Top 10 Cinéma 2006 de la rédaction

Laurent Pécha | 4 janvier 2007
Laurent Pécha | 4 janvier 2007

Il aura donc fallu attendre le 27 décembre pour mettre une grande partie de la rédac d'accord quant au film qui siègerait tout en haut de l'année 2006. Le fait est qu'avec The Fountain Aronofsky réalise le paradoxe d'être cité par plus de la moitié des rédacteurs tout en ne se retrouvant à la première place que deux fois (mais trois fois à la seconde tout de même). Cette « fountainmania » aura délogé in extremis Shortbus et Le Nouveau monde bien partis pourtant vers la mi-décembre pour se partager seuls les lauriers. Dire que ce classement est assez représentatif des goûts et couleurs de la rédac est une réalité. On remarquera qu'aucun film français n'y figure (Ne le dis à personne, Indigènes, Je vais bien ne t'en fais pas n'ont pourtant pas démérité et sont aux portes du classement, quant à Lord of war, s'il est bien français par ses producteurs, il ne ressemble en rien aux films produits traditionnellement en France) et qu'outre The Host et Black book, il est entièrement américain. Reste enfin que de blockbusters, il n'y a point (sauf à considérer Miami Vice comme tel), ce qui est assez significatif d'une manière ou d'une autre des déceptions que furent les Superman returns, V pour Vendetta, Mission Impossible 3, X-Men 3, Casino Royale… Certains d'ailleurs figurent même dans le Flop 2006 à venir. 2007 s'annonce ni pire, ni meilleur (notre dossier à venir devrait faire le tour des attentes) mais une chose est certaine on sera encore là et aux aguets pour vous parler de l'éventuelle perle rare.

 

TOP 10 2006 
 
Chaque image est cliquable et renvoie à la critique du film.
 




   
  1 - The Fountain  
2 - Shortbus 3 - Le Nouveau monde 4 - The Host
5 - Les Fils de l'homme 6 - Vol 93 7 - Borat
8 - Lord of war 9 - Miami Vice 10 - Black book

 

 

  CLASSEMENT PAR RÉDACTEUR   

 

LOUISA AMARA

 

 

Indigènes
Le plus beau film de 2006, pas seulement parcequ'il remplit le sacro saint devoir de mémoire. De par son histoire, ses personnages, sa réalisation, Indigènes est un chef d'oeuvre d'émotion qu'on n'oubliera pas de sitôt.. A voir et à revoir absolument.

Little Miss Sunshine
La surprise de Deauville, irrésistible de drôlerie, de subtilité, et d'émotion. Un premier film époustouflant s'appuyant sur des personnages aussi attachants que réalistes. Un superbe road movie à la sauce indie.

Le Secret de Brokeback Mountain
François Ozon devrait voir et revoir ce film, jusqu'à ce qu'il comprenne comment on parle d'une histoire d'amour entre hommes avec justesse, et sans être glauque. Emouvant, parfaitement réalisé, sans jamais tombé dans l'excès, Ang Lee se rattrappe 1000 fois, après le catastrophique Hulk.

Ne le dis à personne
Bluffant ! Qui aurait pu croire que des français pouvaient faire aussi bien que les américains sur leur terrain : l'intrigue à suspense, avec héros en plein complot ? Une réalisation musclée, des acteurs au diapason (François Cluzet et Gilles Lellouche en tête), on en redemande !

Rennaissance
Chef d'oeuvre d'animation, alliant un style très graphique et élégant à une trame solide. Des scénaristes inspirés et ne faisant aucune concession, un réalisateur courageux, choisissant des doubleurs professionnels, et non les starlettes habituelles. Magnifique.

Le Prestige
L'un des meilleurs films de Nolan à ce jour. On se laisse emporté par l'univers de la magie, mais surtout par ce duel fratricide entre les deux héros pétris d'orgueil. Sombre et presque Shakespearien.

Lord of war
Un film qui n'a failli jamais voir le jour, et qui devrait pourtant, comme Une vérité qui dérange être montré à nos parlementaires et faire le tour du monde, tant ce marché de vie et de mort nous concerne tous.

