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Godzilla, King Kong : on a classé les films du MonsterVerse, du pire au meilleur

Par La Rédaction
6 avril 2024
MAJ : 21 mai 2024
42 commentaires

Après Godzilla x Kong, on a classé tous les films du MonsterVerse de Legendary.

Après Godzilla x Kong, on a classé tous les films du MonsterVerse de Legendary.

Qu’il y a-t-il de plus beau que des gros monstres qui s’envoient des directs du droit dans les gencives ? C’est probablement cette question rhétorique en tête que les pontes de Legendary se sont emparés de la licence Godzilla, avec la promesse d’enfin respecter l’héritage de la saga japonaise et les dimensions des cuisses du reptile radioactif. Godzilla est ainsi devenu le premier volet d’une franchise qui ne s’est pas contentée de convoquer quelques-uns des Kaijus les plus cultes créés par la Toho dans Godzilla II : Roi des Monstres, mais qui a aussi ressuscité le roi Kong avec Skull Island et a fait s’affronter tout ce beau monde dans Godzilla vs. Kong, ainsi que sa suite Godzilla x Kong : Le nouvel Empire.

Le MonsterVerse, tel qu’il s’est lui-même nommé, fait beaucoup parler de lui, en bien… ou en moins bien. Résolument amoureuse des bestioles qui le peuplent, la rédaction d’Ecran Large s’est donc battue pour parvenir à un classement de la saga, qui comporte quelques surprises.

 

 

5. GODZILLA II : ROI DES MONSTRES

Sortie : 2019 – Durée : 2h12

 

photoAlors le décor est peut-être super beau hein. Mais on ne le voit pas en fait.

 

Qu’est-ce qui se passe : Cinq ans après la très efficace opération de terrassement menée à San Francisco par Godzilla, le monde a retrouvé sérénité et paix. En apparence du moins, car l’agence Monarch a mis à jour quantité de titans plus ou moins en sommeil, et développé une technologie capable de les éveiller. Cet outrage au principe de précaution s’avère d’autant plus intelligent qu’un écoterroriste (les défenseurs de la planète étant bien connue pour leurs propensions au meurtre de masse) s’en empare. Ni une ni deux, Rodan et Ghidorah, respectivement un gros volatile qui met le feu en soirée et un dragon plaqué or, décident de transformer la planète en barbecue.

Ni une ni deux, les humains font appel à leur lézard préféré, Godzilla, qui a encore un peu forcé sur le sandwich aux nouilles. Avec sa grosse mite, Mothra, il poursuit son ambitieux plan d’urbanisme, tue probablement des centaines de milliers d’innocents, et fait des sashimis de ses ennemis. Tout est bien qui finit bien.

 

photo King GhidorahIl pleut. Beaucoup.

 

Pourquoi c’est le pire : On voulait croire en la réussite de Michael Dougherty, remarqué grâce à son étonnant Krampus. Malheureusement, ce dernier n’a pas su transcender une équation dont les éléments ne lui étaient guère favorables. Outre un script fascinant de bêtise tant il passe son temps à se contredire, voire à vomir purement et simplement sur la mythologie de toute la saga, on souffre devant des personnages tous fraîchement amputés du cerveau et assez mollement interprétés.

Autant de tares qu’il serait aisé d’oublier si le film tenait à sa promesse de grand spectacle aux proportions monstrueuses. Mais même pas. Non pas que les effets spéciaux soient déficients, tant ils s’avèrent, comme dans le reste de la franchise, maîtrisés et excellemment finalisés, ce sont plutôt la direction artistique, les chorégraphies et ultimement la mise en scène, qui pèchent sévèrement.

Dougherty voudrait se situer dans la lignée esthétique du film inaugural d’Edwards, mais n’en comprend jamais la grammaire. Ainsi, on filme en permanence au coeur d’une nuit sans étoiles pour simuler la gravité, et on nous assombrit encore l’écran d’intempéries parasites pour s’acheter un semblant de dramatisation. Ajoutons à cela des joutes découpées à la hache, manquant cruellement d’inventivité, et on aboutit à un film d’action singulièrement laid, interminable, qui réussit l’exploit de multiplier les scènes d’action sans jamais offrir de spectacle véritable. Le tout, avec un esprit de sérieux qui confine au ridicule le plus total.

