Preview Captain America: la Légende vivante est en marche...

Damien Virgitti | 10 mars 2011
Damien Virgitti | 10 mars 2011

Dernière ligne droite pour Les Vengeurs, le film qui rassemblera l’année prochaine tous les super-héros Marvel. Présentation cette année des deux dernières recrues venues compléter un casting déjà prestigieux : Thor, le dieu du tonnerre, et surtout Captain America, le Vengeur fondateur lui-même ! Oui oui, vous avez bien lu, Captain America, ce super-héros déguisé en drapeau américain et avec des ailes sur la tête qui a déjà connu deux adaptations ciné kitchissimes au début des années 80 et 90. Un super patriote qui risque fort de se faire lyncher par les critiques outre-Atlantique pour tout ce qu’il incarne.

 

 

Mais pour Marvel, ce personnage sert avant tout ici à lever le voile sur pas mal d’éléments introduits dans ses précédents films depuis le premier Iron Man de Jon Favreau en 2008.
L’histoire de Captain America, alias la « Légende vivante », tout le monde la connaît ou presque : en pleine Seconde Guerre Mondiale, un soldat tout chétif mais plein d’idéaux appelé Steve Rogers se porte volontaire pour une expérience gouvernementale. Sous l’effet d’un super sérum, il voit ses capacités décuplées et devient rapidement le porte étendard de toute une nation sur les champs de bataille. Mais alors qu’il essaie d’arrêter un missile, il explose en plein vol et se retrouve projeté dans l’Arctique. Prisonnier des eaux glacées, il ne sera réveillé que 50 ans plus tard à notre époque, alors complètement déphasé.


Avec les années 40 pour cadre de l’histoire, Captain America sert alors un peu d’épisode flashback dans la continuité Marvel constituée par les 2 Iron Man et le Hulk de Louis Leterrier, et de nombreux éléments vont prendre toute leur importance : le bouclier aperçu dans le laboratoire de Tony Stark dans Iron Man 2, le super sérum qui permet à Tim Roth de se transformer en Abomination dans Hulk, ou encore le père de Tony Stark vu brièvement dans Iron Man 2… Tous ces indices vont enfin trouver leur explication et trouver leur conclusion dans le film des Vengeurs de Joss Whedon. Et le « Marvel Cinematic Universe » comme ils l’appellent, de trouver tout son sens.

 

 

 

Et l’homme sur qui tout repose et chargé d’incarner ce symbole de l’Amérique n’est autre que Chris Evans, un grand habitué des films de super-héros. L’agaçante Torche humaine des deux  piètres adaptations des 4 Fantastiques, c’est lui !
De nombreux acteurs se sont pourtant présentés au casting, de Ryan McPartlin, le Capitaine Trop Top de la série Chuck à Ryan Philippe en passant par Garrett Hedlund, le héros du nouveau Tron, mais Marvel aura préféré jouer la carte de la sûreté, même si le physique de  Chris Evans est assez éloigné de son homologue papier. Mais ses derniers rôles dans d’autres adaptations de comics comme Scott Pilgrim et The losers ont montré qu’il était capable de pas mal d’auto dérision et d’une certaine maturité. Il pourrait donc se révéler être une bonne surprise. Et il a intérêt puisqu’il a signé pour pas moins de 6 films, entre Les Vengeurs et de possibles séquelles pour les deux franchises.

« Si le film fait un bide, je suis foutu. Et s’il est un succès, je le suis aussi ! Ça me foutait la trouille pour toute la suite de ma carrière, et j’ai réalisé que toute ma prise de décision était basée sur la peur » confie l’acteur qui a d’abord refusé le rôle par trois fois. « Il ne faut jamais prendre la moindre décision basée sur la peur. J’avais juste peur de jouer Captain America ! Steve Rogers est un beau personnage, son histoire est très intéressante, et ce serait n’importe qui d'autre, j’accepterais le rôle. (…) Marvel veut faire les choses bien et Captain America devrait être dans la même lignée qu’Iron Man ».

