Notre Michael Bay préféré (si, si, on en a tous un)

Laurent Pécha | 29 juin 2011
Laurent Pécha | 29 juin 2011

Il faut bien l'admettre, Michael Bay a un style inimitable. Quoi que vous pensiez de destructographie (filmographie semble ici un terme caduque), il y a de grandes chances pour qu'au moins un de ses longs-métrages vous ait marqué. Jouant avec nombre de cordes sensibles (amour de la patrie, grâce des explosions, humour débile, sauvetage de l'univers) le réalisateur est parvenu à construire une toile cohérente, parfois risible, souvent simpliste, toujours boursoufflée, mais qui ne laisse jamais indifférent. Et vous, quel est votre Michael Bay préféré ? 

 

 

 

 

Patrick Antona : Pearl Harbor

Souvent raillé pour son ultra-patriotisme aveuglant et son militarisme assumé, Michael Bay trouve enfin son aboutissement logique dans  Pearl Harbor, fiction romanesque à gros budget s’appuyant sur l’agression japonaise du 7 Décembre 1941. Plus conventionnel qu’à l’accoutumée, avec moins de soleils couchants sur la bannière étoilée ou de montage épileptique, le film renoue avec classe avec une certaine idée du cinéma hollywoodien et nous offre les plus belles scènes de bataille aérienne et de bombardements vues depuis La Bataille d’Angleterre. Certes, on se fout un peu du triangle amoureux entre l’infirmière et les deux pilotes (Michael Bay et l’expression des sentiments, cela fait deux , mais on prend sacrément  son pied quand les deux derniers vont affronter les Zeros ou rendre la monnaie de leur pièce à ces coyotes à foie jaune (belle évocation du raid Doolittle). Alors en avant pour un festival de métal hurlant, de courage sous les explosions et d’infirmières sous la mitraille, 3 heures qui se suivent sans grande difficulté et qui donnent envie de ressortir ses vieilles maquettes pour pouvoir rejouer à la guerre après.

 

 

 

 

 

Louisa Amara : Rock

Nicolas Cage à l'apogée de sa carrière face à Sean Connery, qui ne cabotinait pas trop à l'époque. De l'action, du suspense, de l'humour même et surtout des plans inoubliables. C'était pas bourrin, juste efficace, plein d'adrénaline et ça n'a presque pas vieilli. Michael Bay assumait alors son rôle de faiseur et n'avait pas pris le melon, qui le poussera plus tard à faire du grand n'importe quoi.

 

Stéphane Argentin : Rock

Après un buddy movie bien fun (Bad boys), Michael Bay sortait l'artillerie lourde pour son deuxième long-métrage : sur terre (la course-poursuite en hummer), sur mer (l'arrivée sous-marine dans Alcatraz) et dans les airs (le final explosif avec les avions de chasse) avec en prime un trio d'acteurs épatant en tête d'affiche : Nicolas Cage plus surexcité que jamais, Sean Connery tout en zenitude et Ed Harris inflexible à la mâchoire d'acier. Soit 135 minutes d'action pur jus qui passe comme une lettre à la poste et que l'on revoit toujours avec le même plaisir.

 

 

 

 

Laure Beaudonnet : Rock

Estampillé 1990, Rock, dont le titre fait référence à l’île d’Alcatraz sur laquelle est construite une prison fédérale, repose sur une histoire parfaitement alambiquée, une caractéristique des films d’action outre-Atlantique de l’époque. Des touristes sont maintenus prisonniers dans la forteresse par le général Hummel qui menace de la bombarder d’un gaz mortel. Pourquoi ? La question demeure accessoire car vous ne vous en souviendrez pas quelques heures plus tard. Rock s’agrippe à la mémoire, surtout grâce à son thème musical d’une redoutable efficacité et son casting prestigieux : Nicolas Cage, Ed Harris et Sean Connery. L’action - à l’américaine - est travaillée et le suspense maîtrisé. Un film presque prophétique qui décrit les failles d’un gouvernement verrouillé, obsédé par les attentats, dont Alcatraz fait figure de modèle de sécurité. Un homme est pourtant parvenu à s’enfuir : Patrick Mason (Sean Connery) qui vient en aide au FBI dans cette affaire. Un discours sur le bien et le mal un soupçon moins manichéen que d’habitude car le héros militaire devient l’ennemi, et le détenu cristallise tous les espoirs d’une nation. Un film-spectacle plutôt captivant qui a la qualité d’éviter toute dépense inutile de matière grise.   

