Tout James Bond : GoldenEye, l'apparition (réussie) de Pierce Brosnan en James Bond

Salim Belghache | 3 septembre 2021 - MAJ : 07/09/2021 17:50
Salim Belghache | 3 septembre 2021 - MAJ : 07/09/2021 17:50

GoldenEye, ce soir à 21h05 sur France 3.

Quelques mois nous séparent encore de Mourir peut attendre, et alors que la dernière aventure de James Bond dans laquelle officiera Daniel Craig attend sagement de pouvoir être exploitée en salles à l'international, Ecran Large ré-explore l'intégralité de la saga consacrée aux aventures de l'agent 007.

Alors que Timothy Dalton est arrivé à maturité avec ses deux premières prestations en tant que James Bond, l’acteur est débarqué pour être remplacé par Pierce Brosnan, surtout connu à l’époque pour son rôle de Remington Steele dans la série Les Enquêtes de Remington Steele. Il est donc le cinquième interprète de l’agent double 007 après être passé à côté du rôle une première fois, au moment de remplacer le vieilissant Roger Moore.

Très attendu à l'époque, Pierce Brosnan s'introduit dans le monde de l'espionnage avec GoldenEye, un James Bond généralement apprécié par les fans de la franchise. Toutefois, le long-métrage est souvent mis en lumière pour la qualité de ses scènes d'action, mais beaucoup moins pour sa modernité ou son regard aiguisé sur les transformations du monde et de son protagoniste. Un début de révolutation entâchée par les films suivants, mais que reprendra avec prouesse Martin Campbell (le réalisateur de GoldenEye) en compagnie de Daniel Craig dans Casino Royale.

 

Affiche officielle

 

De quoi ça parle ?

En 1986, James Bond se retrouve en mission avec son ami et camarade espion 006 (Sean Bean). En mission pour faire exploser une usine, les deux agents croisent la route du colonel Arkady Ourumov (Gottfried Kolditz). De la confrontation résultera la mort de 006, et beaucoup de dégâts matériels occasionnés.

9 ans plus tard, James Bond flirte avec une certaine Xenia Onatopp (Famke Janssen), en marge de la présentation d'un prototype d'hélicoptère militaire. Avec l’aide d’un complice, Xenia Onatopp parvient à voler l’hélicoptère, bien que James Bond ait fait le maximum pour l’intercepter.

 

photo"La chance est pour moitié dans ce que l'on fait James."

 

En compagnie d'Ourumov promu depuis général, Xenia Onatopp fait exploser une station radar de Severnaya avec l’aide du GoldenEye , une arme satellite secrète. Néanmoins, deux programmeurs : Boris Grishenko (Alan Cumming) et Natalya Simonova (Izabella Scorupco). Si Boris Grishenko est un traître, Natalya se trouve être la seule témoin valable de l’accident. De son côté, James a reçu l’ordre de trouver Goldeneye et sa première piste sera le syndicat du crime Janus.

007 débarque donc en Russie, escorté par l’agent de la CIA Jack Wade (Joe Don Baker),qui le mène jusqu’à Valentin Zukovsky (Robbie Coltrane), un ancien adversaire de l’agent anglais. Grâce à lui, il obtient un rendez-vous avec Janus. Envoyée comme émissaire, Xenia Onatopp affronte James Bond dans un combat tendu et sulfureux. L'espion remporte son combat et Xenia le mène à Janus dans un parc dans lequel sont stockées des statues de l’ère soviétique.

 

photo, Pierce BrosnanC'est ce qu'on appelle l'amitié

 

Le visage mutilé à cause de l’explosion d’il y a 9 ans, Alec Trevelyan est bien vivant et c'est lui le chef du syndicat Janus. Il explique à son ancien ami son désir de vengeance à l’encontre de la couronne anglaise. Ses parents étaient en effet des cosaques des Lienz trahis par le royaume britannique et furent exécutés par Staline.

Après avoir été capturé et avoir mené une longue course poursuite dans les rues de Saint-Pétersbourg... en char, James Bond et Natalya Simonova localisent la base d’Alec Trevelyan située sur l’île de Cuba. Aidé par son nouvel ami Jack Wade, James Bond tente par avion de se rendre avec Natalya sur la base, qui est en réalité enfouie dans l’eau. Bon, James Bond dérouille de manière improbable Xenia Onatopp, il déjoue les plans de son ancien ami Alec, puis finit par survivre grâce à l'appui de Natalya. Et Boris Grishenko n’est pas invincible...

