Everything or nothing : les secrets de James Bond

La Rédaction | 24 octobre 2012
La Rédaction | 24 octobre 2012

A l'occasion des 50 ans de James Bond et de la sortie de Skyfall, France 4 propose une soirée spéciale 007 à partir de 20h45. Au programme, Moonraker, Les femmes fatales de 007 (un documentaire sur les James Bond Girls) et surtout Everything or Nothing de Stevan Riley. Cet excellent documentaire dont nous vous parlions dans notre compte-rendu du festival de Dinard, retrace l'histoire de la saga James Bond, de sa naissance par la plume de Ian Fleming à Skyfall en passant par les différentes crises et difficultés qu'elle a dues surmonter. Passionnant, bien monté, bien raconté : ce documentaire donne un éclairage nouveau sur l'épopée qu'a traversé le plus grand héros fictionnel britannique pour continuer à vivre sur le grand écran. Bourré d'anecdotes en tous genres, Everything or nothing est aussi intéressant que divertissant. Pour vous mettre l'eau à la bouche, Ecranlarge a rassemblé quelques petites anecdotes croustillantes sur la saga James Bond.

 

 

 

 

James Bond créé par Agatha Christie ?

 


 

« Il se sentait assailli par le doute insupportable de n'être pas vraiment doté d'une forte personnalité. Quand on a une forte personnalité, on domine les événements. On n'en est pas le jouet ». Mais d'où cela vient-il ? Qui est ce héros sans charisme décrit dans ces lignes. James Bond ! C'est, en effet, dans une nouvelle de 1934 d'Agatha Christie, L'émeraude du Raja, tirée du recueil Le mystère de Listerdale, qu'apparaît le nom de James Bond. Dans cette histoire, il n'est ni un espion ni un action hero, mais il vit une sorte d'aventure où il est question d'une émeraude et d'un amour passionné pour une jeune femme appelée Grace. Est-ce que Ian Fleming a tenté de faire une blague auprès de ces lecteurs en utilisant le nom de cet homme peureux pour prénommer le plus grand héros de la couronne britannique ? Pas impossible selon le site www.007magazine.co.uk : « Ian Fleming avec son humour pince-sans-rire était un homme très documenté et il est bien possible qu'il se soit amusé à tromper son monde. De plus il a fortement été influencé par les écrits d'Agatha Christie car ses livres étaient des best-sellers lorsque Fleming était jeune ».

 

Patrick McGoohan, pas offensé par ce que l'on croit

 

 

 

Patrick McGoohan, star et co-créateur de la série télé Le Prisonnier a été contacté avant Sean Connery pour jouer le rôle de James Bond. Mais il a refusé. Il était dit, à l'époque, qu'il n'aurait pas accepté le rôle parce qu'il était moralement opposé à la violence, et le script en aurait contenu beaucoup trop pour lui. Mais ce n'est pas vrai. Selon une interview qu'il a faite plus tard, McGoohan a refusé le rôle car il ne trouvait pas le scénario assez bon et, surtout, avait-il précisé, il y avait une personne parmi l'équipe du film (il n'a pas dit qui) avec qui il n'avait vraiment pas envie de travailler. Dommage.

 

Roger Moore a peur des armes

 

 

 

Etonnant pour un acteur ayant incarné James Bond d'être atteint d'hoplophobie. Et pourtant ce fut le cas de Roger Moore. En effet, l'acteur avait une peur maladive des armes à feu. Et ceci pour une raison bien précise : lors de son service militaire au sein de l'armée britannique, un fusil a explosé dans ses mains. La conséquence de cette terreur ? Roger Moore ne pouvait pas s'empêcher de cligner des yeux lorsqu'il devait tirer un coup de feu. Gênant. Mais comme il avait peur que cette phobie lui coûte le rôle, il apprit à serrer et plisser les yeux à chaque fois qu'il devait tirer afin de contrôler le clignement (Moore précise que Gary Cooper faisait la même chose). Roger Moore avait également l'impression d'avoir l'air bizarre quand il courrait alors, à chaque fois que de longs plans où James Bond devait courir étaient tournés, on faisait appel à une doublure.

