Le mal-aimé : Mosquito Coast, grand film oublié et ténébreux avec Harrison Ford

Geoffrey Crété | 2 mai 2021 - MAJ : 02/05/2021 12:21
Geoffrey Crété | 2 mai 2021 - MAJ : 02/05/2021 12:21

Parce que le cinéma est soumis aux modes et à la mauvaise foi, Ecran Large, pourfendeur de l'injustice, se pose en sauveur avec la rubrique des mal-aimés. Le principe ? Sauver des abîmes un film oublié, mésestimé, amoché par la critique, le public, ou les deux à sa sortie. 

Place à Mosquito Coast réalisé par Peter Weir, avec Harrison Ford, Helen Mirren et River Phoenix : un film très apprécié par le public qui l'a vu, mais qui a été un échec à sa sortie. C'est donc le moment d'en reparler, puisque le livre de Paul Theroux a donné lieu cette année à la série The Mosquito Coast avec Justin Theroux et Melissa George sur Apple TV+.

 

Affiche française

"une parabole rousseauiste qui donne presque envie de militer pour le béton et le tout-nucléaire" (Le monde)

"un film profondÉment imparfait, mais indéniablement puissant" (washington post)

"Le film est tellement bien jouÉ et rÉalisÉ, que presque toutes mes questions sont sur le scénario : pourquoi un hÉros si dÉtestable ?" (Roger ebert)

 

 

LE PITCH EXPRESS 

Allie Fox est un brillant inventeur, mais il a quelques problèmes : il commence à détester l'Amérique, l'humanité, et pense qu'une apocalypse nucléaire bien méritée va arriver. Il décide donc d'embarquer sa femme et ses quatre enfants en Amérique centrale, pour créer son propre royaume au milieu de la jungle, où il achète une petite zone avec quelques baraques, nommée Jeronimo.

Là, Allie crée son coin de paradis, avec quelques locaux, et sa plus grande invention : une gigantesque machine à réfrigérer, soit la chose la plus folle dans cet endroit, où un glaçon est comme un don du ciel et un embryon de civilisation. Mais très vite, l'utopie tourne au cauchemar.

 

photo Mosquito CoastHome Sweet Home

 

LES COULISSES

Avant le film Mosquito Coast, il y a le livre de Paul Theroux (l'oncle de l'acteur Justin Theroux), publié en 1981. C'est d'abord le producteur Jerome Hellman (Macadam Cowboy, Le Retour) qui met la main dessus, et en achète les droits. La première personne qu'il engage est Paul Schrader, scénariste de Taxi Driver, Obsession ou encore Raging Bull. Pour lui, c'est toujours une affaire personnelle d'écrire une histoire, comme il le disait à Libération en 2020 : "Avec le scénario de Mosquito Coast, un bon film d'après un bon livre, je me suis reconnu dans le personnage principal, de même que je me suis retrouvé dans la vision du Christ de La dernière tentation du Christ."

Le réalisateur Peter Weir arrivera ensuite. Il raconte dans une interview, restée sur le site PeterWeirCave :

"Le projet appartenait à Jerome Hellman. Il avait adoré le livre, l'a acheté et l'a amené à Paul Schrader pour qu'il écrive le scénario. Si vous regardez Mishima et lisez ensuite Mosquito Coast, vous verrez la connexion. J'ai rencontré les deux à Sydney et on a discuté, parce que je n'étais pas sûr d'être la bonne personne. La version de Paul était un exemple classique d'adaptation : c'était simple, fidèle au matériau, tout en le transposant dans une forme filmique. Le scénario était un argument pour m'intéresser.

 

photo, Harrison FordHarrison Ford s'est paumé pendant ses vacances ?

 

Même si j'ai retravaillé le scénario, Paul et moi n'avons jamais vraiment travaillé ensemble. On a eu de longues discussions au téléphone. Au final, on comptait arbitrer le crédit de co-scénaristes parce que j'avais la sensation d'avoir vraiment contribué. Mais au montage, ironiquement, j'ai coupé plus de mes scènes et dialogues. Donc le montage que vous verrez est assez proche de Paul, qui est plutôt fidèle à Theroux."

Le choix de Peter Weir a du sens. Largement révélé avec Pique-nique à Hanging Rock, le cinéaste australien aime filmer des poissons hors de l'eau, et des chocs culturels ou civilisationnels : Mel Gibson en journaliste dans l'Indonésie brûlante de L'année de tous les dangers, Harrison Ford qui enquête dans la communauté amish pour Witness, Ethan Hawke qui découvre un Nouveau Monde dans Le Cercle des poètes disparus, Jim Carrey en élu malgré lui au centre de l'immense cirque factice The Truman Show, ou même les histoires d'expatrié dans Green Card avec Andie MacDowell et Gérard Depardieu.