 

photo, Sean Bean, Alan CummingTu peux continuer à tourner ton stylo Boris ça ne changera rien

 

Pourquoi James Bond a tant changé

Au pré-générique, Martin Campbell entame le début de la révolution bondienne avec son GoldenEye par une séquence invraisemblable typique de la saga. Sa conclusion, quand James Bond réussit à rentrer dans un avion sans parachute illustre les excès d’invraisemblance de ses anciennes aventures, adorées du public, mais au parfum désuet. Toutefois, le générique du film vient contrecarrer ce passage lunaire et fait démarrer le début de révolution qu'a apporté Martin Campbell à la saga et qu'il continuera encore davantage dans Casino Royale.

Ce fameux générique magnifiquement réalisé par Daniel Kleinman, le successeur direct de Maurice Binder s'ouvre par une suite logique d’images de l'ennemi russe, l'antagoniste onthologique notre agent secret. Les images matérialisent précisément le renouveau d’un monde que notre espion légendaire devra réapprendre à maîtriser déjà par le tir du canon qui ouvre le générique, mais également par les nombreux symboles communistes de l’URSS que détruisent les figures féminines. Les cocos ne sont plus les ennemis à abattre, le mur de Berlin a été détruit, et c’est bien dommage pour notre espion car tout se brouille désormais, que ce soit les enjeux ou bien sa place en tant que protecteur de sa majesté.

Si on peut peiner à le mesurer aujourd'hui, la chute du Mur en 1989, puis celle de l'URSS dans la foulée ont profondément rebattu les cartes géopolitiques. On parle ici et là de "fin de l'histoire" (avec un aveuglement qui laisse désormais pantois), tout comme l'illusion que le libéralisme a triomphé pour aboutir à un monde unifié sera momentanément reprise un peu partout. La grande puissance opposée aux Etats-Unis  et à l'Occident durant l'essentiel du XXe siècle n'est plus, et l'espion préféré de sa Majesté va devoir se trouver de nouveaux ennemis.

 

photo, Pierce Brosnan, Desmond LlewelynLa solution : tout faire exploser

 

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que les retrouvailles entre James et Alec se déroulent dans un cimetière des reliques du communisme soviétique où finalement l’héritage historique se confronte au passé du protagoniste. Et la symbolique du nom de son organisation : Janus, est plus que pertinente, puisqu'en plus d'avoir son visage scindé en deux, Trevelyan est passé d'un camp à un autre et d'une frontière à une autre.

Cette destruction des symboles prend tout son sens en ce qui concerne le mythe qu'est James Bond. En effet, le vieux briscard est régulièrement moqué pour les nombreux clichés qu'il entretient, notamment par Valentin Zukovsky et Jack Wade (deux seconds rôles au demeurant excellents). En plus de cela, 007 est au cœur des transformations sociales de la fin du 20ème siècle et plus particulièrement sur la place des femmes. Ici, Moneypenny n’est pas qu’une simple secrétaire attendant tranquillement qu’il passe faire un petit coucou au passage, c’est elle qui mène la danse et qui va jusqu’à parler de harcèlement à notre bon vieux macho James Bond.

 

photo, Sean BeanJe ne tire jamais pour l'Angleterre

 

Ou plus encore, sa nouvelle supérieure M ne manque pas de rappeler le comportement déplacé et dépassé de son espion en le catégorisant comme “un sexiste, misogyne et dinosaure, une relique de la guerre froide", ce qui froisse l'ego de l'intéressé. Outre ses fantasmes plus que personnels, Xenia Onatopp est un personnage féminin fascinant de complexité. D'un côté, elle est certainement l'une des premières ennemies de James Bond à rivaliser avec lui en combat singulier, tout en exprimant une libido de tous les instants.

Néanmoins, cette dernière écopera d'une réprimande dont seul James Bond a le secret, puisque celui-ci assène un coup derrière la nuque de l'ancienne pilote de chasse soviétique, suite à un petit tacle qui entâche directement l'ego de l'espion britannique. Et avec malice, Martin Campbell opte pour le hors-champ qui se trouve être une belle façon de décupler le caractère comique de la séquence, mais aussi la violence de son geste au combien machiste et somme tout inutile.

 

photo, Pierce Brosnan, Famke JanssenNon James, pas ça, pas après tout ce que tu as fait

 

En quoi James Bond est de retour (mais)

Durant 6 bonnes années, l’agent secret au service secret de sa majesté a pris un peu de repos, encore un peu déçu par ses semi-réussites au box-office : Tuer n'est pas jouer et Permis de tuer. Même s’ils n’ont pas été des échecs à proprement parler, les deux films avec Timothy Dalton sont apparus comme des tentatives inabouties de renouveler le mythe Bondien.

