Deauville - Jour 7

La Rédaction | 9 septembre 2005
La Rédaction | 9 septembre 2005

Peut-être n'est-ce qu'un hasard, mais toujours est-il que les seuls d'Écran Large à avoir atteint la projection presse matinale de Bee Season (Les mots retrouvés en VF) avec Richard Gere et Juliette Binoche, étaient les privilégiés du Royal. Les effets de l'opulence sont parfois surprenants. Enfin, jusqu'à ce que des ronflements reconnaissables entre tous (entendez Laurent) ne retentissent dans la salle. Deux coups de coude simultanés réussirent à le remettre dans le film. Il faut dire que les pourtant talentueux Scott McGehee et David Siegel (Suture, Bleu profond) ont choisi un sujet intéressant mais casse-gueule (le pouvoir, spirituel surtout, des mots). Leur volonté de rendre intelligible l'indescriptible se heurte à une série d'obstacles, aussi formels que narratifs. En résulte, une fausse sobriété et un réel ennui. Seul emballé, Didier (un illuminé celui-là) compte bien échanger quelques mots, retrouvés ou pas, avec le duo d'ici la fin du festival.

Au Centre International de Deauville, la compétition continue son bonhomme de chemin avec le septième, Pretty Persuasion. Dans une veine proche de Sex crimes et Sexe intentions, le film suit la sexy vipère Evan Rachel Wood (Thirteen) au gré de ses manipulations morales, sexuelles et judiciaires, et termine du côté de chez Todd Solondz (Happiness). Irrévérencieux, amoral, tragi-comique, le film ne convainc pas totalement, la faute à un récit artificiel. Malgré tout, Vincent s'en alla, tout fou, interviewer le réalisateur Marcos Siega. Il faut dire que le sieur est aussi connu pour sa participation à de nombreuses séries télévisées, dont Veronica Mars. Tout s'explique donc. De même que Laurent passa plus de trois quart d'heure avec Andy Fickman, le metteur en scène de la comédie musicale et du film, Reefer Madness (entendez cette fois marijuana). Vincent le rejoint d'ailleurs dans la foulée, mais pour une toute autre raison : Christine Lakin (photo). No comment. Il ne déchanta que plus tard, lorsqu'il apprit qu'elle était tout simplement la compagne du réalisateur. Glurps. Vous aurez le fin mot de l'histoire soit lors de la sortie du DVD Zone 1 en octobre, soit lors la sortie dans les salles françaises en février 2006, ou mieux lorsqu'ils nous auront rendu l'appareil photo jetable gentillement fourni par nos soins.


Après la victoire de la France face à l'Irlande, Laurent était bien remonté pour assister à la projection de Goal ! , la biopic footballistique de Danny Canon (Judge Dredd, la série Les Experts), suivi par un Vincent insensible à ce sport, mais au moins curieux. Or, malgré les préjugés et les mauvaises langues, le film se révèle le plus grand, le plus beau, le plus enthousiasmant… NANAR de l'année. Pondu par un logiciel d'écriture sur ordinateur, le scénario ne recule devant rien, surtout pas le ridicule. Laurent et Vincent se sont ainsi beaucoup amusés au jeu de devinettes (qui va mourir de la grand-mère ou du père, quel merveilleux hasard va aider notre prodige), ou à hésiter partir aux toilettes pendant les nombreuses pauses musicales du film (je cours sur la plage, je tape dans un ballon, je me fais chier). Le summum intervient dans la scène finale, grand moment de rigolade, que l'on se force à ne pas spoiler avant la sortie en octobre (pourtant l'envie y est). Et les matchs : filmés avec les pieds (avec ou sans mauvais jeu de mots).

Avec Keane, huitième film en compétition, la rédaction d'Écran Large a trouvé le sujet parfait pour casser l'ambiance ou foutre le boxon. Une partie n'apprécie pas (Didier, Stéphane), l'autre adore (Vincent, Erwan). Le rédac' chef, lui, temporise avec un petit 7/10. Mais comme les absents ont toujours raison (nouvel adage deauvillois), c'est Erwan qui s'y colle ici.

Le vrai choc du festival pour Didier, est la non-venue de Steve Buscemi, idole de son enfance. Après s'être ennuyé devant Lonesome Jim, dernier film de l'acteur en tant que réalisateur (pour un avis un peu plus enthousiaste, on vous renvoie à notre article sur le marché du film de Cannes 2005), il comptait bien rattraper le coup avec un joli face à face. Peine perdue, il passe de chambre en chambre, et de mini-bar en mini-bar, au Royal dans l'espoir de retrouver la joie de ses dix ans (vous avez bien lu). D'ailleurs, si vous trouvez ce compte-rendu un peu light, c'est parce qu'il a été rejoint dans sa quête par le reste de l'équipe, sauf l'auteur de ses lignes (saurez-vous le reconnaître), et, dit la légende, des groupies.

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