Branchage Film Festival - J1

Lucile Bellan | 3 octobre 2009
Lucile Bellan | 3 octobre 2009

Les festivals de cinéma se suivent mais ne se ressemblent pas. C'est principalement ce qui fait leur attrait, d'autant plus que chaque année de petits nouveaux viennent remplir un calendrier déjà bien chargé. La 2ème édition du Festival Branchage de Jersey est en tous points original et se démarque allégrement de ses confrères dans le bon sens du terme. Convivial, éclectique, généreux, et joyeusement fouillis, il propose au public à la fois des concerts, des rencontres avec des gens de cinéma mais aussi des projections internationales, une sélection foisonnante de courts-métrages, des documentaires inédits et aussi des soirées à thèmes dans des lieux aussi divers que variés (dépassant même les frontières de la ville de Saint-Hélier pour s'installer parfois dans les villes alentour). Pour tenir toutes ces promesses, l'équipe du festival est aussi détendue que motivée.

 

 

 

A peine, arrivée sur cette belle île de Jersey, de poser mes bagages à l'hôtel, de retirer mon badge... et de m'accorder un Afternoon Tea (ou Paradis sur terre, c'est selon - cf. photo)... que je cours déjà à ma première séance : priorité au cinéma. C'est donc avec un documentaire venu d'Afrique du Sud que commence pour moi le Branchage Film Festival. Enfin, commence... pas tout à fait, car après un petit showcase intimiste d'Esther Parkes (il semble que le festival mette un point d'honneur à débuter tous ses films par un mini concert... et ce n'est pas une mauvaise chose), un incident technique repoussa la séance de 30 minutes. Ce qui ne gâcha pas, au contraire, la force et le traumatisme généré par Rough Aunties.

 

 

 

Rough Aunties de  Kim Longinotto (Royaume-Uni, 2009)

Grand Prix du Jury dans la catégorie Documentaire au Festival de Sundance 2009

Une poignée de femmes, membres de l'association Bobbi Bear, se battent contre les abus perpétrés sur des enfants en Afrique du Sud... cela semble presque une utopie et pourtant contre vents et marées, gardant toujours espoir face à la monstruosité de certains crimes et se battant aussi contre les violences commises au sein et contre leurs propres familles, ces femmes que rien ne lient ont trouvé un combat commun. En filmant leur croisade, presque trop atroce et dramatique pour être vraie, la caméra de Kim Longinotto nous plonge dans une réalité crue, celle d'une féminité toujours en guerre et de femmes obligée de devenir « rough » pour supporter en face la vue quotidienne de cet enfer. Sans oublier derrière tout ça, pour soutenir ce petit monde et même les spectateurs, les rires d'enfants malgré la souffrance, et les larmes pour humaniser la force.

 

 

 

Il m'aura fallu plus d'un an, et ce malgré les éloges de notre rédacteur en chef bien aimé, pour voir enfin Le plus beau jour du reste de ta vie. Que dire de plus, alors, qu'il n'a été dit. Reportez-vous donc à la critique de l'époque, et sachez que le public jersiais, malgré des sous-titres qui manquaient de saveur, a extrêmement bien réagi à cette comédie dramatique très franco-française.

 

Malgré une invitation très alléchante pour une soirée reggae à la Spiegeltent (une grosse yourte en bois posée au milieu du centre ville de Saint-Hélier, véritable QG du festival et dont l'happy hour consiste en fait à un open bar où le barman est payé à faire boire le plus de monde possible ), il est temps de se rentrer à l'hôtel, histoire de se préparer à une journée complète de cinéma le lendemain... A suivre donc.

 

 

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