Richard Gere - Portrait

David Da Silva | 8 mai 2010
David Da Silva | 8 mai 2010

Richard Gere est de retour sur grand écran avec L’élite de Brooklyn, un polar très réussi où il partage l’affiche avec Ethan Hawke et Don Cheadle. L’occasion de revenir un peu sur le parcours d’un acteur un peu trop catalogué comme un faire-valoir pour comédies romantiques avec Julia Roberts. Réducteur car le bonhomme a tourné avec plusieurs metteurs en scène  qui rendraient jaloux plus d’un comédien (Terrence Malick, Akira Kurosawa, Sidney Lumet, Francis Ford Coppola, Robert Altman…) et il a multiplié les films dans des genres différents. Si on peut penser que les comédies romantiques lui ont offert ses plus beaux succès commerciaux (Pretty woman ou Just Married), Gere n’est jamais aussi performant que dans le polar, car c’est là qu’il donne le meilleur de lui-même. Comme dans Sans Pitié de Richard Pearce, Affaires privées de Mike Figgis et aujourd’hui en flic dépressif à Brooklyn sous la caméra d’Antoine Fuqua.

Né le 31 août 1949 à Philadelphie, Richard Gere vient du monde rural, ses parents sont fermiers, et après des études de philosophie et d’art dramatique, il décide de tenter sa chance comme comédien. Après plusieurs pièces de théâtre (notamment à Broadway), il décide de se lancer dans le cinéma et son premier rôle véritable sera en 1976 avec le drame Baby blue mane. Cette performance en militaire un peu fou lui vaut d’être remarqué par d’autres réalisateurs qui vont lui offrir des rôles plus importants (A la recherche de Mr Goodbar ou Yanks).

John Travolta refuse le rôle principal du film de Terrence Malick Les moissons du ciel mais  Richard Gere ne manquera pas l’occasion de tourner avec un des plus grands réalisateurs américains actuels. Il est formidable en jeune ouvrier agricole rebelle. Devenu le remplaçant numéro un de John Travolta chez les directeurs de castings hollywoodiens, Gere doit deux de ses plus beaux succès commerciaux à l’acteur de La Fièvre du samedi soir. En effet, il tourne American Gigolo de Paul Schrader (un rôle ambigu qui fera de lui le sex-symbol d’une génération) et surtout Officier et gentleman (deuxième plus gros succès aux Etats-Unis de l’année 1982) grâce au désistement de Travolta sur ces projets.

 

Au sommet de sa gloire, Gere enchaine les films dans des genres différents : A bout de Souffle made in USA (remake du film culte de Godard) où il est génial en petite frappe, Cotton Club un film de gangster pour Coppola, Les coulisses du pouvoir un film politique pour le grand Sidney Lumet ou le péplum Le roi David. Mais son meilleur rôle est celui d’Eddie Gillette en 1986 pour le polar Sans Pitié. Dans ce film de Richard Pearce, il est inoubliable en flic badass prêt à tout pour venger son partenaire. Et son association avec Kim Basinger (l’autre sex-symbol des 80’s) fonctionne à merveille.

 

 

Problème, tous ses films sont des gros échecs commerciaux au box-office et l’acteur connait une petite traversée du désert. Sa rencontre avec Mike Figgis va relancer sa carrière avec le film policier Affaires privées. Bien avant Denzel Washington, et Training day, Richard Gere incarne un flic corrompu de la pire espèce, une vraie ordure mémorable. Et le second souffle de sa carrière intervient véritablement avec le mythique Pretty woman où il incarne le prince charmant de Julia Roberts.

Le succès mondial du conte moderne de Garry Marshall lui permet d’enchainer les films comme des remakes du cinéma français : Intersection de Mark Rydell (remake des Choses de la vie de Claude Sautet), Sommerby de Jon Amiel (remake du Retour de Martin Guerre avec Gérard Depardieu) et il se retrouve même devant la caméra du japonais Akira Kurosawa pour Rhapsodie en août : « Kurosawa-san était mon héros. J’avais l’habitude d’aller souvent au Japon pour étudier le bouddhisme zen. Et un jour, il m’appelle et me dit qu’il tourne un film et que je suis le seul acteur à pouvoir jouer le rôle qu’il me destine. J’ai été extrêmement touché ».

L’acteur continue d’explorer différents genres : le film d’action avec Bruce Willis dans Le chacal, le drame avec Un automne à New-York ou le film fantastique avec La prophétie des ombres. Evidemment, son plus gros carton sera à l’occasion de ses retrouvailles avec Julia Roberts pour la comédie romantique Just Married (ou presque). La consécration pour l’acteur sera son Golden Globe obtenu pour le film de Rob Marshall Chicago. Depuis, Gere enchaine les tournages avec des passages chez Robert Altman (Docteur T et les femmes) ou Lasse Hallstrom (Faussaire et Hatchi). 

Engagé en faveur du Tibet (il a d’ailleurs tourné le thriller Red Corner uniquement pour dénoncer les persécutions du gouvernement chinois), Richard Gere vient de nous prouver qu’il n’est pas en préretraite grâce à son rôle formidable dans le polar d’Antoine Fuqua. En flic dépressif amoureux d’une prostituée, le comédien livre une de ses meilleures performances depuis très longtemps.

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