Deauville Asie 2007 : Action Asia

Vincent Julé | 6 avril 2007
Vincent Julé | 6 avril 2007

Déjà lorsqu'il avait permis à une poignée de fans, puis au plus grand nombre, d'ouvrir - ou plutôt défoncer - une porte sur la richesse du cinéma asiatique, le film d'action se divisait en deux genres : le wu xia pan et l'art martial urbain. Aujourd'hui, à l'instar de l'horreur fantomatique et chevelue, les deux peinent parfois à se renouveler et préfèrent se contenter du minimum syndical. Ainsi, le talent de chorégraphe de Donnie Yen n'est plus à prouver (surtout après la récente claque SPL) et il le rappelle avec brio dans Dragon Tiger Gate pour un affrontement final à la croisée des media - jeux vidéo, animation, manga. Malheureusement dans cette adaptation d'une bande dessinée, les héros passent le plus clair de leur temps à poser le cheveu au vent plutôt que de se foutre dessus (3/5).

 

 

Constat inverse avec Dog Bite Dog, mais même aveu de faiblesse. Dans un Hong Kong poisseux, la chasse à l'homme, voire à l'animal, entre un tueur et un flic commence comme un roller coaster hargneux et sans concessions, avant que la violence ne devienne artificielle, idiote, et que la machine tourne à vide. La preuve avec une fin qui semble ouvrir un autre film, pour en fait obéir à la même logique de surenchère opportuniste (2,5/5). Finalement, seul le jeunot et coréen Ryoo Seung-wan continue, après Arahan et Crying Fist, à se faire plaisir avec des films bourrins, fun et sans prétentions. Avec City of Violence, en plus de dresser le portrait d'une bande de bras cassés, il se met en scène dans des combats de rue délirants, bien aidé par son pote Jung Doo-hong (3,5/5).

 

C'est d'ailleurs lui aussi qui signe les chorégraphies de The Restless, et à vrai dire le morceau de bravoure du film : un combat final de 1 contre 1000 qui prend la forme d'un ballet virtuose au milieu de corps désintégrés. Car cet univers fantastique du Paradis du Milieu, où les morts restent 49 jours avant de se réincarner, était plein de promesses sauf que pour son premier film, le réalisateur Cho Dong-oh se limite à faire voler les gens et à balancer des fleurs partout. Même l'habituellement charismatique Jung Woo-sung (Sad Movie, A Moment to Remember) fait peine à voir avec ses cheveux sales et ses yeux de veau (2,5/5). Que dire alors de Shadowlesss Sword et ses combattants qui à peine touchés explosent de par en par ? Qu'il vaut mieux mater Ken le survivant enfoncer ses pouces dans toutes les têtes puis 3... 2... et 1,5/5.


Seul Shinobi, adapté non pas du jeu vidéo sur Master Sytem mais du classique littéraire de Futaro Yamada, proposait une alternative... aussi frustrante que contestée. Avec son postulat à la Street Fighter, ou encore plus Samurai Shodown, le film de Ten Shimoyama (St John's Wort) et ses duels entre ninjas avaient de quoi satisfaire les amateurs de joystick ou de batailles dantesques. Sauf que son utilisation plus ou moins réussie du numérique se fait au service d'une histoire d'amour à la Roméo et Juliette et donc d'une certaine poésie. Un parti pris osé, dont les quelques moments de grâce ne font pas complètement oublier ces combats qui resteront à l'état de fantasmes (3/5).
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