Sex & the City : le mythe est-il intact ?

Magali Sire | 3 juin 2010
Magali Sire | 3 juin 2010

Sex and The City, plus besoin d'en faire la pub, c'est du mythe, c'est du lourd, c'est 94 épisodes appris par cœur, des centaines de répliques cultes, un premier film plutôt raté, un deuxième à l'affiche, des fans, des millions de fans, des pages Facebook qui se remplissent comme des petits pains (130 500 fans sur la page française de SATC2 à ce jour)... Bref, SATC comme on dit nous entre filles, c'est gravé dans notre top 10 que nous soyons cougar comme Samantha ou naïve comme Charlotte.

Ce qui à fait fondre nos petits cœurs de donzelles et frétiller nos hormones ? Quatre filles, presque comme nous, avec des envies de rire, de fringues de mecs, comme nous. C'est ce brin d'acidité qui fit la gloire des tout premiers épisodes, des répliques 100% brut de décoffrage, l'absence de tabou, un soupçon de vulgarité, comme peuvent l'être parfois les femmes entre elles, gloussant le nez dans leur Cosmopolitan, perchées sur leurs Louboutins.

 

SATC c'est la légèreté à l'état brut MAIS pour parler des choses sérieuses comme notre féminité, notre carrière, nos rêves, nos angoisses de femmes et de mères. Autant de problématiques transgénérationnelles dédramatisées en live par 4 chipies un peu nymphos un peu déjantées un peu... un peu plus libres que toutes leurs consœurs cathodiques.

Et puis, qui dit problèmes existentiels de filles dit aussi problématiques de penderies. Et côté chiffons, se hissant au même niveau que la grande prêtresse Anna Wintour, Patricia Field la styliste de la série a littéralement éclaboussé la série de hits de la mode, déchainant des passions et pas seulement pour des tutus d'occasion, boostant des jeunes créateurs. Alors, oui, les fans de SATC sont des fashion addicted abonnées à L'Officiel de la mode. Oui, les spectatrices de la série ont vu briller leurs yeux devant la collection de chaussures et de sacs de Carrie... entre autres. 

 

 

Oui mais...Il sera difficile de retrouver la fraicheur de la série en ne misant que sur les recettes qui ont fait une grande partie de son succès. Car si on a suivi les délires vestimentaires de Carrie avec passion, ne limitons pas pour autant l'intervention de la belle à un rôle de un porte manteau de luxe pour les créateurs voulant exploser leurs ventes printemps été !

Et 10 millions de dollars investis dans les costumes du film (l'équivalent du budget total d'un « petit film » costumé comme Barry Lindon soit dit en passant, ou carrément 10 fois plus que le budget costumes du Diable S'habille en Prada, sur lequel Patricia Field a également collaboré), peuvent faire douter de l'intérêt « artistique » de l'investissement. On doute par contre beaucoup moins du bénéfice mercantile d'un tel étalage de marques.

 

 

Car au pays de Carrie, les fringues n'ont pas de prix, et le film se transforme rapidement en véritable catalogue de luxe : Réservez dès à présent les « strappy sandals » de Carrie Par Vivienne Westwood, comme vous aviez sauté sur la robe de mariée de la même créatrice dans le premier opus... "Toutes les grandes tendances de l'année en 2h26 minutes" semble nous promettre le film, de quoi ne plus regretter de ne pas avoir été personnellement invitée aux défilés coutures de l'année...

Mais messieurs dames, prenez garde, à trop caricaturer les 4 copines dans le vent, à trop vouloir miser sur le coté léger, à capitaliser sur les réparties heureusement toujours cultes de Samantha, en oubliant le fond, le vrai (et pas uniquement les états d'âme adultères de Carrie), nos belles amies vont se transformer en dindes gloussantes totalement autocentrées sur elles-mêmes. Fini l'effet « girl next door », on finira bientôt par contempler déçues, 4 inconnues un peu greluches, plus Paris Hilton que jamais.

Drôle d'avenir donc pour des personnages qui ont pourtant offert aux femmes un peu plus de libertés, drôle d'image de la femme : superficielle, narcissique et peu cultivée.

 


 

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