Festival du Film Britannique de Dinard 2008 - Compétition

Vincent Julé | 6 octobre 2008
Vincent Julé | 6 octobre 2008

Après 4 jours et 40 films (soit 10 films/jour, soit impossible), la 19ème édition du Festival du Film Britannique s'est terminée sur un Palmarès unanime. En effet, le film Boy A de Jon Crowley a juste tout raflé : prix du public, meilleure photographie, meilleur scénario et meilleur film. On a rarement vu ça, et au rythme des enveloppes ouvertes et des annonces, cela en devenait presque gênant. Pas que le film soit mauvais, juste qu'il se révèle à l'image d'une compétition pas toujours originale et finalement consensuelle. Un terme d'ailleurs repris par le Président du Jury Lambert Wilson lui-même, et auquel il a tant bien que mal voulu redonner son sens premier et noble. Retour sur une sélection intéressante mais frustrante.

 

 

 

Boy A de Jon Crowley (Grande-Bretagne, 2008), sortie le 11 mars 2009

À 24 ans, Jack a passé presque toute sa jeunesse en prison. Relâché dans un univers d'adulte parfois déroutant, Jack a une nouvelle identité, un nouveau boulot, un nouveau foyer, une nouvelle vie. Mais l'anonymat est à double tranchant, car Jack se voit obligé de cacher aux personnes qu'il apprend à connaître et à aimer, son passé et le crime monstrueux qu'il a commis étant enfant.

 

Si la présence de Peter Mullan permet au début de faire abstraction des moues incessantes et horripilantes du jeune acteur principal (il était déjà l'étudiant tête à claques de Lions & Agneaux), c'est surtout la grâce de la mise en scène qui permet de se prendre d'empathie pour ce retour à la vie. Une vie faite de petits riens mais de longues séquences. Reste que le film martèle que plus dure sera la chute. Ainsi, alors qu'il a boulot, amis, copine, et qu'il sauve même une petite fille d'un accident, Boy A révèle son vrai visage, à savoir une belle démonstration, avec pour moteur non plus ses personnages mais le pathos. (3/5)

 

 

The Club de Neil Thompson (Grande-Bretagne, 2008), sortie en novembre 2008

Tout effraie Danny. Cet ouvrier solitaire et déprimé, est maltraité devant ses propres enfants. Sa triste existence s'enfonce de plus en plus profondément dans l'abysse. Au bord du gouffre, il décide de réagir : il fait la connaissance d'un groupe de videurs qui le prend sous son aile et lui donne la force de se défendre. De plus en plus à l'aise dans ce milieu, il s'embrouille avec le chef du gang local...

 

Bien qu'inspiré de la vraie vie, folle et dangereuse, du scénariste Geoff Thompson, The Club (ou Clubbed en VO) ne respire pas la nouveauté avec son revival des eighties, ses videurs, ses crapules, sa drogue, sa violence et son rock'n'roll. Pourtant le casting a de la gueule, surtout Colin Salmon dans le rôle du mentor Louis, mais le réalisateur Neil Thompson s'en suffit. Toute sa mise en scène obéit à une sorte de logique et de paresse, la première idée de plan se voulant par exemple toujours la bonne. En résulte un film sympathique mais anecdotique. (2,5/5)

 

 

 

The Escapist de Rupert Wyatt (Grande-Bretagne, 2008)

Frank Perry a pris perpette. ça ne lui a jamais posé de problème : il a commis un crime, il l'assumera jusqu'au bout. Jusqu'à aujourd'hui... où il reçoit une lettre lui annonçant que la santé de sa fille unique et adorée est en danger suite à une overdose. Il n'a plus le choix : s'il veut la voir, il doit s'échapper. Ne pouvant accomplir seul son plan, il rassemble une équipe hétéroclite de prisonniers plus jeunes que lui. Les ego s'entrechoquent et mettent l'évasion en péril : Frank doit faire resurgir l'énergie et le courage auxquels il avait renoncé depuis longtemps.

 

Le film de prison est un sous-genre du cinéma à lui tout seul. Et s'il est difficile de le révolutionner, il n'est pas impossible de le nourrir et de le décliner. C'est ainsi la seule prétention du jeune réalisateur Rupert Wyatt qui en plus d'offrir un vrai et beau premier rôle à Brian Cox, l'a entouré d'acteurs plus talentueux les uns que les autres comme le chanteur brésilien Seu Jorge, le minet de Mamma Mia ! Dominic Cooper, la gueule Liam Cunningham, l'inénarrable Damian Lewis et un Joseph Fiennes méconnaissable. De la vie dedans à la tentative d'un dehors, le film jouit d'une mise en scène sobre et efficace, mais surtout d'un travail d'écriture bluffant. Le plan de l'évasion est ainsi aussi réaliste qu'enthousiasmant, jusque dans son exécution qui structure et rythme le film. (3,5/5)

 

 

 

 

The Market de Ben Hopkins (GB/Allemagne/Turquie/Kazakhstan, 2008)

1994. Mihram est un petit trafiquant inventif d'une ville de province de l'est de la Turquie. Il a de nombreuses idées pour faire du commerce, mais il manque de capitaux pour les réaliser. Cependant, un jour, le camion de fournitures hospitalières est volé. En désespoir de cause, le médecin du coin embauche Mihram pour obtenir des médicaments au marché noir. Finalement, Mihram y voit l'occasion de changer totalement de vie. Mais, pour atteindre son but, il devra jouer avec l'argent de la communauté. S'il perd, il sera rejeté de tous. S'il gagne, il pourra lancer une toute nouvelle affaire. Il a toutefois oublié deux points essentiels : la mafia locale et les règles incompréhensibles du marché.

 

Le film de Ben Hopkins est pétri de bonnes intentions, et il fait d'un art le métissage des cultures. Pourtant après une blague inaugurale où le héros tente de vendre à un voisin le câble d'antenne de télé qu'il vient de lui voler, le film se perd vite dans les dédales des marchés, des routes poussiéreuses et des allers et venues. La bienveillance qui imprègne chaque plan, chaque personnage se transforme en ennui et torpeur, et le regard du cinéaste ne parvient à rien d'autre qu'à l'accentuer. Certains festivaliers se sont même demandés ce que ce film qui se passe en Turquie faisait au festival et en compétition. (1/5)

 

A Complete History of my Sexual Failures de Chris Waitt (Grande-Bretagne, 2008)

Chris Waitt essaye d'interviewer ses ex-petites amies pour comprendre pourquoi elles l'ont largué. Ce documentaire drôle et sans tabou montre l'odyssée sexuelle et émotionnelle de ce réalisateur raté, dans sa tentative désespérée de résoudre ses problèmes.

 

Helen de Christine Molloy & Joe Lawlor (Grande-Bretagne, 2008)

Joy, une jeune fille de 18 ans, est portée disparue. Une autre fille, Helen, est sur le point de quitter sont foyer d'accueil. La police demande à Helen de "jouer" le rôle de Joy dans la reconstitution de ses derniers mouvements connus. Helen essaie-t-elle vraiment de découvrir ce qui est arrivé à Joy ce jour-là, ou est-elle à la recherche de sa propre identité ?

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