Les Éternels : le meilleur Marvel depuis longtemps, ou le pire ?

La Rédaction | 3 novembre 2021 - MAJ : 04/11/2021 13:25
La Rédaction | 3 novembre 2021 - MAJ : 04/11/2021 13:25

Les Éternels, le nouveau film Marvel, ne fait pas l'unanimité. Est-ce que le meilleur ou le pire de Marvel, en un film ? Le débat est ouvert.

Après Black Widow et Shang-Chi et la légende des Dix Anneaux au cinéma, et WandaVision, Falcon et le Soldat de l'Hiver et Loki sur Disney+, Les Éternels était le grand rendez-vous de la Phase 4 du MCU.

Centré sur une bande de super-héros et super-héroïnes purement cosmiques, avec un casting étonnant (Salma Hayek, Angelina Jolie, Gemma Chan, Richard Madden, Brian Tyree Henry, Barry Keoghan, Kumail Nanjiani) et une réalisatrice oscarisée (Chloé Zhao), le film était un pari plus ou moins risqué. Car au fond, la marque Marvel suffit à vendre.

 

 

Mais Les Éternels divise déjà, avec une critique américaine très tiède, et l'équipe Ecran Large divisée sur la question. Peut-être même comme jamais sur un Marvel. D'où un dossier pour décortiquer le blockbuster, avec d'un côté les raisons d'y voir un film réussi (Geoffrey), et de l'autre, les raisons d'y voir un bon gros ratage (Simon). Que la baston commence.

ATTENTION SPOILERS

 

 

c'est pas un marvel comme les autres

PARFOIS, OUI. Dans Les Éternels comme dans tout Marvel digne de ce nom, il y a des héros et héroïnes, une fin du monde à éviter, divers problèmes personnels (amour, doute et trahison), et de grandes pistes pour l'imaginaire. A priori, rien de neuf sous le soleil MCU donc. Sauf que si, un peu. Parfois.

Concrètement déjà, Les Éternels est le premier film Marvel à cocher quelques cases : premier groupe de personnages diversifié, première scène de sexe (à mettre entre énormes guillemets, Watchmen peut dormir tranquille), premier super-héros gay, première super-héroïne sourde. De quoi provoquer un anévrisme chez une partie furieuse du public qui pourra faire le bingo des mots clés du moment (woke, quota, propagande, féminisme, et autres machins). Mais en réalité, tout ça a du sens l'intrigue, centrée sur un groupe d'êtres cosmiques devant passer inaperçus sur une planète qu'ils doivent protéger.

 

photo, Gemma ChanPower Rangers force verte

 

Mais au-delà de ça, Les Éternels a tout d'un pari nouveau pour le studio. C'est une nouvelle grosse équipe de super-héros et super-héroïnes, qui se déroule dans une nouvelle facette de l'univers, quasi déconnectée du reste des histoires. Sans rendre justice aux folies stylistiques de Jack Kirby, la mythologie se révèle bien plus fantaisiste que le reste du MCU, avec notamment le pouvoir central (Uni-Mind) qui ferait passer la moitié des films du MCU pour de la hard SF.

Enfin, la mort de plusieurs personnages et la narration en flashbacks donnent aux Éternels une couleur un peu différente. Le moule Marvel n'a certainement pas été cassé, et le scénario reprend toutes les ficelles du genre, mais il y a suffisamment de petites idées à droite à gauche pour avoir un sentiment devenu trop rare dans le MCU : avoir sous les yeux une proposition nouvelle, malgré le cahier des charges énorme.

 

PhotoLe jugement dernier est proche

 

OUI... MAIS NON : le film est... différent. Mais parce qu'il viendrait renouveler la formule Marvel ou proposerait une intense prise de risque. Pas parce qu'il fait mieux que ses aînés. Parce qu'il fait moins bien. On a lu - et c'est pour le moins crédible - que la présence de l'oscarisée Chloé Zhao avait été synonyme de liberté renforcée pour l'autrice, ce dont pourrait assister son crédit de co-scénariste, ce dont tous les metteurs en scène du MCU ne peuvent se targuer. Malheureusement, il ne suffit pas de greffer un artiste au style marqué à un blockbuster pour transformer la croûte en art.

Et on sent que la méthode Zhao ne fait jamais corps avec les attendus d'une grosse machine de divertissement populaire. En effet, les spécificités que veut inclure la cinéaste paraissent toutes terriblement timorées. Pourquoi nous annoncer une scène de sexe en grande pompe, quand cette dernière semble sortie d'un vieux Roger Moore ? Pourquoi zigouiller tant de personnages, si on ne fait rien pour les caractériser efficacement au préalable ? Pourquoi soigner une poignée misérable de plans cosmiques, et enchaîner des environnements terrestres d'un vide désolant ? Et comme les tares habituelles (des blagounettes envahissantes, aux enjeux tièdes) sont eux, plus présents que jamais, ce n'est certainement pas positivement que se distingue ce nouveau chapitre du MCU.

