Berlin 2011 : Jour 7 (Il est temps que cela se finisse)

La Rédaction | 17 février 2011
La Rédaction | 17 février 2011

 

 

 

C'est un peu métro-boulot-dodo (voir parfois lors de certains projos : métro-dodo-boulot) à Berlin alors que le festival commence doucement à se finir. Après avoir débattu toute la nuit sur le Béla Tarr avec une stérilité qui fait plaisir à voir, nous sommes allés continuer d'explorer la compétition de la Berlinale. Pas de détournement dans d'autres catégories car entre les horaires délirants, les endroits de projection situés à l'autre bout de Berlin, et la quasi fermeture du marché du film (un acheteur, ça bosse que 5 jour sur 10 dans un festival), il ne reste plus que ça à se mettre sous la dent.

Bonne pioche matinale puisque le film turc, Our grand despair, fait partie du haut du panier de ce que l'on a pu voir concourir pour l'Ours d'or. L'histoire rappelle un peu (beaucoup) le Jules & Jim de Truffaut : Ender et Çetin, amis depuis le collège, partagent un appartement à Ankara. Leur meilleur ami, Fikret, qui habite en Allemagne, est revenu en Turquie où il a un accident de voiture dans lequel meurent ses parents. Fikret demande dès lors à ses deux amis d'accueillir dans leur appartement sa sœur Nihal jusqu'à ce qu'elle termine l'université. Les deux célibataires n'apprécient pas forcément l'intrusion, mais acceptent par solidarité. Au début, chacun garde ses distances mais, au fur et à mesure, les liens se renforcent et aussi bien Ender que Cetin finissent par tomber amoureux de la jeune fille.

 

 

Cette comédie dramatique de Seyfin Teoman est à la fois drôle et touchante, tout comme ses trois personnages, pour lesquels le public n'a aucun mal à ressentir de l'empathie dès le début. On appréciera tout particulièrement la manière dont le cinéaste flirte avec le thème de l'homosexualité avec cette amitié pas comme les autres qui unit nos deux héros. Et puis, on l'avoue, on a un peu suivi le parcours des deux compères en tombant bien amoureux de la jolie Günes Sayin. (3,5/5)

 

 

Mauvaise pioche en revanche pour le film de l'après-midi. Dans Un mundo misterioso,  le réalisateur argentin Rodrigo Moreno nous raconte l'histoire de Boris, un type quelconque, que sa fiancée abandonne un jour sans donner de vraies explications, en lui disant qu'elle a besoin de prendre du recul. Boris décide alors de prendre cette opportunité pour s'ouvrir au monde et découvrir tout ce dont sa vie de couple ne lui permettait pas de profiter. Malgré un début de film prometteur, le « mystère » auquel fait allusion le titre se termine beaucoup trop tôt et Boris  - tout comme le réalisateur, et c'est bien là un des problèmes du film -  semble s'attacher à des choses plus tangibles comme la voiture bleue qu'il achète et dont les réparations occupent une bonne partie de son temps.
L'inactivité, la vacuité et les errements du personnage finissent malheureusement par plonger le spectateur dans l'ennui. (2/5).

 

 


 

 

Entre ces deux films, on a pu découvrir en hors compétition le film allemand, Mon meilleur ennemi (Mein bester feind) qui nous emmène en pleine seconde guerre mondiale pour mettre aux prises deux meilleurs amis, un juif et l'autre devenu nazi. Entre eux, une jeune femme dont ils sont épris et surtout un dessin original de Michel Ange qu'Hitler veut récupérer afin de l'offrir à Mussolini. Un casting solide avec à sa tête, Moritz Bleibtreu, une ribambelle de rebondissements plus abracadabrants les uns que les autres, une mise en scène factuelle font de Mon meilleur ennemi un honnête divertissement qui a plus sa place à la télévision qu'au cinéma. Bref, c'est un peu le Black book du pauvre ou Les femmes de l'ombre du riche. (3/5)

 

 

Pour finir cette journée pendant que l'un qui avait fait son devoir la veille, se préparait à sa soirée ligue des champions bien au chaud dans sa chambre d'hôtel, le cancre des projos du mardi partait à l'autre bout de la ville pour rattraper un des films qui fait figure de favori pour l'Ours d'or, le film iranien, Nader et Simin, une séparation. Deux heures plus tard, une certitude s'impose : il est loin le temps de mes cours d'allemand première langue. Car, n'ayant pas lu le programme, je n'avais pas noté que la projection se faisait cette fois-ci sans sous-titres anglais. Bien accroché aux sous-titres, j'ai tenu toutefois le choc et si la force des bons films est de s'imposer à son audience sans que celle-ci ait tout perçu toutes les subtilités du récit, Nader et Simin, une séparation est un sacré bon film. Une nouvelle fois chaleureusement accueilli, le film fait partie des grands favoris pour le palmarès de samedi prochain. Un choix qui serait ici à la fois celui du cœur et de la politique au vu de l'état des lieux que fait finalement assez subtilement l'œuvre tout en évoquant un sujet universel (la séparation, le divorce,...). (3,5/5).

 

 


 

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