Tout James Bond : Rien que pour vos yeux, Carole Bouquet et 2CV jaune pour le meilleur Roger Moore

Lino Cassinat | 3 juillet 2021 - MAJ : 07/07/2021 18:17
Lino Cassinat | 3 juillet 2021 - MAJ : 07/07/2021 18:17

Rien que pour vos yeux signe un certain retour à la sobriété et, miracle, c'est non seulement le meilleur James Bond avec Roger Moore, mais aussi un bon film.

Si Mourir peut attendre, nous à la rédac', on n'en peut plus (d'attendre). Donc, avant la sortie du film le 6 octobre 2021, on a décidé de regarder tous les James Bond, de Sean Connery à Daniel Craig en passant par Timothy Dalton et Pierce Brosnan. Plutôt pas mal comme programme hein ? Sauf que là, on en est à la période Roger Moore, et on doit vous avouer quelque chose...

Certes le libidineux L'Espion qui m'aimait et l'absurde Moonraker représentaient une amélioration significative des films de cette ère après le mauvais Vivre et laisser mourir et le super mauvais L'Homme au pistolet d'or, mais là on est rincés. Qu'est ce que ça va être après la base secrète sous-marine et la base secrète dans l'espace ? La base secrète dans une dimension parallèle, comme le technodrome de Shredder ? La base miniature dans le jardin de Margaret Thatcher, accessible uniquement quand on est un Minimoy ?

Pas du tout, au contraire : avec Rien que pour vos yeux, les producteurs redescendent sur Terre, pour le meilleur film de l'ère Roger Moore... ou en tout cas, celui qui a le mieux vieilli.

 

Affiche officielle

 

DE QUOI ÇA PARLE ?

Pendant que James Bond visite la tombe de son épouse puis dégomme avec un hélico Blofeld un mystérieux homme chauve avec un chat (saleté de problèmes de droits), un navire-espion anglais coule dans la mer Ionienne avec, à son bord, une technologie informatico-balistique cruciale. James Bond est envoyé fissa repêcher l'ATAC, la console de bord du navire contenant ladite technologie avant qu'il ne tombe entre de mauvaises mains. De mauvaises mains qui ont déjà commencé à s'agiter, puisqu'un mystérieux tueur cubain a abattu un couple d'archéologues marins discrètement embauchés par le MI6 pour repêcher l'épave.

James Bond remonte donc la trace du tueur en Espagne, mais il est capturé. Heureusement, le tueur est à son tour tué par un carreau d'arbalète tiré par Melina Havelock, la fille du couple d'archéologues. Profitant de la confusion, Bond s'échappe avec Melina, mais sa célèbre Lotus explose. Pas le choix, il faut prendre la voiture de Melina : une 2CV jaune ridicule.

 

photoEn voiture

 

Après une course-poursuite mémorable sur les routes étroites de la campagne espagnole, Bond part sur les sommets enneigés du nord de l'Italie à la recherche du commanditaire du tueur cubain, un mystérieux homme avec des lunettes octogonales. Un indic' sur place lui présente Kristatos, homme d'affaires grec, ancien héros de la résistance en Grèce et précieux allié de l'Angleterre, qui lui explique qu'il connaît l'homme aux lunettes octogonales : il s'agit de Locque, un sombre tueur à gages travaillant pour le trafiquant Columbo, ancien frère d'armes de Kristatos.

Après avoir refusé une relation sexuelle (incroyable) avec Bibi, la protégée de Kristatos, James Bond est attaqué par Locque et ses hommes de main (dont Charles Dance) sur les pistes de ski, mais s'en sort grâce à ses compétences supérieures en ski de fond, puis en saut à ski, puis en bobsleigh, puis en hockey sur glace. Il s'envole ensuite pour la Grèce, où Kristatos lui désigne Columbo, que Bond entend approcher grâce à sa maîtresse, la comtesse Lisl von Schlaf, qu'il séduit au casino.