The Host
Une oeuvre qui réussit l'exploit d'être à la fois politique et divertissante. Sous l'aspect film de monstre se cache une vraie critique de la société sud-coréenne actuelle. De la soumission aux Etats Unis, au délire paranoïaque dû aux virus (SRAS, H5N1 etc) jusqu'au malaise des jeunes diplômés au chômage, le réalisateur nous dit tout de son pays, en quelques plans. Chapeau bas.

Vol 93
Plus qu'un hommage aux victimes du 11 septembre, une véritable reconstitution minute par minute du drame qui s'est joué dans les airs et dans les tours de contrôle. Effrayant et touchant.

10– Volver
Le meilleur Almodovar : le meilleur rôle de Penélope Cruz, bien entourée, et bien servie par des dialogues savoureux et un scénario bien construit. Tous les thèmes chers à Almodovar sont là sans ses égarements habituels. Un magnifique portrait de femmes justement récompensé à Cannes.

 

 

VANESSA AUBERT

 

 

The Fountain

Separate lies

Mon nom est Tsotsi

Le Prestige

Les Infiltrés

Truman Capote

Fauteuils d'orchestre

Transamerica

Prête-toi ta main

10– Walk the line

 

 

PATRICK ANTONA

 

 

The Host
Un film de monstre qui fait peur, rire et réfléchir tout à la fois sans virer une seule fois dans le grotesque, chapeau bas ! Mais puisqu'on vous dit que le cinéma coréen est le meilleur de ce début de siècle.

Vol 93
Un pari artisitique audacieux, un sujet qui fait encore mal et au résultat le vrai coup de poing de l'année.

Shortbus
Le sexe cru a enfin son bon génie et il s'appelle John Cameron Mitchell, souvenez-vous de ce nom, il va vous surprendre encore.

Arrivederci amore ciao
Méchant, brutal, mais terriblement humain , non le cinéma italien n'est pas mort et ses derniers rejetons n'ont rien à envier à ces ainés, si ce n'est un côté encore plus radical.

5– La trilogie Pusher
Mea culpa pour l'absence de review sur le site mais la meilleur trilogie de l'année vient du Danemark et se pose là comme une expérience à la lisière du cinéma-vérité et des meilleurs Scorsese.

Superman returns
Depuis le temps qu'on l'attendait, OK si il a dû mal à décoller, mais Superman vole vraiment pour la première fois et il touche au coeur.

Black
Un Bollywood sans chanson ni fausse naïveté mais un pur mélodrame, somptueux et émouvant comme seuls les indiens savent encore les faire.

The Fountain / Le Prestige
Le doublé de l'année pour Hugh Jackman, qui montre toute l'étendue de son talent et qui arrive à s'accomoder avec aisance de metteurs en scène virtuoses sans y laisser sa personnalité.

Paprika
Encore plus trippant que The Fountain, la plongée dans le virtuel de Satoshi Kon est un régal visuel et une réflexion sur la mince frontière entre le réel et l'imaginaire qui va se bonifier avec le temps.

10– Les Fils de l'homme
Et dire que l'on ne l'a pas vu venir celui-là, un fable d'anticipation que l'on croit sorti tout droit des 70's alliée à une mise en scène maitrisée et coup de poing. Une des claques de l'année.

 

 

STEPHANE ARGENTIN

 

   

Vol 93
Le meilleur film de 2006 est également le meilleur sur le 11 septembre 2001.

Une vérité qui dérange
Un film qui pourrait bien devenir un documentaire historique d'ici quelques années.

Happy feet
Encore plus fort que le Pixar annuel.

Blackbook
Paul Verhoeven de retour au pays.

Cars
Le Pixar annuel, forcément top.

Je vais bien, ne t'en fais pas
Le meilleur film français de 2006.

Ne le dis à personne
Le deuxième meilleur film français de 2006.

8- Le Parfum : Histoire d'un meurtrier
Encore plus fort qu'Hannibal Lecter.

Les Fils de l'homme
Un film d'anticipation comme il ne s'en fait plus.

10– Little Miss Sunshine
Drôle, corrosif et touchant à la fois. Un cocktail parfaitement maîtrisé.