Tous les regards sont donc portés vers lui ainsi que vers son réalisateur, chargé de donner vie à l’un des tous premiers superhéros Marvel : Joe Johnston. Ce grand conteur d’histoires qui ont bercé notre enfance (comme Chérie j’ai rétréci les gosses et Jumanji) possède déjà une filmographie marquée par le contexte de la Seconde Guerre : c’était même un des enjeux principaux de son Rocketeer, des épisodes des Aventures du jeune Indiana Jones qu’il a signé et on peut même retrouver ce goût pour l’Histoire dans son Ciel d’octobre sur fond de lancement du premier satellite Spoutnik. Le réalisateur vient d’ailleurs d’obtenir un succès d’estime avec son Wolfman (qu’il faut regarder en director’s cut, depuis le temps qu’on vous le dit) et a su prouver qu’il savait faire preuve d’une mise en scène et d’une esthétique inspirée.


« Joe Johnston a conçu des véhicules pour Star Wars et c’est lui qui a storyboardé la poursuite le long du convoi dans Les aventuriers de l’Arche perdue » commente Kevin Feige, producteur principal de Marvel studios « De Rocketeer à Wolfman en passant par Ciel d’octobre, on voit très nettement quels morceaux de sa filmographie l’ont mené logiquement à ce film ».
 

 

Tous les regards sont donc portés vers lui, ainsi que vers son réalisateur chargé de donner vie à l’un des tous premiers super-héros Marvel : Joe Johnston. Ce grand conteur d’histoires qui ont bercé notre enfance comme Chérie j’ai rétréci les gosses et Jumanji, possède déjà une filmographie marquée par le contexte de la Seconde Guerre Mondiale : c’était même un des enjeux principaux de son Rocketeer, des épisodes des Aventures du jeune Indiana Jones qu’il a signé et on peut même retrouver ce goût pour l’Histoire dans son Ciel d’octobre sur fond de lancement du premier satellite Spoutnik. Le réalisateur vient d’ailleurs d’obtenir un succès d’estime avec son Wolfman (qu’il faut regarder en director’s cut, depuis le temps que l'on vous le dit) et a su prouver qu’il savait faire preuve d’une mise en scène et d’une esthétique inspirée. Tous les ingrédients pour nous plonger avec réalisme dans ce cadre de la guerre tout en nous renvoyant dans notre enfance, du temps des premiers comics.

« Joe Johnston a conçu des véhicules pour Star Wars et c’est lui qui a storyboardé la poursuite du convoi dans Les aventuriers de l’Arche perdue » commente Kevin Feige, producteur principal de Marvel studios « De Rocketeer à Wolfman en passant par Ciel d’octobre, on voit très nettement comment sa filmographie l’a mené logiquement à ce film ».


Il est épaulé dans sa tâche par le scénariste David Self, spécialiste de films d’époque avec Les sentiers de la perdition mais aussi du film politique 13 jours, et du duo de scénaristes de la saga Narnia pour le côté merveilleux. On dit même que Joss Whedon, le papa de Buffy, aurait retouché quelques passages du scénario. Si ses dernières séries comme Dollhouse ont été un échec, le scénariste s’y connait plutôt bien en comics puisqu’il a écrit les premiers épisodes de la série Astonishing X-Men, tout en y injectant ses thèmes personnels et sa fascination pour les personnages féminins forts. Une série à l’influence durable sur l’univers Marvel, saluée par la critique et qui renforce sa place comme réalisateur du film des Vengeurs.

 

Voilà une équipe créative qui pourrait bien donner à Captain America ce qui lui manquait au cinéma pour être enfin à la hauteur du succès du personnage de la BD : de la crédibilité. Un maître mot qui semble se retrouver à toutes les étapes du processus créatif du film.