 

Clément Benard : Armageddon

Blockbuster savamment calibré pour toucher un public le plus large possible, Armageddon fait figure de fantastique ode à l’héroïsme pour tous les spectateurs n'ayant qu'une seule attente : être diverti. Si la spécialité de Michael Bay réside plutôt dans la surabondance d'action à grand renfort d’élans patriotiques, Armageddon laisse pourtant clairement entrevoir des penchants de midinette jusqu'alors insoupçonnés chez le réalisateur californien. Et puis quand retentit la célèbre chanson d'Aerosmith, impossible de ne pas verser sa petite larme. I don't want to close my eeeyes, I don't want to fall asleeep...

 

 

 

 

 

Jonathan Deladerriere : Rock

Lorsqu'on m'a demandé quel était mon Michael bay préféré, ma première réaction a été de dire : "euh, d'avoir produit l'excellent remake de Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel ?". Mais si je devais faire un choix et laisser derrière moi l'excès de pédantisme parfois inhérent au métier de critique (saluons d'ailleurs Simon pour son courage quant à la critique de Transformers 3), je dirai The Rock. Parce que c'est le seul de ses métrages que j'ai vu plusieurs fois, parce que l'affiche avait de la gueule, et aussi grâce au premier tiers du film assez captivant avouons-le. Ajoutons-y quelques seconds rôles hauts de gamme, la partition d'Hans Zimmer et un duel de tchatche (sous couvert de duel de b..e) anthologique entre Ed Harris et Sean Connery, et l'on obtient un sacré popcorn movie. 

 

Sandy Gillet : Transformers 3

On ne va pas se la jouer balais dans le cul mais bon quand on m'a demandé quel est ton MB préféré, je me suis spontanément dis : ben aucun... ! Et puis on reconsidère la question. Il ne s'agit pas de dire que le film choisi fait partie de ta DVDthèque idéale (encore que je dois bien avoir un The Rock qui traîne quelque part chez moi) mais bien de pointer du doigt le moins pire en fait... Et Transformers 3 semble être le candidat idéal car il y a ici comme la synthèse d'une filmographie entre démesure puérile de celui qui aime casser ses jouets et début de maturité adulescente où l'on essaye d'aller au-delà de son univers et de son fidèle auditoire. Pari franchement réussi donc avec ce troisième opus qui devrait permettre à Bay de se chercher de nouvelles contrées de l'Entertainment à explorer. C'est bien tout le mal qu'on lui souhaite.

 

 

 

 

 

Vincent Julé : Bad Boys 2

Il sera toujours tentant de théoriser sur le cinéma de Michael Bay. Beauf ou fun, épileptique ou décomplexé, nausée ou vertige ? Un débat stérile qui ne doit pourtant pas éclipser le fait que, oui, le bonhomme peut être fascinant. Non pas quand il fait mumuse avec ses robots, mais lorsqu’il joue au mauvais garçon. Ainsi, what the fuck is going on Bad Boys 2, avec ces cadavres qui tombent d’un camion en pleine course poursuite ou encore ce travelling circulaire qui tourne à vide et à huis clos une fois, deux fois, trois fois… Appelez ça de la bêtise ou de l’inconscience, toujours est-il que dans ces moments inutiles et uniques, Michael Bay dépasse toute considération morale et critique pour toucher à la folie, la vraie, malade et morbide.

