Le mal-aimé : Twin Peaks, le vrai film d'horreur réalisé par David Lynch ?

Mathieu Victor-Pujebet | 18 juin 2022 - MAJ : 18/06/2022 12:23
Mathieu Victor-Pujebet | 18 juin 2022 - MAJ : 18/06/2022 12:23

Parce que le cinéma est un univers impitoyable, Ecran Large, pourfendeur de l'injustice, a créé la rubrique des films mal-aimés. Le but : revenir sur des films oubliés, mésestimés, rejetés par la critique, le public, ou les deux à leur sortie. Une réhabilitation bien méritée, et plus ou moins évidente selon les cas.

Dans la singulière filmographie de David LynchTwin Peaks est sans doute l'un des longs-métrages les plus clivants. Pourtant, le diamant noir tiré de la série culte du même nom, avec Sheryl LeeRay Wise et (un peu) Kyle MacLachlan, pourrait bien être le film le plus sombre et désespéré de son réalisateur.

 

Twin Peaks : Fire walk with me : Affiche officielle

 

"Comment expulser le mystère d’un film qui se fonde sur lui ? C’est à cette expérience souvent pitoyable que se prête David Lynch avec une conscience professionnelle presque suicidaire." (Cahiers du cinéma)

"Ce n'est pas le pire film jamais réalisé, il en a juste l'air." (The New York Times)

"LYNCH CONFECTIONNE DÉSORMAIS SES FILMS COMME LE DOCTEUR FRANKENSTEIN SA CRÉATURE : DE PETITS BOUTS DISPARATES, COUSUS À LA HÂTE AVEC DE GROSSES FICELLES." (TÉLÉRAMA)

"Un film dégoûtant et misanthrope." (the Globe and Mail)

 

 

Twin Peaks : The return

Dans la petite ville de Deer Meandow, une jeune femme est morte, Teresa Banks. Un membre du FBI, l'agent spécial Chester Desmond, part enquêter sur cette mystérieuse affaire, en compagnie du maladroit Sam Stanley.

Un an plus tard, l'adolescente retrouvée assassinée au début de la série Twin Peaks, Laura Palmer, essaie de profiter de sa jeunesse alors qu'elle se débat avec des démons qui la consument peu à peu. S'en suit alors le récit des sept derniers jours de la jeune femme, entre perte de l'innocence, possession et voyage vers une mort brutale qui fera le lien avec la série originale.

 

Twin Peaks : photo, Sheryl Lee, Kyle MacLachlanRetour dans la Black Lodge

 

l'origine du mal

Après deux saisons diffusées aux États-Unis sur ABC d'avril 1990 à juin 1991, la série Twin Peaks voit son troisième chapitre annulé face à une baisse d'audience et à des coûts de production de plus en plus élevés. Ses créateurs, Mark Frost et David Lynch, se sont progressivement désintéressés de la fabrication de leur oeuvre, notamment après que la chaîne de télévision américaine leur ait imposé de révéler l'identité du tueur de Laura Palmer dès la première partie de la saison 2.

Mais dans un sursaut final, David Lynch ne veut pas abandonner son bébé et accepte la proposition d'Aaron Spelling Productions de financer non pas un, mais trois longs-métrages pour compenser l'arrêt de la série. L'idée d'un prequel – intitulé Fire Walk With Me en version originale – arrive vite à l'esprit du cinéaste qui se confiera plus tard dans un des entretiens recensés dans le livre Lynch on Lynch : "J'étais amoureux du personnage de Laura Palmer et de ses contradictions : radieuse à la surface et mourante à l'intérieur. Je voulais la voir vivre, bouger, parler".

Cependant, ce projet de long-métrage fera fuir Marc Frost qui refusait la narration non linéaire du prequel, et était hostile à l'idée d'une suite conventionnelle. David Lynch fit donc appel à un des scénaristes de la série originale pour co-écrire le film, Robert Engels (Un flic dans la mafia, Murder in Small Town X, Andromeda).