 

 

LUCILE BELLAN

 

 

 

Shortbus
Parfait. Rien à dire de plus. Ah si ! John Cameron Mitchell est un dieu vivant.

Kamikaze Girls
Frais et pétillant. Kamikaze girls n'est ni plus ni moins qu'un petit bijou.

Borat
Sacha Baron Cohen président !

The Host
Parce qu'il fallait du culot pour nous faire découvrir le monstre quelques minutes après le début du film. Et que la suite tient largement la route.

Reefer Madness
Pour la chanson de Jésus. Et le reste aussi (parce qu'en fait tout est bien)

Pompoko
Beau, drôle, intelligent et écolo... comme moi !

La Science des rêves
Magique. Mention spéciale à Alain Chabat qui est ici irrésistible.

Wassup rockers
Un nouveau Larry Clark c'est un événement. Et cette fois ci le monsieur nous a offert quelque chose de différent, touchant et drôle. Mais que demande le peuple ?

The Woodsman
À la fois dur, juste et réaliste. La prise de conscience ne se fait jamais sans mal.

10– 12 and holding
Michael Cuesta est définitivement un homme à suivre de très très près. Car après un futur incontournable sur l'adolescence il nous offrait Dexter (série TV sur le tueur en série inventé par Jeff Lindsay).

 

 

FLAVIEN BELLEVUE

 

 

Le Nouveau monde
Déjà qu'un film de Terrence Malick est rare mais quand il enchante, en plus, c'est immanquable !

L'homme sans frontière / Baby boy Frankie
L'approche féministe, la photo de Vilmos Zsigmond et le casting (Warren Oates…) font du western de et avec Peter Fonda, un film sublime. Le film d'Allen Baron est un polar hors normes posé dans la ville de New York avec de sympathiques trouvailles de mise en scène. À découvrir d'urgence dès la sortie des DVD !

Le Prestige
Le nouvel opus de Christopher Nolan est un pur bijou avec un Christian Bale face à un Hugh Jackman au top ; le tout complété par un casting succulent (David Bowie, Scarlett Johansson), par une photo et un score magnifiques et par une réflexion, à travers la magie, sur l'art et l'artiste en général.

Paprika
Satoshi Kon utilise l'animation comme si c'était du film « live » avec un brin de folie pour réfléchir sur l'identité, le masque et le cinéma. Une tuerie visuelle !

Black
Après le faste Devdas, Sanjay Leela Bhansali nous revient avec un film dépourvus de chansons et aux couleurs sombres pour nous donner une magnifique histoire entre une muette aveugle et un professeur aveugle aux méthodes peu orthodoxes. Le plus beau rôle de l'actrice Rani Mukherjee.

The Fountain
La S-F serait-elle de retour ? Darren Aronofsky nous livre une magnifique histoire d'amour et une quête de la fontaine de jouvence en trois temps résolument ancrée dans ce 21ème siècle.

Babel / Les Fils de l'homme
Iñarritu explore la perte de l'innocence d'enfants de tous âges sur trois continents différents, le tout relié par une histoire quasi unique sur fond de terrorisme grâce à l'habile scénario de Guillermo Arriaga. La mise en scène d'Alfonso Cuaron explose dans un film d'anticipation brutal et permet de voir une brochette d'acteurs en pleine forme.

Lord of war / Bamako
Deux films diamétralement opposé par leur forme mais pas autant sur leur fond (commerce des armes de guerres principalement d'Afrique d'un côté et inégalité des pays Nord et Sud en toile de fond d'un procès au Mali de l'autre). Deux problèmes de société abordés par deux réalisateurs inspirés, cela donne deux films mémorables.

Borat
Borat ou quand la provoc' dénonce les travers d'une société… Il y avait bien longtemps qu'on avait autant ri au cinéma. Tout simplement, la comédie de l'année.

10– Little Miss Sunshine / Je vais bien, ne t'en fais pas
Les deux surprises de l'année. L'une américaine issue du cinéma indé avec un casting sur mesure pour une comédie hilarante ; et l'autre française qui révèle le potentiel de la jeune actrice Mélanie Laurent.

