Scalps : le western le plus gore de l'histoire ?

Mathieu Jaborska | 5 juillet 2022
Mathieu Jaborska | 5 juillet 2022

Moins nihiliste, mais plus crapuleux que Le Grand Silence, la série B Scalps contient l'un des climax les plus absurdes et gores du genre.

Genre particulièrement populaire aux États-Unis, où il prolongeait un peu l'idéologie de l'Oncle Sam (voire la contrariait), le western s'est exporté en Europe, et plus précisément en Italie, vers les années 1960, au grand dam de la critique institutionnelle, qui ne voyait dans les oeuvres de Leone et ses collègues que de vulgaires arnaques. Elle leur reprochait souvent leur violence, qui avait tendance à repousser les limites de l'époque. Les lois du cinéma d'exploitation ont rarement plu à leurs contemporains.

Aujourd'hui, la brutalité parfois absurde de certaines de ces productions ne manque pas de fasciner les cinéphiles, si bien que plusieurs d'entre elles sont devenues cultes. Le nihilisme radical du Grand Silence, la méchanceté pure de Tire encore si tu peux ! ou plus récemment la noirceur de Brimstone et la sauvagerie du génial Bone Tomahawk se sont fait une place au panthéon du genre.

Scalps, co-réalisé par le roublard en chef Bruno Mattei, disponible en HD chez Le Chat qui fume et encore visible sur Amazon Prime Vidéo (à condition de faire fi de l'hilarante VF) ne prétend pas à de tels honneurs, mais défend sa place parmi les westerns spaghettis les plus généreux en sauce tomate, principalement grâce à son climax délicieusement bis.

 

Scalps : photoÇa va saigner

 

pour une poignée de dollars

Scalps est signé Werner Knox, mais il est en fait réalisé par Bruno Mattei et Claudio Fragasso. Le premier est une légende absolue du cinéma bis, auteur d'un nombre de Z astronomiques, pour la plupart restés cultes. Maitre du stock-shot, des tournages à l'arrache et des budgets microscopiques, pionnier du mockbuster (Cruel Jaws et Zombi 3, c'est lui), il officiait sous divers pseudonymes, dont Vincent Dawn et... Werner Knox. Le second est un scénariste qui a collaboré avec Mattei sur plusieurs de ses plus amusantes réussites, comme le mythique Virus Cannibale, avant d'écrire et mettre en scène l'un des nanars les plus célèbres de l'histoire, Troll 2.

Au milieu des années 1980, le western spaghetti n'est plus aussi populaire qu'il l'était auparavant. Sergio Leone est parti aux États-Unis tourner son film-fleuve, les plus grands chefs-d'oeuvre sont passés à la postérité et la production est moins frénétique qu'au coeur des années 1960 et 1970. Il reste tout de même un peu de place pour les deux briscards, coutumiers du cinéma d'horreur, mais en réalité de véritable touche à tout. Fragasso sort d'un film avec Alice Cooper, Monster Dog, et le tandem enchaine les longs-métrages : le sous-Rambo Strike Commando, le post-apo croquignolesque Les rats de Manhattan, le women in prison Révolte au pénitencier des femmes et moult autres accomplissements crapuleux.

 

Monster Dog : photoMonster Dog, aka mon chien le crackhead

 

C'est Roberto Di Girolamo, de la société Filmexport, qui leur propose de tourner deux westerns à la suite dans les décors d'Almería, province espagnole où étaient filmés beaucoup de westerns spaghettis. Fragasso a beau lui expliquer que l'âge d'or du genre est révolu depuis longtemps, il n'en démord pas. Il commande à l'artiste un scénario, tandis qu'il en confie un autre au duo José María Cunillés Francesco Prosperi. En réalité, leur histoire sera finalement elle aussi réécrite par Fragasso à la demande de Mattei, qui trouvera la première version incompréhensible.

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commentaires
Pat Rick
05/07/2022 à 22:01

De mémoire c'est une bouse.

Aktay
05/07/2022 à 19:46

@Flash,
"Little Big Man", une référence dans le genre !

Flash
05/07/2022 à 19:01

Aktayr@ en effet, un film qui m’avait bien marqué comme "Little big man" aussi.

Aktayr
05/07/2022 à 16:19

Il y a aussi le western antimilitariste "Le Soldat Bleu" qui propose un final hallucinant pour l'époque par la cruauté déployée par les soldats américains envers les indiens.

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