 

 

Tonton BDM : Bad Boys 2

Passée son introduction un poil poussive, Bad Boys II révèle sa véritable nature : celle d'un divertissement décérébré et ultra-bourrin qui ne respecte rien et détruit tout sur son passage. Pendant deux heures quasi-orgasmiques le spectateur assistera, médusé et hilare, à un véritable maelström de séquences d'action anthologiques, de plans trash et vulgos(sous les jupes des filles en boite, fallait oser, plus déviant tu meurs !), d'esthétisme publicitaire éhonté... Se vautrant allègrement dans la fange du mauvais goût, le film ne respecte rien ni personne : on roule allègrement sur les cadavres, on se lâche sur les vannes homophobes, toutes les femmes sont des bimbos... Bref, la vulgarité bourrine de ce film de mâles qui se termine en quasi-remake de Commando est tellement assumée que ça en devient juste du grand Art. Avec un grand A.

 

 

Laurent Pécha : Transformers 

Cela s'est joué entre Rock et Transformers mais comme le premier a été abondamment cité dans cet article, rendons grâce à Michael Bay d'avoir mis au monde cinématographiquement Megan Fox. Le bonhomme aura beau exploser tous les décors du monde, faire les plans 3D les plus spectaculaires possibles, rien ne surpassera à mes yeux ce plan sublime de Megan Fox penchée sur le capot d'une voiture. Alors quand mes enfants se repassent pour la 20ème fois Transformers, je regarde toujours l'écran d'un oeil plus ou moins distrait, guettant l'arrivée de mon robot à moi nommé Megan. Merci Michael !

 

 

 

Simon Riaux : Rock

Que celui dont le coeur ne s'est jamais serré lors de la séquence d'introduction me jette le premier missile sol/air. Pour notre plus grand bonheur, Michael Bay parvient le temps d'un long métrage à convoquer tous ses artefacts sans les boursouffler. Le réalisateur a même le bon goût de nous offrir Sean Connery, impérial en agent britannique sur le retour, pour un peu, le film nous serait le meilleur James Bond des années 90. Patriotique sans verser dans l'élégie guerrière, trépidant sans nous brûler la cornée, un scénario simple qui ne tombe pas dans le simplisme, The Rock est un funambule qui parvient toujours à maintenir son équilibre.

 

Nicolas Thys : Son documentaire comique à sortir en 2033 : "Qu'est ce que le montage ?"

Fort d'une expérience cinématographique de plus de 38 ans, Michael Bay dispense des cours de cinéma à destination du grand public en revenant, aussi brièvement qu'un de ses plans, sur sa conception du montage. Oscillant entre nausée et humour, désopilant si on parvient à le prendre au 30eme degré, aussi profond que si Chuck Norris réalisait une interview de Jean-Luc Godard, ce film restera à jamais un sommet dans la carrière du cinéaste.

 


Didier Verdurand : Pearl Harbor

Pearl Harbor car il a inspiré un des grands moments de Team America, le meilleur film de marionnettes de tous les temps.

 

 
 
 
Damien Virgitti : Rock
 
Loin des effets spéciaux tape-à-l'oeil d'un Transformers, Rock était l'un des rares actioners dans la filmo du réal bourrin à s'intéresser avant tout à son histoire. Du coup, les quelques séquences d'action paraissaient moins gratuites et gagnaient en jubilation comme la fameuse course-poursuite dans les rues de San Francisco. Porté par un casting haut de gamme, Sean Connery en tête, le film nous faisait aussi faire la connaissance d'un Nicolas Cage truculent qu'on avait tout de suite envie d'aimer. Et son final avec son image forte de Nic Cage portant les fumées de détresse se révélait simple mais diablement efficace. Des tics de réalisation repris largement par la suite à la sauce épileptique, mais qui donnent d'autant plus à Rock toute son authenticité. 
 
 
 
 
 
 
 
 

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