 

Twin Peaks : photo, Dana AshbrookHome sweet home

 

il faut sauver le soldat Cooper

Lynch et Engels composent alors un scénario et la pré-production est rapidement lancée pour un tournage prévu seulement deux mois après la fin de la diffusion de la série, en août 1991. Hélas, courant juillet, le projet est gelé par le départ de Kyle MacLachlan du rôle de Dale Cooper. L'acteur principal de la série devait avoir une place prédominante dans le long-métrage, notamment en enquêtant sur la mort de Teresa Banks à la place de l'agent spécial Desmond.

Si l'acteur justifiera son départ par une volonté de ne pas étouffer sa carrière en restant trop accroché au rôle de Cooper, il argumentera plus en 2000, lors d'un entretien avec Observer : "David et Mark n'ont été présents que pour la première saison... Je pense que nous nous sommes tous sentis un peu abandonnés. Donc, j'ai logiquement été un peu rancunier lorsque le film Twin Peaks est arrivé".

Début août 1991, le métrage repart en pré-production lorsque Kyle MacLachlan accepte finalement de participer à une poignée de jours de tournages, obligeant Lynch et Engels à retravailler leur scénario pour réduire considérablement l'importance du bonhomme. Mais contrairement à ce cher Kyle MacLachlan, d'autres acteurs de la série originale n'ont pas du tout répondu présents pour la version cinéma de Twin Peaks

 

Twin Peaks : photoCooper de retour... mais pas pour longtemps

 

C'est le cas de Lara Flynn Boyle, remplacée par Moira Kelly dans le rôle de Donna, mais aussi celui de l'interprète de Benjamin Horne, Richard Beymer, dont les scènes écrites dans le scénario n'ont finalement jamais été tournées. Enfin, la comédienne Sherilyn Fenn, qui jouait l'iconique personnage d'Audrey Horne, a quant à elle tout simplement disparu du scénario. Des questions d'emploi du temps ont été évoquées pour excuser l'absence de ces trois personnages essentiels dans l'univers Twin Peaks.

Cependant, des rumeurs sur d'éventuelles tensions entre Lara Flynn Boyle et des membres de l'équipe de la série se sont répandues au fil des années. De la même façon, Sherilyn Fenn semble avoir partagé le sentiment de rejet confessé par Kyle MacLachlan, ce qui l'aurait poussé à se détourner de ce film Twin Peaks au profit d'un autre projet : "J'ai été extrêmement déçue de la façon dont la saison 2 a dérapé. En ce qui concerne Fire Walk With Me, c'est quelque chose auquel je n'ai pas voulu participer".

Malgré ces différents conflits, le tournage du long-métrage débute en septembre 1991, et se termine en octobre de la même année. Une production éclair qui a coûté plus de 10 millions de dollars (hors budget promo).

 

Photo Moira KellyL'innocence de Moira Kelly contre le magnétisme de Lara Flynn Boyle

 

Business empire

Une fois la fabrication de Twin Peaks terminée, le long-métrage est envoyé au Festival de Cannes 1992. La réception y sera désastreuse, l'équipe du film ayant même été, selon les rumeurs, accueillie par des sifflements et des huées lors de leur conférence de presse. Le co-scénariste Robert Engels contredira cependant cette version des faits en 2017 : "Ce n'est jamais arrivé. J'étais assis à côté de Mary Sweeney et David Lynch. Le public n'a pas hué. Tu te souviens lorsque les gens détestent ce que tu as écrit".

Reste que l'accueil de ce Twin Peaks à la sortie cinéma n'a pas été bien glorieux, le long-métrage n'ayant récolté qu'à peine plus de 4,1 millions de dollars au box-office domestique, soit moins de la moitié de son coût de production. On est donc loin des presque 15 millions de dollars récoltés par le précédent long-métrage du cinéaste, Sailor et Lula, qui avait largement remboursé ses 9,5 millions de budget.