 

photo, Kumail NanjianiQuand Bioman rencontre Nomadland

 

C'est l'un des marvel les plus ambitieux

OUI. Les Éternels, c'est dix nouveaux personnages sortis de nulle part, jamais évoqués ou présentés dans le MCU, et qui débarquent tous d'un coup. Quel film avait osé un tel parti ? Dans le MCU, aucun. La moitié des Avengers avait eu droit à des films solo (Iron Man, Captain America, Thor), et les autres étaient déjà apparus à droite à gauche (avec un Hulk qui avait eu son film, mais avec un autre visage). Et les Gardiens de la galaxie représentaient cinq personnages, dont un qui ne parle quasiment pas. Hors MCU, même chose, que ce soit Justice League, Les 4 Fantastiques ou Watchmen. Même le premier X-Men était focalisé sur moins de personnages.

Rien que pour ça, Les Éternels a une ambition évidente, d'autant plus que ces personnages créés par Jack Kirby sont inconnus du grand public. Une ambition également présente dans la dimension de l'univers, étalé à travers le temps et l'espace. Entre les origines cosmiques des héros et héroïnes auprès des Célestes, les flashbacks où ils traversent l'histoire de l'humanité, et l'aspect plus fantasy de leur mythologie, le film veut clairement ouvrir les portes d'un MCU plus magique. Et peu importe qu'on trouve ça réussi ou ridicule : il y a une ambition, et c'est déjà mieux que la majorité des films du même genre.

 

Photo Kumail Nanjiani, Lia McHugh, Gemma Chan, Richard Madden, Angelina Jolie, Ma Dong-SeokL'attaque des clones

 

COURS FORREST ! Où s’arrête l’ambition et où commence la maladresse ? Multiplier les protagonistes si aucun n’a droit à un développement digne de ce nom est-il franchement un gage d’ardeur ? Résolument pas. A fortiori quand la dimension “cosmique” tant vantée et annoncée depuis des mois se révèle, comme bien trop souvent chez Marvel, un amuse-gueule défraîchi.  Plutôt que son coeur, l'outre-espace et les entités qui le peuplent n'est qu'un vague sous-texte à peine effleuré, puisque le gros de l'action se déroule à Londres, dans des flashbacks sur fond vert, et dans une nature cruellement vide, qui évoque plus les décharges reconverties de la périphérie parisienne que le creuset d'une imagination fertile.

Que ceux qui espèrent un grand divertissement spatial, qui les emmènera aux confins de galaxies telles que seul Jack Kirby parvint à les imaginer et les retranscrire au gré de ses fameuses planches psychédéliques se fassent une raison. Cet aspect occupe une petite quarantaine de secondes dans le film, à la faveur d’une poignée de plans numériques. Certes, leurs perspectives offrent un beau gigantisme. Certes, il y a là un brin d’inédit au sein du MCU (pour qui n’a jamais vu Les Gardiens de la Galaxie). Mais trois costumes en mousse, une paire de vannes et un décor plastifié plus tard, il ne fait aucun doute que tonton Mickey n’a pas plus d’ambition galactique qu’un sénateur avec une dégustation de tête de veau ravigote. 

 

photo, Lauren RidloffEnfin une plage où personne ne prendra de coup de soleil

 

c'est le marvel qui te fera (enfin) chialer

PEUT-ÊTRE. Comme tout bon blockbuster basique, les films Marvel ont toujours joué sur deux tableaux pour soutirer des larmes au public : les histoires d'amour (Steve et Peggy, Wanda et Vision), et les morts héroïques (Yondu, Gamora, Natasha, Iron Man). Les Éternels suit donc ce schéma, mais avec plus d'ampleur que la moyenne.

Ici, il y a triple ration de corbillards, puisque Ajak et Gilgamesh sont tués en cours de route, prouvant que ces Eternels portent parfois mal leur joli nom. Les morts de la cheffe et du plus puissant de l'équipe permettent de gonfler les enjeux, et rappeler que derrière les blagues de cour d'école, ces êtres immortels peuvent aussi passer l'arme à gauche. Et dans un MCU qui a tant de fois joué avec les fausses morts des personnages, ces disparitions ont forcément un impact.

 

photo, Salma HayekAjak éjectée

 

Côté amour, le triangle amoureux neuneu autour de Sersi se révèle bien plus intéressant que prévu, puisque le puissant Ikaris est un traître, capable de tuer sa famille cosmique pour permettre à leur mission d'avancer. Il a tué Ajak, il affronte ses copains, et ne s'arrêtera que face à celle qu'il aime. Tiraillé entre sa tête et son coeur (et pas queue), le cousin de Superman ira crier son nom dans l'espace en plongeant dans le soleil, parce que Icarus oui.

Rien d'extraordinaire sur le papier, sauf que ces ingrédients boostent véritablement la formule MCU. La relation platonique entre Gilgamesh et Thena, le piège d'Ikaris tendu à Ajak et l'affrontement final entre Sersi et Ikaris amènent ainsi des émotions bienvenues au film. Les ficelles sont énormes, mais à l'écran, le talent des acteurs et actrices, et l'attention portée par Chloe Zhao aux visages et aux larmes font une petite différence. Et si certains ont versé une larmichette devant Les Gardiens de la galaxie Vol. 2 ou un des derniers Avengers, Les Éternels n'a pas à rougir.