 

photo, Linda Hunt, Mel GibsonLe cinéaste de tous les voyages

 

Ce qui attire le cinéaste, c'est cette tragédie américaine, qu'il compare à Shakespeare :

"C'est comme ça que je voyais Allie Fox, et je voulais présenter une histoire où on comprend ce qui arrive à cet homme, où on ressent quelque chose, pas nécessairement pour lui, mais qu'on ressente quelque chose à la fin, autre que de la colère contre lui. Ça devrait être comme si vous imaginiez votre propre père, en qui vous croyez, et dont vous commencez à voir les faiblesses. Ce géant qui ne cesse de rapetisser à mesure que vous grandissez. Vous devez trouver une autre manière de voir cette personne. Puis vous voyez ces faiblesses en vous, et c'est merveilleusement difficile."

L'autre grande motivation pour Peter Weir est précisément ce personnage ténébreux aux antipodes des productions hollywoodiennes :

"La tradition américaine est d'avoir un héros, particulièrement ces rares personnes comme Harrison Ford, avec sa grande force et intégrité. Ces gens comme John Wayne et Steve McQueen, qui font partie intégrante de la culture. Le héros part avec une faille, qui sera résolue, balayée. À la fin, il s'en va au coucher de soleil, il est un meilleur homme. (...) Mais ça a laissé de côté toute cette tradition de drame qui remonte aux Grecs et au-delà, celle des échecs, et des visions trop limitées. Des grands hommes qui s'effondrent."

 

photo, Jack Nicholson, Shelley Duvall"Comment ça on va dans la jungle chéri ?"

 

Caster ce premier rôle pas comme les autres sera justement le principal problème de Mosquito Coast. À l'origine, c'était Jack Nicholson (qui en parlait comme son prochain probable film en 1983), mais l'acteur décide finalement d'abandonner. La légende raconte qu'il ne pouvait se résoudre à rater les matchs des Los Angeles Lakers, à cause d'un tournage à Belize.

Paul Schrader a une autre explication, donnée dans Uproxx en 2018 : "Le producteur Saul Zaentz avait fait Vol au‐dessus d’un nid de coucou. Et il faisait Mosquito Coast pour Jack Nicholson. Et il pensait que Jack lui devait une faveur, et voulait l'avoir à un certain prix. Jack lui a dit, "Va te faire foutre, je te dois rien. Voici mon prix'". Saul a été vexé, et lui a dit d'aller se faire foutre à son tour. Puis il est allé voir Harrison Ford et lui a proposé la même somme qu'il aurait donnée à Jack."

Et le scénariste a ajouté sur ce casting inattendu : "J'ai été un peu désarçonné parce que ce personnage avait quelque chose de très Jack Nicholson - la grandiloquence et cette détermination, qui peut pousser l'autre à faire n'importe quoi."

Entre temps et sans Nicholson, tout s'effondre : alors même que Peter Weir était en repérage en Amérique centrale, le projet est mis en pause, indéfiniment. Autant dire que c'est quasiment une condamnation à mort pour le film.

 

photo, Kelly McGillis, Harrison FordJoker Ford

 

Peter Weir continue donc sa route, et c'est précisément comme ça qu'il sauvera le film. Désormais libre, il peut réaliser Witness, qu'il avait refusé, car occupé par Mosquito Coast. Le producteur Edward S. Feldman, pour qui il était le premier choix, est aux anges. Entre temps, Harrison Ford a signé pour le premier rôle, permettant peu à peu à ce thriller chez les amish de trouver des financements chez Paramount. Ce sera un franc succès à tous les niveaux, du box-office jusqu'aux Oscars, où Witness est notamment nommé comme meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur.

Le soir de la cérémonie, Peter Weir et Harrison Ford ne sont pas là : ils tournent Mosquito Coast. C'est sur le tournage de Witness que les deux hommes ont discuté du projet, et que Ford a accepté le premier rôle, permettant de retrouver des financements chez Warner Bros..

C'était l'un des premiers grands rôles hollywoodiens de Helen Mirren, vue auparavant dans Excalibur ou 2010, l'année du premier contact. Autre info notable : c'est en voyant River Phoenix dans la peau de son fils, que Harrison Ford le conseillera pour incarner Indiana Jones jeune dans Indiana Jones et la dernière croisade.

