Dune : ce qui manque pour en faire une adaptation parfaite (ou presque)

La Rédaction | 15 septembre 2021 - MAJ : 19/09/2021 15:02
La Rédaction | 15 septembre 2021 - MAJ : 19/09/2021 15:02

Dune, réalisé par Denis Villeneuve et adapté du livre culte de Frank Herbert, est enfin là. Et enfin à la hauteur ?

Entre les Marvel (Shang-Chi et la légende des Dix Anneaux, Les Éternels), James Bond dans Mourir peut attendre ou encore Venom : Let There Be Carnage, il y a Dune, attendu comme le messie par de nombreux fans depuis des années.

Le film porté par Timothée Chalamet arrive dans les salles françaises le 15 septembre, et affronte une attente immense, notamment parce qu'il devait sortir l'année dernière.

Après notre critique de Dune, place au décryptage, avec spoilers, pour revenir sur différents points qu'on trouvé réussis, décevants, ou ratés.

ATTENTION SPOILERS

 

 

LE MEILLEUR

LA MUSIQUE

Hans Zimmer avait déjà participé à la musique de Blade Runner 2049, le précédent film de Denis Villeneuve et lorsque celui-ci lui a proposé de composer celle de Dune, l'Allemand a accepté au point de refuser de s'occuper de celle du Tenet de son ami Christopher Nolan. Autant dire qu'on pouvait espérer de grande chose de la bande-originale de Dune, d'autant plus que le compositeur a confié être un amoureux de la saga de Frank Herbert.

Et force est de constater que sa bande-originale tient plus que ses promesses. C'est bien simple, Hans Zimmer n'a jamais été aussi inspiré pour une partition depuis Interstellar de Christopher Nolan. Son amour pour l'univers semble l'avoir poussé à donner son meilleur pour retranscrire ou inventer les sonorités de ce monde nouveau aux civilisations futuristes. À tel point que trois albums différents sortiront tout au long des sorties du film à l'international (un sketchbook, la musique du film et une musique créée pour accompagner la lecture du livre original).

 

 

Un travail dantesque et riche qui a permis au film de conserver les meilleurs pour le film. En effet, chaque création sonore de Zimmer s'enchaîne de manière réfléchie et originale durant les 2h35 d'épopée. Plus qu'un accompagnement, la musique saisit l'atmosphère de cette mythologie unique, que ce soit la rudesse des Harkonnen, l'étrangeté des Bene Gesserit, la mystique de la planète Arrakis ou son gigantisme à travers les scènes d'action. Elle vient à tout moment bousculer le tempo, le raffermir ou muter les désirs des personnages (ces nappes musicales accompagnant le personnage de Paul).

Les choix instrumentaux sont d'ailleurs particulièrement judicieux à l'image de l'utilisation de cette cornemuse pour l'arrivée des Atréides sur Dune. En mettant en avant leur arrivée avec un instrument typique de Caladan (dans un esprit très irlandais/écossais), la musique vient surligner cette idée de colonisation voire de possibles assimilations avec une nouvelle gouvernance. Cependant, la musique mue au fur et à mesure et devient celle des Fremen, ou plutôt d'Arrakis elle-même entre les chants humains, les sonorités orientales et les bruits sablonneux.

De quoi mieux montrer que les Atréides ne peuvent pas changer Arrakis, mais qu'à l'inverse, c'est Arrakis qui les change. Et ça tombe bien puisque le peuple mené par le Duc Leto est tout à fait prêt à transformer sa civilisation pour mieux s'accoutumer avec celle de Dune.

 

 

L'ARMÉe de seconds rôles

Le casting a beau ressembler à un portfolio des visages hollywoodiens du moment (la moitié du casting est apparue dans un Marvel et les autres, dans une franchise ou une autre), il compose un rang de seconds rôles extrêmement solide.

Oscar Isaac en duc Leto ? Un choix merveilleux vu le charisme et la prestance de l'acteur, parfait mélange de virilité noble et de sensibilité évidente. Rebecca Ferguson en Jessica ? Une idée excellente, d'autant que le rôle est écrit pour avoir une palette d'émotions plus fortes et explicites. Rien que ce duo apporte une belle dimension au clan Atréides, avec une force tranquille qui leur permet de s'imposer en quelques scènes, sans effort ni abondance de dialogues.

 

photo, Oscar Isaac"On ne s'est pas déjà vus à un pot chez Disney ?"

 

Aux côtés de ces deux monstres de cinégénie, pas une fausse note. Certes, Denis Villeneuve n'a pas été très loin pour imaginer Jason Momoa en Duncan Idaho, Stellan Skarsgård en baron Harkonnen, Josh Brolin en Gurney Halleck, ou Dave Bautista en Glossu Rabban, Javier Bardem en Stilgard, ou Charlotte Rampling en Révérende Mère. Mais en réalité, c'est une intelligence de casting à l'œuvre : ces personnages ayant un temps très (trop) limité à l'écran, quel meilleur moyen de les imposer dans l'esprit du public qu'en choisissant des visages et des corps évidents ?

