Nos Palmes d’Or préférées

Par Jean-Noël Nicolau
19 octobre 2009
MAJ : 16 octobre 2018
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A l'occasion de la sortie du Ruban blanc de Michael Haneke, la rédaction d'Ecran Large a sélectionné ses Palmes d'Or préférées. De toutes les époques, de tous les pays, voici un retour sur quelques uns des films les plus prestigieux et/ou populaires issus du palmarès du Festival de Cannes.

 

Flavien Bellevue

Barton Fink d'Ethan et Joel Coen – Palme d'Or 1991

Film-clé de la carrière des frères Cohen, Barton Fink allie majestueusement, la comédie, le film noir ainsi qu'un soupçon de fantastique pour raconter l'enfer de la page blanche vécu par un mémorable John Turturro en scénariste américain des années 40. Outre une Palme d'or, le 4ème long-métrage des frères Coen aura réussi à rafler également le Prix de la mise en scène et celui de l'Interprétation masculine sous l'influence et la présidence de Roman Polanski, loin d'être inquiété par son passé.

 

 

 

Thomas Douineau

Apocalypse Now de Francis Ford Coppola – Palme d'Or 1979

Il n'est plus nécessaire de présenter Apocalypse Now, chef d'oeuvre indétrônable sur la guerre du Vietman, monument du cinéma qui fait date, film de tous les défis, de la folie, de la démesure dont l'histoire in et out dépasse les limites de l'écran et dont la Palme d'or en est l'aboutissement.

 

 

Ilan Ferry

Taxi Driver de Martin Scorsese – Palme d'Or en 1975

Bilan post traumatique d'une Amérique hantée par les démons du Viêt-Nam, Taxi Driver n'est ni plus ni moins qu'une traversée funeste dans une antichambre de l'Enfer dont l'inquiétant guide nous renvoie une image peu reluisante. Une palme au gout de souffre à la fois belle et terrifiante a à la fois. 

 

 

 

Julien Foussereau

Elephant de Gus Van Sant – Palme d'Or 2003

Gus Van Sant ne tombe ni dans la démonstration égotiste, ni dans la complaisance abjecte. Il filme simplement avec sa caméra surnaturelle la préparation et la concrétisation d'un drame. Ou plutôt de drames car la tuerie de Colombine peut en cacher un autre : celui de l'infinie solitude propre à l'adolescente. Réalisé comme une élégie, Elephant filme ces protagonistes comme des univers, distincts, des comètes se croisant, se téléscopant sans jamais parvenir à se rencontrer. Avec cette Palme d'Or, c'était une mythologie superbe de l'adolescence qui était alors consacrée.

 

 

 

Sandy Gillet

Le Troisième homme de Carol Reed – Palme d'Or 1949

Rare film noir à ne pas être d'origine américaine, Le troisième homme est pourtant et sans conteste l'un des fleurons du genre. La « faute » à une intrigue de haute volée ayant pour décor et acteur central un Berlin post apocalyptique qui n'en finit plus d'expier les fautes des hommes. Le troisième homme est aussi de par sa photo un hommage vibrant au cinéma expressionniste allemand d'avant-guerre que la présence d'Orson Welles en « personnage de la nuit » a longtemps contribué à l'identifier comme un film réalisé par ses soins. C'est dire si finalement Carol Reed a réussi son coup…

 

 

 

Vincent Julé

Sexe, mensonges et vidéo… de Steven Soderbergh – Palme d'Or en 1989

Parce qu'une telle Palme d'or ne serait peut-être plus possible aujourd'hui. Sorti de nulle part, un gamin de 26 ans présente son premier film, écrit en huit jours et produit pour un million de dollars. Merveille d'inventé et de perspective, Sexe, mensonges et vidéo a considérablement participé à la reconnaissance du cinéma indépendant américain. C'était les années 90 et il a changé à tout jamais le visage de Hollywood. Son réalisateur Steven Soderbergh en est le témoin privilégié, sa filmographie aussi.

 

 

 

Thomas Messias

Conversation secrète de Francis Ford Coppola – Palme d'Or en 1974

Caché derrière la masse des grands films reconnus de Coppola, Conversation secrète est pourtant un authentique chef d'oeuvre. Menée par un Gene Hackman au sommet, c'est une réflexion habitée sur la paranoïa, la vie privée et sa violation, l'intransigeance de certains choix de vie. Mais c'est également un bijou de mise en scène, dans lequel le visuel et l'auditif communient allègrement, ceci étant dû au fait que le héros est preneur de son. Un immense film, qui n'a pas volé sa Palme reçue en 1974.

 

 

 

Jean-Noël Nicolau

Paris, Texas de Wim Wender – Palme d'Or 1984

Le road movie absolu, porté par la musique cotonneuse de Ry Cooder et la précision de la mise en scène de Wim Wenders. Au-delà de la beauté des images, Paris, Texas est avant tout une histoire sublime. Celle d'un homme (Harry Dean Stanton dans le rôle de sa vie) déchiré par la vie, qui se perd et se retrouve. Les non-dits explosant dans le magnifique faux face à face avec Nastassja Kinski (au sommet de sa grâce). Humanité intense, émotion bouleversante, Paris, Texas est un rêve de cinéma.

 

 

 

Laurent Pécha

Le Salaire de la peur d'Henri-Georges Clouzot – Palme d'Or 1953

Les cocoricos au firmament du palmarès de Cannes qui (me) font vraiment plaisir se comptent sur les doigts d'une main. En tête de liste figure le film de Clouzot, modèle de suspense qui n'a pas, mais alors pas pris une ride. Durant plus de deux heures, on est au coeur de ces camions qui transportent de la nitroglycérine pouvant sauter à chaque choc impromptu. Et nous de souffrir le martyr comme Vanel et Montand à se demander comment éviter que tout ceci finisse mal. L'identification est totale, la tension aussi et Cannes de palmer l'un des films les plus ouvertement accessibles à l'ensemble de la population cinéphage. Depuis aussi, on compte les films qui prolongent cet état de fait au prestigieux palmarès cannois.  

 

 

 

Nicolas Thys

L'Epouvantail de Jerry Schatzberg – Palme d'Or 1973

Avec Conversation secrète et sa paranoïa, cet autre palmé révèle l'autre grand thème du cinéma américain des années 1970 : L'errance. La route. La solitude qui se vit à deux. Deux êtres opposés qui se trouvent et vont se compléter dans une aventure sans réelle action mais d'une douce beauté. Une vie parallèle, une vie marginale, la vie en somme. Et deux des plus grands acteurs de leur génération : Pacino, Hackman.

 

 

 

Didier Verdurand

Pulp fiction de Quentin Tarantino – Palme d'Or 1994

Après avoir révélé Quentin Tarantino avec Reservoir dogs (hors compétition deux ans auparavant), le festival de Cannes décide d'en faire officiellement son chouchou en lui offrant une Palme surprise. 

Le président du jury révélera plus tard que sa préférence allait au film chinois (Vivre de Zhan Yimou). Manifestement, Eastwood écoute plus son jury qu'Isabelle Huppert. N'oublions pas que derrière chaque Palme se cache un jury, et ses histoires…

 

 
 
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