 

photo, River Phoenix, Harrison FordIndiana Jones et Indiana Jones

 

Le tournage a véritablement eu lieu dans la jungle de Belize, entre février et avril 1986. Plus de 300 locaux ont été engagés pour construire l'énorme plateau, dans des conditions naturellement difficiles, très visibles à l'écran. Ford racontait à l'époque à Daily News avoir été particulièrement impliqué dans le projet :

"Le tournage a été long, chaud et humide. Mais je l'ai trouvé plus fatigant mentalement que physiquement, à cause de la complexité du rôle. [...] Tous les décors qui ont été construits dans la jungle sont une représentation d'Allie Fox, des signes de sa personnalité. Donc je suivais ça de près. J'avais bien plus mon mot à dire que d'habitude."

Pour la musique, Peter Weir revient vers Maurice Jarre, avec qui il avait collaboré sur L'Année de tous les dangers et Witness. En interview avec Le Monde, en 1992, le musicien racontait que le cinéaste était un vrai musicien, même si cette expérience a pris une tournure inattendue :

"Il m'a demandé de faire cinq ou six séquences musicales après avoir lu le scénario. C'était avant qu'il tourne. J'ai donc fait cinq ou six séquences musicales de quatre minutes chacune, qu'on a jouées pendant le tournage. Il était très content. Une fois le film terminé, la musique ne collait plus du tout."

 

photo, Peter WeirPeter Weir et Harrison Ford

 

LE BOX-OFFICE

Un échec en bonne et due forme. Mosquito Coast a officiellement coûté dans les 25 millions, et n'a même pas atteint les 15 millions au box-office mondial. À titre de comparaison, Star Trek IV : Retour sur Terre, sorti le même mois, a encaissé au final plus de 180 millions. Quelques semaines après, Platoon fera dans les 140 millions.

En interview avec Entertainment Weekly en 1992, Harrison Ford en parlait avec amour : "C'est le seul film que j'ai fait qui n'a pas été rentable. Je suis toujours content de l'avoir fait. S'il y avait un défaut avec ce film, c'est qu'il n'a pas entièrement embrassé le langage du livre. C'était peut-être plus un exercice littéraire que cinématographique. Mais je pense que c'est rempli d'émotions puissantes."

 

photo, Harrison FordY croire, même après la tempête

 

LE MEILLEUR

Mosquito Coast frappe déjà par son ampleur, et son caractère extraordinaire. Dans cette histoire de Robinson Crusoé déviante, tout semble un peu fou et unique, des deux côtés de l'écran. Côté réalité, il y a Harrison Ford, qui dépose son costume de héros entre Star Wars et Indiana Jones pour devenir fou dans la jungle, dans une production hollywoodienne hors-norme. La présence du défunt River Phoenix, après Stand by Me et avant ses grands rôles dans À bout de course et My Own Private Idaho, contribue à rendre ce voyage encore plus étrange et ténébreux.

Côté fiction, c'est un grand récit d'absolue hubris, avec une portée symbolique étourdissante. Ce n'est pas juste un homme qui se prend pour dieu, et veut redémarrer la civilisation dans la nature dans un grand délire de sauveur : c'est l'histoire de l'Homme, qui veut conquérir, transformer, posséder et maîtriser, quitte à détruire le monde. Allie ne veut pas être l'employé d'un autre, ne veut pas laisser Mr. Haddy piloter le bateau, et voit immédiatement dans le révérend un autre leader - et donc, un ennemi. Le rôle qu'il tient et défend dans sa famille (le chef, le modèle, à la fois l'esprit et les muscles) doit être celui qu'il occupe partout. Et il ira au bout du monde pour être un roi, plutôt que d'être un homme anonyme dans le royaume des autres.

 

photoLe grand méchant mister freeze

 

C'est cette violence tragique qui donne une telle force au film. Derrière le charisme et la personnalité lumineuse d'Allie, il y a un ogre, prêt à fondre sur son fils ou sa femme s'ils remettent en question son statut, ou à dévorer un adversaire pour s'assurer que rien ne le dépasse. C'est une plongée dans les abîmes de l'âme humaine, qui brasse beaucoup de thématiques (le capitalisme, la peur du nucléaire, la paranoïa collective, le nihilisme, le colonialisme), autour de la question à mille points liée aux écrits de Jean-Jacques Rousseau : l'homme nait-il bon, et est-il corrompu par la société ?

