Preview : Scott Pilgrim vs. The world. Fight !

Damien Virgitti | 27 septembre 2010
Damien Virgitti | 27 septembre 2010

Les adaptations de comics se suivent et se ressemblent (heureusement) de moins en moins. Quoiqu’on en dise, Watchmen et Kick ass ont ouvert la brèche et montré, chacun à leur manière, qu’il existait des superhéros plus originaux que Spider-man et consorts. Et surtout, que la BD américaine était capable de nombreuses fantaisies et d’autodérision sur son propre genre. Dernier exemple en date à la TV : la chaîne AMC réputée pour sa rigueur artistique sur des séries comme Mad Men et Breaking bad, ont tablé cette année sur la BD Walking Dead, relecture originale du film de zombies. Sur grand écran, Hollywood nous en fournit une nouvelle preuve avec l’adaptation des aventures déjantées de Scott Pilgrim, guitariste d’un groupe de rock qui vit ses histoires d’amours comme des combats à la Dragon Ball Z….

Graphic novel anglais écrit par le canadien Bryan O’ Malley, Scott Pilgrim est une série qui conte les aventures d’un loser comme on en fait plus, incapable de se décider sur la fille qu’il aime véritablement : la mignonne Knives Chau, première fan de son groupe de rock, ou la sulfureuse Ramona Flowers, qui change de couleurs de cheveux comme de chemise et qui semble cacher un mystérieux passé…

Le pitch basique d’un teen drama digne de Dawson qui va prendre ici des proportions épiques, puisque pour gagner le cœur de Ramona, Scott devra combattre littéralement ses sept ex diaboliques… Et les pages de cette chronique du cœur remplies d’humour incisif de s’envoler immédiatement dans des combats dignes des grandes heures de Dragon ball Z ou autres Naruto.

Car comme Kick-ass arrivait à conjuguer réalité et fantaisie de comic book, c’est bien le mélange des genres qui caractérise Scott Pilgrim : le héros hérite d’abord son nom d’une chanson du groupe acidulé Plumtree (dont il porte un T-shirt dans le film), son propre groupe de rock, qu’il a fondé par besoin de « transcender son statut social », est appelé Sex Bob-omb, en référence directe à ces petites bombes sur pattes dont on pouvait se servir pour tuer ses ennemis dans Super Mario Bros. Et la vie de Scott va de plus en plus devenir un jeu vidéo géant puisque chaque ex vaincu se transformera aussi en une tonne de pièces d’or, toujours en référence au célèbre plombier, et chaque ennemi provoqué dans une salle de concerts lui permettra de jouer littéralement les Guitar Hero, où chaque reef deviendra une salve dévastatrice sur ses adversaires… Bien sûr, tout ça se passe plus ou moins dans sa tête et n’est que le reflet fantasmé de sa propre vie, mais O’ Malley prendra un malin plaisir à maintenir le doute tout au long de la série…

 

Il n’en fallait pas plus pour que le projet intéresse Edgar Wright, réalisateur anglais déjanté qui a déjà fait ses preuves avec ses compères comiques Simon Pegg et Nick Frost sur Shaun of the dead, parodie de films de zombies et Hot fuzz, blockbuster grossi à l’extrême, digne héritier assumé des films d’action américains. Pour son premier film sur le sol US, Edgar Wright avait pourtant le choix entre la comédie sentimentale Playboy à saisir, le remake de The Crazies et l’adaptation de Green hornet. Mais Scott Pilgrim était sans doute le projet qui mélangeait le plus de références, entre comédie sentimentale et jeu vidéo live. Le film lui permet d’apporter une vraie complémentarité à la BD, prolongeant les effets vidéoludiques et cinématographiques de la série, et apportant une vraie bande son soignée qui se fait la voix des différents groupes de rock fictifs inventés par l’auteur. Ainsi quand les Sex Bob-omb, personnifiés par Beck, affrontent les Clash at Demonhead, incarnés musicalement par le groupe Metric, c’est comme si deux conceptions du rock s’affrontaient enfin sous nos yeux. "Invaders must die" de Prodigy sonne déjà comme une évidence pour la bande-annonce du film et la BO promet d'être mythique. Plus qu’une adaptation, Scott Pilgrim le film est un hommage vibrant à toutes les cultures véhiculées par la BD.

