American Gigolo : sexe, meurtre et Richard Gere, par le scénariste de Taxi Driver

Salim Belghache | 19 mai 2021 - MAJ : 19/05/2021 15:28
Salim Belghache | 19 mai 2021 - MAJ : 19/05/2021 15:28

Sorti en 1980, American Gigolo incarne son époque et la fin du Nouvel Hollywood, avec un Richard Gere au sommet. Enfin c'est ce qu'on a tendance à croire.

Quand on parle d’American Gigolo, les spectateurs se souviennent principalement du générique d’ouverture. La voix de la chanteuse Debbie Harry du morceau Call me, composé par Giorgio Moroder, nous entraîne comme jamais dans le doux rêve américain, et notre Richard Gere, plutôt jeune, montre qu’il sent la classe à des dizaines de kilomètres. Pourtant, cette incarnation manifeste de la désinvolture des années 80 passera son temps à balayer cette idylle américaine

On y suit Julian Kay, un beau ténébreux trentenaire, louant ses charmes à des femmes fortunées dans le besoin. Après avoir passé la nuit avec l'épouse d'un homme d'affaires, cette dernière est retrouvée morte et les soupçons de la police se portent naturellement sur Julian. Avant de détricoter les mécanismes de la déconstruction et saisir tout l’intérêt que porte American Gigolo, il est nécessaire de faire un rapide tour par la case biographie de son réalisateur Paul Schrader.

 

photo, Richard Gere, Hector Elizondo"Ok c'est parti"

 

Un travail d’écriture

Principalement connu pour son scénario du Taxi Driver de Martin Scorsese, Schrader a débuté tardivement sa carrière de réalisateur avec Blue Collar en 1978 (un film sur le syndicalisme), et Hardcore, sorti l’année suivante (une réécriture de La Prisonnière du Désert dans le monde du cinéma porno à Los Angeles). American Gigolo arrive donc en troisième position de la filmographie dense et hétérogène de Paul Schrader, et sonne comme le tournant moral et esthétique de la carrière du cinéaste.

 

photo, Richard Gere"J'ai bien nettoyé ma voiture."

 

La singularité du réalisateur s’applique d’abord dans son écriture. Au départ critique de cinéma, il a développé une méthode de scénario qu'il appelle lui-même la métaphore fictionnelle : une manière de raconter sa vie, tout en se cachant dans la fiction. Dans le cas de Taxi Driver, le réalisateur vivait à l’époque dans sa voiture et n'allait pas forcément très bien. Cette expérience lui a servi pour mettre en scène l'angoisse et la folie du personnage de Travis (Robert De Niro).

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commentaires
Hocine
21/05/2021 à 12:57

American Gigolo fait partie de ces films qui font la transition entre les années 70 et les années 80. Dans cette catégorie, je mettrais Le Solitaire de Michael Mann. L'esthétisme du film et sa bande-son annoncent les films des années 80, notamment les productions Don Simpson/Jerry Bruckheimer: Flashdance, Le Flic de Beverly Hills, Top Gun.
En revanche, le personnage principal et la structure narrative s'apparentent plus à ceux des films américains des années 70.
Aujourd'hui, American Gigolo semble oublié. Ce film reste celui qui a propulsé Richard Gere, au rang de star. Il fera ensuite des films populaires comme Officier et Gentleman, Pretty Woman. Dans Affaires Privées, Richard Gere joue presque une version négative du rôle qu'il jouait dans American Gigolo. Cet acteur aura eu une carrière inégale.
Je ne sais pas ce qu'aurait donné John Travolta dans American Gigolo.

Pat Rick
19/05/2021 à 20:40

Autant j'avais accroché à Hardcore du même réalisateur, autant American, gigolo m'a déçu.

Thierry
19/05/2021 à 19:47

Un film qui, bien qu'ayant fait du bruit à sa sortie, a perdu de son aura au fil des années. Il est très rarement cité chez les aficionados de la toile. Curieux le parcours que peuvent emprunter les films...

RobinDesBois
19/05/2021 à 16:03

L'un des films les plus emblématique des 80's avec Body Double.

Par contre je trouve la fin un peu déconcertante.

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