Festival Chéries-Chéris - Ouverture

Lucile Bellan | 23 novembre 2009
Lucile Bellan | 23 novembre 2009

Pour son ouverture, Chéries-Chéris devait présenter le film de Lou Ye, Nuits d'ivresse printanière, et ce dans un nouveau montage depuis sa présentation au Festival de Cannes. Malheureusement, un problème technique a empêché la séance initialement prévue. A la place les spectateurs ont le droit à l'avant-première du film Vil Romance.

 

 

 

Installation dans la salle 500 du Forum des Images, que je commence à connaître par cœur après L'Etrange Festival. Il y a du monde, beaucoup de monde et je suis donc prise en sandwich entre une vieille dame qui me pique ma place initiale sous prétexte qu'elle part juste après la présentation (sympa) et... un charmant sexagénaire qui commence à me taper la discute. Car comme vous ne le savez peut-être pas, Lucile., icône du glam et de la cinéphilie triomphante, ressemble à un petit agneau apeuré et donc attire malencontreusement les vieux pervers et autres psychopathes tout aussi sympathiques. J'apprends donc de ce charmant retraité, que je nommerais sobrement Pervers Pèpère que « d'habitude il y a pas de séance le lundi soir»,  « que ça a l'air marrant comme film»,  « et qu'il y a du monde, bah dis donc » . J'acquiesce mollement avec un petit sourire de circonstance et j'attends avec la résignation du désespoir que la présentation commence.

 

 

Quelques discours, remerciements, autocongratulations (de rigueur) plus tard, on nous annonce une surprise : la performance en avant-première de la compagnie de Karine Saporta, avec leur nouveau spectacle Dansoir Chéri-Chérie. Passant sur la représentation de rose géante (la fleur, hein, pas la couleur) sur l'écran géant de la salle 500 du Forum des Images et sur la musique stridente et assourdissante, je dirai que pour quelqu'un qui n'y comprend rien en danse contemporaine, j'ai plutôt bien supporté le spectacle (une petite poignée d'éphèbes et de jeunes beautés dansant lascivement et presque nus), je n'en dirais pas autant du reste de la salle qui a applaudi un petit malin qui a répondu à une phrase de texte « j'en ai marre!»  « Moi aussi !»  ou encore sur les « Stop » scandés par le public à l'arrivée de nouveaux « personnages» . Il faut dire que le show a, à vue de nez, duré une vingtaines de minutes (ou alors une vingtaines de minutes théoriques)... heureusement que Pervers Pèpère a joyeusement assaisonné le spectacle de remarques allant du désoeuvrement le plus complet « ah, enfin une femme ! j'en avais marre que les hommes se touchent...»  (mais c'est un show gay et lesbien !!!) au racisme light « elle est marrante la petite black, là » .

 

 

 

Je commençais à me sentir mal pour la troupe quand elle a eu la bonne idée de mettre fin à la représentation et le film a pu commencer... Manque de bol, l'ambiance déjà partiellement plombée n'a pas pu se réchauffer avec Vil Romance, drame argentin assez hard et glauque sur la relation entre un jeune désoeuvré et un vieux macho. L'atmosphère positivement étouffante de ce film est intelligemment désamorcée par une issue, que l'on devinait fatale, grotesque. En laissant éclater nos pulsions, notre impuissance et nos tensions dans une sorte d'orgasme visuel trash et kitsch, le film réussit un coup de force... malheureusement partiellement gâché pour moi par Pervers Pèpère qui me malaxait la cuisse depuis quelques minutes (si ça peut lui égayer la soirée, j'aurais fait ma B.A). Le film est prévu pour le 25 novembre dans les salles françaises et la critique est disponible ici.

 


 

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