Ce qui frappe dans le projet Scott Pilgrim, c’est aussi tout le casting de stars qui se sont jetés pour prendre les traits de ces personnages tous plus cartoon les uns que les autres : Michael Cera, Chris Evans, Kieran Culkin (frêre de), Jason Schwartzman, Mary Elizabeth Winstead, Brandon Routh, Anna Kendrick… tous sont venus prendre part au délire de ce manga live et en même temps incarner les différents personnages qui composent l’univers attachant de Scott Pilgrim. Car au delà des combats remplis d’onomatopés façon Batman des années 60, la série prend le temps d’approfondir chaque personnage et de les rendre profondément humains.

Michael Cera est Scott Pilgrim : L’incarnation du geek ultime parmi tous les acteurs de sa génération. Le timide père précoce de Juno passe enfin au premier plan cette année. Après l’avoir vu dans la comédie Be bad, il incarne Scott, jeune ado rêveur qui squatte chez son meilleur ami Wallace et qui devra déplacer des montagnes pour pouvoir être avec la fille qu’il aime… et essayer d’y survivre.

 

Mary Elizabeth Winstead est Ramona Flowers : Tour à tour fille de John McLane dans le dernier Die hard, et pom pom girl sexy et naïve dans le Boulevard de la mort de Tarantino, Mary Elizabeth Winstead incarne à nouveau un fantasme de geek en se transformant en véritable héroïne de manga. Vendeuse pour le Amazon canadien, elle livre ses colis en roller et fera l’erreur de toquer à la porte de Scott…

Chris Evans est Lucas Lee : l’agaçante Torche humaine des 4 Fantastiques devient de plus en plus difficile à éviter. Il incarne ici le deuxième ex diabolique de Ramona, un célèbre acteur de films d’actions qui se la raconte un peu trop. L’occasion pour Chris Evans de faire preuve d’auto dérision et de se faire bien remarquer avant de porter le bouclier de Captain America… Comme pour montrer que les geeks sont une grande famille, Michael Cera est venu présenter l’extrait de leur combat au Comic Con, déguisé lui-même en Captain America, alors que Joe Johnston présentait ses premières images de tournage sur un autre stand !

 

Brandon Routh est Todd Ingram : le Superman déchu de Bryan Singer n’a pas dit son dernier mot. D’abord vu en mentor corrompu dans la troisième saison de Chuck, il apparaitra bientôt dans une autre adaptation de bd, Dead of night. Il incarne ici le Troisième ex diabolique de Ramona : un guitariste d’un groupe concurrent de Scott qui possède des pouvoirs parce qu’il est végétarien…

Jason Schwartzman est Gideon Graves : le Big Boss, le Bowser et le Gannondorf de Scott. Leader de la ligue des 7 ex diaboliques et gérant d’une boîte de nuit, son ombre plane sur toute la série avant d’apparaître à partir du troisième tome. Il est capable de faire confronter mentalement ses ennemis à leurs propres peurs et se révèlera un adversaire redoutable à l’épée…

Ellen Wong est Knives Chau : la petite amie de Scott avant qu’il en pince grave pour Ramona Flowers. Elle tombe amoureuse de lui dès les premières notes de musique et son attitude de groupie hystérique se révèlera au grand jour au moment où Scott se séparera d’elle. Knives changera alors totalement de coupe de cheveux et deviendra une ninja redoutable qui menace à la vie de Ramona…

Kieran Culkin est Wallace Wells : le coloc homo de Scott. Le meilleur ami cynique qui joue la conscience du héros. Scott est venu squatter chez lui jusqu'à dormir dans son lit et s’est approprié toutes ses affaires. Il est joué par Kieran Culkin, frêre de, histoire de se rappeler que le héros de notre enfance est toujours dans le coin.

Le défi d’Edgar Wright sera évidemment de rendre tout ce délire visible à l’écran et d’éviter la bouillie indigeste. Tout comme Kick-ass a permis à Matthew Vaughn d’enfin hériter d’un projet de comic book digne de ce nom (la préquelle des X-Men, située dans les années 60), Scott Pilgrim pourrait bien être le ticket gagnant de Wright pour réaliser l’adaptation de Ant-man, l’homme fourmi de Marvel un tantinet mégalo. Le réalisateur a en tout cas été aidé sur Scott Pilgrim par l’auteur lui-même, en même temps qu’il écrivait la fin de sa série. Le dernier tome étant sorti après le film d’Edgar Wright, il propose une fin différente et permettra de voir ainsi deux visions différentes d’une même histoire.

En attendant de découvrir le film, vous pouvez d’ores et déjà plonger dans l’univers coloré de Scott Pilgrim à travers le sympathique dessin animé « Scott vs the animation » doublé par les acteurs eux-même diffusé sur le site de [Adult Swim] qui lève le voile sur la jeunesse de Scott et son premier amour Kim Pine.

Le combat ne fait que commencer…

 

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