La Chute du faucon noir : le pamphlet antimilitariste ultime de Jerry Bruckheimer, par Sir Ridley Scott ?

Gaël Delachapelle | 22 juin 2021
Gaël Delachapelle | 22 juin 2021

Retour sur La Chute du faucon noir : production Jerry Bruckheimer pro-guerre ou pamphlet antimilitariste ultime de Sir Ridley Scott ?

Quand on aborde le genre du film de guerre dans le cinéma américain contemporain, il y a toujours cette question éternelle de la représentation de l’héroïsme et du corps militaire qui refait surface, lorsqu’un cinéaste s’essaie au genre. Que ce soit Steven Spielberg, avec son chef-d’œuvre Il faut sauver le soldat Ryan (1998), qui a redéfini le genre de par son réalisme, Michael Bay et son Pearl Harbor (2001), qui baigne dans un patriotisme qui lui aura valu une pluie de critiques assassines à sa sortie, ou encore, plus récemment, Christopher Nolan et Sam Mendes, avec leurs exercices de styles respectifs que sont Dunkerque (2017) et 1917 (2020), où la guerre devient le terrain d’expérimentations purement sensorielles.

Peu importent les différentes approches du genre par ces auteurs, c’est toujours la même question qui revient sur la table : film anti-guerre ou pro-guerre ? Et dans le cas des productions Jerry Bruckheimer, la question se pose sérieusement. Connu mondialement pour ses blockbusters qui font l’éloge du corps militaire en long, en large et en travers, le producteur est devenu indissociable au fil des années d’une imagerie glorifiant l’armée américaine dans toute sa splendeur. Notamment à travers le regard politique et ironique du réalisateur Tony Scott (Top Gun, USS AlabamaEnnemi d'état).

Et c’est au début des années 2000, avec un surprenant diptyque dans le genre, que deux visions de l’héroïsme américain vont venir s’opposer au sein de l’écurie Bruckheimer. La première est Pearl Harbor de Michael Bay, dont on ne présente plus le caractère de propagande qui lui vaut sa réputation négative. Et la seconde La Chute du faucon noir (2001), 13e long-métrage dans la dense filmographie de Sir Ridley Scott (Alien, le huitième passager, Blade Runner), sorti dans le contexte d’une Amérique meurtrie par les attentats du 11 septembre 2001, longtemps perçu comme un film pro-guerre avant d’être réévalué avec le temps.

Et si, malgré son postulat de production Bruckheimer à la gloire de l’héroïsme américain, La Chute du faucon noir n’était pas tout simplement le pamphlet antimilitariste ultime de son cinéaste britannique ?

 

photoAllez, on part en guerre !

 

La Guerre selon Don et Jerry

L’armée américaine et Jerry Bruckheimer, c’est une grande histoire d’amour qui remonte à l’époque où le producteur et son associé, feu Don Simpson, ont explosé le box-office mondial avec l’une de leurs premières productions phares, à savoir Top Gun. Véritable hit de l’année 1986 (353 millions de dollars, pour un budget de 15 millions), le film du regretté Tony Scott (qui aura propulsé Tom Cruise au rang de star mondiale) aura défini le style visuel des productions du duo pour les décennies à venir (avec ses gros avions et son culte pour le corps militaire).

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commentaires
Geoffrey Crété - Rédaction
28/07/2021 à 16:11

@Enihprom

Je pense qu'on peut miser sur le fait que cette personne n'a précisément pas lu l'article, et avait juste envie de nous tacler.

Mais un très grand merci à vous, de la part de toute l'équipe ! :)

Enihprom
28/07/2021 à 16:07

@Squaddra

En quoi ce papier est formé de "conneries" ? Je l'ai lu par curiosité, et je l'ai trouvé assez pertinent. La question de l'anti-militarisme se pose, notamment quand il s'agit de Bruckheimer à la production. Cela fait un moment que je suis sur Ecran Large, sans être abonné, et je me suis laissé tenter.

Squaddra
24/06/2021 à 20:52

Payer pour lire des conneries.. no way !

Kyle Reese
22/06/2021 à 19:01

Rétrospectivement l'un des meilleurs Scott pour ma part. Mal compris par une certaine critique de gauche, le film montre les limites du coté va-t-en guerre des US avec un échec cinglant.
Pas sur qu'il soit politique, c'est surtout un constat et un laboratoire expérimentation technique ou la précision des effets à été poussé à son maximum pour un film de guerre. (Impacts, explosions, caméra au cœur de l'action, précision chirurgical du son etc )
Par certains cotés il me fait penser à Aliens de Cameron (les soldats cernés, le cotés pièges, et l'ennemi qui surgit de toutes part). Le film est une tuerie aussi bien dans le sujet de ce qu'il montre mais aussi techniquement. Je n'avais pas été autant immergé dans l'action depuis Le soldat Rayan, sauf que dans le soldat c'est surtout le début avec le débarquement et là c'est surement plus de la moitié du métrage. Scott en état de grâce; un orfèvre du cadrage, de la photo et du montage. Ce film a été longtemps pour moi l'étalon du film d'action ou de guerre réussissant à recréer le chaos le plus total. D'ailleurs je me demande si un film l'a déjà dépassé depuis avec cette unité de lieu et de temps digne d'une tragédie grecque.

Panzer Miglou
22/06/2021 à 14:15

Plutôt que de l'anti-militarisme, ce film illustre chirurgicalement, exactement comme Un pont trop loin, les conséquences d'une opération mal préparée et d'un ennemi mal évalué

Miami81
22/06/2021 à 13:29

Sacré Ridley. Malgré son âge avancé, il a toujours su réaliser des films avec une modernité incroyable. Et ici, elle est d'une efficacité millimétrée.

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