Quand les blockbusters font des flops : Internet m'a tuer

Perrine Quennesson | 16 novembre 2012
Perrine Quennesson | 16 novembre 2012

Un cas récent montre l'influence grandissante d'internet sur les productions hollywoodiennes, en particulier les blockbusters. En effet des rumeurs indiquaient la présence au casting de Transformers 4 de Mark Wahlberg. D'abord démenties par Michael Bay, il semble qu'elles aient fait leur chemin puisque le réalisateur lui-même a avoué qu'elles lui avaient donné des idées. Depuis Mark Wahlberg a signé pour ce film. Mais les réactions et les rumeurs sur internet n'ont pas toujours des conséquences positives. Quand on voit le lynchage récent dont est victime le trailer de World War Z, on se demande quelles peuvent en être les conséquences. Le film était déjà mal parti (plusieurs fois repoussé, réécrit et reshooté) mais la toile ne semble pas lui pardonner l'ambiance plus ressemblante à celle de Je suis une légende qu'à celle du livre original. Mais peut-on vraiment savoir à partir d'un simple trailer ?

En attendant de pouvoir juger sur pièce, Ecran Large (en reprenant un article publié par Flavorwire) vous propose de découvrir 10 films qu'internet « a tué ».

Ps : on ne dit pas que tous les films suivants sont ou auraient fait de bons films mais qu'ils n'ont, en tout cas, pas été aidés par le web.

 

Wild wild west

Wild wild west ou l'un des premiers exemples des effets néfastes que le web peut avoir sur un film à gros budget. Il est vrai que le film avait un sacré potentiel : une adaptation d'une série culte avec, à la barre, le duo de Men in Black, Barry Sonnenfeld et Will Smith. Les autres membres du casting n'étaient pas en reste puisqu'il s'agissait là de Kevin Kline, Kenneth Branagh ou encore Salma Hayek. Mais, à l'époque, le jeune site Ain't it cool news, en train d'essayer de se faire un nom, balance des retours anonymes de projections test. Ces projections servent le plus souvent aux réalisateurs (ou aux producteurs selon le pouvoir de décision du réal dans le projet) à voir ce qui ne va pas et à perfectionner leur film. Ces retours furent particulièrement mauvais et, par la suite, les critiques du site, pour la sortie du film, ne furent guère meilleures. Wild wild west fit le meilleur démarrage la semaine de sa sortie mais le chiffre (27,7 millions pour son premier week-end d'exploitation) était bien en-dessous de ceux des deux derniers films de Will Smith sortis le même week-end en 1996 (Independence Day, 50 millions) et 1997 (Men in Black, 51 millions).

 

Batman & Robin

 

Non, Ecran Large ne sera pas une tribune pour tenter de soutenir Batman & Robin de Joel Schumacher, le film qui a fait disparaître la franchise Batman pendant presque 10 ans, loin de là. Ce long-métrage étant une telle plaisanterie que le défendre serait assez vain. Mais là n'est pas la question. La question est de savoir pourquoi il a floppé. La réponse semble être toute trouvée par la Warner elle-même puisqu'elle accuse en effet le site Ain't cool news d'avoir lancer les hostilités. Il faut dire que le créateur du site, Harry Knowles, n'y avait pas été de main morte en écrivant que « ce film est si mauvais, si affreux, si vaniteux avec ces acteurs qui sur-jouent que rien de ce que je pourrai vous dire ne pourra vous préparer à ça ». Et ce n'est qu'un très court extrait.  Et, visiblement, le public semble l'avoir suivi puisque, même si le film fit illusion le premier week-end en rapportant 42,9 millions de dollars (soit un peu moins que les 52,8 de Batman forever et les 45,7 de Batman, le défi), sa carrière fut largement en deçà des chiffres de la franchise (107,3 millions de dollars contre par exemple 184 millions pour le numéro 3, déjà réalisé par Schumacher). Une preuve que Harry Knowles n'avait finalement été que le premier à se rendre compte de la qualité merdique du film. Ah bah, flûte, nous n'avons pas pu nous empêcher d'en dire du mal. 

 

Catwoman

Ce spin-off de Batman mettait en avant le personnage popularisé par Batman, le défi, Catwoman. Un gros budget et une superbe actrice aka Halle Berry, le film semblait partir sous les meilleurs auspices. Mais le projet fut confié à Pitof, qui, avant ça, n'avait réalisé que Vidocq. Les fans ont donc, à juste titre, commencé à s'inquiéter, d'autant plus quand ils ont découvert le costume (moche, il faut le dire) de la belle. Mais le coup de grâce fut atteint lorsque le premier trailer tomba. Il était si mauvais que le nombres de plaintes poussa Warner à en faire un nouveau en supprimant tous les dialogues (d'ailleurs précisons qu'il a fallu 28 scénaristes pour écrire les dialogues. Si, si). Le buzz, déjà vraiment, vraiment négatif, fut intensifié lorsque Warner refusa de montrer le film aux critiques, ce qui est rarement bon signe. Le film fit une carrière éclair dans les salles de cinéma, pas aidé par les premières critiques de journalistes horrifiés qui firent vite leur apparition sur le web. Après un démarrage moyen de 16,7 millions de dollars, Catwoman disparut effectivement à la vitesse de la lumière des multiplexes puisque de 3117 écrans le jour de sa sortie, le film n'en avait plus que 444 (!!!) un mois plus tard.