Avec environ 100 salles de plus que la Palme d'Or 1990, Twin Peaks a récolté 3 fois moins de recettes que son prédécesseur. Encore auréolé du couronnement à Cannes de Sailor et Lula et du succès public et critique de Twin Peaks, David Lynch voit son statut de grand cinéaste américain vaciller un instant. Son projet de trilogie conclusive tombe alors à l'eau, et le réalisateur mettra cinq ans avant de revenir au format long-métrage avec Lost Highway

 

Twin Peaks : photo, Chris Isaak"Non je t'assure, même pas 5 millions..."

 

Twin Peaks Reloaded

Le rejet n'est toutefois pas si étonnant vu le côté mal-aimable de ce Twin Peaks. Dans le plan inaugural du long-métrage, la caméra sort d’une télévision qui explose par la suite en mille morceaux. En quelques secondes, David Lynch balaie symboliquement toutes les attentes de ses spectateurs en l'avertissant que ce film ne sera pas un simple décalque insipide de la série télévisée, mais à une véritable création de cinéma à part entière.

Exit donc le soap-opéra faussement solaire, les cafés noirs et les beignets alléchants, Twin Peaks, le film, se situe dans un décor beaucoup plus sombre, entre night-clubs, prostitution, cocaïne et inceste. De la même façon, là où une enquête sculptait la narration de la série d'origine, dans la version cinéma, Lynch et Engels abordent avec plus de distance une investigation plus fade avant de violemment bifurquer au bout de 30min pour suivre les sept derniers jours de la vie de Laura Palmer.

 

Photo Michael J. AndersonTwin Peaks, mais en plus sombre et désespéré

 

Une scission assez perturbante qui jure avec une structure classique, mais qui sera applaudie par la suite dans des films comme Lost Highway et Mulholland Drive. Un dispositif malgré tout radical, qui est propulsé par une intrigue trouée et habitée d'épais mystères comme l'étrange disparition de l'agent Desmond ou la surnaturelle apparition de David Bowie. Le spectateur est souvent bousculé ou laissé sur sa faim, sacrifié au profit d'une radicalité reçue comme coquetterie au moment de la sortie du film.

Malgré tout, la promesse de se détourner complètement du ton de la série originale n'est pas toujours tenue. En témoigne la séquence dans le café au tout début du film, ainsi que les bouffonneries de Bobby Briggs qui sont tout autant de ruines de l'humour ovniesque de Twin Peaks, mais qui s'insèrent finalement mal dans la noirceur générale du long-métrage.

De la même façon, la magnifique séquence où Donna retrouve Laura dans le Bang Bang Bar passe de la tentative désespérée de sauver une amie de l'abîme à un vulgaire concours de "qui est la plus subversive ?". Un puéril jeu de rapport de forces qui confronte artificiellement les deux personnages, comme pour vaguement retrouver la tonalité adolescente de certains arcs de la série. L'héritage de Twin Peaks n'est alors pas toujours totalement digéré dans un long-métrage qui échoue parfois à jouer sur plusieurs tableaux en même temps.

 Twin Peaks : photo, Sheryl Lee"Never cast your eyes down the abyss"

 

Virgin Suicides

Mais lorsqu'il épouse complètement sa radicalité, ce film Twin Peaks en devient une descente aux enfers d'une violence sans nom. Dans la séquence où Bob découvre le journal intime de Laura, la caméra subjective et l'étirement de l'action font monter une tension palpable qui aboutit à une explosion cauchemardesque à coups de surdécoupage brutal et de piste sonore saturée par le hurlement de l'actrice. David Lynch s'amuse à puiser dans la grammaire du film d'horreur pour plonger le spectateur dans la psyché torturée de son personnage principal.

De l'épouvante pure, mais aussi parfois une âpreté et un dépouillement qui font plus tendre le film vers le thriller psychologique. En témoigne la séquence du dîner qui finit en drame chez les Palmer, où le troublant jeu de Ray Wise, l'inquiétante musique d'Angelo Badalamenti et la simplicité du découpage de Lynch sont suffisants pour créer un malaise assourdissant.

De cette séquence d'horreur domestique à des passages beaucoup plus baroques comme celui avec David Bowie, David Lynch mesure certains de ses effets pour d'autant plus se permettre par la suite d'éclater la temporalité et la spatialisation de l'action.