 

Photo Richard Madden, Gemma ChanIl était trop beau pour être honnête

 

COMME DES LARMES DANS LA PLUIE : Préparez-vous ça risque de vous couler dru sur les joues. Avec plus de deux heures trente minutes au compteur, votre cornée risque fort une réaction allergique carabinée, à force d’observer des endives tirer la tronche au milieu d’étendues désertiques et sous-éclairées. Mais ce qui pourrait bien achever de provoquer convulsion larmoyantes et AVC en série vient plutôt de l’écriture des personnages et de la gestion de l’humour. 

Entre la caricature de second couteau indien qui accompagne Kingo, de longs dialogues qui détricotent totalement la belle mise en scène suspendue de Zhao, ou encore des enjeux, conflits et liens d’une banalité effrayante, on se désole ardemment. Comment se passionner pour une énième trahison de la figure d’autorité ? Comment ne grincer des dents devant un conflit amoureux repiqué directement de Entretien avec un Vampire ou plus récemment Tomorrowland... subitement évacué du récit ? Autant de remugles narratifs, traités avec beaucoup plus d’emphase que d’ordinaire, comme pour mieux souligner leur indigence. 

 

photo, Lia McHughL'authenticité du Pepsi et le goût du 7up : voici Sprite

 

c'est le marvel qui prouve que c'est vraiment du cinéma

NON, FAUT SE CALMER. En 2019, Scorsese avait la riche idée de comparer les films Marvel à des attractions, en disant que ce n'était pas du cinéma. Un Scorsese-gate qui a traîné pendant des mois, et lancé de nombreux débats plus ou moins débiles sur la hiérarchie des genres. Quelques mois plus tôt, Marvel avait justement engagé Chloe Zhao pour réaliser Les Éternels, après le succès de son deuxième film, The Rider. La réalisatrice travaillait sur Nomadland, et grâce à la magie du timing-pandémie, elle a reçu l'Oscar de la meilleure réalisatrice avant la sortie des Éternels.

La tentation de voir du cinéma chez Marvel est donc là, avec l'espoir que le studio puisse un jour offrir un vrai grand blockbuster d'auteur. Mais il faut savoir raison garder : Les Éternels reste un blockbuster à 200 millions de dollars, conçu comme un épisode dans la saga MCU. Il n'y a aucune révolution dans la recette, et même si Chloe Zhao a bel et bien eu une liberté créative, celle-ci reste très relative.

En revanche, il y a de petites touches, çà et là, qui montrent une sensibilité. En filmant parfois longuement (du moins dans un tel film) des visages silencieux, ou en chargeant les scènes les plus simples de la plus grande émotion, la réalisatrice rappelle régulièrement qu'elle s'intéresse avant tout aux regards et aux mots de ses personnages. C'est peu, mais c'est suffisant pour placer Chloe Zhao parmi les cinéastes qui ont apporté leur (petite) pierre à l'édifice Marvel, au même titre que James Gunn, Joss Whedon, Shane Black, Taika Waititi, ou encore Joe Johnston.

 

photoL'un des moments de pseudo cinéma, sûrement

 

Calmos les cosmicos : Tout d'abord, s'il avait fallu attendre plus d'une vingtaine de films pour prouver que le MCU relève bien du cinéma, c'eût été justement un cruel aveu d'échec, quand la vérité est plus simple. Simple, et cruelle. Marvel c'est vraiment du cinéma, mais du cinéma vraiment mauvais. C'est d'ailleurs le choix de Chloé Zhao au poste de réalisatrice qui en témoigne le plus brutalement. On en touchait un mot plus haut, il ne suffit pas d'être auteur, et auteur de grande valeur pour ré-enchanter par magie le divertissement populaire. Tout le monde n'est Sam Raimi ou James Cameron.

Et on voit mal, hormis un strict calcul commercialo-marketing, ce qui a pu justifier de choisir une artiste dont les particularités sont les longs plans en décors naturels, usant d'images volontairement sous-exposées et mêlant le documentaire à la fiction, a pu sembler un choix pertinent. Par conséquent, et parce qu'il n'existe aucun espace qu'elle puisse occuper pleinement dans ce projet, la réalisatrice n'existe que par touches microscopiques, bien incapables de toucher à ce qui fait l'âme de Marvel : sa formule thématique et narrative. Comme quoi, il suffit que tout change pour rien en change.

Il y a quelques mois, quand Martin Scorsese qualifiait les productions Marvel de "parcs d'attractions" plus que de créations de cinéma, c'est précisément ce qu'il entendait : une entreprise de divertissement dont les buts tendanciels sont la sécurité maximum, l'incarnation minimum, le tout en tentant de prendre le moins de risques possible. C'est ainsi qu'une réalisatrice de grand talent, mais au langage filmique radicalement incompatible avec un projet y est adjointe, à la manière d'un chef de chantier identifié rassurant un assureur, sans que personne ne paraisse jamais se soucier de la matière première qui met le cinéma en branle, à savoir nos émotions.