Difficile de ne pas soupirer en voyant Jason Momoa débarquer avec son petit sourire, ses gros muscles et son flegme attendu. Mais impossible de ne pas immédiatement croire à cette figure de grand frère protecteur, qui permet de saisir sans perdre une seconde l'attachement de Paul envers Duncan.

Enfin, le point Liet Kynes. Oui, Denis Villeneuve a réécrit le personnage masculin du roman, pour en faire une femme. Non, ça n'est pas un sacrilège - adapter, c'est trahir, et choisir des acteurs est inévitablement une manière d'imposer une vision en refermant une part de l'imaginaire. Oui, c'est très réussi, pour la simple et bonne raison que l'actrice Sharon Duncan-Brewster est excellente. C'est le contre-exemple, puisqu'elle est à peu près inconnue au bataillon, et s'impose elle aussi d'emblée à l'écran. Et elle apporte à ce personnage très important suffisamment d'ambiguïté et de force pour que Liet Kynes soit centrale à l'écran.

 

photo, DuneIl a bien changé Max von Sydow 

 

DIEU-NIS VILLENEUVE

Denis Villeneuve est parfois pointé du doigt et régulièrement présenté comme un réalisateur surcoté. Avec Dune, ses fervents défenseurs devraient pouvoir continuer à le défendre et ses détracteurs commencer à comprendre qu'il ne mérite pas tant leur haine. Peu importe ce qu'on pense de lui, on ne peut lui enlever cette capacité à créer de la tension avec seulement quelques éléments (la frontière de Sicario, les regards de Enemy) et évidemment, avec Dune, il continue à donner une intensité dans un dispositif simple grâce à des cadres savamment pensés et des angles réfléchis offrant une vraie fluidité visuelle (la scène du Gom Jabbar, la scène de l'attaque contre Paul dans sa chambre, les discussions entre personnages...).

D'ailleurs, le cinéaste porte un regard fort sur les personnages de l'univers et offre parfois de sublimes idées visuelles. Le départ de la Révérende Mère de Caladan plonge le film dans une véritable ambiance extraterrestre, jouant parfaitement avec l'habilité surnaturelle des Bene Gesserit jusqu'au décollage du vaisseau dans une nuit savamment éclairée. Et la discussion qui s'ensuit dans la brume entre Dame Jessica et Paul vient parfaire cette atmosphère envoutante. Au lieu de rentrer dans un bâtiment, les deux échangent à distance, dans la nuit et la pluie, donnant une identité unique à la séquence et donc une saveur particulière à leur tête-à-tête.

 

photoDes explosions en veux tu en voilà

 

Mais, au-delà des séquences plus intimes, Denis Villeneuve prend ici une autre dimension et parvient réellement à donner de l'ampleur à chacune des scènes d'action de son métrage.

Lorsqu'il filme le duel d'entrainement entre Gurney et Paul ou fatidique entre Jamis et Paul ; le sacrifice guerrier de Duncan Idaho ; ... il gère intelligemment les chorégraphies des combats (bien aidé par le montage de Walker). Lorsqu'il filme les batailles explosives de l'attaque d'Arrakeen par les Sardaukars ou la poursuite entre ornithoptères avant la tempête de sable, il prend une hauteur bienvenue, donnant une meilleure idée de l'envergure des situations, des dangers (cet immense laser)...

Surtout, il donne une puissance hallucinante à une scène en particulier : le sauvetage d'une chenille par le Duc Leto. Car si la séquence d'action est savamment rythmée (la tension montant crescendo), orchestrée (ne perdant jamais en lisibilité) et d'une ampleur imposante (la caméra captant la grandeur du ver et des étendues de sables s'élevant au loin avec majesté), elle vient surtout complexifier le personnage de Paul et la mythologie de Dune, en faisant une scène à la fois spectaculaire et précieuse dans le récit.

 


La scène la plus impressionnante du film ?

L'INCROYABLE UNIVERS

Dune a longtemps été présenté comme un livre inadaptable et les précédentes adaptations achevées ou annulées l'avaient plus ou moins confirmée. En cause ? L'univers foisonnant de Frank Herbert, contenant une multitude des personnages, de lieux et surtout un vocabulaire très spécifique et souvent un peu mystique, pas forcément facile à intégrer dans un film sans finir en cours magistral un peu lourdingue.

Et pourtant, là où se sont plantés nombre de projets, le Dune de Denis Villeneuve parvient à contextualiser l'univers avec une facilité presque déconcertante. Pour les fans et lecteurs du livre, il sera facile de rentrer dans le long-métrage. Il est tout bonnement impossible de ne pas retrouver l'univers décrit par les pages du roman original à l'image tant chaque costume, concept, est choyé et élaboré avec minutie pour coller parfaitement au bouquin (peut-être même un peu trop ?).