 

   


A commencer par le costume. Difficile en effet de porter à l’écran ce pyjama aux couleurs criardes du drapeau américain sans provoquer les fous rires. Dans la lignée d’une certaine sobriété initiée par les premiers X-Men de Bryan Singer, les costumiers ont décidé de rapprocher le costume d’une combinaison de combat avec ses nombreuses poches et ses multiples harnachements.

 

 

Une idée qu’ils ont directement repris du comic-book Ultimates, la version la plus moderne des Vengeurs qui fait de nos super-héros une belle bande de mégalos à qui l'on confie de sauver le monde sous l’administration Bush. Ecrite par l’auteur de Kick-ass lui-même, cette bédé aux allures de blockbuster géant cherchait déjà à donner un aspect plus réaliste à ces super-héros : chaque personnage avait d’ailleurs un physique proche d’un acteur connu. L’idée de Samuel L. Jackson en Nick Fury, le grand chef du Shield venu recruter Iron Man et tous les autres super-héros, vient de là. Une des pages de la BD voyait même une longue discussion entre les personnages pour imaginer quel acteur pourrait les incarner à l’écran et ils tombait d’accord pour faire de Steve Buscemi un Hulk. De quoi donner de vraies idées à Hollywood. Une bédé qui aura fait aussi parler d’elle puisqu’elle éclairait les aspects les plus ambigus des super-héros et voyait Captain America, accusé de lâcheté par un de ses ennemis, alors déclamer que le A sur son front ne parlait pourtant pas de la France…


A voir comment le film de Joe Johnston aura voulu digérer ces aspects plus nuancés du héros.

 

 

Car les différents éléments qui filtrent du scénario montrent que le film veut aussi bien piocher dans les tous premiers numéros de Captain America que dans ses épisodes les plus récents. aiPlus recentré sur l’époque des années 40 que ses premières adaptations, Captain America n’est plus seulement décrit comme un soldat dopé à la testostérone mais revêt un aspect plus touchant en montrant comment une simple recrue se retrouve tout d’un coup envoyé dans les horreurs de la guerre.

« Ce qui est vraiment intéressant chez Captain America, c’est qu’il n'a pas de superpouvoirs. C’est ce qui m’a interpellé chez ce personnage plus que tous les autres superhéros." analyse Joe Johnston « Il ne peut pas voler, il ne peut pas voir à travers les murs. Il ne fait rien de tout ça. C’est un homme comme tout le monde à qui on donne une incroyable force. Comment tout cela l’affecte-t-il ? Qu’est ce que ca signifie pour lui, émotionnellement et psychologiquement parlant ? Il était ce petit homme tout fragile et il devient soudainement une sorte de Dieu vivant. On pourrait penser qu’il peut maintenant avoir ce qu’il veut. Mais c’est faux : sa vie devient encore plus compliquée. Oui il y aura beacoup de scènes d’action et de choses incryables encore jamais vues à l'écran, mais au final, c’est juste l’histoire d’un gamin qui cherche encore à faire ses preuves. »


Une approche humble du personnage qui se retrouve dans les premières images diffusées lors du Superbowl, tout en montrant comment le film cherche à faire revivre avec émerveillement le mythe américain : un homme peut devenir en une seconde un véritable superhéros.

 

Dans cette nouvelle version, Captain America draine avec lui tout un panel de seconds rôles qui viennent renforcer son univers.