 PhotoRéunion de famille

 

Une façon de malmener la réalité qui s'illustre également dans des séquences à l'atmosphère moins explosive, mais tout aussi pesante, comme l'apparition inquiétante des Tremond sur le parking du restaurant, ou bien les boucles infernales de la scène où Laura récupère la bague verte. Cette gestion du fantastique construit une expérience sensorielle vertigineuse, qui n'est cependant jamais gratuite, puisque retranscription sensible du rapport au monde de Laura

Là où l'enjeu de la série originale était autant de démasquer la part d'ombre de la fameuse ville éponyme que celle de l'iconique blonde aux yeux bleus, le film Twin Peaks prend précisément cette noirceur comme point de départ et se concentre sur la lente descente aux enfers de la jeune femme. En témoigne le motif réconfortant de l'ange qui disparaît du tableau dans la chambre de l'adolescente, avant de lui réapparaître dans l'au-delà.

 

PhotoDeath Note

 

Il en est de même pour le chant cristallin de Julee Cruise dans le Bang Bang Bar qui bouleverse étrangement le personnage dans l'une des plus belles scènes du film. Alors qu'elle en prend conscience au fur et à mesure, l'innocence de Laura lui glisse progressivement des doigts, rendant son voyage vers la mort d'autant plus déchirant.

Outre ses folies narratives et formelles, le long-métrage Twin Peaks parvient ainsi à constamment recentrer son écriture sur le récit d'une adolescente brisée et consumée par ses démons. Une menace bien plus palpable que ne le suggère le vernis du genre, entre les abus incestueux de son père, les plans foireux pas très légaux de son petit ami et la brutalité infinie de ses multiples agresseurs dans la dernière partie du film.

L'existence de Laura est empoisonnée par des hommes monstrueux qui l'éloignent progressivement de ceux qu'elle aime. Son avenir avec le tendre James se floute tandis que Donna ne peut qu'être témoin et confidente de cette course vers l'abîme. À la toute fin du film, Laura enfile finalement la bague verte qui scelle son destin, la mort restant pour elle l'unique voie d'échappatoire à la noirceur du monde. Un voyage vers l'au-delà tragique et désespéré, qui reste à ce jour parmi les créations les plus bouleversantes de David Lynch.

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commentaires
YTRE
09/08/2022 à 12:56

Le chef d'oeuvre (incompris; mais moins incompris depuis la S3) de Lynch

Yusha
25/06/2022 à 13:55

J'ai découvert il y a quelques années la série et le film.

Et aujourd'hui si ok me demande ce que je préfère dans l'œuvre c'est ce film bon sang. L'horreur y est unique, l'ambiance incroyable. J'ai été heureux de voir Bob et l'homme venu d'ailleurs avec un temps d'apparitions considérable.

Morcar
20/06/2022 à 09:51

J'ai découvert Lynch ado avec Elephant Man, que j'avais adoré (j'ai acheté récemment le BluRay du film, toujours aussi bon), puis plus tard j'ai vu "Lost Highway" puis "Mulholland Drive" qui m'ont fasciné sans que je n'y comprenne rien. Pourtant les explications de film trouvées sur le net ensuite me paraissaient cohérentes, mais je me demandais où les gens étaient allés chercher ça.
Et puis Arte a rediffusé la série "Twin Peaks" (fin 2013, je crois) que je connaissais de réputation mais que je n'avais jamais vue. J'ai adoré la série (moins la saison 2, comme beaucoup) et enchainé avec le film que j'ai trouvé également très bon. Mais étant donné que le film ne peut vraiment avoir d'intérêt que pour qui a suivi la série, et que celle-ci avait beaucoup perdu en audiences à la télé sur sa saison 2, ce n'est pas étonnant que le film ait été un échec.
Toujours est-il qu'après avoir vu la série et le film, les films suivants de David Lynch m'ont paru beaucoup plus clairs. De mon point de vue, la série "Twin Peaks" est vraiment une clé pour comprendre les films de Lynch réalisés après la série. Je conseillerais donc à quiconque de voir la série avant de voir les films de Lynch après celle-ci.