Mais au-delà, les néophytes ne seront probablement pas perdus non plus et c'est sûrement le principal. L'intelligence de l'écriture permet au film d'esquisser avec malice l'univers sans jamais devenir surexplicatif. À travers un prologue opportun (même si pas optimal), des cours de Paul, des discussions naturelles, des rencontres... l'univers s'enrichit et devient un peu plus lisible pour chaque spectateur au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue. Et si le film ne répond pas toujours aux questions, c'est pour mieux se reposer sur la spiritualité du monde en question (auquel le livre ne donnait pas non plus toutes les clés).

 

photoUn univers sec et désert, et pourtant si riche et dense

 

Les DéTAILS DE TAILLE

Parmi les grands défis du livre de Frank Herbert : la mise en image de certains éléments de pure SF. La fameuse Épice, la Voix ou encore les boucliers sont autant de concepts excitants sur le papier, mais terriblement casse-gueule à l'écran - hommage aux carrés-boucliers de David Lynch. Et Denis Villeneuve s'en tire à merveille, trouvant un bel équilibre entre l'étrangeté et la sobriété.

Première raison : le réalisateur utilise les effets visuels avec intelligence. Peu importe ce qu'on pense du film, Blade Runner 2049 en était une magnifique démonstration (cette apparition divine de Rachel), et Dune s'inscrit dans la continuité. Cette utilisation précise et rigoureuse des VFX empêche le film de glisser vers le tout numérique, et ancre l'univers dans une réalité tangible. Le bouclier en est un bon exemple : réduit à une présence discrète, qui ne masque presque plus les acteurs, il apparaît comme une petite touche, posée avec précision sur la toile de Dune.

 

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https://atom-wordpress-assets.s3.amazonaws.com/movie-news/wp-content/uploads/2020/09/dune-fight-gif.gifDeux salles, deux ambiances, deux époques

 

La Voix était là aussi une grande question dans cette nouvelle adaptation. Ce concept mystique lié aux étranges Bene Gesserit, qui permet de contrôler l'autre par les mots, avait donné des voix transformées et déformées dans le film de Lynch et les mini-séries Syfy. Certes, Villeneuve ne réinvente pas la poudre, mais donne à cette Voix une profondeur nouvelle, plus grave, et bien plus angoissante. La scène où Paul et sa mère doivent affronter les gardes au-dessus du désert est à ce titre très marquante.

Même l'Épice, tout simplement figurée par de petits éclats lumineux dans le sable ou les airs, montre à quel point Denis Villeneuve et son équipe talentueuse ont cherché à retranscrire de la meilleure des manières la riche mythologie de Frank Herbert : avec simplicité, efficacité, en jouant intelligemment avec les effets visuels et l'imagination.

 

photoUne aiguille dans une botte de foin

 

LA COMPLÉMENTARITÉ

À quelques exceptions près, à l'image du Dr Yueh tué par le Baron Harkonnen dans le film alors qu'il est abattu par le mentat Piter de Vries dans le livre, Dune - Première partie est très fidèle aux écrits de Herbert, reprenant quasiment l'intégralité des scènes phares du bouquin. Toutefois, Denis Villeneuve et ses co-scénaristes Eric Roth et Jon Spaihts ont eu la perspicacité de compléter le livre. En effet, le roman repose beaucoup sur des annexes, supplément essentiel pour permettre aux lecteurs de mieux cerner l'univers et les éléments implicites du récit.

Plus qu'une adaptation, Dune vient donc également parfaire le récit littéraire. Le long-métrage contient ainsi une longue ouverture sur les terres de Caladan permettant de mieux introduire quelques rouages politiques en jeu, quelques relations entre les personnages, mais également un pan de l'univers assez peu exploité par le livre (Caladan donc).

Et si on peut se demander, à première vue, l'intérêt de s'attarder sur la planète d'origine des Atréides, c'est une idée maline pour surligner le décalage que va connaître le peuple de Leto. En débutant sur une planète proche de la Terre (dans l'esprit) avec ses étendues d'eau et sa verdure, le long-métrage peut plus facilement surligner la rupture à venir avec ce voyage. En arrivant sur Arrakis, le spectateur découvre un monde aride, rude, désert et se rend un peu plus compte de l'hostilité d'Arrakis pour les personnages. Plus encore, elle vient accentuer le mystère autour de l'Épice, ressource tant convoitée qu'elle amène un peuple à s'installer sur un territoire risqué et périlleux, alors qu'il semblait mener une vie paisible sur une planète hospitalière.

 

photo, Timothée ChalametUne première partie plus fouillée qui donne du sens à l'ensemble 

 

LE MOYEN

LE PROLOGUE

Dune commence avec un prologue narré par Chani. Une manière d'expliquer plus rapidement le contexte de la planète Arrakis, les multiples guerres entre les Harkonnen et Fremen qui s'y sont déroulées depuis des années, le départ précipité des forces du Baron, mais surtout la répulsion des Fremen envers quiconque viendra coloniser leurs terres pour l'Épice. Narrativement, c'est une bonne idée, car elle permet de rendre les enjeux d'Arrakis lisibles rapidement, rappelant les faits qui mèneront à l'histoire que le film racontera. Sauf que finalement, ce n'est pas si malin.