 

photoSchlaf, qui signifie sommeil en Allemand

 

Le lendemain, Locque tente de les tuer avec une voiture, mais ne parvient qu'à écraser la comtesse avant qu'un mystérieux commando ne sauve James et ne l'emmène... à la rencontre de Columbo, qui explique et prouve que le vrai traître, c'est Kristatos. Ce dernier entend revendre l'ATAC au KGB une fois qu'il l'aura repêché pour accomplir son plan machiavélique : s'enrichir. Berné et en colère, James Bond fait exploser un entrepôt de Kristatos et tue froidement Locque en le poussant d'une falaise.

Grâce à Melina, il déchiffre le journal de plongée de son père et retrouve l'ATAC, mais Kristatos les attend à la surface et les donne à manger aux requins. Croyant Bond et Melina morts, il s'enfuit dans un monastère avec l'ATAC et donne rendez-vous au général Gogol pour la vente. Malheureusement pour lui, Bond, Melina et Columbo le suivent, et après une dernière fusillade, Kristatos est tué par Columbo qui lui lance un couteau dans le dos, mais les Russes arrivent. Pour s'en sortir, Bond détruit l'ATAC sous les yeux du général Gogol. Personne n'a la technologie, Gogol est satisfait par ce match nul et laisse chacun rentrer chez soi.

Sauf Bond, qui rentre chez Melina, mais pas devant tout le MI6 cette fois, il avait prévu le coup. À la place, il drague Margaret Thatcher par perroquet interposé. FIN.

 

photoLa dame de fer

 

POURQUOI C'EST LE MEILLEUR ROGER MOORE

Roger Moore lui-même ne s'en est jamais vraiment caché : pour lui, James Bond, c'est du pur pulp léger et bon enfant qui n'a rien de très sérieux. C'est d'ailleurs en parlant de cet épisode dans les bonus de la version vidéo qu'il a verbalisé son approche de la manière la plus éclairante, en commentant la scène où il tue impitoyablement Locque, pourtant à sa merci, en le poussant d'une falaise. Une scène qu'il a acceptée à contrecœur : "C'est un geste à la James Bond, mais pas un geste du James Bond à la Roger Moore" - quand bien même il tuait un autre homme de main dans des circonstances quasi-identiques dans L'Espion qui m'aimait, mais passons.

Pour autant, après quatre films kitschs et cabotins oscillant entre second degré épais et auto-parodie, les producteurs de la saga sentent qu'ils y sont allés trop fort avec Moonraker et cherchent à redonner un peu de crédibilité et de sérieux à James Bond. Avant que les désastreux Octopussy et Dangereusement vôtre ne repartent violemment dans la direction du nanar (navet ?) grotesque, Rien que pour vos yeux est donc un début de redirection, qui annonce en creux la période Timothy Dalton, sèche et brutale. D'ailleurs, derrière la caméra, une révolution est en cours.

 

photoAllez Moore, sois cool

 

D'abord, le réalisateur Lewis Gilbert est remercié et remplacé par John Glen, qui apporte un peu de sang neuf et une approche plus rigoureuse de l'action dont la franchise avait bien besoin (fini les corps à corps kung-fu et les fusillades bordéliques dans des décors immenses). Mais surtout, les tractations pour trouver un nouveau James Bond ont officieusement commencé, et Roger Moore n'est revenu que parce que l'acteur envisagé pour le remplacer a refusé, n'appréciant pas du tout le ton des aventures récentes de l'agent secret. Et son nom, vous le connaissez : Timothy Dalton.