 

PhotoCosmique ? Vous avez dit cosmique ?

 

c'est visuellement super

OUI ET NON. D'un côté, oui, parce que Les Éternels change la formule du MCU. Adieu les éternels intérieurs type bureaux vitrés et appartements impersonnels. Adieu les ennuyeuses rues de métropoles et façades de building sans âme. Chloe Zhao filme ses personnages dans des extérieurs, certes probablement sur fonds verts, mais avec un désir de les inscrire dans la nature.

Forêt, désert, plage, glace, roches, bois, océans ou encore volcans, avec des horizons dégagés : Les Éternels fait l'effet d'une bouffée d'air. Et de la même manière que le casting représente un échantillon de l'humanité, le film montre la Terre sous toutes ses coutures, bien au-delà des centres-villes américains. Soit une petite révolution pour un MCU sponsorisée par une entreprise de béton et goudron depuis une décennie.

 

Photo, Angelina JolieAllez, on va dire qu'on y croit

 

Néanmoins, Les Éternels porte les défauts quasi inévitables d'un film Marvel. À commencer par les effets visuels parfois moyennement satisfaisants, lorsque l'image est envahie de machins dans un tourbillon de Déviants, tirs lasers et armes magiques. La photographie de Ben Davis (qui fait partie des meubles Marvel puisque déjà sur Avengers : L'Ere d'Ultron, Les Gardiens de la Galaxie, Doctor Strange et Captain Marvel) est elle aussi un peu tristounette. Hormis quelques effets de style typiques de Chloe Zhao, où la lumière du soleil envahit l'image, Les Éternels manque d'une vraie patte visuelle.

 

photoLa SPA fait bien mal son travail

 

NON ET LES OPHTALMOS SONT VOS AMIS : On garde un souvenir ému de Kevin Feige, fasciné que sa réalisatrice pousse la radicalité spatiale de son film en allant jusqu'à filmer un véritable coucher de soleil. Ce qui revient à s'émerveiller de voir un cuisinier allumer un four pour réaliser un gratin dauphinois. C'est dire à la fois de quel désert esthétique on part, et vers quelle décharge visuelle on se dirige. Il y a bien une singularité qui se dégage de cet épisode du MCU, mais cette dernière ne rime pas à grand-chose. Tout d'abord parce qu'elle est foncièrement incohérente, en cela que les dialogues et l'action viennent régulièrement remettre le film sur ses rails industriels, tant et si bien que Zhao paraît n'avoir été là que pour assurer quelques plans généraux ou dupliquer mollement la photographie de ses 3 précédents films.

Impossible de savoir si cela vient d'éventuelles difficultés de l'artiste oscarisée à diriger un plateau au fonctionnement radicalement de ses précédents travaux, à mi-chemin entre fiction et documentaire, ou si nous assistons simplement aux coutures voyantes d'un produit dont le responsable n'a jamais pleinement la maîtrise, mais le montage de l'ensemble vire régulièrement à la catastrophe. On pense notamment à l'introduction, en partie visible dans la bande-annonce, alors que Tena latte du Deviant, sans jamais que la scène soit en mesure d'emballer un raccord correct.

 

Photo Angelina JolieIl ne faut jamais repenser trop longtemps au Berceau de la vie

 

c'est les nouveaux avengers qu'on veut suivre dans l'univers

OUI, POURQUOI PAS. Ce n'est pas un hasard si une scène du film, utilisée dans la promo, montre les Eternels en train de plaisanter à propos du futur des Avengers, sans Iron Man et Captain America. La bande de super-héros et super-héroïnes a beau perdre la moitié de ses effectifs pendant la bataille, il y a clairement plusieurs fortes têtes qui sont destinées à revenir ; sans oublier l'arrivée de Starfox et Black Knight, qui ont eux aussi eu une place dans l'équipe des Vengeurs.

L'un des prochains grands enjeux du MCU sera de réorganiser les troupes sans les visages emblématiques, et les Eternels seront parmi les options. Tant mieux ? Oui, en partie. Déjà parce que Sersi, Thena, Kingo, Phastos, Makkari et Druig ont des pouvoirs variés et très visuels. C'était l'un des problèmes de la première équipe Avengers, et c'est pour cette raison que Joss Whedon avait amené Scarlet Witch et Quicksilver pour booster l'imagerie super-héroïque. Armes magiques, super-vitesse, transformation moléculaire... les Eternels ont des atouts pour booster les scènes d'action, comparé aux Hawkeye, Falcon et autres Captain America bis.

Par ailleurs, cette nouvelle équipe a beau rester dans les clous (une famille bordélique, avec figure maternelle, figure paternelle, figure d'ado rebelle, etc.), elle est faite d'un autre bois. Ce ne sont pas des humains touchés par la grâce divine d'une expérience scientifique, d'une pierre magique ou d'une trouvaille incroyable, mais de pures créations, aux origines obscures et immortelles (mais pas invincibles, sinon aucun intérêt). De quoi amener une nouvelle donnée dans l'équation, et potentiellement change (un peu) la donne, notamment dans le rapport aux humains et aux menaces.