D'abord, choisir Chani en narratrice du prologue alors qu'elle n'apparaît presque pas dans le long-métrage est un peu confus. Pourquoi l'avoir mis en avant elle, alors que le récit aurait pu prendre une personne savante (un mentat ? la révérende mère ?) pour expliquer les tenants et aboutissants avec un regard au-dessus de la mêlée ? Peut-être pour montrer que le scénario sera toujours du côté des Fremen, mais en l'occurrence, vu leur présence minime dans le long-métrage ça n'a que peu de sens.

Et puis surtout, le prologue est presque trop rapide et un peu esseulé par rapport au reste du récit. Alors même si l'intégrer dans un flashback ou une discussion imagée au coeur du film aurait été simpliste, cela aurait sûrement mieux collé avec l'ensemble et aurait accentué sa valeur.

 

photo, ZendayaPourquoi Chani ?

 

TIMOTHÉE ATRÉIDES

Aucun doute sur le talent de Timothée Chalamet, qui a explosé avec Call Me by Your Name, et s'est confirmé dans Lady Bird, My Beautiful Boy ou encore Le Roi. Le caster en Paul Atréides était un choix inspiré, déjà parce qu'il est en pleine ascension : si le deuxième Dune est confirmé, et si la saga continue, il aura eu le temps de devenir un argument de plus en plus lourd pour vendre la saga. Mais également parce qu'il a 25 ans et a l'air d'en avoir 17 - ce qui tombe bien, Paul Atréides a 16 ans.

 

photo, Timothée ChalametDirectrice de casting de Dune

 

Sauf qu'à l'écran, quelque chose coince dans la dernière partie du film. Une fois que Paul commence à glisser vers la prochaine étape de son voyage (réel et intérieur), tout va très vite. Trop vite. Le garçon se transforme en homme, et à coups de moments charnière (un hurlement contre maman, un coup de poignard pour stopper un ennemi, une réplique solennelle sur l'appel du désert), Paul de Dune - Première partie est devenu celui de Dune - Deuxième partie.

Est-ce la faute du scénario, qui doit gérer une moitié d'histoire en donnant au héros une trajectoire digne de ce nom, quitte à y aller en quatrième vitesse ? Ou celle de l'acteur, qui n'amène pas la force nécessaire à cette dernière ligne droite ? Peut-être un peu des deux. Timothée Chalamet avait beaucoup de poids sur ses épaules, bien plus que tous les autres acteurs et actrices réunis. Gageons qu'il saura rectifier le tir avec la suite (espérée), où l'évolution de Paul est plus explicite et flamboyante.

 

Photo Timothée ChalametDior dans les Dunes, j'adore

 

CHA-NIAISE

Là encore, le talent de Zendaya n'est absolument pas en question. Et le personnage de Chani non plus, vu qu'il est logiquement plus que discret dans cette première partie. En revanche, Denis Villeneuve a choisi de lui donner une vraie place dans Dune, quitte à forcer un peu le trait pour qu'elle encadre le film. Elle ouvre le récit par sa voix, et le referme aux côtés de Paul, ouvrant la voie au grand horizon des Fremen.

Et l'omniprésence de Chani passe largement par un procédé un peu facile : des rêveries, filmées comme des publicités avec effet de flou, rayons de soleil et regards caméra. Des visions héritées du livre certes, mais qui sont mises en scène d'une manière très simplette et impersonnelle. Ce qui dénote dans un film aux partis prix si clairs et forts.

 

photo, ZendayaDuneuphoria

 

L'INSTALLATION À ARRAKEEN

Si les scénaristes Denis Villeneuve, Eric Roth et Jon Spaihts ont développé Caladan et même créé des scènes afin de mettre en place la dynamique chez les Atréides, c'est au détriment de leur installation sur Arrakis. Car dans le livre, de nombreuses pages détaillent leur arrivée dans le palais.

À l'image de la scène avec les palmiers, de nombreux moments permettaient de mieux installer le décor, et le climat qui règne dans ce bâtiment riche et protégé. La serre que découvre Jessica, la tour de contrôle du terrain de débarquement, le rôle de Thufir Hawat, les doutes de Leto sur la loyauté de Jessica, la grande réception organisée par les Atréides, les discussions sur le non-mariage du duc et Jessica, les réflexions sur les coutumes locales et notamment l'utilisation de l'eau, le choc des civilisations entre Caladan et Arrakis... tout un tas de scènes qui permettaient de développer les personnages, leurs relations, et la tension qui règne en silence.

Dans le livre, la peur et la paranoïa occupent une place centrale, et des dizaines de pages avant que la ville ne soit attaquée et le duc, tué. Dans le film, tout ça est condensé. Bien sûr, l'idée n'est pas de pointer chaque détail absent du livre absent du film. Mais en allégeant autant cette partie, le scénario perd une dimension humaine centrale chez les Atréides, et notamment entre Jessica et Leto. Si bien que la mort du Duc, et ce dérapage vers l'horreur avec l'attaque des Harkonnen, perd un peu en force.

