Berlin 2011 : Jour 2

La Rédaction | 11 février 2011
La Rédaction | 11 février 2011

 

Pour ne pas trop nous faire mentir sur la qualité semble t-il faiblarde de la sélection, Margin call, premier film de la compétition, s'est avéré être idéal. Présenté il y a une poignée  de jours à Sundance (et raté par nos deux comparses lors de leur couverture), le premier film de JC Chandor (également auteur du script) ne laissera pas un souvenir impérissable. Certes, son défilé de stars a de quoi flatter la rétine : Kevin Spacey, Paul Bettany, Jeremy Irons, Simon Baker ou encore Demi Moore et Stanley Tucci, forcement, ça interpelle. Et le sujet sur fond de crise économique, a l'audace de nous faire vivre en « direct » (unité de lieu et de temps) la prise de conscience des membres d'une société d'investissement face à leurs dérives qui vont précipiter notre société dans le chaos. Sur le papier, Margin call se montre séduisant. Sur l'écran, c'est une toute autre histoire car sur 110 minutes, les tergiversations des uns et des autres assorties de quelques états d'âme (oh pas trop, ce sont tout de même des requins de la finance complètement déconnectés de la vraie vie) ont vite fait de nous faire tourner en rond. On n'y comprend pas grand-chose mais eux non plus et le récit a beau enchaîner les niveaux d'explication (plus on remonte au big boss, plus l'explication de la crise en devenir devient plus simple), on se lasse très vite des soucis existentiels de ces tous puissants, hormis le personnage touchant interprété par Stanley Tucci (excellente séquence d'ouverture qui fait bien froid dans le dos sur l'inhumanité du monde du travail).  Une mise en scène bien plate n'arrange en rien un récit qui s'étire inutilement malgré le bel effort du casting, essentiellement les plus chevronnés. La probabilité de voir l'œuvre au palmarès final est des plus minces !

Le deuxième film de la compétition, El Premio, n'a pas non plus permis à la sélection de prendre son envol. "Que veut dire pessimiste?", demande Ceci, une petite fille argentine de 7 ans, à sa mère dès le début du film. Dans ce film en grande partie autobiographique, la réalisatrice fait appel à ses souvenirs d'enfance lors de la dictature argentine, qui n'ont cessé - semble t'il - de nourrir ses rêves.

Vivant dans une cabane sur le sable en bord de plage - lieu qui pourrait d'ailleurs être assimilé à un personnage en soi tellement il prend de l'importance depuis la scène d'ouverture jusqu'à la scène finale, Ceci (la jeune actrice Paula Galinelli est très convaincante dans son rôle) se doit de cacher son identité quand elle intègre une nouvelle école.

Comme souvent dans les films argentins sur la dictature, la réalisatrice parvient à créer une ambiance pesante mais parfois onirique - notamment grâce au travail sur le son -  dans un film qui aurait mérité toutefois certaines ellipses.

Pour trouver un nouveau souffle à une deuxième journée des plus calmes, on a tenté la section Panorama pour aller découvrir une sacrée curiosité, le nouveau film de Lee Tamahori sous pavillon belge (!!!) avec en premier rôle, l'amoureux d'Amanda Seyfried dans Mamma Mia ! (Dominic Cooper) et notre Ludivine Sagnier national qui joue ici une...pute ! Le film s'appelle The Devil's double et nous invite à découvrir l'histoire extrêmement libre (à part le principe de base et quelques faits, tout le reste est du domaine de la fiction) du double du fils aîné de Saddam Hussein. L'occasion pour Cooper d'en faire des tonnes dans le rôle grandiloquent du fils, véritable obsédé de la braguette qui n'hésite pas torturer ou massacrer quiconque ne se plie pas à ses quatre volontés. La subtilité n'est ici pas de mise, ce qui nous permet d'avoir l'occasion d'admirer quelques belles séquences frisant le Z. Quant à miss Sagnier dont on se demande ce qu'elle a pu faire ou dire pour arriver dans un tel projet, elle joue les putes au grand cœur avec entrain mais peine à rendre crédible un rôle condamné d'avance par le scénario. Mais reconnaissons toutefois un exploit de sa part : on ne voit pas entièrement sa poitrine dénudée comme c'est habituellement le cas. Une belle performance au vu de son métier dans le film et surtout lors d'une scène où toutes les autres comédiennes se mettent à poil. Quant à Lee Tamahori, 4 ans après le navet Next, il confirme dans ses grandes largeurs que quelque soit le budget et l'endroit où il filme, L'Ame des guerriers n'était qu'un sacré coup de chance.

Voilà, on part découvrir le promo reel (8 minutes) du nouveau film d'Olivier Marchal, Les Lyonnais. Verdict demain !

 

Retrouvez les photos de notre photographe Gianfranco Zanin en cliquant sur l'équipe de Margin call :


 

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