 

G.I Joe

 

Le G.I Joe de Stephen Sommers n'est pas ce qu'on pourrait appeler un flop complet. En effet, le film a rapporté en tout quelques 302 millions de dollars pour un budget initial de 175 millions. Ce n'est pas vraiment la honte internationale mais tout de même un peu pour Paramount après les succès monstres de Transformers (presque 710 millions dollars) et de Transformers 2 (806 millions en fin de parcours). Basé, comme ces derniers, sur des figurines Hasbro, G.I Joe n'a donc pas aussi bien marché. Le film a été victime de nombreuses rumeurs sur le déroulement du tournage mais la pire fut sans aucun doute celle de l'éviction de Stephen Sommers. En effet, sur le forum du producteur Don Murphy, un internaute, du nom de End Times, a posté une note disant que Stephen Sommers se serait fait virer du montage du film suite aux retours désastreux des projections test. Une rumeur démentie rapidement mais qui a fortement entaché la réputation du film déjà pas bien vaillante. Ajoutons à cela, les premières critiques peu convaincues et G.I Joe n'atteint pas ses objectifs. Cela n'a pas empêché une suite d'être signée. Mais c'est à croire que la saga est maudite puisque le film souffre aussi de très gros problèmes de production : à un mois de sa sortie, il a été repoussé de 9 mois pour une soi-disant conversion 3D. Mais c'est aussi le résultat des retours de projections test négatifs suite à la disparition du personnage de Channing Tatum au début du film: des scènes devraient alors être retournées afin qu'il ne meurt plus. Pas toujours Yo le Joe...

 

Jonah Hex

 

Wild wild west, parfait exemple du film steampunk qui se ramasse. Une leçon à en tirer ? Pensez-vous ! Hollywood va récidiver 11 ans après avec Jonah Hex en 2010. L'adaptation de ce comics de DC a été faite par le duo d'Hypertension, Mark Neveldine et Brian Taylor qui devait également réaliser le film. Mais ils ont quitté le navire pour « différences artistiques » avec Warner. C'est donc Jimmy Hayward, animateur chez Pixar et réalisateur d'Horton qui a pris le relai. Et le casting était plutôt alléchant: Josh Brolin, Megan Fox, Michael Shannon mais encore John Malkovich étaient de la partie. Mais ils semblent que trouver le ton juste fut l'une des principales difficultés de ce film et les premiers retours des projections test publiés sur le net furent des plus désastreux. Le studio a tenté de sauver l'affaire en supprimant des scènes et en en retournant d'autres à la dernière minute. Résultat le film dure 81 minutes, 73 sans les crédits du générique de fin. Bien sûr, toutes ces informations ont fait le tour du web, ce qui n'est jamais bonne presse. Quand il est arrivé sur les écrans (contre Toy Story 3, v'là le casse-pipe !), le film s'est classé 8ème le premier week-end pour finir sa carrière avec seulement 10,5 millions de dollars de recettes (pour un budget avoisinant les 47 millions).  A l'international, le film s'est fait des plus discrets avec, par exemple, une sortie directement en vidéo pour l'hexagone.

 

Sucker Punch

Zack Snyder avait étonné son monde avec le succès surprise de L'armée des morts pour ensuite cartonner avec 300. Watchmen avait moins bien fonctionné mais avait bénéficié de beaucoup d'indulgence, au vu du graphic novel complexe dont il est tiré, et d'un bon retour critique. Les résultats du Royaume de Ga'Hoole ont confirmé la perte de vitesse du réalisateur en ne rapportant que 55,7 millions aux USA pour un budget estimé à 80). Tous ces films avaient en commun quelque chose que n'a pas Sucker Punch : ils sont basés sur des matériaux préexistants.  Sucker Punch, lui, est un scénario original mêlant imagination pure et références/hommages. Le premier teaser diffusé au Comic-Con avait bénéficié d'un bon buzz : des filles en petites tenues, armes au poing dans un univers assez spectaculaire, ça fait toujours son petit effet. Le vrai problème fut lorsque les gens ont commencé à voir le film en entier. Les retours des premiers spectateurs (qui avaient pu le voir en avant-première notamment) ne furent pas très enthousiastes. Au contraire. Et pire, le studio lui-même, Warner, ne semblait pas confiant au point de ne montrer le film qu'à la dernière minute à la presse. Le week-end de sa sortie aux USA le film rapporte certes 19 millions de dollars mais s'écroule totalement par la suite, confirmant le mauvais bouche à oreilles que les projections test avaient laissé craindre. Il ne rapporte au final, que 36,4 millions de dollars sur le sol américain (pour un budget estimé à 82 millions). Pour autant, l'histoire d'amour entre Snyder et Warner est (presque) toujours au beau fixe puisque le studio lui a donné les rênes de Superman avec Man of steel. Mais, fais gaffe, Zack, tu es sur la tangente maintenant, un nouvel échec risquerait d'être fatal. 

