

Sauver Noël : Super Noël

Certes, il ne s'agit pas du film le plus génial du monde mais c'est sûrement l'un des meilleurs rôles de Tim Allen. Il est ici cet homme désagréable, ne s'intéressant pas aux autres ni à son fils et encore moins à l'esprit de Noël. Mais lorsqu'il assiste au crash du vrai Père Noël, celui-ci le désigne comme son remplaçant. Il devra alors reprendre le rôle, de gré ou de force. Et ce sera plutôt de force en ce qui le concerne. Mais Tim Allen offre une prestation très généreuse, proche d'un Jim Carrey, n'ayant pas peur des mimiques et des grands gestes. Et s'il y a bien un moment où il faut être généreux...

 

Santa malgré lui : Grinch

Le Grinch, c'est ce personnage à la peau verte, franchement acariâtre et saboteur de joie de vivre professionnel. Adoré par les enfants (surtout aux Etats-Unis) pour ses tentatives ratées pour ruiner le bonheur des autres, il est incarné avec panache par un Jim Carrey en pleine forme, à qui la couleur verte sied décidemment à merveille. Bien décidé à massacrer le Noël de tous, le Grinch va voler tous les cadeaux, faisant le travail du Père Noël à l'envers. Mais en fait, on s'aperçoit assez vite que le Grinch est juste un type qui en veut beaucoup au capitalisme et qui était persuadé que Noël ne consistait qu'en un échange de cadeaux bien concret. C'est la découverte de l'esprit de cette fête qui lui permettra de révéler sa vraie nature de bonne patte.

 

La famille du Père Noël : Mission : noël

Si on connaît surtout le Père Noël pour son travail avec les elfes et la distribution de cadeaux grâce à un traineau piloté par des rennes, on ignore à peu près tout de sa vie de famille. Et c'est là qu'Arthur Claus entre en jeu. Il est le fils de Santa, qui lui est au bord de la retraite. Bien sûr, l'entreprise du Père Noël a clairement évolué, tout est motorisé, même le traineau. Mais quand un jouet manque à l'appel de la distribution, Arthur qui avait répondu à la lettre de la petite fille qui n'a pas reçu son présent se donne la mission de lui apporter avant qu'elle ne se réveille. Un joli moyen détourné pour parler, avec humour, de la transmission mais aussi pour nous raconter, une fois de plus et avec originalité, l'histoire si connue, mais si nouvelle pour les enfants, du Père Noël.

 

Tout est dans le titre : Le père noël est une ordure

Le Père Noël est bien dans le titre. Il est également à l'écran, c'est Gérard Jugnot qui porte son déguisement. Mais de l'esprit, il n'en reste pas grand chose dans ce classique de la comédie française. Les idées de partage, de respect et de compassion passent à l'as dans le long-métrage (et dans la pièce de théâtre) de l'équipe du Splendid pour faire place à la mesquinerie humaine dans tout ce qu'elle a de plus réelle et de plus drôle. Et aucun doute que ce Santa Claus là, il n'en fait pas de cadeaux. Le réparateur de l'ascenseur pourra en témoigner.

 

Santa, ce n'est pas celui que l'on croit : Maman j'ai raté l'avion

Dans Maman j'ai raté l'avion, le Père Noël n'a pas un rôle majeur puisque, techniquement, celui qu'on identifie comme tel n'apparaît que vers la fin du film. Il vient de finir sa journée, ne s'attend pas à voir un autre gamin débarquer et ne fait pas vraiment l'effort de l'écouter. Le vrai Père Noël va mettre plus de temps à se dévoiler et prendra même l'aspect d'un père fouettard pendant la majeure partie du film. Il est vieux, lui aussi a une barbe blanche et un long manteau mais le sien n'est pas rouge et blanc et sa hotte ressemble plus à une poubelle transportant du sel (qu'il répand sur la chaussée pour ne pas qu'elle glisse). Il s'agit du voisin de Kevin, un homme seul et triste qui va s'avérer vraiment bienveillant à l'égard du petit garçon abandonné. A deux, ils vont découvrir le véritable esprit de Noël. Et accessoirement, il va sauver Kevin des vilains casseurs flotteurs. Mon voisin, ce héros de Noël.

 

A la découverte du pays du Père Noël : Le pôle express

C'est un peu l'aventure qu'on aurait rêvé de vivre quand on nous a appris la tragique vérité : le Père Noël n'existe pas (désolée pour le spoiler). On aurait adoré se faire rattraper au vol par ce train magique qui nous aurait emmener vers le pôle nord pour nous prouver que les adultes ont tort. Plein de péripéties, fantastique et audacieux (visuellement), le film de Robert Zemeckis a tout du conte parfait pour cette période enchantée. Pour les grands enfants qui ne sont pas prêts à renoncer à la magie des fêtes. Et pour les autres qui feraient bien de la retrouver un peu. Mais aussi pour ceux qui aiment la voix rassurante de Tom Hanks.

 

Bonus : 36-15 code Père Noël

Pour les plus jeunes, le film fait référence à l'ancêtre français d'internet, ce cultissime minitel que les plus grands ont su dompter pour obtenir de précieuses informations (ah Ulla!). Ce film de René Manzor, quasi invisible depuis sa sortie en 1990 (on veut un blu-ray), nous donne à voir un Père Noël bien loin des standards habituels. Et pour cause, l'homme déguisé sous la barbe est ici rien moins qu'un serial killer et le film de nous montrer l'affrontement pour le moins musclé entre un jeune enfant et ce dangereux psychopathe dans un immense manoir. Pas forcement génial, le film a le mérite, surtout à l'époque, d'être une des rares tentatives de films de genre dans l'Hexagone. On est curieux de savoir si l'oeuvre a bien ou mal vieilli. 

 

 

 

 

 

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