 

 

CORALIE BRU

 

 

Truman Capote
Une histoire vraie qui évite tous les épics de la biographie convenue. Philip Seymour Hofman y est incroyable de justesse.

Les Fils de l'homme
Une intrigue menée tambour-battant dans un futur ultra-réaliste.

Lady Chatterley
La pureté d'un amour sauvage filmé comme un frisson sur la peau. Absolument magnifique.

Vol 93
L'angoisse à l'état pur, une torture cinématographique sur le devenir des hommes simples embarqués dans des situations qui les dépassent.

The Host
Délire coréen monstruo-aventuresque de haut-vol. Inmanquable la bouche remplie de pop-corn.

Les Infiltrés
Scorsese haletant dans un Boston sombre, servi par des acteurs au meileur de leur forme.

U
LE dessin animé de l'année, d'une douceur et d'une intelligence époustouflantes.

Brick
Le film noir transposé ans le monde impitoyable du lycée américain, avec dans la peau d'un jeune Bogart le jeune Joseph Gordon-Levitt,(Mysterous skin)

Borat
Moquerie jubilatoire de la première puissance du monde ou gros dérapage dans le pipi-caca ? sans doute un peu des deux, mais ça marche.

10– Mauvaise foi
Touchante histoire de couple pris dans le tourbillon des traditions de chacun. Remarquable premier film de Rocshdy Zem

 

 

ERWAN DESBOIS

 

 

The Host
Jouissif, dévastateur, insaisissable... comme son monstre, The Host dépasse les qualificatifs. Un film fou, à revoir encore et encore.

Le Vent se lève
Ken Loach réalise son meilleur film à 70 ans passés. Respect.

Vol 93
Au-delà du piège du voyeurisme, une brillante réflexion sur l'état du monde actuel.

Lady Chatterley
L'amour n'a jamais autant été à portée de nos sens.

Les Fils de l'homme
Cuaron nous avait déjà étonné avec son Harry Potter, mais on ne l'attendait pas pour autant aussi brillant visuellement et profond intellectuellement.

Munich
La spirale infernale de la violence, par un Spielberg de plus en plus désabusé. Etonnament, 2 autres cinéastes confirmés (Scorsese et Verhoeven) ont sorti cette même année un film tournant autour de ce thème. 2 réussites, là aussi.

Miami Vice
Le film le plus gratuit de Mann - donc le plus beau ?

Volver
Bon an mal an, Almodovar est toujours là pour nous raconter des histoires douces-amères et inimitables de son Espagne natale.

Nouvelle cuisine
Le meilleur film d'horreur de l'année - trop vite disparu des salles, malheureusement.

10– Indigènes / Mémoires de nos pères
De part et d'autre de l'Atlantique, 2 réalisateurs filment avec tendresse et indignation le camp des vainqueurs oubliés de la 2nde Guerre Mondiale

 

 

THOMAS DOUINEAU

 

 

Le Nouveau monde
Le nouveau voyage initiatique et écologique de Monsieur Malick est encore une fois d'une beauté et d'une poésie à couper le souffle.

The Fountain
Aronovsky nous emmène dans son monde. On se laisse emmener par ce conte SF ou l'on reste sur le bord du chemin. Pour ma part, ses interrogations sur la mort m'ont profondément touché et ses images, touché.

Miami Vice
Le maestro de la mise en scène est de retour avec un film qui se révèle un « polar abstrait». De telles audaces pour un budget de 150 millions de dollars méritent tous les éloges.

Lord of war
Le film choc et politiquement incorrect de l'année. L'inventivité scénaristique et le cynisme d'Andrew Niccol sont encore là.

Little Miss Sunshine
La comédie américaine surprise de l'année. Tendre et drôle. Parfaitement maitrisée grâce à des acteurs poignants et justes.

Jarhead
Le premier vrai film moderne sur une guerre « moderne ». Fascinant et dérangeant.

Ne le dis à personne
Enfin un film français pensé pour le grand écran avec un François Cluzet qui mérite le César et des seconds rôles pour une fois convaincants dans une production hexagonale.