Bref, Rien que pour vos yeux cherche un nouvel équilibre, et mieux que cela : il le trouve - du moins, en grande partie. Plus sérieux que les précédents Roger Moore, mais pas aussi glacial et agressif que ceux de Sean Connery, second degré sans pour autant dénaturer le personnage avec des gadgets absurdes et des complots surdimensionnés ; ludique et sexuel sans être incroyablement lourdingue, Rien que pour vos yeux est la meilleure version du James Bond à la Roger Moore, qui trouve enfin son charisme. Une preuve ? En 2021, on rit encore de bon coeur et sans forcer à la plupart des blagues et gags du film - la séquence en 2CV évidemment, mais aussi la scène avec la fleuriste, le casino, Bibi... On n'y croyait plus.

 

photoComme disait Bourvil, elle va beaucoup moins bien marcher maintenant

 

Probablement la meilleure d'entre elles et parce qu'elle est le point de départ de la meilleure scène de tout le film : la poursuite en 2CV jaune, qui remplace la Lotus suréquipée de James Bond. Une excellente surprise déjouant les attentes du spectateur, qui s'attendait à une course-poursuite high-tech et se retrouve pris au dépourvu à l'instar du héros, qui n'a lui-même plus que son ingéniosité et sa malice pour s'en sortir. Tout ce que l'on rêvait de revoir : un peu d'intelligence dans l'action, dans le découpage, dans l'écriture. Résultat : une course poursuite qui n'a absolument pas pris une ride et lance le film sur la meilleure route possible. Une route qui sera tenue dans les grandes largeurs.

On apprécie également un certain regain de puissance du côté du drame, avec une écriture plus classique de thriller de guerre froide certes, mais également moins bâclée et une intrigue plus proche des personnages, à commencer par Milena, dont la quête de vengeance est le vrai centre de gravité émotionnel du récit. Ce n'est certes pas le Pérou, et encore moins du Shakespeare, mais le travail est accompli, et en plus Carole Bouquet crève l'écran.

 

photoEcran Large devient Ecran Crevé

 

Enfin, cet effort sur l'écriture est surtout visible sur James Bond lui-même, qui doit passer par un éventail d'émotions plus large et nuancé. La scène de casino, par exemple, typique d'un James Bond s'il en est, renoue enfin avec le charme suave mêlé de danger opaque qui ont fait la gloire des opus précédents, entre jeux de dupes, passes d'armes psychologiques et magnétisme sexuel. Et puisqu'on en parle, il est aussi à noter que c'est le premier Roger Moore où la charge sexuelle trouve aussi un bon équilibre et ne suffoque pas le spectateur sous une avalanche de gamètes et de sous-entendus à la Bigard. Comme quoi, Roger Moore classe, fin et séduisant, c'était possible.

 

photoJ'y suis arrivé

 

POURQUOI C'ESt quand même pas un grand bond en avant

Rien que pour vos yeux est un James Bond parfaitement appréciable, globalement un bon moment et un bon film. Néanmoins, on ne peut pas s'empêcher de relever que l'intrigue du film s'essouffle grandement dans son dernier tiers. Peut-être qu'à force de ramener la saga dans le giron de la sobriété, les producteurs ont eu la main un peu lourde : les dernières séquences du film manquent de folie, et l'antagoniste principal, Kristatos, est tout simplement le plus fade jamais vu dans un James Bond.

De même, heureusement que le film peut compter sur son action et ses dialogues pour donner du rythme, car l'intrigue emberlificotée autour d'un MacGuffin quelconque manque de rebondissements et d'enjeux prenants et, par conséquent, rame dans ses transitions.

 

photoKristatos, qui s'en souvient ?

 

Au rayon des petites choses, on note une séquence d'introduction avec Pas-Blofeld pour une fois assez ratée et inutile, tant et si bien qu'on se demande pourquoi Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom-pour-des-questions-de-droits a été ramené ici, à part pour faire un doigt d'honneur assumé à l'ayant droit. Quelques blagounettes tombent un peu à plat - les hockeyeurs, Q en prêtre orthodoxe, Margaret Thatcher - mais cela arrive.