 

photo, Rebecca Ferguson, Oscar IsaacScènes de la vie conjugale

 

L'ATTAQUe d'ARRAKEEN

Conséquence directe de cette installation en quatrième vitesse à Arrakeen, qui ne prend pas le temps de faire monter la tension au sein du clan ? L'attaque de la ville ressemble à un gros pavé d'action et pyrotechnie jeté dans la mare du film.

Difficile de ne pas imaginer que ce moment du livre était un argument de poids pour le studio, pour que Dune ait un minimum de spectacle hollywoodien à offrir. À l'écran, c'est donc un feu d'artifice, une démonstration de force en l'espace de quelques minutes. Le ciel s'embrase, les vaisseaux explosent, les soldats courent dans tous les sens, et les corps tombent les uns après les autres. Et Denis Villeneuve emballe ce spectacle de sons et lumières avec talent.

 

photoExplosions in the Sky

 

Mais demeure la sensation que tout va trop vite, ou pas assez vite. Pourquoi la mort de Leto intervient-elle si tôt et si vite ? Pourquoi s'attarder si longuement sur Gurney Halleck, qui court au milieu des vaisseaux avec ses troupes, et se lance dans un combat quasi désespéré dont on ne verra finalement pas grand-chose ? Pourquoi tant de mini-ellipses ?

Le destin des Atréides se joue sous nos yeux, un empire chute, mais le film semble là encore courir - après une image spectaculaire, une vision apocalyptique, ou une attaque de Sardaukars à filmer. Il se passe beaucoup de choses à l'écran, mais il manque l'essentiel dans ce grand huit destructeur (la tension qui règne dans le palais, la peur qui gagne les personnages, et le caractère hautement tragique de ce cauchemar programmé et pressenti).

Peut-être à cause des contraintes narratives pour condenser l'histoire ? Peut-être à cause de choix de montage malheureux ? Ou peut-être parce que ce gros morceau d'action ne pouvait que dénoter dans un film jusque là si silencieux ? Une chose est sûre, c'est dommage.

 

photo, Oscar IsaacDuc l'est-mort

 

UN VER dans le sable

Oubliez Paul et ses mèches dans le vent. La vraie star du film, c'est le ver des sables, ou Shai-Hulud pour les intimes. Iconographique à mort, la créature du désert et gardien de l'Épice est au cœur de l'imaginaire de Frank Herbert, et la curiosité autour de son nouveau design était immense. Sauf que la promo avait en grande partie cramé cette cartouche, si bien que son allure n'était plus un grand mystère.

En revanche, le retour de flamme est étonnant : la grande image officielle du ver est bien tirée d'une scène du film, mais le rendu à l'écran est sensiblement différent. Dans le film, la scène est incroyablement sombre, et illisible comparé à la promo. Alors que ce moment magique et majestueux montre Paul face au ver, et laisse au public le soin de scruter la créature titanesque, il n'y a qu'un océan de noir-gris à observer dans la gueule du loup des sables.

 

photoMensonge

 

Et si c'était un choix de Denis Villeneuve ? Bien étrange choix puisque la scène s'étire dans une nuit bizarre, aux couleurs bien tristes par rapport à l'ambiance générale du film. Pas un rayon de soleil pour illuminer la scène (alors que l'aube arrive, et la suite sera baignée dans une lumière plus claire), alors même qu'il n'y a pas grand-chose à cacher : les détails du ver ont déjà été montrés dans l'attaque de la moissonneuse.

Ce noir-gris profond laisse ainsi un arrière-goût amer à la fin du film, donnant l'impression que la scène a été intentionnellement sous-étalonnée, contre tout bon sens et harmonie avec le film. Pour créer un effet artificiel de mystère ? Pour masquer des effets visuels gênants ? Mystère.

Tout ça est d'autant plus triste que le design du ver est réussi, et ses apparitions impressionnantes tout au long du film. De l'intense attaque de la moissonneuse, qui joue adroitement du choc des échelles, aux vagues inquiétantes dans l'océan de sable, la présence de Shai-Hulud était stimulante. Jusqu'à ce qu'il prenne la pose, dans le noir.

 photo, Timothée Chalamet, Josh BrolinPaul Intrépide

 

Le trop-plein de personnages

Il y a beaucoup, beaucoup de personnages dans le livre. Les scénaristes ont tenté d'éviter au maximum les concessions. Il y a donc beaucoup, beaucoup de personnages dans le film. Et ce choix fera autant jaser ses admirateurs que ses détracteurs.

D'un côté, cela permet de donner un véritable relief à un univers pour beaucoup opaque. Les personnages de Gurney et d'Idaho, campés par Josh Brolin et Jason Momoa, épaulent par exemple Paul de deux façons très différentes. Ils nuancent les réactions d'un fils prodigue propulsé prophète malgré lui, dont la posture est forcément influencée par son entourage. De même, à travers eux, Villeneuve peut laisser s'exprimer sa tendance au spectacle. Il les laisse parcourir, chacun de leur côté, la vision d'apocalypse que provoque l'irruption des Harkonnen.

