Festival CinémaScience 2009 - J1

Lucile Bellan | 4 décembre 2009
Lucile Bellan | 4 décembre 2009

Cette année à Bordeaux, Ecran Large est dans la place. Car en plus de couvrir le Festival CinémaScience pour la deuxième fois consécutive (et oui, ce festival n'a que deux ans), nous sommes également partenaire de l'événement. Cela empêchera t-il Lucile de vivre galère sur galère comme à son habitude en déplacement en province ? Vous le saurez en suivant ses aventures quotidiennes sur Ecran Large bien sûr !

 

 

Arrivée entière mercredi à Bordeaux (le lendemain de l'ouverture) et sans crise d'angoisse à l'horizon malgré quelques péripéties avec les billets de train (une histoire tellement passionnante que je vous en fais grâce) et un sandwich SNCF que je n'offrirais même pas à nos meilleurs ennemis d'Excessif. Les lieux sont familiers et je suis accueillie dans cette belle ville comme à la maison : même hôtel cosy en centre-ville que l'année précédente (le Normandie), un taxi bavard mais sympathique, un temps un peu plus chaleureux que de saison. Me voilà vite dans ma chambre à déballer le kit du parfait festivalier : une enveloppe à mon nom avec accréditation, bons de repas, programme, petit sac en tissus aux couleurs du festival et... un petit plus, une bouteille de Château Couhins-Lurton, Pessac-Léognan 2003. Ah, c'est sûr qu'à CinémaScience, ils savent recevoir.

A peine le temps d'installer mes petites affaires (mon paquetage de survie de presque 10 kg), de changer trois fois de tenue (véridique), de me remaquiller et de compulser le programme qu'il est déjà l'heure de rejoindre mon indic sur place. Ce fidèle d'Ecran Large de la première heure, et bordelais ce qui ne gâche rien, s'est en effet proposé de me faire la visite des lieux emblématiques de cette édition : le village du festival, l'ancienne église rebaptisée Espace Saint-Rémi et où les déjeuners et dîners seront servis aux festivaliers. Il en profite pour me présenter mes « interlocutrices privilégiées » (comprenez gens de l'organisation et attachée de presse) et m'indiquer la station de tram la plus proche, un vrai gentleman, j'vous dis !

 

 

A peine donc le temps de jouer la carte du professionnalisme au village du festival, qu'une horloge métaphorique sonne dans ma tête : c'est l'heure de la première séance de la journée ! Et je commence avec du lourd : L'étranger en moi, film allemand réalisé par la réalisatrice franco-iranienne Emily Atef et présenté dans la compétition officielle du festival. Traitant d'un sujet rare, la dépression post-natale, avec une sensibilité juste dosée, le film raconte le basculement d'une famille presque parfaite quand la dépression pointe le bout de son nez au moment où tout le monde s'attend à une explosion de bonheur. Avec un jeu très physique, viscéral, la comédienne Suzanne Wolff touche au cœur et ne s'attire jamais ni l'incompréhension ni les foudres du spectateur. L'étranger en moi, avec son drame réaliste touchant est aussi l'occasion de rappeler que la dépression post-natale touche de 10 à 20% des femmes après l'accouchement.

A la sortie de la salle, il pleut, il fait sombre et j'ai déjà le cerveau qui fume mais ce n'est pas le moment de se laisser abattre, juste celui de se remplir l'estomac. A l'idée d'une « cantine de festival », j'avais tremblée en pensant à un buffet froid peu ragoûtant mais dans la belle église changée en salle de réception, le service est à l'assiette et le menu délicieux... Une occasion agréable de commencer à sociabiliser avec les invités, les autres partenaires et les organisateurs.

 

 

Après un choix cornélien, je décide de quitter le centre ville et la compétition pour l'avant première de Cold Souls au Mégarama. Une délégation improvisée se forme et c'est en petite bande que nous bravons le crachin, trouvons le bon tram et arrivons en retard de quelques minutes dans la salle 6. En aparté, moi qui espérait faire illusion parmi ces scientifiques renommés et spécialistes, j'ai réussi à passer pour un cruche sans trop d'efforts : sur le chemin du cinéma, le rédacteur en chef du journal du CNRS nous a prévenu : « attention de ne pas marcher sur les bandes du tram, elles sont électrifiées ». Et qui est-ce qui s'est écriée « Ah bon ?!? » en faisant de gracieux bonds de cabri pour les éviter : moi, bien sûr. Décidément entre ça et The Big Bang Theory, je ne comprends rien à l'humour des scientifiques.

Cold Souls est une comédie dramatique avec Paul Giamatti entre New York et Saint-Petersbourg. A mi-chemin entre Dans la peau de John Malkovich (Giamatti joue son propre rôle) et Eternal Sunshine of The Spotless Mind (des scientifiques peu scrupuleux proposent un service de séparation du corps et de l'âme pour une vie plus sereine), Colds Souls est un voyage métaphorique, une mise en abîme sympathique du travail de l'acteur, une fable douce amère que Giamatti porte sur ses épaules. Le film peine cependant à trouver une limitation de genre (jamais vraiment drôle, jamais vraiment réflexif) et souffre justement de la légèreté de son scénario. Pour citer un des deux maîtres de conférence présents pour le débat post-projection (ils m'excuseront de pas avoir noté leurs noms mais leur échange a vraiment été très intéressant) : « Sans méchanceté, ce film est très américain, avec une réflexion spirituelle à deux balles ». Un comble pour un film sur les âmes !*

 

 

Ainsi se termine ma première journée de festival, sous la pluie, bouteille de cherry coke à la main, le portable vissé sur l'oreille et alpaguée par trois/quatre beaux gosses de province (je n'ai aucun mérite, à plus de 23h, ils étaient clairement bourrés). Moi je dis : Vivement demain !

 

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