La Classe Américaine
20/06/2022 à 09:40

Pièce maitresse indispensable de Twin Peaks, la série. Sheryl Lee se donne corps et ame dans le rôle de sa vie et dans un personnage tellement iconique. Un des plus grands films de Lynch et des années 90. Tout est absolument culte dans ce film qui influence encore aujourd'hui les Garland et compagnie qui l'ont dépouillé sans vergogne.

Brosdabid
19/06/2022 à 20:19

Plus grand film d années 90
Plus mal aimé
Vu au ciné à la sortie dans une station balnéaire, ouah le choc
Ça m a vraiment fait flipper

Tonton
18/06/2022 à 19:19

Mon film préféré depuis sa sortie au cinéma. Plus encore que la série, et tout comme the return, je suis happé chaque fois. Et la b.o est somptueuse.

Francis Bacon
18/06/2022 à 15:22

Oui bizarre, un peu décousu mais comme bcp des films de Lynch. J'ai jms vu la série (pourtant elle doit vraiment être géniale) mais ça m'a pas empêché d apprécié ce film, de toute façon on peut pas tout comprendre.
Après pour moi c'est pas le meilleur Lynch non plus, Blue Velvet et Sailor et Lula sont au dessus

Kyle Reese
18/06/2022 à 15:09

Vu 2 fois au cinéma. Puis vu et revu encore à une certaine époque mais plus maintenant car trop plombant moralement. Ce film incompris par bcq à sa sortie s’est Lynch à son sommet. C’est l’envers du décor du rêve américain lisse et feutré. C’est le côté dark du monde. « There is dirt under this fingernail Laura »
L ambiance y est unique. Bcq de scènes mémorables de pur frayeur … Bob .., les monstres ne sont pas ceux que l’ont croient. Le mal est en nous, parfois bien caché tout au fond, mais il est aussi palpable dans l’air dans ce film. Rien que dans le grain de la pellicule. Tout dans ce film est passionnant, mystérieux, dramatique, triste si triste.
Laura si belle et radieuse mais aussi si perdue. La quintessence des histoires classique de jolie fille perdue que l’on aimerai sauver et aimer. A l’âge ou je l’ai vu ça a fonctionné à fond.
Bref chef d’œuvre.
Le début de sa grande période sur le thème de la schizophrénie.
Je serais curieux de savoir ce qui l’a fait venir à ce thème dans sa vie.

Benouimdr
18/06/2022 à 14:40

L'un des plus grands films de Lynch.

Qu'est-ce qu'il manque au cinéma !

Mouais Bof...
18/06/2022 à 13:37

Chef d'oeuvre d'une tristesse infinie,où les 2 mondes s'entre-mêlent.

La phrase qui résume cette beauté visuelle est la citation du major Briggs dans la saison 2 de Twin Peaks "j'ai bien peur que l'amour ne suffise pas".

Une véritable peinture d'une jeunesse américaine désemparée et perdue. Sheryl Lee est juste flamboyante .Et pourtant on savait la fin funeste de Laura palmer,et malgré ça l'horreur de Bob et de ses semblables de la loge noire m'ont foutu les jetons à sa sortie. Et cette peur reste toujours aussi intacte et horrifique.

Un film d'horreur qui n'en est pas un,un film d'auteur qui n'en est pas un non plus. Ce film est la porte d'entrée à un David Lynch obsédé par les dopplegangers( les lost highway , mulholland drive viendront confirmé ses thématiques récurrentes).

Et cette fameuse Judy qui nous a traumatisé pendant 25 ans avec le singe tout a la fin jusqu'à que l'on sache tout dans la saison 3.

Twin peaks le feu marche qui marche avec moi,un feu qui malheureusement n'est pas loin de chez nous. Et le Festival de Cannes n'a pas pigé cette oeuvre monumentale à l'époque. Lynch disait de son oeuvre "Twin Peaks fire walk with me ,c'est un histoire d'amour au coeur de l'enfer".

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