 

photo, Oscar Isaac, Josh Brolin, Stephen McKinley HendersonLeto se resserre

 

De l'autre, il faut reconnaitre que la foule de personnages empêche beaucoup de relations de se tisser. Comment être touché par le sacrifice d'Idaho, qui ne fait copain copain avec Paul que lors de quelques plans avant de passer l'arme à gauche ? Comment déceler la tragédie dans la mort de Leto, qui n'a que rarement l'occasion de côtoyer son fils ? Tout ce petit monde se balade dans le film sans jamais développer les liens entretenus avec le héros. Et finalement, il est difficile de s'attacher à qui que ce soit.

Rien de plus logique. Villeneuve est forcé de composer avec bien des impératifs : il doit introduire une armée de personnages secondaires essentiels à la suite (Rabban, Stilgar et bien sûr Chani, dont l'importance est à peine amorcée) et composer avec des êtres dont il serait trop laborieux d'étaler les spécificités.

Dans ce dernier cas, son traitement des mentats (Thufir Hawat et Piter de Vries) laisse transparaitre une certaine malice : ceux-ci restent en retrait sans dévoiler leurs pouvoirs, ajoutant encore à l'aura mystique qui se dégage du tout. Difficile cependant d'imaginer une seule seconde que les néophytes aient compris qu'ils étaient plus que de simples conseillers, mais bien de véritables ordinateurs humains aux capacités psychiques incroyables.

 

photo, Dave BautistaRabban sacrément anodin

 

LE PIRE

La trahison de Yueh

De tous les personnages à transposer sur pellicule, le docteur était l’un des plus complexes à traiter. Au cœur de l’intrigue du livre, puisqu’il motive, par ses actes, l’accélération des enjeux et la transformation psychologique de Paul, il est fascinant vis-à-vis de son rapport à sa propre trahison. Herbert aime le faire dialoguer avec lui-même, rajoutant une couche de complexité à une intrigue politique théoriquement très évidente (il n’est que l'un des rouages d’un piège). D'ailleurs, la première partie du roman ne cache rien : la question n'est pas de savoir si les Atreides vont se faire trahir, mais dans quelles circonstances.

Le film choisit d'évacuer ses dilemmes et c'est tout à son honneur : il fallait bien faire des choix. Reste que son implémentation en perd toute profondeur, et qu'il apparaît comme l'une des seules composantes simplement mécaniques de cet univers. Il se montre rarement, juste assez pour affirmer sa présence en arrière-plan, puis sort un peu de nulle part pour acter son geste. C'est alors qu'il révèle sa position. Forcément, ses motivations semblent plus artificielles et sa douleur plus difficile à appréhender.

Le personnage étant de fait totalement secondaire, les néophytes auront peut-être du mal à croire à l'importance de sa trahison. Déjà sur leurs gardes du fait des attaques Harkonnen, les Atréides se font berner au point de perdre le Duc dans une embuscade et de subir un sabotage en bonne et due forme. Une attaque soudaine, voire invraisemblable, dont le film atténue la cruauté en reléguant le pauvre Yueh au rang de second couteau fonctionnel. Et c'est dommage pour Chang Chen, comédien célèbre pour ses rôles dans Happy Together, Les 3 royaumes et Tigres et dragon, tristement sous-exploité.

 

photo, Chang Chen, Chang Chen, Chang Chen, I Chen Chang"Hop, je me fais discret"

 

LES HARKONNEN

Ce sont les ennemis des Atréides (et globalement les ennemis de beaucoup de monde) et forcément, les Harkonnen étaient très attendus par les fans et leur méchanceté se devait d'être explicitée aux néophytes. Et malheureusement, le long-métrage ne les montre que très rarement à l'écran. Certes, le Baron et son mentat Piter de Vries sont très discrets dans le roman et notamment dans les parties qu'adapte le film, mais leurs perfidie, malveillance et même cruauté sont trop peu exploitées dans cette adaptation.

Comme la sensation que Denis Villeneuve et ses co-scénaristes n'avaient pas trop envie de les caractériser, ou en tout cas, les ont un peu affadis. À la fin du film, on se rend compte qu'on ne sait pas grand-chose d'eux et que tout leur développement repose surtout sur des sous-entendus lors des discussions entre les personnages ou les bavardages entre Harkonnen. Leur bizarrerie est plutôt survolée (c'est le cas de le dire avec ce baron aérien) et leurs véritables objectifs tout autant que leur secret sont quasiment passés à la trappe.

C'est dommage, par ailleurs, dans un monde aussi sec avec des dunes à perte de vue que leur singularité physique ne soient pas mis plus en avant. Ce côté très organique, plus consistant, avec plus de texture, aurait donné une identité plus forte au film. Car en plus de montrer plus frontalement leur brutalité, elle aurait également souligné le contraste avec les Atréides et donc leur conflit inévitable à venir.

 

photo, Stellan Skarsgård"C'est de moi que vous parlez ????"