Car alors que la première version du scénario de GoldenEye était d’abord prévue pour Timothy Dalton, une véritable campagne interne est menée contre lui par la MGM. En conséquence, le quatrième interprète de James Bond a dû laisser son smoking au placard. Au creux de la vague, Pierce Brosnan a l’opportunité de reprendre en main sa carrière en interprétant 007 plus moderne. Parce que le monde change, la figure de James Bond doit également se renouveler.

Si Pierce Brosnan traîne depuis son passage dans la franchise l'étiquette de pire acteur à avoir incarné l’espion britannique, l’acteur irlandais a pourtant réalisé dans GoldenEye une prestation plus que convaincante. Même s’il est toujours appréciable de montrer les fêlures de notre espion préféré, il manque une part d’aura  conquérante chez ce James Bond. Le sel qu’il faut pour procurer à son spectateur le sentiment de fascination et ainsi lui donner envie de continuer à suivre le héros.

 

photo, Pierce Brosnan, Izabella ScorupcoQuand t'apprend sur Facebook que James Bond est en couple 

 

Même constat concernant James Bond girl Izabella Scorupco. Certes, la comédienne suédoise accomplit une prestation plus qu’honorable et rend surtout un personnage féminin plus que crédible pour une saga de films qui en avait sacrément besoin. Douée d’intelligence, Natalya Simonova apporte une aide conséquente à l'intrigue, mais sa romance avec James Bond pêche par un excès de romantisme pas toujours maîtrisé qui sera mieux rendu dans Casino Royale avec le personnage de Vesper (Eva Green)

Enfin, le long passage à Cuba est sans doute le moins passionnant du long-métrage. Plus solaire que ce qui précède, on y suit sans trop s’investir le dernier acte et ce malgré des séquences de combat au corps à corps exceptionnelles pour l’époque entre Alec Trevelyan et James Bond. Mais ne soyons pas vache jusqu’au bout car il se trouve que la mort de Boris Grishenko et de Xenia Onatopp font partie des plus comiques de la saga, car on le sait Xenia est “le genre de fille qui adore s’envoyer en l’air”.

 

photo, Famke Janssen"Nick Tup ? Connais pas !"

 

Le Business Bond

En plus de son budget supérieur à Permis de tuer évalué à 60 millions de dollars, GoldenEye a également profité d’une promotion dantesque propulsant la saga vers une nouvelle dimension. Ça y est James Bond a décidé de revenir au premier plan du box-office mondial et cette campagne publicitaire moderne et sans précédent va porter ses fruits. Déjà sur le sol américain il empoche un beau chèque de 106,4 millions de dollars, le faisant terminer à la 6ème place du classement annuel, devant des films comme Seven ou Waterworld.

 

photo, Pierce BrosnanJ'explose le box-office et je me tire

 

Et si la France a toujours soutenu dans les salles l’espion britannique, cette fois-ci le public sera plus qu’au rendez-vous. 3,5 millions de tickets vendus sera le bilan final de l’exploitation française. Un chiffre extraordinaire que n’avait plus retrouvé la franchise depuis L'Espion qui m'aimait (3,5 millions d’entrées). Finalement le bilan comptable est plus que positif puisque GoldenEye récoltera au total plus de 349 millions de dollars au box-office mondial. Pour couronner le tout, ce résultat fera de GoldenEye le 4ème plus gros succès mondial de l’année 1995 à 12 millions du numéro 1 : Toy Story.

Une scène culte

Entre l’avion que James Bond rattrape sans parachute et le char en plein milieu de Saint-Pétersbourg, l’engin puissant et vert a remporté la victoire haut la main. Un peu comme un ami qui a une mauvaise idée, James Bond regarde un char et se dit que c’est LA solution pour sauver Natalya. Il en profitera pour faire exploser à peu près tout ce qui bouge, dont un camion rempli de canette de Perrier (et un placement de produit).

Après avoir fait son petit manège, James Bond ne regrette rien, remet sa cravate et repart suivre la voiture d’Ourumov. Et Martin Campbell démontre ici son savoir faire quand il s'agit d'en mettre plein la vue. Ce qu'il refera à merveille lors de la poursuite à Madagascar entre James Bond et un terroriste au début de Casino Royale. Il est quand même fort ce Campbell.

