The Truman Show : le grand film parano (et visionnaire) de Jim Carrey

Mathieu Jaborska | 10 juin 2021
Mathieu Jaborska | 10 juin 2021

Et si votre vie ne vous appartenait pas ? The Truman Show, le film qui a rendu paranos trois générations, vient de connaître une nouvelle édition Blu-ray en France. Un petit honneur largement justifié, car le long-métrage réalisé par Peter Weir et écrit par Andrew Niccol continue de fasciner ses spectateurs, à la fois grâce à la richesse infinie de son scénario, une véritable anomalie hollywoodienne, et à la performance de son acteur principal, le seul et unique Jim Carrey.

The Truman Show amuse, émeut, divertit en continu et fait beaucoup réfléchir. Peu de films de cette envergure, produits dans une industrie frileuse, peuvent se targuer de cumuler toutes ces qualités. Comment ce petit miracle a-t-il pu se produire au sein d'une décennie dominée par Michael Bay, les productions Jerry Bruckheimer et les sous-Die Hard finis à la testostérone périmée ? Rendez-vous de l’autre côté de l’écran.

 

Photo Jim CarreyMan on the moon

 

Niccol kind man

Faites l’expérience chez vous, ou lors de votre prochain repas de famille : lorsqu’on évoque le Truman Show, les réactions sont unanimes : « C’est le film qui a prédit la télé-réalité ! », entend-on ici et là. Mais si, en effet, le long-métrage a su anticiper l’explosion du phénomène à la fin des années 1990 et au début des années 2000 avec Big Brother aux États-Unis en 1999 et Loft Story en France en 2001, il a pu s’appuyer sur des programmes télévisuels qui étaient expérimentés dès les années 1970 avec An American Family, et diffusés avec succès dans les années 1990, comme les « Reality Show » exportés chez nous, prétendant rendre compte de la vie d’inconnus.

S’il a prédit quelque chose, c’est bien l’émergence d’Endemol, géant de la télévision ayant bâti son succès sur la promesse de l’observation de candidats dans un environnement. Il a prédit l’industrialisation délirante du procédé et les pires des dérives du monstre du divertissement, débutant à peine quelques mois après sa sortie en juin 1998. Il se situe donc à un point de jonction parfait, et c’est surtout grâce à une seule personne, bien connue des amateurs de science-fiction américaine : Andrew Niccol.

 

photo, Jim CarreyUne place aux airs de studios hollywoodiens

 

Le réalisateur, issu de la publicité, sortait alors de Bienvenue à Gattaca, film de science-fiction qui l’a très vite mis sur la liste de nombreuses majors, malgré un score au box-office très décevant (à peine plus de 12 millions de dollars de recette sur le territoire américain, pour un budget de 36 millions). Il avait un scénario intitulé, selon Variety (qui a démonté une accusation de plagiat du dramaturge Mark Dunn), The Malcolm Show. Il n'est pas inspiré d’un épisode de La Quatrième Dimension, comme il l’a assuré lui-même dans un entretien accordé à la BFI, mais bien de son enfance et de ce sentiment d’être, sans le savoir, au centre de l’attention quoi qu’en dise la page Wikipédia.

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commentaires
Ray Peterson
10/06/2021 à 23:26

Peter Weir visionnaire (avec Andrew Niccol, d'ailleurs euh.... Refait des trucs bien un de ces 4), ce film a sa sortie fut une claque. La séquence de fin du bateau, à pleurer de "je ne sais quel sentiment" pour ma part. Et quand j'écoute Father Kolbe's Preaching, j'ai envie de rejoindre l'escalier de Truman. Bon et au cas où l'on ne se reverrait pas d'ici là, je vous souhaite....

Numberz
10/06/2021 à 22:39

Un de mes films préférés, une bo sensass, un me photographie a tomber, des acteurs et une direction artistique magnifiques. Chef d'œuvre. Comme Man of the moon que je conseille avec Jim Carey.

Sinon, de peter weir, j'ai découvert l'an passé la dernière vague et ce fut une sacrée expérience. Je vous recommande chaudement.

beyond
10/06/2021 à 19:09

Si ma vie était un film, les spectateurs auraient quitté la salle depuis longtemps en exigeant d'être remboursés.

Kyle Reese
10/06/2021 à 15:48

Merci pour ce dossier. Revus par hasard il y a une semaine à peine lors d'une re-diffusion TV, et bien même en VF, même avec des coupures pub (lol) le film est toujours aussi bon. Un véritable chef-d’œuvre comme il y en a peu ces derniers temps.
Carey est juste géant (il me manque), l'histoire évidement visionnaire, tellement bien écrite. Et pour les beaux yeux de Natascha McElhone qui envoute déjà avant Solaris et puis Californication plus tard. Non mais sérieux ce film ! Tout fonctionne. Peter Weir est un très grand, et Andrew Nicoll (Gattaca, autre très grand film, chef-d’œuvre) a des idées géniales.

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