The House of the Devil : ne le regardez pas, vous ne dormirez plus jamais

Simon Riaux | 7 octobre 2021 - MAJ : 07/10/2021 18:33
Simon Riaux | 7 octobre 2021 - MAJ : 07/10/2021 18:33

Rares sont ceux qui ont croisé la route sanguinaire de The House of the Devil, ce film aux faux airs de trip rétro. Plus rares encore sont ceux qui ont trouvé le sommeil après.

Cela n'a rien d'un scoop, le succès international de Quentin Tarantino a quasiment institutionnalisé le marché de la nostalgie à Hollywood, encourageant cinéastes et producteurs à se ruer sur les totems de leur jeunesse cinéphilique et à rejouer leurs classiques, ou à dépoussiérer des curiosités oubliées, parfois avec opportunisme. Et quand démarre The House of the Devil, impossible de ne pas avoir le sentiment d'enfiler de vieilles charentaises sorties d'un carton datant des années 80, tant le film paraît se lover dans la tradition horrifique de l'époque.

Image granuleuse de la pellicule 16mm, photo maussade, titraille jaunie et envahissante... On a vite fait de se croire devant un classique de vidéoclub déterré par un distributeur curieux, ou tout simplement un de ces films fétichistes, s'échinant à reproduire tous les emblèmes d'une époque révolue. Sauf que rapidement, Ti West, ici scénariste et metteur en scène, propulse son récit sur d'autres territoires.

 

photo

photoL'affiche française, bien plus racoleuse que ses versions étrangères

 

IL ÉTAIT UNE FOIS

Elle étudie, mais sans le sou, veut mettre un peu de beurre dans ses épinards en gardant des enfants après les cours. Quand un mystérieux couple la contacte pour s'occuper, contre d'importants émoluments, de leur descendance le temps d'une nuit, elle est ravie. Mais elle découvre rapidement que ses employeurs n'habitent pas seulement dans la maison la plus flippante de l'hémisphère nord... Ils n'ont pas d'enfant. Et voilà qu'une très longue nuit commence.

Le premier tiers du film nous installe dans un univers familier, dont presque chaque élément renvoie autant à une certaine culture horrifique populaire qu'à une vaste tradition du cinéma de genre. Si on ne les égraine pas tous ici, il est remarquable de constater combien l'intrigue, au premier regard, nous installe dans un ludique jeu de représentations et de symboles. Notre héroïne est une étudiante qui espère améliorer son quotidien en travaillant comme babysitteuse.

 

photo, Jocelin DonahueSamantha Oups !

 

Depuis Black Christmas, une sorte de pré-Slasher visionnaire et programmatique sorti en 1974, l'étudiante est progressivement devenue une figure à part entière de l'horreur, charriant ses innombrables stéréotypes. Son incarnation "terminale", celle qui aura su le mieux saisir cet ensemble d'idées pour les intégrer au sein d'un unique personnage, tout en les commentant, est probablement l'iconique Sidney de Scream. La babysitteuse n'est pas en reste, et depuis Halloween en 1979, le métier est quasiment devenu une option de série au sein du cinéma d'exploitation. Jusque dans sa coiffure et son physique, la comédienne Jocelin Donahue entretient l'illusion d'un précipité de pop culture.

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commentaires
Nico
09/10/2021 à 22:19

@ The insider 38
Tout à fait d accord, j espère pour le réalisateur qu il l'a fait un petit peu exprès !

The insider38
09/10/2021 à 22:13

Souvenir de projo : à la sortie et pendant le film , plus mort de rire que de peur. Une bonne place l’attend sur Nanardland

L'autre
08/10/2021 à 14:13

Des avis très divergent sur ce film par ici ! Perso j'ai bien aimé la forme et l'envie de faire à l'ancienne mais sinon j'ai trouvé cela très soporifique et très oubliable ! Comme quoi...

Ziterk
08/10/2021 à 13:21

Une petite perle, efficace comme rarement.

Bob
08/10/2021 à 11:25

Tiens, je suis totalement passé à côté de ce film…

Comme j’ai appris au fil des commentaires que je peux toujours me fier aux critiques de Simon Riaux, je fonce me le dénicher !

Thom1979
08/10/2021 à 10:54

Une immonde daube ce film. Ultra surestimé.
Le film raconte juste l'histoire d'une fille qui se ballade seule dans une grande maison. Il y a du bruit dans une pièce, elle va voir, il y a rien, un autre bruit ailleurs, elle va voir toujours rien...ça dure comme ça pendant 1h20 et la fin est ridicule est ultra prévisible.

Davmey
08/10/2021 à 10:39

Un film complètement anecdotique et pas effrayant pour un sou, qui tente de faire de l'horreur 70'/80' sans en adopter les codes.

GTB
08/10/2021 à 01:28

Film hautement recommandable effectivement, j'avais beaucoup aimé ce qu'il tentait. Le cinéma de Ti West est assez intéressant.

sylvinception
08/10/2021 à 00:11

Aucun problème personnellement pour m'endormir, et surtout pour oublier cette purge.
Il en faut vraiment très peu à Riaux pour avoir les chocottes.

A !nkytos
07/10/2021 à 23:41

Oh ! The House of the Devil ! Ça avait été une très bonne surprise au festival de Gerardmer où je l'avais vu. Film qui prend le temps de raconter son histoire, bonne atmosphère, je recommande aux amateurs du genre.

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