 

photoChoose your fighter

 

DE TOUTE FAÇON, ÇA N’AURA PAS LIEU : Inutile d’établir en quoi ce groupe de personnage est caractérisé en dépit du bon sens, n’a que bien peu de chair à offrir au spectateur, et ce qui fait de quasiment chaque protagoniste une aberration en soi, puisque le film règle à peu près la question de cette équipe, qui ne gardera jamais la galaxie. Et pour cause, avec plusieurs membres décédés, tués, suicidés ou renonçant à leurs pouvoirs, avant que le climax ne les sépare durablement, on ne peut plus vraiment considérer Les Eternels comme un groupe en tant que tel. 

Et ce n’est sans doute pas un hasard, tant tout le long du récit, on est abasourdi par la légèreté avec laquelle le scénario comme la mise en scène traitent les interactions entre ses membres. On regrettera l’absence de hiérarchie, complémentarité ou gradation entre les pouvoirs, qui dit bien quel est le projet. Certainement pas servir d’alternatives aux Gardiens de James Gunn, mais plutôt installer une série de jokers cosmiques, dont le MCU pourra disposer dès qu’il veut changer de focale, de décor, ou qu’il a besoin d’un pouvoir absurde pour permettre à untel ou unetelle de s’extraire d’une situation donnée.   

 

photoAvengers : fin du game

 

le casting est d'enfer

OUI. Marvel et Disney ont toujours eu du flair en matière de casting. Que ce soit Robert Downey Jr. (qui n'était alors pas du tout en odeur de sainteté), Chris Evans (qui a plusieurs fois refusé le rôle), Chris Hemsworth (qui sortait de nulle part ou presque), Scarlett Johansson (qui a remplacé Emily Blunt) ou Chris Pratt (qui était plus connu comme un second rôle comique), le MCU a su trouver et utiliser des acteurs et actrices pour créer une galerie de personnages irrésistibles. Et plus que tout autre morceau du MCU, Les Éternels avait besoin de ce savoir-faire.

Avec un paquet de nouveaux personnages à présenter et caractériser en un film, Les Éternels avait un sacré défi. D'où cet équilibre entre les visages connus (Angelina Jolie, Salma Hayek, Richard Madden, Kit Harington) et inconnus ou presque (Gemma Chan, Brian Tyree Henry, Lauren Ridloff), qui fonctionne à merveille.

 

Photo Angelina JolieJolie idée de casting

 

C'est particulièrement évident du côté des noms établis, avec Angelina Jolie dans un rôle de warrior déterminée et statuesque, taillé à sa mesure. Face à elle, le choix de Richard Madden en Superman-like, avec ses mâchoires carrées et sa belle gueule, est également inspiré. Et même si l'écriture du personnage est plutôt abominable, Kumail Nanjiani est lui aussi à sa place. Il suffit d'une scène ou deux pour les imposer à l'écran, et ainsi aider le public à comprendre et adopter les personnages. Ce qui laisse alors plus de place aux nouveaux venus pour exister (notamment Gemma Chan), et trouver un équilibre.

Dernière réussite pour Les Éternels : avoir assemblé une énième famille dysfonctionnelle certes, mais une famille multiculturelle (chose logique pour l'histoire de ces êtres), qui n'a rien à voir avec les Avengers ou les Gardiens de la galaxie. Et l'effet Benetton tant redouté disparaît simplement derrière ces acteurs et actrices, preuve que l'intelligence de casting joue pour beaucoup dans la réussite du film.

 

photo, Kumail NanjianiL'insupportable bonne idée de casting

 

ILS SE RÊVAIENT DEJA EN HAUT DE L’AFFICHE : Mais ils risquent de se réveiller un peu brutalement.  À bien y regarder, à peu près rien ne va dans ce casting. La beauté plastique de Richard Madden compense mal le syndrome constipatoire dont souffre l’artiste, Gemma Chan paraît perpétuellement s’excuser d’une scène à venir, et Angelina Jolie nous rappelle qu’elle est sans doute une des comédiennes les plus charismatiques et sculpturales, mais que ces qualités servent peu quand on incarne un bloc de savon sur fond vert. 

Et on ne parle là que des plus éminents membres de la distribution, laquelle se casse les dents sur une écriture en déroute totale. Impossible pour aucun de lutter contre une structure qui leur confère de micro-apparitions, ne parvient jamais à nuancer leurs apparitions, voire échoue carrément à justifier leur existence. La diversité du casting est remarquablement cohérente au vu de l’objectif des Eternels, envoyés en mission parmi les humains de tous les continents... mais dont on ne comprend jamais l’utilité de leur accoler handicaps ou accents.  Une absurdité contre laquelle ni Lauren Ridloff, Barry Keoghan ou Lia McHugh ne peuvent grand-chose quand bien même ils parviennent à dégager ici et là une relative bonhommie. 