 

 

LA FIN INTERMINABLE

La question à mille points : où allait finir ce premier volet de Dune ? Juste après l'attaque d'Arrakeen, avec Paul et Jessica seuls dans le désert ? Face à la tempête, qui menace de les engloutir ? Au moment de la rencontre avec les Fremen ? Les scénaristes Denis Villeneuve, Eric Roth et Jon Spaihts sont allés plus loin.

Paul tue Jamis lors du défi Tahaddi, s'oppose à sa mère qui veut quitter Arrakis, et suit les Fremen. Dune se termine ainsi sur le héros, Jessica, Chani, Stilgar et d'autres Fremen, en route vers le Sietch Tabr. Un choix compréhensible : en allant jusqu'à Paul qui donne la mort et rejoint les Fremen, en affirmant sa destinée lui-même, le film offre une trajectoire claire au personnage.

 

photo, Timothée ChalametLame de fin

 

Dommage collatéral : la fin du film semble s'éterniser. Comment continuer après le pic d'action de l'attaque d'Arrakeen, puis du sietch de Liet Kynes, puis de la tempête épique ? Les scénaristes ont fait le choix de foncer sans trop se soucier de cette question de rythme et harmonie, quitte à donner à la dernière partie une pâle couleur après les feux d'artifice des moments. Ainsi, après la vision décevante du ver, le combat entre Paul et Jamis est bien plat et simple. L'émotion s'est tarie, et même le décor est devenu fade dans cette petite arène de roches. D'autant que les larmes de Paul, si fortes dans le livre vu la valeur de l'eau sur Arrakis, sont ici zappées.

 

Photo Rebecca Ferguson, Zendaya, Javier Bardem, Timothée ChalametQuand tu apprends qu'il reste 15 min de film

 

Dune se termine ainsi sur une note très classique, avec un horizon ouvert et une réplique banale ("Ça ne fait que commencer..."). La mission est remplie, avec l'espoir que les néophytes auront envie de découvrir la suite. Mais difficile de ne pas se dire que cette dernière partie est frustrante. Soit parce qu'elle est trop longue, soit parce qu'elle est trop courte.

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commentaires
C'est dit un point c'est tout
19/09/2021 à 20:07

@ Lolipop
Ce que dégage ce film ? Une direction artistique, une vision, de la folie, des idées, une photographie, une bande originale, des décors, des costumes, de la chaleur, de l'empathie, un montage rythmé, des costumes. Bref tout ce dont a besoin un film !

Chacun a une vision différente de ce film et cela dépend de quelle manière on aborde cette œuvre cinématographique. Être un hater c'est simpliste et facile car certains même critiquent sans avoir vu le film, par pure envie de défouler sa haine.

Beaucoup de jeunes ne connaissent pas le roman Dune qui est antérieure à Star Wars ! De là à déduire que Lucas à piqué beaucoup d'idées du livre il n'y a qu'un pas. Dommage que Star Wars a plus engendré de succès que Dune. Remettons la vérité à sa place.
Merci.

gotmej
19/09/2021 à 19:45

Pourquoi Chani au prologue ? Le prologue se termine par quels seront nos nouveaux oppresseurs ? Ce qui dès le départ donne une tension supplémentaire et pose les Fremens comme potentiellemnt très hostiles aux Atreides

Joey Joe Joe Junior Shabadoo
17/09/2021 à 15:21

Pas toujours d'accord avec certains points de l'article :

- La musique : au top, mais il manque un thème. Les grands films ont des grands thèmes. Dune n'en a pas :'(

- Dieu-nis Villeneuve : le Gom jabbar manquait d'intensité. Villeneuve mise tout sur le jeu de Chalamet et Ferguson. J'aurais ajouté du visuel (main déformée) et du sonore (craquements d'os). Villeneuve est de toutes façons trop pudique (les morts sanglantes sont hors champ). Concernant le sauvetage de la chenille, je ne comprends vraiment pas le choix d'en faire une simple malfonction du matériel au lieu d'une machination Harkonnen ???

- L'incroyable univers : il faut parfois simplifier. Par ex: Mahdi, Kwisatch Haderach, Lisan al Gaib sont trois termes désignant +/- la même chose. Un seul terme pour tout le monde et on évite de perdre l'attention de la moitié de la salle.

- Les détails de taille : Le cinéma c'est fait pour montrer, pour ressentir, par pour exposer verbalement. Le "tuto" sur la voix, ou celui de Gurney sur les boucliers et sur la "méchanceté" des Harkonnens sont des moments d'une rare génance.

- Le plan de complémentarité : Arrakis m'a paru trop peu hostile. Elle est trop grisâtre. Comparez le ciel de Caladan et Arrakis sur les deux photos dans l'article : il est quasiment pareil.

