Godzilla, King Kong : on a classé le MonsterVerse, du pire au meilleur

La Rédaction | 2 mai 2021 - MAJ : 02/05/2021 10:10
La Rédaction | 2 mai 2021 - MAJ : 02/05/2021 10:10

Après Godzilla vs. Kong, on a classé tous les films du MonsterVerse de Legendary.

Qu'il y a-t-il de plus beau que des gros monstres qui s'envoient des directs du droit dans les gencives ? C'est probablement cette question rhétorique en tête que les pontes de Legendary se sont emparés du roi des monstres, avec la promesse d'enfin respecter l'héritage de la saga japonaise et les dimensions des cuisses du reptile radioactif. Godzilla est ainsi devenu le premier volet d'une franchise qui ne s'est pas contentée de convoquer quelques-uns des Kaijus les plus cultes créés par la Toho dans Godzilla II : Roi des Monstres, mais qui a aussi ressuscité le roi Kong avec Skull Island et a fait s'affronter tout ce beau monde dans Godzilla vs. Kong (notre critique).

Avec quatre films au compteur, le MonsterVerse, tel qu'il s'est lui-même nommé, fait beaucoup parler de lui, en bien... ou en moins bien. Résolument amoureuse des bestioles qui le peuplent, la rédaction d'Ecran Large s'est donc battue pour parvenir à un classement de la saga, qui comporte quelques surprises.

 

photoAvec de vrais morceaux de Big G dedans

 

4. GODZILLA II : ROI DES MONSTRES

Qu'est-ce qui se passe : Cinq ans après la très efficace opération de terrassement menée à San Francisco par Godzilla, le monde a retrouvé sérénité et paix. En apparence du moins, car l'agence Monarch a mis à jour quantité de titans plus ou moins en sommeil, et développé une technologie capable de les éveiller. Cet outrage au principe de précaution s'avère d'autant plus intelligent qu'un éco-terroriste (les défenseurs de la planète étant bien connue pour leurs propensions au meurtre de masse) s'en empare. Ni une ni deux, Rodan et Ghidorah, respectivement un gros volatile qui met le feu en soirée et un dragon plaqué or, décident de transformer la planète en barbecue.

Ni une ni deux, les humains font appel à leur lézard préféré, Godzilla, qui a encore un peu forcé sur le sandwich aux nouilles. Avec sa grosse mite, Mothra, il poursuit son ambitieux plan d'urbanisme, tue probablement des centaines de milliers d'innocents, et fait des sashimis de ses ennemis. Tout est bien qui finit bien.

 

photoAlors le décor est peut-être super beau hein. Mais on ne le voit pas en fait.

 

Pourquoi c'est le pire : On voulait croire en la réussite de Michael Dougherty, remarqué grâce à son étonnant Krampus. Malheureusement, ce dernier n'a pas su transcender une équation dont les éléments ne lui étaient guère favorables. Outre un script fascinant de bêtise tant il passe son temps à se contredire, voire à vomir purement et simplement sur la mythologie de toute la saga, on souffre devant des personnages tous fraîchement amputés du cerveau et assez mollement interprétés.

Autant de tares qu'il serait aisé d'oublier si le film tenait à sa promesse de grand spectacle aux proportions monstrueuses. Mais même pas. Non pas que les effets spéciaux soient déficients, tant ils s'avèrent, comme dans le reste de la franchise, maîtrisés et excellemment finalisés, ce sont plutôt la direction artistique, les chorégraphies et ultimement la mise en scène, qui pèchent sévèrement.

Dougherty voudrait se situer dans la lignée esthétique du film inaugural d'Edwards, mais n'en comprend jamais la grammaire. Ainsi, on filme en permanence au coeur d'une nuit sans étoile pour simuler la gravité, et on nous assombrit encore l'écran d'intempéries parasites pour s'acheter un semblant de dramatisation. Ajoutons à cela des joutes découpées à la hache, manquant cruellement d'inventivité, et on aboutit à un film d'action singulièrement laid, interminable, qui réussit l'exploit de multiplier les scènes d'action sans jamais offrir de spectacle véritable. Le tout, avec un esprit de sérieux qui confine au ridicule le plus total.

