Les morts les plus marquantes du cinéma

Jean-Noël Nicolau | 3 septembre 2009
Jean-Noël Nicolau | 3 septembre 2009

La mort est la chose la mieux partagée au monde et le cinéma en a toujours fait un sujet de prédilection. L'équipe d'Ecran Large vous offre une petite sélection de quelques unes des scènes de mort les plus marquantes de l'histoire du 7e art. Certaines sont inoubliables, d'autres sont plus méconnues, toutes valent le détour. Bien entendu, ce sujet comporte d'importantes révélations et autres spoilers.

 

Patrick Antona

Piège de cristal

En fin connaisseur de l'art cinématographique, ce cher McTiernan nous concocte une fin épique et vertigineuse qui sonne comme un hommage envers Alfred Hitchcok (on pense à Cinquième colonne et à La Mort aux Trousses) mais avec cette touche de génie et d'humour (ah l'idée de la montre) qui a été la marque du meilleur réalisateur d'action des années 80 et 90. La chute sera rude pour ce sacré Hans Gruber, mais marquera l'avènement de son interprète, l'anglais Alan Rickman, dans son tout premier rôle au cinéma quand même, et dont l'apparente suavité et la distinction dans la cruauté me rappellent bien un certain Christoph Waltz.  

 

 

Stéphane Argentin

Soleil vert 

Point d'armes, de cris ou de sang mais des paysages naturels emplis de verdures, de soleil et de couleurs qui fleurent bon la vie et le grand air, le tout sur fond de musique classique (la symphonie n°6 Pastorale de Beethoven). Soit une fin paisible et apaisante en apparence. En apparence seulement car derrière cette mort « désirée » (la thématique de l'euthanasie) se cache en réalité l'un des climax les plus effrayants du Septième Art et, accessoirement, l'un des récits d'anticipation (prophétique ?) les plus noirs de l'humanité.

 

 

Flavien Bellevue

Pulp Fiction

Le film de Tarantino ne manque pas de morts mais celle de Marvin restera comme une des plus bêtes de l'histoire du cinéma. Evidemment il n'y a que Vincent Vega pour faire la bourde de parler en voiture tout en tenant son arme chargée vers le pauvre Marvin...

 

 

Thomas Douineau

Blade runner

La mort qui a durablement marquée mes rétines, c'est évidemment celle du répliquant Roy Batty dans Blade Runner, formidablement incarné par Rutger Hauer. Une mort touchante et terriblement humaine alors qu'il s'agit pourtant d'un robot dont la vie s'achève et qui, avant de mourir, raconte ce que "nous, humains, nous ne verrons jamais". Une mort qui montre à quel point les répliquants ont appris à avoir des émotions et qui se synthétise dans une phrase dont la légende veut qu'elle fût improvisée par l'acteur sur le plateau : "All those moments will be lost in time, like tears in the rain". Quelques secondes plus tard, Roy s'immobilise, recroquevillé sur lui-même, laissant échapper la colombe qu'il tenait dans les mains...

 

 

Ilan Ferry

Robocop 

C'est bien connu, Paul Verhoeven n'est pas du genre à y aller avec le dos de la cuillère ! Aussi, lorsque le personnage d'Alex Murphy meurt (pour mieux renaitre plus tard sous la carapace de Robocop), le néerlandais fou en profite pour mettre en scène l'une des exécutions les plus violente et cruelle de l'histoire du cinéma. Cinq minutes ultra oppressantes et placées sous le sceau hautement symbolique du christianisme, ou quand religion et violence hard boiled se conjuguent dans un maelström nihiliste à souhait !  

 

 

Julien Foussereau

Psychose

Peut-être pas de la mort la plus mémorable de l'histoire du cinéma... Mais il s'agit très certainement de son meurtre le plus mythique, le plus parodié. Qu'en reste-t-il 50 ans plus tard ? Une oeuvre d'art. Tout simplement. En 50 plans sur trois minutes, Hitchcock préfigure une tendance lourde du montage dans les années à venir. Au delà de ça, on a affaire à une abstraction manipulatrice incroyable dans le sens où l'on ne voit jamais le couteau entrer dans la chair de Marion. En effet, par notre voyeurisme méchamment récompensé, ce n'est pas Norman Bates qui l'assassine mais bel et bien notre esprit terrifié pour l'éternité par les cordes dissonantes de Bernard Herrmann.  

 

 

Sandy Gillet

Bonnie & Clyde

Pour sa séquence finale qui tire encore sa force aujourd'hui dans le côté graphique de l'exécution où pour la première fois au cinéma le rouge du sang vient tacher l'écran et embuer l'objectif... Arthur Penn en profitait pour exploser les codes du genre qui depuis restent encore la norme !

 

 

Vincent Julé

Le Tombeau des lucioles

Enfant, cela aurait été la mère de Bambi ou Chaussette de Danse avec les loups, parce qu'on ne touche pas aux animaux. Mais au fil des années et des visionnages, Le tombeau des lucioles s'impose de lui-même. Le film donne pourtant le ton dès ses premières images, avec un jeune Seita qui annonce la date de sa mort en pleine fin de Seconde guerre mondiale. C'est pourtant la mort lente, réaliste, faite d'hallucinations et de désespoirs, de sa petite sœur Setsuko qui marque le plus. Un vrai calvaire poétique, à l'image de cette boîte de bonbons dont le seul tintement retourne le cœur et noue la gorge..

 

 

Jean-Noël Nicolau

2001, l'Odyssée de l'espace

Au bout de l'existence, au bout de l'infini, tout devient abstraction et se trouve engloutit par le néant du monolithe de 2001. Lumière aveuglante et noir absolu. Au-delà : une promesse d'Eden ou une vision d'éternel retour ? La mort comme point limite de l'esprit humain, le questionnement suprême, la fin de toute connaissance et de toute chose. Et un espoir fou, celui d'un après, délivré du temps et de l'espace.

 

 

Laurent Pécha

E.T., l'extra-terrestre

Oui, il faut le rappeler : E.T. meurt bien pendant quelques instants. Et pour le petit garçon que j'étais à l'époque de la sortie (10 ans), ce fut un choc émotionnel énorme. Je me souviens des larmes qui coulaient, je ne pouvais pas y croire et les adultes à mes côtés ne pouvaient rien y faire. Ce petit être aux yeux bleus si magnifiques venait de vivre ses derniers instants et pour la première fois de ma vie, j'étais inconsolable. Quelques secondes plus tard qui m'apparurent comme des heures, Spielberg ressucite son héros et me redonne le sourire. Un pacte indicible s'est alors créé entre lui et moi : il sera mon réalisateur préféré. Quelques Jaws et Indiana Jones plus tard, ce pacte n'a fait que se confirmer 

 

 

Didier Verdurand

Monty Python : Le sens de la vie

"Et maintenant, would monsieur care for an aperitif, or would he prefer to order straightaway ? Today, we have for appetizers - excuse me - uh, moules marinières, pâte de foie gras, beluga caviar, eggs Benedictine, tarte de poireaux - that's leek tart - frogs legs amandine or oeufs de caille Richard Shepherd - C'est à dire, little quails' eggs on a bed of pureed mushrooms. It's very delicate, very succulent."

"I'll have the lot."

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