 

 

Il sera  ainsi accompagné de Bucky Barnes, son éternel sidekick qui a gagné en profondeur ces dernières années dans le comic, jusqu'à porter lui-même actuellement le costume de Captain America. C’est le jeune Sebastian Stan, le beau gosse rebelle de Gossip Girl qui l’interprète : « Steve et Bucky sont tous les deux des orphelins et deviennet un peu frères d’armes en ces circonstances. Ils veillent chacun l’un sur l’autre » observe l’acteur « Je trouvais inétressant de voir comment leur relation change à partir du moment où Steve devient Captain America. Bucky est forcément affecté quand tout à coup Seve change et devient une sorte de leader. »


On retrouve aussi aux cotés du Cap toute une escouade de soldats appelés les Howling Commandos qui l’escortent sur le terrain. Une équipe de soldats parmi laquelle on verra ce vieux briscard de Dum Dum Dugan (incarné par Neal McDonough, le compagnon psychopathe d’Eddie dans la saison 5 de Desperate housewives), très lié à Nick Fury, le fondateur des Vengeurs.

 

 

La jeune Hayley Atwell, qu’on a pu voir dans la mini-série Les Piliers de la terre et le remake du Prisonnier, incarnera la romance de l’histoire dans le rôle de Peggy Carter.

« Elle peut faire tout ce que fait Captain America. Elle est soldat, mais elle est surtout anglaise, et fait tout avec classe » commente l’actrice « Elle peut se tenir là à tirer sur des nazis, mais en ayant pris soin de remettre un peu de rouge à lèvres ! Elle n’a pas besoin d’être sauvée, et c’est ça qui est excitant : sa force ! »

Un personnage qu’on a pu revoir récemment dans le comic où elle raconte ses souvenirs de guerre avec Captain America alors qu’elle est en maison de retraite. Steve Rogers sort d’ailleurs actuellement avec sa petite-fille, l’un des avantages de traverser toutes les époques et d’avoir été ressuscité au 21ème siècle !

 

 

Parmi les autres personnages importants qui gravitent autour du héros, on fera connaissance avec le Dr Abraham Erskine, inventeur du super sérum qui connaitra un funeste destin. Ce qui frappe dans tout ce casting est de voir tous les acteurs assez connus d’Hollywood qui ont décidé d’incarner ces personnages de BD, puisque c’est le truculent Stanley Tucci qui incarnera le savant et qu’on retrouvera aussi Tommy Lee Jones en conseiller du Président Roosevelt. Preuve que ces personnages font partie intégrante de la culture américaine.

 

 

Sans oublier celui qui incarnera le grand méchant de l’histoire : l’ignoble Crâne rouge à la solde d’Hitler sera interprété par celui qui a décidé de truster tous les films de la culture geek : Hugo Weaving. L’agent Smith de Matrix et le grand chef des Elfes Elrond de la trilogie du Seigneur des Anneaux prêtera sa voix grave caractéristique pour donner tout son charisme à ce méchant de l’univers Marvel. Un charisme renforcé par le travail fait sur son masque. Exit le grand brûlé des précédentes adaptations, les premières photos du Crâne rouge version 2011 ressemblent en tout point à celui du comic et font plaisir à voir.

 

   

  

Le film s’attardera bien sur comment le bras droit du Führer a obtenu ce masque rouge, notamment à travers un artefact qui sera l’enjeu principal du récit : le Tesseract, ou appelé plus communément Cube cosmique dans la BD. Un cube capable de refaçonner la réalité selon ses volontés et qui devrait refaire surface, selon les rumeurs, dans le film des Vengeurs. Un élément pertinent puisqu’il est l’une des motivations premières de Crâne Rouge dans ses premières apparitions dans la BD, mais qui est encore très présent dans la série actuelle.

 


 

  

Les passerelles entre Captain America et le film des Vengeurs seront donc multiples et il pourrait bien être la pierre angulaire de l’interconnexion entre tous les films Marvel. Le film devrait d’ailleurs se terminer sur le plongeon de la légende vivante dans les eaux de l’Arctique et son réveil au 21ème siècle devrait ouvrir le film de Joss Whedon. Une des meilleures façons de raccrocher les différents films entre eux et de coller au plus près du cri de guerre des Vengeurs : « Rassemblement ! »


2012 sonnera alors la naissance d’un véritable univers cinématographique qui aura su se développer en parallèle de la BD.

 


 

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