 

photo King GhidorahIl pleut. Beaucoup.

 

3. KONG : SKULL ISLAND

Qu'est-ce qui se passe : En 1973, un groupe d'explorateurs, envoyé par l'institution gouvernementale Monarch, se rend sur l'île du crâne (Skull Island en anglais), non répertoriée sur les cartes de l'Océan Pacifique, car il semblerait qu'elle cache d'étranges créatures et pourrait confirmer l'existence de la Terre Creuse. Arrivée sur place, le groupe composé de militaires (dont le colonel Packard), scientifiques, traqueur et d'une photographe font tout exploser et sont donc attaqués par le fameux Kong qui défend l'île.

Dispersés, les personnages sont confrontés à d'autres créatures et beaucoup d'entre eux meurent dans d'atroces souffrances. Un mini-groupe rencontre les indigènes locaux et un soldat américain qui s'était crashé sur l'île pendant la Seconde Guerre mondiale. Il leur explique toute l'histoire de l'île.

Alors que tout le monde est regroupé, ils veulent se barrer, mais sont attaqués par un Skullcrawlers (qui ont exterminé la famille de Kong), mais ils réussissent à le buter. Pour venger ses soldats morts, Packard (détraqué par le Viêt-nam) essaye de tuer Kong aussi, mais la gentille photographe et le beau traqueur sauvent Kong, et Packard meurt. Kong sauve les humains du boss des Skullcrawlers. Les survivants quittent l'île sous les yeux de Kong. Mais attention, le monde n'est pas prêt pour les autres monstres découverts par Monarch.

 

Photo Tom Hiddleston, Brie LarsonQuand un studio essaye de vous faire manger du caca

 

Pourquoi c'est surtout hyper marrant : Kong : Skull Island avait largement été teasé comme une aventure aussi coriace que Apocalypse Now et plus particulièrement Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad. Et si évidemment le film en reprend des grandes lignes (notamment le nom de certains personnages) et pastiche allégrement des plans du chef-d'oeuvre de Francis Ford Coppola (le passage avec les hélicoptères, la remontée en bateau...), le film n'a jamais l'envergure pour venir le défier ne serait-ce qu'une seule seconde.

Pourtant, il y a quelques plans visuellement réussis, quelques séquences plutôt prenantes (cette confrontation dans les vestiges de la famille Kong face à un Skullcrawlers) et un joli bestiaire ici ou là (la Mother Longlegs, le Spore mantis, Mire squid), mais le scénario est bien trop basique et l'ensemble bien trop timorée pour lui permettre de se hisser dans la cour des grands. Reste heureusement une grande qualité (on trolle un peu) au film de Jordan Vogt-Roberts : son ridicule.

 

photoVous avez dit Apocalypse Now ?

 

Rarement les morts de personnages auront été aussi bêtes et si vous n'avez pas vu le film, on vous conseille de ne pas lire les quelques lignes restantes pour les découvrir par vous-mêmes au visionnage. Difficile de ne pas rire (jaune) devant un film qui se permet de tuer à deux reprises des personnages dont le dernier dialogue est "Oh merde" à savoir John Goodman puis Samuel L. Jackson. Le faire une fois, c'est déjà limite, mais deux fois, ça prouve le je-m'en-foutisme délirant des scénaristes.

Sauf qu'on ne va pas se le cacher, ils en sont probablement conscients de leur scénario bidon et l'ont jalonné d'un second degré très amusant. En résulte ainsi la mort la plus drôle du cinéma ces dernières années : celle du personnage de Shea Whigham, balayé dans son élan de bravoure au son d'une musique larmoyante, de ralentis excessifs et d'un joli "son of a bitch" asséné à un Skullcrawlers désabusé. Splendide.

 

Photo Jason Mitchell, Shea Whigham, Thomas Mann, Jason Mitchell, Thomas Mann, Thomas MannEt la mort la plus drôle du cinéma moderne est attribuée à...

 

2. GODZILLA VS. KONG

Qu'est-ce qui se passe : Une fois sa crise d'adolescence passée, Kong est emprisonné dans une fausse île, au sein de laquelle il semble autant s'épanouir que les dauphins de SeaWorld. Alors qu'il apprend la langue des signes aux côtés d'une petite fille magique, les humains envisagent de le rendre à son habitat naturel : le centre de la Terre (rien que ça). Malgré l'intervention d'un Godzilla taquin, ils parviennent à atteindre son paradis.