 

 

 

Tout savoir sur GoldenEye

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
006
04/09/2021 à 15:23

pour casino royale craig a ete le mauvais choix pour le role
jackman et mcgregor etait les deux nom en haut de la liste
jackman a refuser a cause de sont agent pour les fillm xmen
et mcgregor voulas faire 1 ou 2 fillm max
craig etait le 3 em choix il a refuser un temps puis a accepter

007
04/09/2021 à 15:21

brosnan le best dommage que il a pas fait le 5 em bon comme prévu avec gg depardien en mechant et angelina en bond girl y avait un scenaro de pret par purvice et defyss
d ecrit mais non la fille de cubby a repris les reines et a ms le naabo craig dans le role
craig et tres petit geul de russe malgrer les milliards au cinoche les vrai fan n kiff pas craig n 007 pierc brosnan le best top 3 des best 007 uno brosnan due moore tre dalton

Ethan
03/09/2021 à 23:39

Revu avec plaisir ce film
Quel film!
La relation entre Natalya et James est juste superbe. Natalya apparait fragile, courageuse, on s'identifie facilement à elle en tant que spectateur. Une rencontre avec James pleine de romance. L'amour tel qu'on aimerait que ça nous arrive.
Le film de tout une génération, les enfants des années 80 ont apprécié ce film, ce style très british chez Pierce, Natalya mais aussi les personnages d'Alec, de Valentin, de l'agent de la cia. Et les répliques"Tuez le il ne représente rien pour moi" ou "On étrangle le chat". Ainsi que la musique, la BMW, les gadgets, le stylo à 3 clics, les scènes d'action où on vibre à fond avec la musique qui accompagne.
Il faut aussi parler de la chanson du générique de Tina Turner qui est très bien

Ethan
03/09/2021 à 19:05

Prestation hyper convaincante. Pas vu mieux pour l'instant.
Pierce s'était surtout remarqué avant pour son interprétation de Phileas phog dans l le tour du monde en 80 jours

Kay1
24/08/2021 à 08:12

Écran large qui supprime les commentaires qui ne vont pas dans leur sens ou qui corrigent leurs approximations. Ça c’est du journalisme moderne , censurer au lieu de se remettre en question .

Bon c’est mon 007 préféré de la saga , meilleur antagoniste , meilleure James Bondgirl , meilleur réalisateur . Bref ce film reste une masterclass , je considère que Casino Royale est meilleur , mais la nostalgie fait de GoldenEye la référence dans mon cœur .

Pour répondre à certains commentaires concernant Éric Serra , perso je trouve qu’il s’agit de la BO la plus originale de la saga . Les titres ne sont pas tous bons , mais sachant qu’Eric Serra a disposé d’à peine un mois pour créer la Bande son , il s’en sort pas trop mal.

Enfin , Dalton n’est pas parti à cause de la MGM mais parce que tourner dans GoldenEye signifiait repartir pour 3-4 films à une époque où Dalton approchait déjà des 50ans.

Ethan
24/08/2021 à 00:00

@Jaime Jaime
Dire que cette scène est mal decoupee c'est que tu sais pas apprécier le cinéma. C'est une des meilleure

Jaime Jaime
23/08/2021 à 15:07

Quant au scène d'action elles sont peu convaincantes.
Entre le risible de fast et furious (l'ouverture) et l'incohérence habituelle.
J'ai revu la poursuite du char.
Objectivement c'est mal découpé

mrjulot
23/08/2021 à 09:52

Mon film 007 préféré !
Que de souvenirs ado au cinéma.

xav
23/08/2021 à 09:33

Un film culte. Un scénario parfaitement ficelé qui déroule une intrigue bien rythmée, bien travaillée, tout en explorant intelligemment et avec pertinence les personnages et un contexte historique. Une réalisation qui se permet pour la première fois de ne pas être transparente et utilitaire. Une atmosphère et une ambiance unique à laquelle contribue la musique un peu spéciale.
Est-ce un film bondien? Question délicate. Un film qui est bondien dès sa sortie est un film ennuyeux. Les meilleurs films de JB sont ceux dont on se dit à leur sortie "c'est très bien mais c'est pas très James Bond", et dont on remarque dix ans plus tard qu'ils ont changé notre définition de ce qui est "bondien". (Roger Moore non plus ne devait pas être très bondien à l'époque de ses débuts).

xav
23/08/2021 à 09:16

@halowine
Amazing. Every word of what you just said was right.

Plus
votre commentaire