 

4. Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire

Sortie : 2024 – Durée : 1h55

 

Godzilla x Kong : Le nouvel Empire : photoQuand il y a des frites à la cantine

 

Qu’est-ce qui se passe : Pendant que Kong explore la Terre creuse en quête de congénères, il y découvre une civilisation de singes pas très sympas. Face à la menace de Skar King, qui veut prendre le contrôle de la surface, notre ami le primate s’associe aux humains, mais surtout à un Godzilla qui a décidé pour l’occasion de level up. Après tout, il faut s’assurer le niveau maximal avant le combat contre le boss de fin. 

Pourquoi c’est quand même bien débile : Ah, l’excuse du plaisir coupable… C’est sûr qu’on ne vient pas voir Godzilla x Kong : Le nouvel Empire dans l’attente d’un grand blockbuster auteurisant, mais disons que cette serpillère faite cinéaste qu’est Adam Wingard s’en accommode pas mal. Sous prétexte de s’inspirer de la période Showa de Godzilla (et donc déjà des délires bourrins et funky avec notre lézard préféré), le réalisateur enquille les idées de scénario rushées et une écriture en pilotage automatique.

C’est bien simple : Godzilla x Kong pourrait être un mauvais jeu vidéo, où ses titans apprennent à passer au niveau supérieur pour un climax finalement un peu chiche. Reste que, malgré les problèmes d’échelle d’une mise en scène peu inspirée, le long-métrage a le mérite de lâcher la bride très vite (surtout par rapport à Godzilla 2 et Godzilla vs. Kong). Blindé d’action et épuré d’un maximum d’humains, le film choisit de faire confiance à ses monstres numériques, au point de leur donner un paquet de séquences sans dialogues.

 

3. GODZILLA VS. KONG

Sortie : 2021 – Durée : 1h53

 

photo Kaylee Hottle, Kaylee HottleTire sur mon doigt

 

Qu’est-ce qui se passe : Une fois sa crise d’adolescence passée, Kong est emprisonné dans une fausse île, au sein de laquelle il semble autant s’épanouir que les dauphins de SeaWorld. Alors qu’il apprend la langue des signes aux côtés d’une petite fille magique, les humains envisagent de le rendre à son habitat naturel : le centre de la Terre (rien que ça). Malgré l’intervention d’un Godzilla taquin, ils parviennent à atteindre son paradis.

En parallèle, la petite fille magique du film précédent parvient sans mal à infiltrer l’infrastructure la plus sécurisée de la planète grâce à un complotiste mal déguisé et un trouillard dont le principal trait de caractère est de boire l’eau du robinet. Ils y découvrent le projet secret d’une multinationale qui espère concurrencer le roi des monstres sur son propre terrain en construisant un rival mécanique : MéchaGodzilla. Le bestiau rouillé est lâché sur Godzilla et Kong, occupés à se friter entre eux. Le singe et le lézard décident alors de prendre en sandwich l’imposteur et lui faire ravaler ses boulons. Puis Kong retourne dans sa caverne géante, Godzilla dans l’océan. À la prochaine !

 

photoOverdose de néons en vue

 

Pourquoi c’est pas si nul : La présence si haut dans le classement de cette production, sur laquelle la presse et une majeure partie du public se sont allégrement essuyé les pieds, a de quoi étonner. Elle trahit pourtant à la fois à quel point l’original domine ses trois rejetons et la candeur attachante de l’objet. D’une débilité profonde, parfois surréaliste tant il répudie les règles de la cohérence cinématographique, Godzilla vs. Kong a l’indulgence de ne pas viser plus haut que son postulat, et de ne pas nous embarquer dans 2h30 de gloubi-boulga mythologique indigeste.