En parallèle, la petite fille magique du film précédent parvient sans mal à infiltrer l'infrastructure la plus sécurisée de la planète grâce à un complotiste mal déguisé et un trouillard dont le principal trait de caractère est de boire l'eau du robinet. Ils y découvrent le projet secret d'une multinationale qui espère concurrencer le roi des monstres sur son propre terrain en construisant un rival mécanique : MéchaGodzilla. Le bestiau rouillé est lâché sur Godzilla et Kong, occupés à se friter entre eux. Le singe et le lézard décident alors de prendre en sandwich l'imposteur et lui faire ravaler ses boulons. Puis Kong retourne dans sa caverne géante, Godzilla dans l'océan. À la prochaine !

 

photo Kaylee Hottle, Kaylee HottleTire sur mon doigt

 

Pourquoi c'est pas si nul : La présence si haut dans le classement de cette production, sur laquelle la presse et une majeure partie du public se sont allégrement essuyé les pieds, a de quoi étonner. Elle trahit pourtant à la fois à quel point l'original domine ses trois rejetons et la candeur attachante de l'objet. D'une débilité profonde, parfois surréaliste tant il répudie les règles de la cohérence cinématographique, Godzilla vs. Kong a l'indulgence de ne pas viser plus haut que son postulat, et de ne pas nous embarquer dans 2h30 de gloubi-boulga mythologique indigeste.

Conscients de leurs propres faiblesses, bien au courant qu'ils ne peuvent rivaliser avec le traitement d'Edwards, Wingard et ses cinq (!) scénaristes crédités laissent complètement tomber le casting humain pour composer des bastons titanesques qui relèvent presque d'un fantasme de gosse turbulent. Godzilla et King Kong se battent sur un bateau, Godzilla creuse un trou jusqu'au centre de la Terre, Kong le tabasse à coup de hache... Bref, rien de très intellectuel, mais quelques instants amusants lorgnant presque sur Pacific Rim, la mise en scène délirante de Guillermo del Toro en moins. Le film est indéniablement bête, bancal et parfois franchement feignant, mais il a pour lui de rester inoffensif.

 

photoOverdose de néons en vue

 

1. Godzilla

Qu'est-ce qui se passe : 1999. Alors qu'un squelette géant est retrouvé aux Philippines, Walter White Joseph Brody perd au même moment sa femme après un accident dans une centrale nucléaire au Japon. Quinze ans plus tard, le bougre a développé une certaine obsession sur cet étrange incident, et finit par découvrir avec sa pancarte qui lui sert de fils, Ford, que la tragédie a été provoquée par le réveil de quelques titans, qui se sont au passage nourris des radiations.

Resté gentiment dans sa chrysalide pendant tout ce temps, le MUTO (oui, c'est son nom) lit le script et se rend compte qu'il est temps pour lui de se réveiller, de tout détruire sur son passage et de tuer Brody.

Par la suite, Ford s'embarque dans une suite de péripéties où il fait coucou à un Godzilla pas content, pour finalement comprendre que le MUTO est déterminé à fricoter avec l'un de ses congénères, afin de faire plein de bébés au coeur de San Francisco. À l'occasion, la créature récupère aux militaires une ogive nucléaire pour nourrir ses petits, obligeant Ford à intervenir avec d'autres soldats pour la désamorcer. Fort heureusement pour l’humanité, Godzilla décide de se présenter comme le briseur de couples ultime, en annihilant l'espèce de la surface de la Terre. Ford ne parvient pas à empêcher la bombe d'exploser, mais celle-ci est emmenée au large de l'océan, donc on suppose que tout va bien.

 

Photo Aaron Taylor-Johnson, Bryan CranstonI am the danger

 

Pourquoi c'est (de loin) le meilleur : Après son petit bijou indépendant Monsters, et sa déclaration d’amour touchante à ses grosses bébêtes, Gareth Edwards a semblé être un choix tout indiqué pour redonner vie au roi des monstres. Bien avant un quelconque projet d’univers étendu foutraque, le réalisateur a investi l’icône de la Toho avec un sérieux bienvenu. En cinéphile concerné par l’héritage d’Ishirô Honda, Edwards a ramené Godzilla à sa nature allégorique, en réveillant et modernisant le traumatisme d’un Japon hanté par la bombe nucléaire.