 

PhotoLa fameuse secte du chef décorateur maudit

 

c'est le début de la phase 4 qu'on attendait

OUI. Après la guerre cosmique et interdimensionnelle d'Avengers : Infinity War et Endgame, le MCU a repris le triste chemin du goudron et des paysages urbains. En deux films (Black Widow, Shang-Chi) et trois séries (WandaVision, Falcon et le soldat de l'hiver, Loki), la Phase 4 a surtout réexploité les mêmes décors et les mêmes personnages, quitte à faire un pas en arrière dans un univers pourtant bien plus grand que les centres-villes américains.

Les Éternels arrive donc avec ses gros sabots cosmiques pour véritablement ouvrir de nouvelles portes, enfin. Nouveaux personnages, nouveau coin de l'univers, nouvelles menaces : le film ouvre la voie à de nouvelles histoires et possibilités, et mentionne à peine Thanos et compagnie. Ce qui n'est pas rien, puisque les premiers morceaux de la Phase 4 préparaient surtout la suite (WandaVision pour Doctor Strange 2, Falcon pour Captain America 4, Loki pour Ant-Man 3, Black Widow pour Hawkeye). Sachant qu'en plus, Les Éternels présente les Célestes, soit une nouvelle facette excitante de l'univers (et des créatures parmi les plus puissantes), il y a de quoi y voir, enfin, un lancement en fanfare du prochain chapitre MCU.

 

photoLes vrais gardiens de la galaxie

 

C’EST UN FAUX DÉPART DE PLUS : à force de guetter le véritable décollage de la Phase 4, on en oublierait presque qu’elle est déjà bien entamée, et de triste manière. Le succès des séries Marvel est aussi indiscutable que demeure spectaculaire leur déroute narrative, à la notable exception de Loki, qui aura réussi à raconter quelque chose pendant quasiment tout un épisode. Côté cinéma, le cosmique a viré comique, puis aux larmes. Après un Black Widow embarrassant d’artificialité et un Shang-chi plus ou moins sacrifié sur l’autel d’une communication désastreuse et des retombées de la crise sanitaire, Disney peut se bénir d’avoir réussi jusqu’à présent un sans-faute auprès du public, qui lui accorde encore sa bienveillance. 

Mais malheureusement, Les Eternels marquera peut-être un premier jalon de rupture, tant il embarque l’univers vers des cieux plus bordéliques que spatiaux, ainsi qu’en témoignent tous les nouveaux personnages introduits, tous résolument mineurs, et inconnus du grand public. Dans ce contexte, peu importe que nous quittions la Terre (ce qui est bien loin d’être inédit au sein du MCU) puisque les cales de ce vaisseau sont déjà à sec, et que son pilote ronfle sans vergogne.

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commentaires
Flo
12/11/2021 à 10:51

Non, c'est toujours bêtement à côté : Il n'a rien vu, mais en parle pour se comparer en se victimisant, comme bien d'autres en promo avec "des trucs à dire" (alors qu'il y a d'autres facteurs d'époque qui font se déplacer le public, vous croyez que dans les années 70..?). Et vous le citez à nouveau, donc y participez.
Et retourner le texte à son avantage, ça ne marche pas, on ne peut plus tomber dans le panneau. Trop facile, exemple :
Mépris donc de votre part du cinéma à gros spectacle et de ceux pour qui c'est aussi bon/équivalent que de la composition sophistiquée et des performances intenses et/ou subtiles.
Comme si il ne pouvait y avoir de la place que pour une seule voie, c'est cela...

Quand ça se la raconte au premier degré, ça se voit. C'est ça du prétentieux.
Et quand ça tourne autour du pot sans parler plus en détail de l'objet lui-même, c'est pas loin d'être la même chose - Vu au Cercle de Canal Plus pour ce film : tout reste à la surface de la part de tous les analystes, au lieu de creuser au delà, directement (pour respecter le timing de l'émission).
Tandis que pour les autres films présentés, moins. Et les points de vue sur ces films s'ajoutent les uns aux autres autant qu'ils peuvent s'opposer. Le boulot est fait, avec la théâtralité subjective de ceux qui s'exposent certes...

Alors question : Guillermo del Toro pouvait bien passer d'un "Échine du diable" sensible et mélancolique en étant subtilement surnaturel, à un "Blade II" franchisé, trash, beauf mais à l'énergie hyper excitante. Parce-qu'il aime ça, ça reste le même artiste, il ne se dévalue pas pour autant (pareil quand il ira faire le très "cowboy" "Pacific Rim" après le dit respectable "Labyrinthe de Pan").
Pourquoi avec Chloé Zhao, ce ne serait pas le cas ? Ça reste ici une autre de ses histoires de prédilection à propos d'individus assez disparates évoluant en marge du monde. Ce qu'ils sont également dans les comics. Et ainsi elle peut utiliser d'autres "muscles" de mise en scène (ou se former à ça), et apporter brièvement un peu de stylisation sobre à l'Oeuvre globale du MCU (Ajout, encore. Corps qui bouge tranquillement plutôt que radicalement).
Tout comme Jon Favreau racontait son habituelle histoire d'héritage conflictuel père/fils dans ses deux "Iron Man", jusqu'à Cate Shortland et ses histoires de violences et de femmes... Même à un petit niveau évident et sans grande starisation, ça compte.

