Clint Eastwood en 10 films

Jean-Noël Nicolau | 15 janvier 2010
Jean-Noël Nicolau | 15 janvier 2010

A l'occasion de la sortie d'Invictus, son nouveau long-métrage, nous revenons sur la carrière de Clint Eastwood en tant que metteur en scène. Difficile de ne sélectionner que 10 oeuvres pour incarner une filmographie qui débuta en 1971. Le choix fut de privilégier les oeuvres récentes et célébrées à juste titre. Mais voici 10 incontournables qu'il faut absolument avoir vu pour comprendre pourquoi M. Eastwood est aujourd'hui considéré comme une légende du cinéma.

 

 

Josey Wales hors la loi (1976)

Loin d'être le premier film d'Eastwood en tant que réalisateur (il s'agit d'Un frisson dans la nuit), celui-ci est souvent considéré comme son premier chef-d'œuvre, même si L'Homme des hautes plaines et son ambiance fantastique (que l'on retrouvera dans Pale Rider) a de nombreux fans. Josey Wales vaut pour sa richesse et son aspect de « best of » du western. Pas totalement maîtrisé, comme le seront les œuvres de vieillesse de l'artiste, ce film possède un charme et une énergie toujours remarquables.

 

 
 

Honkytonk Man (1982)

On connaissait le Eastwood cow-boy, le Eastwood inspecteur expéditif, mais en 1982 on s'attendait moins au Eastwood chanteur de country, prêt à verser dans le mélodrame classique mais irrésistible. La suite de la carrière du maître allait creuser de plus en plus cette veine, mais à l'époque le film, un peu passé inaperçu, fut une véritable surprise. Le réalisateur y est accompagné par son fils, Kyle, et y dévoile une sensibilité infinie, en particulier dans le domaine musical.

 

 

 

Le Maître de guerre (1986)

Eastwood commence à jouer les vieux bougons dur à cuire et ça lui va bien. Un peu mésestimé au sein de la filmographie du cinéaste, Le Maître de guerre fait coïncider toutes les tendances antagonistes de sa carrière. A la fois bourrin (la VF est un festival de punchlines) et dévoilant une humanité un peu rude, qui ne cessera de s'affirmer par la suite, Le Maître de guerre est une sorte de « super série B » attachante.

 

 

 

Impitoyable (1992)

Pour tous ceux, trop nombreux, qui ne considéraient encore Eastwood que comme un acteur réac et un réalisateur moyen, Impitoyable fut un choc et (enfin !) la révélation. Oscars, succès public, reconnaissance critique internationale, tout accompagna cet étalon du western contemporain et crépusculaire. La collaboration, fructueuse, entre Eastwood et Morgan Freeman débuta par ailleurs ici. Certains pensèrent qu'il s'agissait du testament du vieux sage, mais la suite allait être pas mal aussi...

 

 

 

Sur la route de Madison (1995)

LE mélodrame absolu par l'inspecteur Harry ? Sur le papier, voilà bien une idée saugrenue. Et pourtant... Pourtant des millions de larmes furent versées devant Sur la route de Madison. L'œuvre, belle, ample, humble et d'une dignité bouleversante, est transcendée par les performances d'Eastwood et de Meryl Streep, tous les deux parfaits. Un grand film d'amour et de nostalgie, rarement égalé depuis.

 

 

 

Mystic River (2003)

Le grand Clint laisse sa place devant la caméra à un trio d'acteurs en état de grâce : Sean Penn, Kevin Bacon et Tim Robbins. Pour cette tragédie contemporaine intense, Eastwood adopte le style classique et tranquille qu'il ne quittera plus. Ce qui compte ce sont les performances des acteurs et la force de l'histoire. Ici, il n'y a rien à redire à quelques niveaux que ce soit, le spectateur sort de la salle secoué.

 

 

 

Million dollar baby (2004)

Nouvelle pluie d'Oscars pour M. Clint. En s'attaquant au film de boxe, le cinéaste se joue des clichés et remet une nouvelle fois en question son image de vieux réac. En abordant des thèmes très modernes, du féminisme à l'euthanasie, en y apportant ses réflexions pleine de sagesse, Eastwood  signe un film bouleversant, tout en nuances et en clairs obscurs. Les trois interprètes principaux méritent une nouvelle fois tous les éloges.

 

 

 

 

Mémoires de nos pères / Lettres d'Iwo Jima (2006)

Avec ce diptyque audacieux, Eastwood prouve qu'il n'a rien perdu de son énergie. Si la partie du point de vue des américains est très touchantes, elle demeure plus classique et moins impressionnante que le film japonais, qui touche au chef-d'œuvre du genre. Très différents au final, mais se répondant de manière passionnante, ces histoires d'Iwo Jima entrent au panthéon du film de guerre.

 


 

L'Echange (2008)

Etrangement passé un peu inaperçu, L'Echange souffre peut-être d'être coincé dans une succession quasi ininterrompue de grands films. Au-delà de la performance remarquable d'Angelina Jolie, il s'agit d'un étonnant mélodrame, plein de faux-semblants et de malaise. Très complexe derrière son apparente évidence, L'Echange dissimule ses secrets en ne cessant de prendre le spectateur à contre-pied. Immense !

 

 

 

Gran Torino (2009)

Triomphe public et critique inattendu, Gran Torino pourrait encore être qualifié de film testament. Eastwood y joue une nouvelle fois avec son image et verse dans le gentil mélo rigolo qui culmine sur un sacrifice que les fans trouveront sublime. Une manière d'autocritique pour mieux enfoncer le clou, Clint Eastwood est grand, Clint Eastwood est immense et Invictus, son dernier bébé, le prouve une fois encore.

 

 
 
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