Cannes wars – Épisode 5, la marche de l'Empereur

Thomas Douineau | 16 mai 2005
Thomas Douineau | 16 mai 2005

La marche de l'Empereur

Il était une fois dans une galaxie très lointaine : Cannes. Quel est le pire cauchemar du critique de cinéma envoyé spécial sur la croisette ? Ne pas se réveiller pour assister à la projection du film le plus attendu de la sélection (de l'année ?). C'est pourtant ce qu'il m'est arrivé ce matin alors que j'avais prévu d'écourter ma nuit de 5h30 à 6h45. Et malgré une sonnerie de réveil « tonitruante », de ne se lever qu'à 9h30…De filer au palais des festivals et de voir des centaines de junkies de George Lucas essayer de trouver une place. D'entendre à la sortie que c'était de loin le meilleur épisode de la saga, d'apprendre que l'ambiance était à son paroxysme, que le THX de Lucas avait fait trembler les sièges de la grande salle Lumière. Aucun doute là dessus, ce dimanche 15 mai était totalement dédié à George Lucas. L'autre pire cauchemar est d'attendre deux heures en étant le premier dans la queue pour assister à la conférence de presse, de ne pas rentrer et de voir de dos George Lucas ou entrevoir Samuel L. Jackson.

Toute une journée passée à chercher le moyen de pouvoir avoir le fameux ticket magique pour assister à cet événement. On peut être catégorique là-dessus : l'une des plus belles montées des marches s'est déroulée hier avec l'équipe du nouvel ancien épisode. Tout d'abord la respiration asthmatique de Dark Vador diffusée à fond tandis qu'un orchestre installé sur le parvis des marches interprétait les célèbres airs composés par John Williams. Des comédiens déguisés en soldats blancs de l'Empire avaient pris la place des habituels vigiles pour une haie d'honneur inoubliable. Le côté sombre de la force était totalement avec moi. Encore fallait-il pouvoir surfer sur l'embouteillage monstre des festivaliers et autres curieux pour espérer entrer dans ce palais qui détenait mon unique et dernière chance de découvrir le film avant sa sortie nationale, mercredi prochain. Finalement contre vent et marée, de réussir à rentrer dans la salle mais d'être gentiment conduit dans une petite salle du palais avec un écran dix fois moins haut.

Qu'importe, THE film, je l'ai enfin vu. Et ça, rien ne pourra me l'enlever. Et pour l'instant c'est le meilleur film du festival, un véritable chef d'œuvre avec des prises de vue éblouissantes, des superbes combats entre lasers qui s'entrecroisent et une dramaturgie énorme. Lucas a finalement emprunté le schéma du Parrain et l'a transposé dans sa galaxie lointaine. Avec ce véritable opéra, cette tragédie antique, George Lucas rend hommage à son maestro et ami, Coppola. Ce nouvel opus de Stars wars, quintessence du space opera, a bien sa place, très haute, dans l'histoire du cinéma. Difficile désormais de reprendre le cours normal du festival même si aujourd'hui, c'est Cronenberg et son History of violence qui pointe le bout de son nez

Pour le plaisir, trois questions posées à George Lucas lors de la passionnante conférence de presse de La revanche des Sith.

Par rapport à l'ancienne et la nouvelle trilogie
Il ne s'agit que d'un seul film. Il y a deux catégories de spectateur : ceux qui ont plus de 25 ans et préfère la trilogie que j'ai entamée il y a vingt ans et les moins de 25 ans qui préfèrent la nouvelle trilogie. C'est un petit peu comme ceux qui aiment les Stones et ceux qui préfèrent les Beatles.

Coppola
Avant, ce qui m'intéressait plus que tout, c'était le design, les couleurs, les mouvements de caméra. Mon mentor, Francis Ford Coppola, m'a poussé dans une direction qui m'a permis de me concentrer sur l'histoire et les personnages.

L'après Star wars
Dieu seul sait ce que je montrerais à l'écran plus tard. Pour moi, la boucle est bouclée

Tout savoir sur Star Wars : Episode III - La Revanche des Sith

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