- Le prologue : L'intro ne me dérange pas ici MAIS j'aurais gardé Irulan. J'aurais montré son visage (comme Lynch dont je n'ai pas vu le Dune mais je connais la scène). Elle aurait expliqué être la femme de Muad'Dib et nous parler de sa légende. Pendant la lecture du livre, tu te poses des questions : Paul est-il Muad'dib ? Qui est cette Irulan ? Pourquoi ce n'est pas Chani ? Ca aurait un peu déjoué les attentes : OK, Paul rêve d'une fille, mais ce n'est pas la même qui nous dit qu'elle est sa femme donc cet amour va-t-il se concrétiser ? Durera-t-il ? Dans le film, il rêve de Chani et il la rencontre à la fin, c'est mortellement plat.

- Thimothée Atréides et Cha-niaise : Rien à redire sur le jeu de Chalamet et Zendaya. Difficile de faire mieux quand on doit tant raconter. Ca aurait juste dû s'arrêter avant le combat contre Jamis qui est bien trop vite expédié. Et Zendaya est effectivement super mal mise en scène.

- L'installation à Arrakeen : En fait, le gros du film aurait dû se dérouler là. Avec la connaissance d'un traître qu'on cherche à identifier et la menace sourde des Harkonnens.

- Un ver dans le sable : Je n'aurais pas montré le ver avant la fin (et éventuellement conclure là-dessus). Montrer des gens qui le chevauchent à ce stade est prématuré.

- Le trop-plein de personnages : Thufir-Yueh-Gurney-Duncan : 4 "mentors" (en plus de ses parents). C'est bien trop pour un film. Surtout que Gurney perd ici quasiment son aspect poète/barde. Et Duncan n'est qu'un guerrier lambda auquel il manque des faiblesses (alcool ? amour pour Jessica ?). Pour pouvoir les approfondir, Gurney et Duncan auraient par exemple pu être réunis en 1 personnage. Quant à la connexion père-fils, j'aurais profité de la scène de la chenille pour la renforcer...plutôt que de dire à ta femme que ton fils est tout ce qui compte, montre-le nous, Leto. Grosse occasion manquée.

- La trahison de Yueh : Le personnage n'a pas eu le temps d'exister. On aurait pu fusionner Gurney et Yueh en Gurneh (à défaut de Dunney), rendant la trahison d'autant plus grande que ç'aurait été comme perdre un père pour Paul (deux en fait).

- Les Harkonnen : Il est méchant monsieur Brochant...mais il n'est pas vicieux! C'est triste ça quand même, non ?

- La fin interminable : Comme mon commentaire. Mais moi au moins, je sais quand m'arrêter :D

C.Kalanda
16/09/2021 à 16:53

Shit, désolé…c’est pas comme si je le lisais tous les jours en plus…Merci pour la patience ;)

Geoffrey Crété - Rédaction
16/09/2021 à 15:22

@C.Kalanda

Héhé merci, ça va nourrir sûrement quelques séances de thérapie un jour.

Et comme on échange bien : je précise que je m'appelle Geoffrey, pas Geoffroy :)

C.Kalanda
16/09/2021 à 15:19

@Geoffroy oui et je suis assez impressionné et admiratif du temps que vous passez tous sur le SAV de vos articles (assurer la défense et la pérennité de ses propres produits, vous êtes de vrais artisans les gars). Bon sauf Simon Riaux que je soupçonne d’adorer faire ça, notamment en en rajoutant une couche avec son verni noir (il dira sûrement bleu nuit). Des bises !

Lolipop
16/09/2021 à 14:42

Ce qui manque au film ? Une direction artistique, une vision, de la folie, des idées, une photographie, une bande originale, des décors, des costumes, de la chaleur, de l'empathie, un montage rythmé, des costumes. Bref il manque au film tout ce dont a besoin un film.

Gigoo
16/09/2021 à 14:39

Ce qui manque le plus à mon avis c’est de l’émotion, et surtout de l’attachement aux personnages (le personnage de paul m’a laissé indifférent par exemple ). Mais bon je l’ai vu en VF, peut être que ça me fera plus d’effet quand je le reverrais en VOST

Geoffrey Crété - Rédaction
16/09/2021 à 14:11

@C.Kalanda

Bien sûr qu'il peut avoir un rapport avec le cinéma ! C'est pour ça que j'évoquais un peu amèrement un monde où nous n'aurions pas à penser ainsi. Mais la réalité, c'est que 95% des cas où ce mot est sorti, ça n'a rien à voir avec un débat cinéphile. Et pour éviter qu'Ecran Large ne devienne une poubelle politico-neuneu dans les commentaires, on préfère recadrer. C'est ça aussi notre job de modération (job qui n'est pas simple).

C.Kalanda
16/09/2021 à 14:08

Merci @Geoffroy pour votre retour ! Je comprends tout à fait, j’imagine bien les enjeux que vous rencontrez et je fais confiance à votre expérience. Par contre j’espère que le sujet peut avoir un rapport avec le cinéma (combien d’œuvre nous devrions sacrifier et ne plus commenter dans ce cas…) et j’espère en tout cas l’avoir utilisé à bon escient dans mon premier commentaire ;) (qui n’avait aucune volonté sensationnelle ou provocatrice).

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