 

photoPas-Blofeld

 

On remarque également que c'est le premier James Bond où Roger Moore commence vraiment à montrer son âge. À presque 55 ans quand le film sort, son physique a du mal à tenir la comparaison avec celui des autres membres du casting - évidemment, surtout féminins : à part la comtesse, il pourrait être le père de toutes les filles du film. Bien sûr, on nous dira que Daniel Craig a 53 ans et que ça ne l'empêche pas de sortir Mourir peut attendre. On répondra que c'est injuste, voire bas, mais nous ne sommes vraiment pas tous égaux devant les apparences (et l'absence de filtres numériques en 1981).

Côté musique, avec tout le respect éternel qu'on doit à Bill Conti pour les BO de Rocky et Karaté Kid, et malgré l'excellente chanson qu'il a composée pour le générique chanté par Sheena Easton, ses arrangements funky-cuivres peu discrets sont ici à côté de la plaque et ont vieilli comme le lait, particulièrement dans la très amusante course-poursuite à ski. Rien qui ne vient totalement gâcher le film, mais clairement rien qui ne l'élève non plus.

 

photoUn peu de ski-funk avec Tywin Lannister (à gauche) ?

 

En dehors de tout cela et en réalité, soyons honnêtes : Rien que pour vos yeux souffre tout simplement et principalement de la comparaison avec d'autres épisodes ayant fait la noblesse de la saga. Que voulez-vous faire quand vous êtes la Suisse face à la France vous vous mesurez à des cadors comme Bons baisers de RussieSkyfall ou même plus modestement Permis de tuer par exemple ? Et on ne parle même pas des vaches sacrées comme Goldfinger ou Casino Royale. C'est cruel, mais même à son meilleur, et quand bien même on peut l'apprécier pour ce qu'elle est, l'ère Roger Moore a les épaules étroites. Et à son pire... On se revoit pour Octopussy.

 

photoChère fleuriste, des chrysanthèmes pour la suite

 

LE BUSINESS BOND

Encore une fois, les critiques de l'époque oscillent entre le positif mou et le tiède, alors que l'appréciation de cet opus a augmenté avec les années. Fait étrange, en France un de ses plus grands fans n'est autre que... Robert Bresson, qui explique dans une interview avoir emmené ses deux nièces voir le film et en être ressorti émerveillé.

Cette mollesse critique n'empêche pas le public de se ruer en salles comme d'habitude et de faire du film un excellent placement : pour 28 millions de dollars de coûts de production, le film en rapporte 195 au box-office international, ce qui le place un micro poil au-dessus de Moonraker en termes de rentabilité et permet à James Bond de faire son beurre tranquillement. Toutefois, il ne reproduit pas le miracle accompli avec L'Espion qui m'aimait - et ne sera pas suffisant pour éviter à la United Artist de mourir subitement à cause de la taule séculaire que fut La Porte du paradis la même année.

Cela suffit en revanche à en faire le second plus gros succès de l'année dans le monde, loin derrière Les Aventuriers de l'arche perdue, mais aussi assez loin devant Superman II. En France, Rien que pour vos yeux fait également tout pareil que son prédécesseur et attire 3,1 millions de spectateurs (bon allez, si on rentre dans le détail il fait 10 000 entrées de plus).

 

photoPas mal hein ?

 

Une scène culte

On aurait pu faire les malins et vous mettre la poursuite à ski ou la plongée sous-marine, mais à quoi bon fuir les évidences : la deudeuch'. Une séquence d'action drôle, trépidante et impressionnante, avec un rire cristallin accidentel de Carole Bouquet pour rendre le tout vraiment plus que parfait et tout est dit.