 

Green Lantern

 

Les films de super-héros sont quasiment devenus un genre à part entière et les comics fournissent d'excellents matériaux pour ces blockbusters. Mais attention ! Si un film de super-héros est raté, vous allez en entendre parler et pas qu'un peu. Par exemple, au hasard...Green Lantern ! Le premier teaser montré au Comic-Con avait réellement impressionné les fans et la presse (ça vous rappelle quelque chose (cf ci-dessus) ?). Mais le trailer qui a suivi a lui, en revanche, beaucoup déçu. Cette déception fut suivie d'un mauvais buzz à cause de personnes, soi-disant inflitrées, anonymes qui ont raconté que la production s'était mal passée et que le film était horrible. Ce qui fut confirmé par les retours des premiers test screenings. Mais on peut également imputer, en partie, cette mauvaise performance au box-office à une confusion dans l'esprit des potentiels spectateurs. En effet, 6 mois avant Green Lantern est sorti Green Hornet, l'adaptation par Michel Gondry de la série radiophonique/comics/série télé. Mauvais timing ?

 

John Carter

 

En voilà un qui était ardemment désiré. Les fans étaient très impatients de voir une adaptation des livres d'Edgar Rice Burroughs. A l'annonce du projet et des noms de possibles réalisateurs  tels que John McTiernan, Robert Rodriguez ou encore Jon Favreau, ce fut l'euphorie. Finalement le projet est tombé dans les mains d'un des génies de Pixar, Andrew Stanton. Et jusqu'ici, tout allait bien, personne ne remettait en cause la qualité potentielle du film à cause de son réal. Ce qui a créé le très mauvais buzz autour du film, ce sont toutes les rumeurs et les news autour de la production. En effet, beaucoup d'encre a coulé sur le budget de 250 millions de dollars, sur la conversion 3D mais aussi sur l'incapacité du studio de trouver un titre. Nous sommes passés successivement de La princesse de Mars (titre du livre original), jugé trop girly, à John Carter of Mars pour finir à John Carter sans explication. Quand le film est sorti, il faut ajouter à ce mauvais buzz qui a duré plusieurs mois,  les retours mitigés de la presse. Et le film fut un flop, notamment sur le territoire américain.

 

Teenage mutant ninja turtles

Soyons clairs, évidemment Michael Bay n'a jamais hésité à reprendre nos doudous, nos madeleines pour leur faire un peu de tort comme avec Transformers ou ces innombrables remakes de films d'horreur cultes qu'il a produit avec sa boite Platinum Dunes. Mais visiblement, il y a des limites à la tolérance, et Bay semble les avoir outrepassées sévèrement, avec les Tortues Ninja. Il a annoncé qu'il comptait revoir nos héros fans de pizzas pour en faire plus des aliens que des tortues mutantes. La toile s'est enflammée, l'argument choc « il viole mon enfance » a été utilisé et Bay a été obligé de faire une déclaration. Dedans il insiste pour que « les fans respirent un peu et se relaxent », et précise qu'il veut juste « enrichir un peu l'univers initial ». Personne ne s'est calmé et Paramount aurait discrètement annulé le projet l'été dernier. Enfin c'est ce que la rumeur a dit puisque, très récemment, le co-créateur du film, Kevin Eastman, lui s'est dit très confiant et a affirmé que le film serait prêt pour mai 2014. Jonathan Liebesman serait à la réalisation et leurs inspirations sont Avengers, The Raid et La planète des singes : les origines. Il a la foi! Mais ces rebondissements successifs risquent, peut-être, de coûter cher au film à venir. S'il arrive un jour...

 

Superman : Flyby

Rebooter Superman : pas une mince affaire. Avant d'en arriver à celui de Singer en 2006 et à celui de Snyder en 2013, il y eut plusieurs tentatives. En 2002, Nicolas Cage avait quitté le projet et McG faisait partie des réalisateurs potentiels. C'est  dans ce contexte que J.J Abrams entre dans l'arène. Il est connu alors pour Alias et pas encore pour Lost/Star Trek/Super 8  et est chargé de proposer un scénario. Son projet était intitulé Superman : Flyby et réinventait l'histoire original. Elle commençait par une guerre civile se déroulant sur Krypton, pour suivre l'arrivée de Kal-El sur Terre et incluait sa mort et sa résurrection. Dedans Lex Luthor était un agent de la CIA corrompu, Jimmy Olsen était gay et Krypton n'explosait pas. McG quitta alors le projet et c'est Brett Ratner qui endossa le rôle de potentiel réalisateur. Entre temps, le script arriva dans les main d'Ain't it cool news qui, il n'y a pas d'autres termes, le massacra. Ce billet fit le tour du web et le journaliste surnommé Moriarty (Drew McWeeny de son vrai nom) décrivait le scénario comme un « désastre dans les grandes largeurs ». Finalement ce projet tomba à l'eau pour diverses raisons mais il ne semblerait pas surprenant d'apprendre que ces saillies sur écran n'y soient pas un peu pour quelque chose.

 


 

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