Donc "le meilleur et le pire", ici ça n'a plus aucun sens, ça n'est que de l'expression vendeuse - de toute façon, lorsque le film navigue à vue en faisant vraiment n'importe quoi, tout ce qu'on en dit ce sont surtout des vannes en rafales - et oui, "Venom"...

Simon Riaux - Rédaction
11/11/2021 à 16:06

@Flo

"le mode de production est adapté à un divertissement grand public"
Hors sujet, inexact, et absurde. Ce n'est pas ce dont cause Scorsese, et "le mode de production", ça ne veut rien dire, il existe des films "grand public" depuis l'avènement du cinéma, et quantité de modes de prod. Encore raté donc.

"Qui prétend se croire plus intelligent (synonyme de pensum ennuyeux pour les plus jeunes), voilà. "
Je n'ai jamais vu un film prétendre quoi que ce soit. Des auteurs, éventuellement. Des commentateurs, fréquemment. Quand on qualifie un film de prétentieux, c'est souvent ses propres complexes ou son poujadisme mal assumé qu'on met en avant, sans rien dire de l'oeuvre qu'on commente.
Plus embêtant, on lance une notion à nouveau hors-sujet. Car si on cherche où se trouve la prétention (à supposer qu'elle soit une valeur négative), on pourrait tout à fait soutenir que la prétention est dans le geste consistant à ambitionner de rassembler absolument tout le monde en écrasant la concurrence. Ce serait, là aussi, un raisonnement idiot.


"Pas comprendre quand c'est suffisamment grand au niveau de l'image et du son ?"
Soit vous n'avez pas compris le sens de votre phrase, soit vous faites un grossier contresens. Vous évoquez des oeuvres "à la hauteur du grand écran". La formule est grossière, elle évoque l'idée répandue qu'il y aurait des films qui "mériteraient le grand écran", en termes d'ambition visuelle et de spectacle. C'est d'un mépris terrible pour soi-même, le reste du public et le cinéma en général.

" Le commun des mortels aurait-il tout le matos à domicile maintenant ? Vous devez vivre dans un monde dans lequel vous pouvez dépenser sans compter. "
Personne ne dit rien de tel. Peut-être connaissez-vous mal la situation socio-économique de la France, mais les journaleux du web et de la culture ne sont pas franchement en situation d'y dépenser sans compter.

Flo
11/11/2021 à 15:05

Réponse idiote : le mode de production est adapté à un divertissement grand public, celui qui amène du monde dans les salles pour voir aussi d'autres types de films adultes, dans les salles à côté. Sauf bien sûr quand le vieux se vend à la plateforme Netflix pour quelques dollars de CGI inutiles (prendre des acteurs jeunes, non ?).
Hors sujet donc.
Qui prétend se croire plus intelligent (synonyme de pensum ennuyeux pour les plus jeunes), voilà. Trop compliqué à définir ? Même "Dune" y échappe grâce à son classicisme uniforme, et pourtant il aurait de quoi se la raconter - d'autres le font à sa place.
Pas comprendre quand c'est suffisamment grand au niveau de l'image et du son ? Le commun des mortels aurait-il tout le matos à domicile maintenant ? Vous devez vivre dans un monde dans lequel vous pouvez dépenser sans compter. Et ne parlons pas des sentiments, même basiques, créés par ce qui se raconte... Ce qui se voit, dépensé au service de, en accord avec ce type de personnages, et ainsi sans que ce soit en vain.
Quand on est capable de démontrer cela, c'est toujours bon signe et il n'y a pas à tergiverser inutilement. Sinon, ça devient de la surintelectualisation stérile.

Alors quand vous êtes censé faire du bon travail, vous le faites pour Tous les films, à leur niveau (ici, "pif paf vulgarisé mais montrant des points de vue supplémentaires", ni plus ni moins). Et ce sans préjugés ni effets de mode ou de pub ridicules.

Simon Riaux - Rédaction
10/11/2021 à 16:28

@Flo

"il n'y a aucun débat possible quand le vieux qui le "lance" n'a ni vu ni analysé aucun de ces films ?"
Affirmation gratuite, et idiote, d'autant plus que le vieux ne cause pas du contenu des dits films, mais de leur mode de production.

"en voulant que ça soit autre chose (plus prétentieux)"
Qui a demandé à ce que ces films soient quoi que ce soit d'autre qu'ils ne sont ?
Comment définit-on un film "prétentieux" ? Bonne chance.

"c'est à la hauteur du grand écran"
Je ne sais pas ce que ça veut dire.

"et l'argent se voit"
Vous venez sans doute du monde dans lequel dépenser sans compter aboutit à du spectacle sur bretelle d'autoroute et des effets spéciaux pas finis.

"Donc c'est bien du Cinéma, point."
Quand on essaie de clore soi-même un débat à coups d'arguments d'autorité, c'est rarement bon signe.

