La Proie : Preview du thriller français de l'année

Laurent Pécha | 8 février 2011
Laurent Pécha | 8 février 2011

Début août 2010, dans un Paris sous le soleil et petit à petit déserté par les vacanciers, on a rendez-vous près de la Porte de Bagnolet pour venir assister à l'une des cascades les plus spectaculaires de La Proie, le nouveau film d'Eric Valette. Depuis qu'il est revenu en France après un passage mitigé aux USA (les deux films tournés là bas, One missed call et Hybrid restent encore à ce jour inédits chez nous, plus pour longtemps pour le second qui sort cette année chez TF1 vidéo), le cinéaste semble mettre les bouchées double. A peine sorti d'Une affaire d'Etat, superbe polar qui ne rencontra malheureusement pas son public, l'homme s'est lancé dans un projet ambitieux de par sa rareté dans le cinéma hexagonal actuel : faire un thriller d'action en plein cœur d'une France qu'on n'a pas l'habitude de voir sur grand écran.

 

 

Porté par un jeune producteur, Luc Bossi, dont c'est le premier film à ce poste et qui a la particularité d'avoir cosigné le scénario, La Proie ambitionne d'embarquer le spectateur dans une haletante chasse à l'homme pour un budget des plus raisonnables (autour des 10 millions) vu l'envergure du projet. On y découvrira Albert Dupontel, braqueur, qui s'évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série (Stéphane Debac) qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs (Alice Taglioni de retour au cinéma après la tragédie qui coûta la vie à son compagnon, Jocelyn Quivrin) se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l'ennemi public numéro 1. Ça va donc cavaler sévère à tout bout de champ et le spectateur, fan de cinéma qui bouge, aura de quoi se réjouir.

 

 

La preuve en ce 7 août. Sur le plateau, tout le monde s'agite car la mise en place de la cascade, un saut d'une dizaine de mètres dans le vide entre la star du film (Dupontel) et un cascadeur, demande une attention et une préparation des plus méticuleuses. Il suffit de voir le visage tout de même inquiet du producteur pour se rendre compte que même si les assurances sont bien là, il serait bienvenu d'éviter la  faute qui blesserait la vedette et mettrait en péril la suite du tournage. Car le Dupontel, c'est un acteur investi et pas question que quelqu'un prenne sa place pour une telle séquence. A croire que le bonhomme a accepté de faire le film pour vivre de tels moments d'adrénaline. Concentré, sans cesse en quête d'approbation, toujours généreux dans le conseil rappelant qu'il est aussi un cinéaste de l'image incroyablement méticuleux, Dupontel semble être né pour effectuer ce saut. Après quelques derniers réglages de caméra (plusieurs pour s'offrir un montage dynamique), Eric Valette lance son signal et c'est le saut dans le vide. Tout semble s'être déroulé comme prévu mais la vérification au combo montre que l'on peut faire encore mieux. D'ailleurs, pas la peine de prier Dupontel puisque le monsieur était déjà parti pour en refaire une. Et c'est parti pour une nouvelle prise. Cette fois-ci, c'est la bonne. Enfin, presque car si on écoute Albert, il y a sûrement moyen de faire encore mieux et il est prêt à redonner de sa personne. Heureusement (pour la production), c'est l'heure de la pause déjeuner et les ardeurs de perfection du sieur Dupontel seront (un peu) tempérés par le repas.

 

 

 

L'après-midi, ce sera au tour d'Alice Taglioni d'entrer dans la danse et de montrer, à notre grand étonnement, qu'elle semble parfaitement crédible dans le rôle de la flic prête à tout pour arrêter Dupontel. Amincie, très investie elle aussi dans la gestuelle et le challenge physique de son rôle, la comédienne écoute attentivement les directives d'Eric Valette pour une séquence qui suit celle du saut et qui voit le personnage d'Alice courir après le fugitif Dupontel.  Au bout de quelques prises et  courses intenses, la scène est dans la boîte et la journée peut presque se terminer. Juste le temps pour nous de voir les premières images alléchantes de cette course-poursuite grandeur nature (la séquence du périph s'annonce déjà comme le must du genre) et on repart avec l'impression que le thriller made in France est ici dans de très, très bonnes mains.

 

 

 

Quelques mois plus tard, on retrouve Eric Valette en plein montage du film. L'occasion de pouvoir parler plus calmement avec lui et de lui demander ce que les spectateurs peuvent vraiment attendre de La Proie.

 

 

 
Et en guise de bonus, ayant croisé Serge Hazanavicius au festival de Gérardmer, on lui a demandé de nous parler de sa relation privilégiée avec Eric Valette, lui qui avait un second rôle marquant dans Une Affaire d'Etat et qui joue cette fois-ci l'un des collègues d'Alice Taglioni. 
 
 
 
 
 
 
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