Les Fils de l'homme
Peut-être trop ambitieux et un brin écrasant, le film de Cuaron n'en demeure pas moins le seul film d'anticipation intelligent de l'année par les thèmes qu'il aborde et sa mise en scène brillante. De la vraie SF, c'est rare !

La Science des rêves
L'univers du clippeur frenchy est si particulier, si naïf, qu'il en devient émouvant et drôle. Mention spéciale à Alain Chabat, tordant.

10– Rosario
Un petit polar vénéneux comme on les aime. Une plongée cinématographique à défaut d'être réaliste dans un monde de drogués, de tueurs, de femmes fatales et de petites frappes.

 

 

ILAN FERRY

 

 

 

The Fountain
Une superbe histoire d'amour transcendant l'espace et le temps doublée d'une expérience visuelle éblouissante. La plus belle manière de conclure l'année 2006.

Bubba Ho-Tep
Coscarelli rend hommage aux icônes d'une Amérique disparue via un film fantastique aussi fun qu'émouvant. Bruce Campbell est impérial, Hail to the king !

Jarhead / Lord of war
La fascination de l'homme pour la violence vu à travers deux perles de cynisme aussi mordants que subversifs.

The Host
Brillant témoignage de la vigueur du cinéma coréen, The Host ausculte une famille et la société dans laquelle elle vit par le prisme d'un film de monstre diablement efficace.

Borat
Prenez un trublion adepte du poil à gratter, lâchez le dans la nature « hostile » de la société américaine. Savourez !

Veer Zaara
Le mélodrame musical selon Bollywood donne lieu à l'un des films les plus bouleversants et majestueux de l'année.

Shortbus
Un hymne à l'amour et à la vie faisant passer le spectateur par toute une palette d'émotions avant de lui soulever littéralement le coeur.

La Science des rêves
Une petite touche de poésie dans ce monde de brutes ne fait jamais de mal .On la doit cette année à Michel Gondry, le plus frenchy des rêveurs.

Inside man
Toujours armé de sa hargne légendaire, Spike Lee revisite le film de braquage et nous offre un brillant exercice de style.

10– Miami Vice
Avis aux esthètes amateurs de polars nerveux et sec, le dernier Michael Mann est un grand cru.

 

 

JULIEN FOUSSEREAU

 

 

 

Le Nouveau monde
Avoir découvert ce Nouveau monde en salles pourrait bien faire partie d'une des mes plus grandes expériences cinématographiques. Le revoir et une dizaine de fois en DVD n'a en rien altéré son pouvoir de fascination. Le Nouveau monde s'impose naturellement comme le champion de cette année 2006 tant ce chef d'œuvre contemplatif et fiévreux à la fois nage à des lieues au dessus de la mêlée. Terrence Malick imprime en lettres d'or son statut de génie et Q'orianka Kilcher, inoubliable en Pocahontas, entre instantanément dans la légende.

The Fountain
Bien que massacré de toutes parts par l'ensemble de la presse, le mélodrame métaphysique d'Aronofsky continue de m'impressionner pour la digestion de ses influences visuelles et la cohérence de ses choix artistiques. Et puis, quelle conclusion !

Nausicaä de la vallée du vent
Malgré la musique boite à rythme / synthé un poil vieillotte de Hisaishi, Nausicaä demeure un monument, la profession de foi écolo et sans concession du futur grand maître de l'animation japonaise.

Borat
Assurément la tornade comico-trash de cette année. Non content d'avoir provoqué des douleurs abdominales à force de rire devant les horreurs proférées par son personnage de journaliste kazakh infréquentable et ses victimes, Sacha Baron Cohen interroge sans en avoir l'air ce qui est « acceptablement » drôle ou pas. Jagshemash !

Les Fils de l'homme
Après avoir pondu le meilleur Harry Potter à ce jour, Alfonso Cuarón signe là une superbe anticipation dont l'intelligence thématique (une relecture astucieuse de la Nativité) n'a d'égale que la virtuosité de sa mise en scène.

Cars
OK ! Cars fait pâle figure en comparaison des meilleurs crus de la maison Pixar. N'empêche le dernier né du studio d'animation frappe par la beauté de son message humaniste. Avec Cars, Lasseter chante son amour des bolides, de l'esthétique fifties et du cinéma fordien.

