Collection Luis Buñuel

Erwan Desbois | 22 décembre 2005
Erwan Desbois | 22 décembre 2005

C'est l'histoire d'un drôle d'animal espagnol, qui commence avec l'histoire d'un drôle d'animal espagnol – Un chien andalou, pour être précis. Mais à peine cette histoire commence que deux guerres, l'une civile et l'autre mondiale, l'interrompent et emmènent notre homme dans un Gran Casino mexicain, où il fera de nombreuses rencontres – en particulier celle de La jeune fille. De retour en France trente ans après en être parti, il atteint la plénitude de son art dans son association avec le scénariste Jean-Claude Carrière et avec des femmes aux noms aussi évocateurs que Belle de Jour et Tristana. Cet obscur objet du désir qu'est la femme constitue l'une de ses principales obsessions, au même titre que Le charme discret de la bourgeoisie et la peur que ce qu'il reste du Fantôme de la liberté se dissolve dans La voie lactée. Tout cela, il le raconte lui-même et mieux que quiconque dans Le journal d'une femme de chambre…

Neuf films répartis dans trois coffrets, voilà la forme prise par la rétrospective Buñuel réalisée par StudioCanal. Celle-ci regroupe les sept derniers longs-métrages (« français ») du plus surréaliste des réalisateurs, chez qui la séparation entre fantasme et réalité se dérobe sans cesse sous nos yeux. On découvre aussi dans cette rétrospective deux inédits – son premier film au Mexique et l'un de ses deux films américains –, intéressants d'un point de vue historique puisqu'ils donnent un aperçu des deux autres cycles de Buñuel . Même si les chefs d'œuvre de la période mexicaine (Los olvidados, L'ange exterminateur) manquent à l'appel, ceux des dernières années, du Journal d'une femme de chambre à Belle de Jour, sont bel et bien présents. Entre œuvres impérissables et curiosités, avec de plus un contenu éditorial très soigné, ces trois coffrets sont donc à mettre bien en évidence sur votre liste pour Noël afin que vos amis n'oublient pas de vous les offrir. S'il fallait dégager un classement, ce serait le suivant :

1. Coffret « bleu » (Le journal d'une femme de chambre – Cet obscur objet du désir – La jeune fille)
2. Coffret « rouge » (Belle de Jour – Tristana – La voie lactée)
3. Coffret « vert » (Le charme discret de la bourgeoisie – Le fantôme de la liberté – Gran Casino)

Liste à laquelle il ne faut pas oublier d'ajouter Un chien andalou, le premier court-métrage de Luis Buñuel co-réalisé avec Salvador Dali, et sorti récemment chez les Éditions Montparnasse.

Enfin, il faut noter que quatre des films présents dans ces coffrets existent également en Criterion zone 1 : Cet obscur objet du désir, Le fantôme de la liberté, Journal d'une femme de chambre et Le charme discret de la bourgeoisie. Si les trois premiers sont moins intéressants que ce que nous propose StudioCanal (tant au niveau de la technique que des suppléments), Le charme discret de la bourgeoisie est quant à lui édité dans un double DVD (dont vous pouvez lire le test complet en cliquant ici) visuellement équivalent au zone 2 et qui contient comme supplément un documentaire d'une heure et demie consacré à Luis Buñuel. Celui-ci étant complémentaire de l'analyse du film proposée comme bonus par StudioCanal, le choix entre les deux éditions revient finalement à savoir si les deux autres films du coffret (Gran Casino et surtout Le fantôme de la liberté) vous intéressent ou non. Pour cela, une seule solution : lire le test, ainsi que les autres en cliquant sur les jaquettes ci-dessous.

NB : Pour être complet, précisons qu'un nouveau rendez-vous est dors et déjà pris début mars avec Buñuel puisque Viridiana est annoncé pour une sortie prévue le 28 février 2006 chez l'éditeur new-yorkais.

        

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