Flo
10/11/2021 à 16:17

Et si on vous révélait qu'il y a toujours eu des auteurs dans le MCU, continuant leurs travaux précédents sur des personnages correspondants (sauf ceux engagés au dernier moment) ?
Et si on vous ouvrait les yeux au fait qu'il n'y a aucun débat possible quand le vieux qui le "lance" n'a ni vu ni analysé aucun de ces films ?
Et si vous étiez de bonne foi en acceptant une identité filmique plutôt qu'en voulant que ça soit autre chose (plus prétentieux) - et que la seule chose que vous auriez à me répondre, ce seraient aussi des "Et si", mais vides de sens.

Bref, ça crée des personnages attachants et des scènes amusantes et prenantes, ce n'est pas un fourre-tout sans sincérité, ça a toutes cohérences dans son histoire, c'est à la hauteur du grand écran, ça fait venir du public et l'argent se voit.
Donc c'est bien du Cinéma, point.

menemen
06/11/2021 à 03:18

Eternals n'est pas un film du MCU comme les autres. Oui. Eternals est en vérité un film Disney.
Ambiances, décors, Personnages, costumes semblable aux Disney Live action récentes...
On est à Disneyland. On a envie de faire une photo avec les Eternals et un tour dans le parc attraction des Déviants.
Sujets sur l'humanité effleurées, des siècles où l'homme s'entre déchire mais tout va bien les Eternals mènent une vie paisible dans leurs coins, pas réelement de questionnement sur leurs existences. Pourquoi vivre ?
Alors que Superman était lié à sa mére et Lois, dans Eternals, des vagues signes d'amours. Ikaris qui font en larmes pour je ne sais quelle raison, bon.
Une mythologie ambitieuse pour une réalisatrice sans ambition, c'est le plus gros défaut du film. 200M de budget, The Green Knight avec ses 15M de budget a un univers mythologique.
Et quand je lis que Eternals est une vraie proposition Marvel, Non. Bon sang, le dernier plan du film est littéralement un cliffhanger pour future film Marvel.

Pi
04/11/2021 à 20:37

Je me suis gravement ennuyé pendant la projection de ce truc.

Un Marvel bavard, mais bavard. Et pour ne rien dire en plus. Et la plupart des acteurs sont des têtes à claques dont l'apparition à l'écran et les motivations donnent envie de s'arracher les yeux et les oreilles.

Je précise que je ne suis pas du tout un fan de Chloe Zhao qui a réussi à trahir, avec Nomadland le film et Frances McDormand la femme au regard perpétuel de cocker constipé, Nomadland le bouquin de Jessica Bruder qui est une enquête à charge contre le travail précaire des vieux aux USA et plus particulièrement contre Amazon qui transforme cette détresse d'une population qui a travaillé toute sa vie et qui mourra en bossant pour rien, en profits colossaux. Pour ceux qui ont trouvé le film intéressant, lisez le bouquin pour comprendre de quoi je parle.

Pour moi, on est avec cette réalisatrice dans un cas typique de mercenariat de quelqu'un qui se sert du du ciné indépendant comme tremplin et qui après avoir décroché un Oscar sur un malentendu est allé vendre à Disney son nom comme label arty à une transnationale du divertissement qui produit de l'insipide au kilomètre.

Le film est relativement sans intérêt et comme pour le reste des récits majeurs créés par Marvel, par exemple Civil war, l'adaptation live est juste consternante. Jack Kirby doit se retourner dans sa tombe.

Kouak
04/11/2021 à 17:10

Bonjour,
ce n'est pas un Marvel comme les autres car la réalisatrice n'est pas non plus comme les autres...
Du moins, pas comme les autres réalisateurs/trices de chez Marvel/Disney...
Ce n'est pas le film en soi qui me refroidi, mais tout simplement l'histoire...Et les personnages.
Et le "cahier des charges", indissociable des films du MDCU...("D" pour Disney)...
Pour le coup, je passe mon tour, même si je reste attentif aux retours de projections...
Aaahhh qu'il est loin le 1er Iron man !!...
Mais bon...C'est ainsi...

Marc
04/11/2021 à 14:26

M Riaux : depuis que le captain Kirk est vraiment parti dans l espace rien n est impossible … ! Ah ah ah

Simon Riaux - Rédaction
04/11/2021 à 14:14

@Elspawn

Peut-être le souci vient-il du fait que vous ayez parcouru l'article, plutôt que de le lire, ainsiq que vous le précisez vous-même.

"tourner dans l'espace, ça se fait?" Ce n'est aucunement le sujet ici, ni le reproche qui est formulé. Le film se pose comme l'adaptation d'un comics les plus "cosmiques" de Marvel, dont les planches de Kirby sont demeurées emblématiques. Une ambition qui me paraît ne jamais se retrouver dans le film.
Quant aux plans numériques, ils me paraissent témoigner d'une méthodologie de production assez pauvre et en totale contradiction avec les ambitions artistiques revendiquées aussi bien par le studio que la réalisatrice.

Comme le précise justement Geoffrey, je comprends mal en quoi quiconque pourrait se sentir montré du doigt pour avoir apprécié le film... après avoir lu un article consacré au moins à 50% à la défense de ce dernier, sur un site qui en a publié une critique très favorable.

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