The Host / La Trahison
Les erreurs du passé sont au menu de ces deux films. La manière de les aborder diffère sensiblement. Faucon se base sur le réalisme froid, clinique d'une situation intenable pour parler de la guerre d'Algérie quand Joon-ho, derrière les apparats du film de monstres, évoque une société sud-coréenne prisonnière de son histoire récente, sans jamais sacrifier à l'efficacité. Dans les deux cas, le résultat est ébouriffant.

Truman Capote
Truman Capote va au delà du simple best of V.I.P. pour rendre compte des aspects peu ragoûtants d'un écrivain brillant prêt à sympathiser avec des pourritures dans le but d'écrire la somme rêvée depuis tellement longtemps. Dans la peau d'un Capote mielleux en dehors, fourbe et manipulateur en dedans, Philip Seymour Hoffman n'a pas volé son Oscar.

Wassup Rockers
Une fable punk et énergique dans laquelle l'innocence et une certaine forme de romantisme résistent au nihilisme protéiforme de Los Angeles. Larry Clark met de l'eau dans son vin et on redemande.

10– Vol 93
Greengrass a su éviter tous les pièges (dans lesquels Oliver Stone s'est allègrement vautré) en privilégiant l'approche factuelle. Il y montre sans fioritures des gens ordinaires prêts à se battre jusqu'à la dernière seconde non pas pour une idéologie politique ou religieuse… mais pour survivre. Le dernier quart d'heure martyrise les accoudoirs avant de vous mettre K.O.

Hors-compétition : Rome. Je n'aurais jamais cru que je louerai un jour la finesse d'une oeuvre imaginée par ce bourrin de John Milius. Pourtant, il faut bien admettre que la première saison de cette série est remarquable en tous points.

 

 

SANDY GILLET

 

 

 

Le Nouveau monde
Malik l'éternel.

Monster house
Pixar a du souci à se faire.

Lord of war
Brillant et politiquement incorrect.

Miami Vice
Michael Mann revient aux sources de son cinéma et le moins que l'on puisse dire c'est que cela marche.

Vol 93
Le 11 septembre a déjà son film définitif.

Babel
Iñárritu face à « l'effet papillon » et son cinéma prend un nouvel élan enfin passionnant et définitivement mature.

Inside man
Spike Lee n'est jamais aussi bon que quand il ne se prend pas au sérieux.

Les Fils de l'homme
Alfonso Cuaron réhabilite une certaine idée du cinéma à mi-chemin entre film politique d'anticipation et prise de conscience salvatrice.

Le Caïman
Nanni Moretti au meilleur de sa forme politique.

10– Les Infiltrés
Où comment un remake peut supplanter l'original.

 

 

VINCENT JULE

 

 

 

Shortbus
Un coup de coeur pour un coup de cul (notre dossier), comme il n'en arrive qu'un tous les 5/10 ans !

The Host

Après Memories of Murder, la révolution transgenre de Joon-ho Bong continue…

Vol 93
Qui aurait cru que scruter des écrans de contrôle pouvait être si ludique et palpitant et qu'un détournement d'avion tenait moins du film d'action que du film d'horreur ?

Kamikaze Girls
L'adaptation officieuse, et déglinguée, du manga Nana de Ai Yazawa, tellement plus réussie que la version officielle.

Le Secret de Brokeback Mountain
Un plan final d'une infinie tristesse.

Reefer Madness
Oh Mary-Jane ! Oh Mary Lane !

The Fountain
"Je suis un réalisateur de films cultes" Darren Aronofsky, septembre 2006.

Le Nouveau monde / Miami Vice
De la notion de flottement au cinéma : fascinant !

Nausicaä de la vallée du vent
Ma princesse des étoiles !

10– Borat
Sacha Baron Cohen RULEZZZZZZ !

 

HODA KERBAGE

 

Shortbus
Parce que

Les Infiltrés
Scorsese est un génie et ses films sont donc bons, très bons, très très bons !

Little Miss Sunshine
Un petit bijou comme on n'en fait plus si souvent.

Casino Royale
Parce que enfin James Bond est trop koooool !