Conscients de leurs propres faiblesses, bien au courant qu’ils ne peuvent rivaliser avec le traitement d’Edwards, Wingard et ses cinq (!) scénaristes crédités laissent complètement tomber le casting humain pour composer des bastons titanesques qui relèvent presque d’un fantasme de gosse turbulent. Godzilla et King Kong se battent sur un bateau, Godzilla creuse un trou jusqu’au centre de la Terre, Kong le tabasse à coup de hache… Bref, rien de très intellectuel, mais quelques instants amusants lorgnant presque sur Pacific Rim, la mise en scène délirante de Guillermo del Toro en moins. Le film est indéniablement bête, bancal et parfois franchement feignant, mais il a pour lui de rester inoffensif.

 

2. KONG : SKULL ISLAND

Sortie : 2017 – Durée : 1h58

 

photoVous avez dit Apocalypse Now ?

 

Qu’est-ce qui se passe : En 1973, un groupe d’explorateurs, envoyé par l’institution gouvernementale Monarch, se rend sur l’île du crâne (Skull Island en anglais), non répertoriée sur les cartes de l’Océan Pacifique, car il semblerait qu’elle cache d’étranges créatures et pourrait confirmer l’existence de la Terre Creuse. Arrivé sur place, le groupe composé de militaires (dont le colonel Packard), scientifiques, traqueur et d’une photographe font tout exploser et sont donc attaqués par le fameux Kong qui défend l’île.

Dispersés, les personnages sont confrontés à d’autres créatures et beaucoup d’entre eux meurent dans d’atroces souffrances. Un mini-groupe rencontre les indigènes locaux et un soldat américain qui s’était crashé sur l’île pendant la Seconde Guerre mondiale. Il leur explique toute l’histoire de l’île.

Alors que tout le monde est regroupé, ils veulent se barrer, sont attaqués par un Skullcrawler (qui a exterminé la famille de Kong), mais ils réussissent à le buter. Pour venger ses soldats morts, Packard (détraqué par le Viêt-nam) essaye de tuer Kong aussi, mais la gentille photographe et le beau traqueur sauvent Kong, et Packard meurt. Kong sauve les humains du boss des Skullcrawlers. Les survivants quittent l’île sous les yeux de Kong. Mais attention, le monde n’est pas prêt pour les autres monstres découverts par Monarch.

 

Photo Jason Mitchell, Shea Whigham, Thomas Mann, Jason Mitchell, Thomas Mann, Thomas MannEt la mort la plus drôle du cinéma moderne est attribuée à…

 

Pourquoi c’est surtout hyper marrant : Kong : Skull Island avait largement été teasé comme une aventure aussi coriace qu’Apocalypse Now et plus particulièrement Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad. Et si évidemment le film en reprend des grandes lignes (notamment le nom de certains personnages) et pastiche allégrement des plans du chef-d’oeuvre de Francis Ford Coppola (le passage avec les hélicoptères, la remontée en bateau…), le film n’a jamais l’envergure pour venir le défier ne serait-ce qu’une seule seconde.

Pourtant, il y a quelques plans visuellement réussis, quelques séquences plutôt prenantes (cette confrontation dans les vestiges de la famille Kong face à un Skullcrawler) et un joli bestiaire ici ou là (la Mother Longlegs, le Spore mantis, Mire squid), mais le scénario est bien trop basique et l’ensemble bien trop timorée pour lui permettre de se hisser dans la cour des grands. Fort heureusement, Jordan Vogt-Roberts en est conscient, et assène une déconstruction assez fendarde de l’imagerie militaire qu’il convoque. 

En parasitant de monstres un film qui se plaît à déconstruire l’héritage du Vietnam et de son fiasco, le résultat final se veut plus critique et vachard qu’il n’y paraît, même si ça n’excuse qu’à moitié le manque profond de caractérisation de ses personnages. En résulte néanmoins la mort la plus drôle du cinéma ces dernières années : celle du personnage de Shea Whigham, balayé dans son élan de bravoure au son d’une musique larmoyante, de ralentis excessifs et d’un joli « son of a bitch » asséné à un Skullcrawler désabusé. Splendide.

