10 comédies trash incontournables

Jean-Noël Nicolau | 20 juillet 2009
Jean-Noël Nicolau | 20 juillet 2009

Avec sa bite qui parle et ses bouteilles de champagne dans le fondement, Brüno, le nouveau méfait de Sacha Baron Cohen, repousse de nouvelles limites dans le domaine de la comédie trash grand public. L'occasion de revenir sur dix incontournables du genre, histoire de tester votre résistance à l'humour affreux, sale et méchant.

 

Very bad trip de Todd Phillips

Le trash pour toute la famille ? C'est un peu le principe de Very bad trip, film bien délirant, qui compense régulièrement ses excès par de grandes percées de bons sentiments, d'amitié bien virile et de bonne humeur généreuse. Heureusement il y a les instants franchement transgressifs où l'on apprend qu'il n'y a pas d'âge pour commencer la masturbation et que l'on peut manquer de respect à un tigre par derrière. Sans parler du générique de fin qui justifie à lui seul la place de Very bad trip dans cette sélection.

 

Borat de Larry Charles

Le grand frère slave de Brüno marque l'explosion de Sacha Baron Cohen aux yeux du monde entier. Tout le génie de l'acteur le plus fou de notre époque est condensé dans ce film détonnant. Complètement habité par son personnage, Cohen ose tout, bien au-delà du bon et du mauvais goûts. Non seulement on a presque jamais vu ça sur un grand écran (la bagarre à poil dans l'hôtel, la crudité sexuelle de l'ensemble), mais en plus il y a un vrai propos sociologique sur l'Amérique et sur la manière dont on perçoit la « différence » en général. Du trash qui pense, le double effet Borat.

 

Bernie d'Albert Dupontel

« Je m'appelle Bernie Noël et j'aime bien les hyènes ». La première incursion d'Albert Dupontel en tant que réalisateur/star est entourée d'un culte toujours vivace. Après tout, dans le genre bête et méchant, on a rarement fait mieux, en France et même ailleurs. Bernie trace son chemin à coups de pelle dans la gueule et de situations plus glauques les unes que les autres. Le road movie initatique version boucherie. « Je vais tellement t'enculer que quand tu bailleras on verra le jour ! »

 

Mega Vixens de Russ Meyer

Sexe, gore, et rock country. La recette de la comédie dénudée chez Russ Meyer est simple et toujours la même. Du vrai cinéma d'auteur... et de largeurs. Si on a longtemps résumée l'œuvre du cinéaste aux poitrines inhumaines qui en sont la figure de proue, on a depuis redécouvert la folie burlesque et le surréalisme primesautier qui font de la plupart de ses films des sucreries (re)bondissantes. L'un des meilleurs exemples en est le bombesque Mega Vixens, dans lequel on peut par ailleurs admirer Raven De LaCroix (et ses si jolis yeux...), l'une des plus belles égéries du réalisateur.

 

Dumb & Dumber des frères Farrelly

Les pères du renouveau de la comédie trash à Hollywood, les frères Farrelly, n'ont jamais dépassé les sommets d'intense débilité de cette œuvre fondatrice. Tout un pan de l'humour dégueu, bête et gratuit se mesure auprès de cet Everest. Certes on a vu pire depuis, et les générations futures seront sans doute déçues en découvrant les aventures de Jim Carrey (immense) et de Jeff Daniels (encore plus immense). Mais il faudra toujours en passer par la scène des chiottes ou celle du pet enflammé. Avant de s'aventurer vers les œuvres plus « raffinées » du duo, telles que Kingpin ou Deux en un.

 

Pink flamingos de John Waters

Attention monument historique ! L'acte de naissance de John Waters est un bon gros vomi cinématographique qui demeure un point limite dans l'immonde "présentable". Grâce à l'hallucinante performance de son égérie Divine (qui mange une vraie crotte de caniche à la fin, rappelons-le), le réalisateur cherche et trouve les pires travers de l'humanité et les expose, avec cruauté et complaisance. Fauché, moche, écrit à la va-vite, proche du cinéma amateur mais toujours aussi percutant, Pink flamingos rappelle que le Trash peut aussi être un genre en soi.

 

Bad Santa de Terry Zwigoff

« Je suis un Père-Noël qui mange, qui boit, qui chie et qui baise. » Vaste programme pour cette comédie qui s'en prend à l'institution familiale par excellence. Allergiques à la période des Fêtes, voici votre film fétiche ! En barbu bougon et sodomite, Billy Bob Thornton s'en donne à cœur-joie. Accompagné par le nain black incontournable de la comédie la plus déviante (qu'on se souvienne de lui dans Fous d'Irène ou Sexy Movie), ce Bad Santa enfile la bienséance, avant de rentrer dans le rang au final. Mais peu importe, on aura eu notre dose d'ignominies enguirlandées.

 

 

Team America  de Trey Parker et Matt Stone

Doté de la plus formidable scène de gerbe de l'histoire du cinéma, Team America des irrécupérables créateurs de South Park, Matt Stone et Trey Parker, porte bien haut l'étendard du cinéma pipi-caca-beurk. Qu'on y pense, dans sa version non censurée, le film propose une scène de cul scatologique. Chose rendue possible par l'utilisation de marionnettes soumises à toutes les bassesses imaginables. Ce n'est pas toujours très fin (on a rapidement compris que les auteurs n'aimaient pas les acteurs hollywoodiens bien pensants), mais qu'est-ce qu'on se marre. « America fuck yeah ! »

 

Capitaine Orgazmo de Trey Parker

Trey Parker bis, car il le vaut bien. Impossible de parler de trash, surtout en rapport avec Brüno, sans passer par cette immonde et délicieuse comédie située dans le milieu du porno californien. C'est très con, mais plutôt bon, malgré le côté foutraque de l'ensemble. Paradoxalement plus présentable que le festif Cannibal The Musical, Capitaine Orgazmo redonne au cinéma X ses lettres de noblesse... enfin presque...

 

C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux

« Regarde moi ça. Dans dix ans, cette petite garce sucera des bites comme sa mère. Oh, tu imagines comment la nature est bien faite ? » Oserez-vous en rire ? C'est un peu le défi de C'est arrivé près de chez vous, qui réclame au spectateur de ranger très loin dans son subconscient toutes ses valeurs habituelles. Vaste défouloir d'une méchanceté inégalée, le film qui révéla Benoît Poelvoorde (dans le rôle de sa vie), navigue en équilibriste sur la frontière ténue entre le trash drôle et le trash sordide. Mais c'est une œuvre qui fait du bien par où elle passe, une catharsis qui secoue, un exutoire à reprendre en chœur : « Reviens gamin, c'est pour rire ! »

 

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