 

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commentaires
Une once de réconfort
07/07/2021 à 23:48

Je me rappelais de kristatos, parce que l'acteur joué dans l'empire contre-attaque et la dernière croisade. Mais bon. Ça sauve pas le film.
Certes, ce Bond se veut plus terre à terre,, mais Roger Moore n'est pas crédible dans cette catégorie.
Heureusement, Dalton attendra avant de reprendre le rôle.
Mais ce film a toujours le lot de gêne habituelle de la période Moore. J'ai presque de la peine pour lui tellement ses Bond se font laminer.
Pour l'anecdote, l'actrice qui joue la comtesse, était l'épouse de Pierce Brosnan à l'époque. Elle décédera quelques temps plus tard.
Par contre, je dois être le seul, mais la BO de celui là, ainsi que celle de l'espion qui m'aimait, typé année 70's et disco....ben moi j'aime bien.
C'est même pas ma génération, mais je les trouve fun. Si je dois sauver un truc se sera ça.

xav
05/07/2021 à 13:19

Pour moi, le plus gros défaut du film (à part l'absence de John Barry à la musique), c'est que si ce film change complètement de ton, passant du divertissement pop à un vrai film d'espionnage sérieux et crédible, il y a malheureusement un code nanard qu'ils ont oublié de retirer: cette manie pour les scénaristes de se dire "attention, voilà déjà plus de vingt minutes que personne n'a essayé de tuer Bond, vite, mettons des tueurs random qui tentent une manière ridicule et folklorique de le tuer et qui échoueront d'une manière rigolote". Du coup, il y a quelques scènes comme les joueurs de hockey dans le gymnase de nuit, sans parler de la scène de Blofeld, qui font tâche parmi toutes les autres scènes d'action suaves, sombres et justifiées par le scénario.

Je pinaille. A part ça, 100% d'accord, c'est le meilleur Roger Moore. Je serai moins sévère sur la fadeur de Kristatos. Pour moi, un méchant plus mémorable aurait rendu le film moins mémorable. Celui-ci colle mieux au ton du film. J'apprécie beaucoup le fait qu'il soit défini moins par un rire démoniaque, par une apparence de méchant ou de déséquilibré, ou par un charisme hypnotisant, mais au contraire, simplement par ses relations avec les autres personnages. Ça le rend très naturel, et on y croit. Et puis surtout, ça nous permet d'éviter ce défaut qu'ont tant d'autres épisodes, où pendant la première heure on fait comme si on ne savait pas qu'on avait très bien compris qui était le méchant.

Kyle Reese
04/07/2021 à 16:48

L’affiche reste superbe. Une sacré composition graphique. Comment résister à ces jambes.
Même Bond se fait tout petit, et qui a le plus gros flingue cette fois ci.

Quelqu’un , un gros fan sûrement a eu la bonne idée de titre le film Don’t mess with the Zoran, Rien que pour vos cheveux !

Abibak
04/07/2021 à 13:37

Les films 007 de roger moore ont une ambiance à la chapeau melon et botte de cuir, et il ne faut pas oublier le 2em plus grand méchant des james bond : Requin.

ALUCARD
03/07/2021 à 21:37

Le début de l'ère Rémi Julienne, qui se terminera avec Goldeneye.

Faurefrc
03/07/2021 à 20:54

Pour moi le meilleur bond de l’ère Moore reste « l’espion qui m’aimait ». La séquence à ski, la Lotus amphibie, la base sous-marine et Requin. Oui, c’est kitsch mais c’est justement ce qui en fait tout le charme.

Pulsion73
03/07/2021 à 17:28

Rectif: " du haut de sa grandeur...."
Un genre de film indigne d'elle. Elle est pas du tout dans le ton même avec son regard revolver.

Pulsion73
03/07/2021 à 17:25

Carole Bouquet crève peut-être l'écran mais qu'est ce qu'elle joue mal comme si du haut de sa grande elle avait du mal à se loger dans le moule du pur film de divertissement.

John Dee IS Real 007
03/07/2021 à 15:12

Faut vraiment être un acharné de la chose pour s'infliger les 007, ou être sous substances illicites,

Rien que pour Miglou
03/07/2021 à 13:17

100% d’accord avec cette critique

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