Inside man
Pour l'intelligence du scénario, l'histoire bien ficelée et un tout surprenant.

Bye bye Blackbird
Pour toute la poésie et l'esthétisme que le film comporte.

Walk the line
Parce que c'est une biographie réussie. Et ça, c'est plutôt rare.

A Perfect day
Parce que c'est tout simplement un petit film très beau, très sincère et qui démontre que les cinéastes du Sud ont des choses qu'ils ont comprises et des choses a dire ; ils le font mieux que quiconque.

C.R.A.Z.Y.
Parce qu'il est curieux de voir un film québécois, bien fait de surcroît, simple, touchant, lourd donc marquant et simple.

10– Le Vent se lève
Parce que le film est fidèle a son auteur et l'auteur fidèle a son film. Ken Loach arrive a créer quelque chose de neuf tout en se répétant.

 

 

JEAN-NOEL NICOLAU

 

 

 

Le Nouveau monde
Récit de fin du monde porté par une nostalgie panthéiste bouleversante, contemplatif et blessé, d'une tristesse infinie et d'une beauté tétanisante, on a parlé de « petit » Malick, mais il n'existe définitivement pas de film mineur chez ce réalisateur.

Les Fils de l'homme
Le grand spectacle de divertissement de 2006, passé scandaleusement inaperçu, à la fois un film d'anticipation de grande classe et un tour de force de mise en scène quasi permanent.

The Fountain
Aronofsky transcendé par une déchirante histoire d'amour et de mort, un trip mystico-esthétique, qui branche Tarkovski sur le câble des effets numériques en une immense métaphore aussi ambitieuse que délicate, LA surprise de l'année.

Shortbus
L'autre grand film d'amour de 2006, qui réussit à la fois à créer une approche nouvelle de la sexualité au cinéma et à dépeindre d'émouvantes histoires de solitude transcendées par un final jouisseur et jouissif.

The Host
Chasse et pêche en Corée du Sud, ou comment des super anti-héros, maladroits et attachants, s'en vont combattre un monstre au design aussi pittoresque qu'efficace.

Borat
Sacha Baron Cohen, acteur de l'année, détourne les codes de la Real TV, dynamite la génération Jackass, taille un short aux Etats-Unis et enfile les énormités de bon mauvais goût, politiquement irresponsable et comiquement génial.

Kamikaze Girls
Véritable animé live, un film à la fois complètement dingue, d'une inventivité folle mais qui sait peu à peu se poser pour mieux décrire une belle relation d'amitié marginale.

Bubba Ho-Tep
Elvis contre la momie, avec un thème de série Z des années 50, Coscarelli et Campbell parviennent à amuser autant qu'à émouvoir, l'incarnation du film OVNI adorable.

Paprika
Bordélique, malin, référentiel et créatif, le dernier Satoshi Kon ne fait pas dans la demi mesure pour surprendre et divertir.

10– Flandres
Bruno Dumont ne nous aime pas, Bruno Dumont n'aime personne, son Flandres, s'il marque une stagnation par rapport au définitif L'Humanité, demeure néanmoins le seul film français a avoir autant imposé cette année sa radicalité, son audace et son atmosphère oppressante et cruelle, du cinéma pour se faire encore plus mal là où ça fait mal.

 

 

LAURENT PECHA

 

 

Munich
Et dire que 2007 sera une année sans Spielberg !

Bubba Ho-Tep
Aussi délirant que touchant ! En prime, un immense Bruce Campbell !

Le Caïman
Drôle, émouvant et féroce : Moretti gagne sur tous les tableaux.

Walk the line
Mangold a tout compris au biopic. Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon inoubliables.

Reefer Madness
Le trip euphorisant de l'année.

The Fountain
Aronofsky m'a arraché des larmes. …Si on m'avait dit ça…

Black Book
Le retour du hollandais violent. Il est loin le temps de Hollow man.

Miami Vice
Même un poil décevant, un film de Michael Mann reste un événement majeur. Tout est une question de style !

Click
Adam Sandler m'a arraché des larmes. …Si on m'avait dit ça…

10– J'invente rien

La plus jolie comédie romantique de l'année...et elle est française en plus !

 

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