  • À lire aussi : Notre critique de Kong : Skull Island

 

1. Godzilla

Sortie : 2014 – Durée : 2h03

 

 

Qu’est-ce qui se passe : 1999. Alors qu’un squelette géant est retrouvé aux Philippines, Walter White Joseph Brody perd au même moment sa femme après un accident dans une centrale nucléaire au Japon. Quinze ans plus tard, le bougre a développé une certaine obsession sur cet étrange incident, et finit par découvrir avec sa pancarte qui lui sert de fils, Ford, que la tragédie a été provoquée par le réveil de quelques titans, qui se sont au passage nourris des radiations.

Resté gentiment dans sa chrysalide pendant tout ce temps, le MUTO (oui, c’est son nom) lit le script et se rend compte qu’il est temps pour lui de se réveiller, de tout détruire sur son passage et de tuer Brody.

Par la suite, Ford s’embarque dans une suite de péripéties où il fait coucou à un Godzilla pas content, pour finalement comprendre que le MUTO est déterminé à fricoter avec l’un de ses congénères, afin de faire plein de bébés au coeur de San Francisco. À l’occasion, la créature récupère aux militaires une ogive nucléaire pour nourrir ses petits, obligeant Ford à intervenir avec d’autres soldats pour la désamorcer. Fort heureusement pour l’humanité, Godzilla décide de se présenter comme le briseur de couples ultime, en annihilant l’espèce de la surface de la Terre. Ford ne parvient pas à empêcher la bombe d’exploser, mais celle-ci est emmenée au large de l’océan, donc on suppose que tout va bien.

 

Photo Aaron Taylor-Johnson, Bryan CranstonI am the danger

 

Pourquoi c’est (de loin) le meilleur : Après son petit bijou indépendant Monsters, et sa déclaration d’amour touchante à ses grosses bébêtes, Gareth Edwards a semblé être un choix tout indiqué pour redonner vie au roi des monstres. Bien avant un quelconque projet d’univers étendu foutraque, le réalisateur a investi l’icône de la Toho avec un sérieux bienvenu. En cinéphile concerné par l’héritage d’Ishirô Honda, Edwards a ramené Godzilla à sa nature allégorique, en réveillant et modernisant le traumatisme d’un Japon hanté par la bombe nucléaire.

Mais surtout, à l’heure des blockbusters lénifiants, ce reboot de 2014 a toujours pour lui sa mise en scène aussi élégante qu’exigeante, convoquant le meilleur d’Alien et des Dents de la mer pour construire un puissant hors-champ. Si certains ont pu (injustement) reprocher au film ce manque de monstration, Godzilla est tout entier façonné sur un build-up efficace qui parvient sur l’entièreté de sa durée à proposer des set-pieces angoissants et spectaculaires (on se souvient encore de la scène du Halo Jump).

Dès lors, non seulement le film réussit à méchamment balancer la purée dans son climax jouissif, mais il ne sacrifie à aucun moment son regard fragile sur des humains dépassés par les événements. Bien avant les exploits de sa troupe de rebelles dans Rogue One : À Star Wars Story, Edwards réussissait déjà à inscrire les corps de ses personnages dans une forme de sublime écrasant. Si le réalisateur a convoqué des inspirations aussi nobles que les peintures de Caspar Friedrich, c’est toujours au service du mythe qu’il traite, et dont il nous a rappelé la majesté.

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Bob nims

Ouais godzilla 2 est bien mieux que le reste

Madou

Toujours abasourdi de voir King of the Monsters être classé bon dernier quand il s’agit du meilleur film de ce MonsterVerse quelque peu désuet. L’amour des monstres de Michael Doughtery se fait ressentir, l’iconisation est ultra présente, les scènes sont glorieuses et esthétiques. La musique, les plans, la découpe… Tout est là pour en faire un très grand spectacle et le seul défaut reste les personnages humains, mais de là à le foutre derrière Godzilla vs. Kong et Godzilla x Kong… Je comprends que le filml d’Edwards soit premier, bien entendu que c’est le seul « vrai » bon film du lot mais quand on cherche à voir des monstres se fight tout en ayant devant nous un spectacle sans qu’on nous prenne pour des jambons, KOTM est tout trouvé.

Birdy l'inquisiteur

Et Transformers 6 ?

Insgardoced

Et la momie? Elle en fait bien partie non ?

Godjira

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