 

Bons baisers de Russie : le film qui traverse les mailles du rideau de fer

 

 

 

Bons baisers de Russie est un excellent James Bond (le meilleur si l'on écoute celle qui écrit ces lignes) et même deux chefs d'état de deux nations ennemies l'ont pensé. Tout d'abord, John Fitzgerald Kennedy. C'est en 1961, lors d'une interview pour le magazine Life, que JFK explique que Bons baisers de Russie fait parti de ses 10 livres préférés. Cette annonce n'est pas passée inaperçue puisque, suite à celle-ci, les ventes des romans de Ian Fleming ont décollé, presque du jour au lendemain, aux Etats-Unis. L'année d'après sortait James Bond contre Dr No au cinéma. C'est un succès et une suite est envisagée. C'est lors d'une projection privée que JFK propose Bons Baisers de Russie. Le film est rapidement mis en chantier. Kennedy se le fit d'ailleurs projeter à la Maison Blanche le 20 novembre 1963... soit deux jours avant son assassinat à Dallas.
Un autre chef d'état avait eu un vrai coup de cœur pour le film : Léonid Brejnev. En pleine guerre froide, le dirigeant de l'URSS a réussi à se procurer une copie du film, grâce à l'ambassade de Grande-Bretagne. Et la légende veut qu'il l'ait regardé pas moins de trois fois.

 

Roald Dahl, 005

 

 

 

L'écrivain Roald Dahl, plus connu pour ses livres pour enfants comme Matilda, Fantastic Mr Fox ou Charlie et la chocolaterie, fut également un véritable James Bond. En effet, lors de la Seconde Guerre Mondiale, il était un agent de MI6 travaillant au sein de la British Security Coordination. C'est lors d'une de ses missions aux Etats-Unis qu'il rencontre un certain Ian Fleming. Il ne sait pas alors qu'il vient de rencontrer le futur créateur de James Bond mais les deux hommes se lient d'amitié. C'est d'ailleurs Fleming qui poussa Dahl à écrire à partir des années 40. Mais le lien entre Roald et Bond ne s'arrête pas là puisque c'est en 1968 que l'écrivain accepte d'écrire le scénario de On ne vit que deux fois à partir du roman de Fleming. Ce sera le cinquième opus des aventures de l'espion britannique avec Sean Connery. A l'époque, Roald Dahl avait appris une leçon édictée par les producteurs eux-mêmes : « Ils m'avaient dit ‘Il te faut trois filles. La première est une alliée de Bond, elle reste en vie jusqu'à la deuxième bobine, puis elle se fait tuer par le méchant, de préférence dans les bras de Bond. La deuxième fille joue contre lui. En général elle le capture et pour s'en sortir il use de ses charmes et de sa force. Elle se fait tuer de manière originale et assez horrible à la moitié du film. Enfin, la troisième survit. ».

 

Le directeur de la photographie secret (mais très connu) de L'espion qui m'aimait

 

 

 

Pour le tournage de L'espion qui m'aimait, Ken Adams, le chef décorateur, fit construire un immense tanker pour contenir les sous-marins. Si grand qu'il pouvait contenir 4 500 000 litres d'eau. Et Claude Renoir, alors directeur de la photographie sur le film, s'est senti soudainement angoissé : comment gérer un tel espace ? Dans son dos, Ken Adams prit alors la décision de lui filer un coup de main pour l'éclairage. Pour cela, il fit appel à Stanley Kubrick (avec qui il avait travaillé sur Dr Folamour après que ce dernier fut impressionné par son travail sur Dr No. Tout est lié.). Oui, Stanley Kubrick, le réalisateur de 2001, l'Odyssée de l'espace. Mais, problème, à l'époque le cinéaste était en pleine écriture et recherche de décors pour Shining. Par amitié, il accepta de venir mais à condition que personne ne le sache. Adams, qui avait les clés, le fit donc venir un dimanche matin sur le plateau afin de ne croiser personne.  Ils ont ainsi passé 4 heures à installer les lumières dans le plus grand secret. Sa participation au film ne fut découverte qu'après sa mort en 1999. Mais celui qui en parle avec le plus d'émotions reste Ken Adams : découvrez la vidéo du Stanley and us project où il raconte cette histoire. 

 

 

De nombreuses autres anecdotes dans Everything or Nothing de Stevan Riley, à 23h35 sur France 4. Ne le ratez pas, sinon on lâche Requin à vos trousses.

 

 

 

Perrine Quennesson

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