[Cannes 2012] Marché du film - Jour 3 : Cabotinage, vulgarité et fantômes thaï

Laurent Pécha | 19 mai 2012
Laurent Pécha | 19 mai 2012

Dans cette journée 3, peu glorieuse si ce n'est la découverte d'un vrai bon film attachant (Robot and Frank), vous n'aurez pas le compte-rendu de Man from Shaolin ou encore Bad karma. Car, il faut se fixer des règles et celle de « je dois au moins voir la moitié d'un film pour pouvoir en rendre compte » fait qu'il nous est impossible d'évoquer les dits films dans ces lignes. Par contre, on peut vous signaler le temps resté dans la salle : 9 minutes et 11 minutes. L'autre règle incontournable et que les membres de la team EL chargés de couvrir la sélection officielle connaissent bien, la « je ne dois pas dormir plus de 30% du temps d'un film pour pouvoir en rendre compte », ne nous permettent pas non plus d'évoquer Desert bush. Pardon pour lui et place aux heureux élus du jour. 

 

The Power of few

Pourquoi l'avoir choisi :   Parce qu'on ne sait pas lire un catalogue et qu'on n'avait pas vu qu'il y avait un film avec Amanda Seyfried et Shannyn Sossamon. Parce qu'il faut toujours se rappeler au bon souvenir du « King of New York » et de celui qui « pump up the volume ».

Ça raconte quoi : Un fait divers au cœur de Los Angeles vu sous les angles multiples des  personnes impliquées. Un Collision du pauvre en gros !

Verdict : Cela fait plus de 10 ans que Christian Slater est abonné aux DTV. Ce Power of few se situe dans la moyenne haute du bonhomme grâce à la prétention de la mise en scène sous influence Altman et Tarantino. Mais toutes les histoires racontées ne se valent pas, loin de là. A commencer par celle de Christopher Walken en clodo à la moumoute impensable. En mode cabotinage, l'acteur est en super forme. Incroyablement bavard, le film ne créé aucune empathie pour ses personnages et le temps apparaît bien long... sauf pour les multiples spectateurs qui ont quitté la salle à intervalle régulier laissant au final votre serviteur seul à la fin du générique. Voilà, au bout de trois jours de marché,  l'objectif incontournable du genre (être le « last man standing ») est déjà accompli. Merci aux Cricri d'amour !

% de chance de le voir en salle : 0%

% de chance de le voir en vidéo : 30%

 

 

Robot and Frank

Pourquoi l'avoir choisi :   Un excellent buz le précédait. L'occasion de voir Frank Langella dans un de ses trop rares premiers rôles.

Ça raconte quoi : Un ancien voleur de bijoux passe une retraite esseulée, sa femme l'ayant quitté et ses enfants peu présents. Il va se lier d'amitié avec le robot domestique que son fils lui a offert.

Verdict : Quel immense plaisir de voir Frank Langella obtenir enfin le grand rôle qu'il mérite tant depuis des années. L'ex Dracula de Badham est terriblement touchant dans ce personnage qui va renaître et se reconstruire au contact d'un robot. Le duo improbable est constamment au cœur du récit auquel il apporte humour délicieux et poésie. Joliment secondés (Susan Sarandon, James Marsden, Liv Tyler), Frank Langella et Peter Sarsgaard (la voix si importante du robot) parviennent à créer le plus singulier et pas le moins touchant couple-ami vu au cinéma de récente mémoire. Pour son premier film, Jake Schreier, fait preuve, de plus, d'une maîtrise du cadre et d'une rigueur narrative des plus prometteuses.

% de chance de le voir en salle : 65%

% de chance de le voir en vidéo : 90%

 

 

Tim & Eric's billion dollar movie

 

Pourquoi l'avoir choisi :   Will Ferrell. N'importe quelle apparition même ultra brève du plus grand génie comique vivant ne peut être négligée. Bon aussi, c'était un peu le seul choix un peu stimulant à ce moment de la journée.

Ça raconte quoi : Tim et Eric ont eu un milliard pour faire un film...qui se révèle une catastrophe inexploitable. Furieux, les patrons du studio les obligent à les rembourser. Ce que le duo va tenter de faire en reprenant les rennes d'un centre commercial à l'abandon.

Verdict : Tu nous en dois une Will. L'apparition du monsieur est certes drôle - il joue sur du velours avec son rôle de proprio de mall grande gueule qui va arnaquer le duo vedette - mais c'est bien le seul à l'être. Tim Heidecker et  Eric Wareheim, qui cumulent les postes d'acteurs, réalisateurs et scénaristes, voudraient marcher sur les plates bandes de leur célèbre compère mais ne parviennent qu'à être bêtement vulgaires. Leur film accumule des gags à la bêtise absolue qui ferait passer ceux de Protéger et servir pour du Blake Edwards.  En point d'orgue une scène de sexe totalement écœurante. Un constat d'autant plus triste que la liste des guests est impressionnante : Jeff Goldblum, Robert Loggia, Ray Wise, Zach Galifianakis, John C. Reilly.

% de chance de le voir en salle : 0%

% de chance de le voir en vidéo : 15%

 

 

Dark Flight 3D

Pourquoi l'avoir choisi :   Un film d'horreur thaïlandais en 3D qui se passe dans un avion. Une affiche qui en jette. Il fallait se chauffer avant d'aller voir Dead shadows.

Ça raconte quoi : Après avoir été l'unique rescapée d'un crash aérien, une hôtesse reprend du service pour se rendre compte qu'elle est à nouveau dans le même avion remis à neuf. Les esprits des victimes du crash vont chercher à se venger durant le vol.

Verdict : Oreilles maltraitées cherche ORL. Si on jugeait la réussite d'un film aux décibels qu'il peut émettre durant sa projection, Dark Flight 3D serait un chef d'œuvre absolu. Après un début laborieux constitué de scènes ratées du plus misérable des films catastrophe, l'apparition des premiers fantômes offre les premiers cris des passagers du vol. Et cela ne s'arrête plus pendant plus d'une heure avec une capacité à monter dans les aigus qui rendrait folle de jalousie la Castafiore. Mal fichu (les effets visuels sont risibles), incapable de gérer l'espace confiné de la carlingue, surjoué, jamais effrayant, souvent incroyablement bête, Dark Flight 3D est une bouse. Quant à la 3D, si c'est la première venue de Thaïlande, on n'est pas pressé de voir les suivantes.

% de chance de le voir en salle : 3%

% de chance de le voir en vidéo : 60%

 

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