Michel Vaillant : le crash spectaculaire et oublié de Luc Besson

Arnold Petit | 12 mai 2022 - MAJ : 12/05/2022 19:28
Arnold Petit | 12 mai 2022 - MAJ : 12/05/2022 19:28

Quand Luc Besson produit une adaptation faramineuse sur le plus grand pilote de course de l'histoire de la bande dessinée, ça donne Michel Vaillant, un film catastrophique, mais un crash mémorable.

En 2003, plus de quarante ans après avoir pris le volant pour la première fois dans les cases de la bande dessinée, Michel Vaillant débarquait au cinéma. Écrit par Luc Besson et produit par sa société EuropaCorp avec des moyens effarants à une époque où le cinéaste était en train de renouveler le cinéma français et la production hexagonale, le film réalisé par Louis-Pascal Couvelaire fut un désastre que tout le monde a préféré oublier et reste un échec retentissant, qui en annonçait d'autres.

 

Michel Vaillant : photo300 à l'heure vers le mur

 

Le 13 est au départ

Pour le dire simplement, Michel Vaillant est une piètre adaptation des aventures du personnage créé par Jean Graton en 1957 dans les pages du Journal de Tintin, pilote virtuose et intrépide devenu depuis une légende de la course automobile et de la bande dessinée franco-belge. Pourtant, le film avait tout pour être une réussite et ce sont les créateurs de l'oeuvre originale qui ont voulu porter leur héros à l'écran.

En 1999, alors qu'il est en train de fonder sa société de production baptisée EuropaCorp avec Pierre-Ange Le Pogam, Luc Besson est approché par Philippe et Jean Graton. Après différentes collaborations avec des constructeurs automobiles, des rééditions et une tentative de publication aux États-Unis (sous le nom de "Michael Vailliant"), les deux auteurs souhaitent que Michel Vaillant ait son propre film (une idée sans doute motivée par Astérix & Obélix contre César, qui arrive en salles au même moment).

Le valeureux pilote avait déjà été adapté à la télévision dans une série en 1967 et dans un dessin animé à la fin des années 80, mais jamais au cinéma. Après le succès de Taxi et ses scènes de course-poursuite sur les routes de Marseille, Philippe et Jean Graton se dirigent alors naturellement vers son producteur, qu'ils savent être un amoureux de bande dessinée et de vitesse (et aussi le réalisateur de Nikita, Léon ou Le Cinquième Élement, accessoirement).

 

Michel Vaillant : photoVous pouvez m'aider ?

 

Luc Besson et Pierre-Ange Le Pogam étant tous les deux fans des histoires de Michel Vaillant, qui réunissent triomphes, drames, rebondissements et tout ce qu'il faut pour un long-métrage, les deux hommes sont emballés. Au lieu des courses de Formule 1 que dispute généralement Michel Vaillant dans les bandes dessinées, qui sont chères, dangereuses et difficiles à adapter, ils se mettent d'accord avec les auteurs pour mettre les 24 Heures du Mans au centre du récit, sans oublier l'aspect dramatique et humain.

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Accèder à tous les
contenus en illimité

Sauvez Soutenez une rédaction indépendante
(et sympa)

Profiter d'un confort
de navigation amélioré

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Arnold Petit - Rédaction
13/05/2022 à 15:08

Bonjour, @Ixelle

EuropaCorp n'est pas "mort" à proprement parler, mais connaît de sérieuses difficultés financières depuis Valérian et a été placé en procédure de sauvegarde en 2019 (plan de sauvegarde qui a été prolongé de deux ans en mars 2021). Le groupe Vine Alternative Investments l'a racheté début 2020 et la société tente de sortir la tête de l'eau par n'importe quel moyen depuis.

Geoffrey est revenu en détail sur l'échec de Valérian et ses conséquences sur EuropaCorp dans un article : https://www.ecranlarge.com/films/dossier/1004781-valerian-et-la-cite-des-mille-planetes-le-desastre-qui-a-mis-a-terre-luc-besson-et-europacorp

Cinéphiles23
13/05/2022 à 11:58

Après chacun ses goûts, moi j'adore Luc Besson et j'attends avec impatience son film d'horreur sur les Minimoys ainsi que le film de Cyril Hanouna prévu pour 2023.

J'espère qu'Ecran Large couvrira comme il se doit ces deux Événements cinématographique d'ampleur pour le 7eme art francophone ^^

Miami81
13/05/2022 à 09:53

Vous êtes dur, certes le film n'est pas inoubliable et les couleurs sont assez fades, mais c'était un film assez ambitieux dans la production tricolore.
De mémoire, les scènes de course étaient assez dynamiques et il y avait pas mal de bonnes idées.
Vu au cinéma à l'époque et je suis ressorti avec un avis mitigé. Content que la France prouve qu'elle pouvait faire des films ambitieux autres que des comédies, mais comme d'habitude avec les productions Europacorp, des faiblesses dans les scénarii. Besson était toujours à l'écriture des scenar (pour des questions de royalties ou non) avait souvent de bonnes idées, mais le résultat final est toujours en demi teinte.
Reste qu'Europacorp manque au cinéma français en terme de proposition autre de ce qu'il se fait dans la production hexagonale.

Ixelle
12/05/2022 à 23:52

Bonsoir Monsieur Petit,
À plusieurs reprises des articles du site ont évoqué la mort d'EuropaCorp, s'agit-il d'une certaine exagération ou bien les indicateurs financiers vont vraiment dans ce sens ? L'activité de la société est-elle véritablement en danger ? Pouvez-vous m'éclairer ?
Merci d'avance (et merci tout court à EL d'être si singulier sur le marché de la presse ciné, ne changez rien !)

Marvelleux
12/05/2022 à 22:52

Vu au ciné, avis mitigé.

Too bad
12/05/2022 à 18:41

Après au moment où cette adaptation est faite, la bande dessinée elle même était sur le déclin. Je ne sais pas si Jean Graton était encore en mesure d’être lucide. Et de la même manière que pour Valerian, Luc Besson aurait du être épaulé ! Une fois encore on ne peut qu’être atterré pas le fait que compte tenu de la qualité exceptionnelle de la bande dessinée franco belge on soit incapable d’en tirer des films ou des franchises passionnantes !

votre commentaire