Mais surtout, à l’heure des blockbusters lénifiants, ce reboot de 2014 a toujours pour lui sa mise en scène aussi élégante qu’exigeante, convoquant le meilleur d’Alien et des Dents de la mer pour construire un puissant hors-champ. Si certains ont pu (injustement) reprocher au film ce manque de monstration, Godzilla est tout entier façonné sur un build-up efficace qui parvient sur l’entièreté de sa durée à proposer des set-pieces angoissants et spectaculaires (on se souvient encore de la scène du Halo Jump).

Dès lors, non seulement le film réussit à méchamment balancer la purée dans son climax jouissif, mais il ne sacrifie à aucun moment son regard fragile sur des humains dépassés par les événements. Bien avant les exploits de sa troupe de rebelles dans Rogue One : A Star Wars Story, Edwards réussissait déjà à inscrire les corps de ses personnages dans une forme de sublime écrasant. Si le réalisateur a convoqué des inspirations aussi nobles que les peintures de Caspar Friedrich, c’est toujours au service du mythe qu’il traite, et dont il nous a rappelé la majesté.

 

Tout savoir sur Godzilla vs. Kong

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commentaires
LOL vous êtes sérieux ?
05/05/2021 à 11:55

Godzilla 2014 ouiiiiii !

Polo62
04/05/2021 à 20:54

Pour moi mon godzilla de cœur restera celui de 98

Jejericho
03/05/2021 à 18:40

Godzilla 1, je l'ai trouvé vraiment bof, à tel point que la première fois que j'ai vu le film, je ne suis pas allé jusqu'au bout.
Godzilla 2, même si il est loin d'être un chef d'œuvre, a le mérite d'être divertissant. Je ne suis pas allé le voir en me disant "je m'attends à un film d'auteur" mais plutôt "je veux voir des monstres se taper sur la tronche" et il remplit largement sa fonction.
Kong, j'ai pas aimé. Peut-être parce que je cherche à trop le comparer au King Kong de Peter Jackson (que j'ai trouvé vraiment excellent).
Godzilla vs Kong, je ne l'ai pas encore vu donc sans avis.
Par contre, ce ne serait pas mal de changer vos expressions. C'est un classement subjectif, non objectif. Au lieu de mettre "pourquoi c'est nul", "pourquoi c'est mieux", ou "pourquoi c'est le meilleur", mettez plutôt "pourquoi on aime pas", "pourquoi on adore",... Ce serait bien plus proche de la réalité.

Leguerman09
03/05/2021 à 15:43

Et Pacific rim on en parle ?

Cacouac
03/05/2021 à 15:19

Quand Godzilla vs Kong se retrouve second sur un podium, on sait qu’on tient là une franchise tout juste digne d’animer une soirée nanars sur SyFy.

J'ai presque de la peine pour Gareth Edwards d'avoir voulu élever Godzilla au rang d'œuvre cinématographique.

maxleresistant
02/05/2021 à 22:49

100% d'accord avec la totalité de l'article.
-Godzilla 2014 : Très bon film
-Godzilla VS Kong et Kong Skull Island, 2 films bêtes, mais très bien fait et très fun
-Godzilla KotM : une merde

Snake
02/05/2021 à 22:37

1) Godzilla 2 King of Monsters
2) Godzilla
3) Godzilla vs Kong
4) Kong Skull Island

Godzilla 2 est une lettre d'amour aux vieux films Godzilla, c'est un film fait par un fan pour les fans. Encore faut-il avoir les références...

DjFab
02/05/2021 à 21:37

Pour moi c'est Kong Skull Island le meilleur, largement !

Obo tchaman
02/05/2021 à 20:34

C'est beau d'essayer de trouver des qualités à ces bouses...

Yoyo
02/05/2021 à 19:50

En ce qui me concerne,aucun des ces films sort du lot,de la merde en barre comme seul Hollywood a le secret!

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