Pour Allie, c'est bien plus noir : tout est un ennemi, que ce soit l'Autre, ou la nature elle-même. Lorsqu'il finit par s'écrouler et abdiquer, c'est comme s'il avait enfin accepté qu'il courait depuis toujours après un leurre, et préférait s'en aller en paix avec l'idée qu'il n'était pas fait pour ce monde.

 

photo, Harrison Ford, Helen MirrenHorizon de tous les espoirs

 

Peter Weir orchestre cette plongée dans les ténèbres comme un voyage halluciné, à l'image de son protagoniste qui change de visage au fil des épreuves. Le récit d'aventures lumineux bascule ainsi vers l'apocalypse, notamment avec un cyclone qui emporte tout - la famille, les projets, les illusions, et les restes de l'humanité d'Allie. Il y a même des éclairs quasiment horrifiques, lorsque Fat Boy explose. La machine semble alors se réveiller comme un monstre, qui vient punir son créateur et le ramener à sa place terrestre. Dans la nuit tropicale, les flammes hurlent, les tôles volent et les victimes crient, dans une vision apocalyptique terrible. Avec un plan incroyable, où le reflet du spectacle transforme les yeux d'Allie, dont le cri de douleur semble sortir des enfers. Là, Mosquito Coast touche un de ses sommets.

Harrison Ford y trouve l'un de ses meilleurs rôles, où son flegme et son sourire narquois sont brillamment utilisés pour dessiner le portrait d'un homme malade ; soit une jolie manière de détourner les armes de charme du comédien, pour servir un contre-emploi diabolique. Largement attaché aux rôles positifs, à l'exception de quelques autres films comme le mal-aimé Apparences, l'acteur démontre à quel point il est une force dévastatrice.

Enfin, la musique de Maurice Jarre contribue à ce voyage au-delà du réel. Le musicien français avait collaboré avec Peter Weir sur L'Année de tous les dangers et Witness (qui lui a valu une nomination aux Oscars), et amène ici une dimension inattendue grâce à ses sonorités électroniques, en parfait contrepoint dans cette jungle. Jungle qu'il retrouvera pour le très beau Gorilles dans la brume juste après, avec des mélodies proches.

 

photoLa vie s'arrête sur un long fleuve tranquille

 

LE MOINS MEILLEUR

Allie écrase tout et tout le monde dans l'histoire, quitte à abîmer les autres personnages. À commencer par celui de Helen Mirren, simplement nommée Mother, et qui n'a finalement qu'une poignée de scènes pour exister, évoluer et réagir. Idem pour le révérend et sa famille, dont le retour est peut-être un peu expédié.

C'est encore plus marquant pour Charlie, le fils aîné incarné par River Phoenix. C'est lui qui encadre le récit en voix off, et c'est dans ses yeux que le patriarche, inventeur et demi-dieu chute. C'est cette relation qui guide l'histoire, jusqu'aux derniers mots, terribles : "Autrefois, je croyais en mon père. Et le monde semblait petit. Maintenant qu'il est parti, je n'ai plus peur de l'aimer. Et le monde semble sans limites." Et cette relation complexe entre Allie et Charlie (qui s'entête à défendre son père, même dans les pires moments, jusqu'à la toute fin) aurait certainement mérité plus d'espace pour exister, et rendre l'odyssée encore plus puissante.

 

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commentaires
Geoffrey Crété - Rédaction
05/05/2021 à 10:02

@taffey lewis

Le sujet ici reste bien ce film, et pas la carrière de Peter Weir, donc je préférais ne pas m'étaler sur ça : ça aurait été trop court et superficiel, ou trop long et hors de propos, j'ai donc cité ce qui était pertinent pour mon argument.
Cette rubrique des mal-aimés est créée et modelée pour parler d'une œuvre. J'ai donc simplement resitué le cinéaste avec quelques films, mais je ne voyais pas l'intérêt de lister sa filmo si ce n'était pas pour en parler réellement. Ca, on le fait dans des dossiers centrés sur des réal (comme récemment avec De Palma, Tati, Bergman, Cronenberg, Chabrol...). Là, un jour, on parlera sûrement de Peter Weir, et toute sa carrière. C'est là que se situe un enjeu de "passeur".

"A quoi bon ?" Et bien parler d'un film, un seul, est digne d'intérêt à nos yeux, déjà. Et à notre plus grande surprise (et joie), plein de gens ont apprécié cet article (et notamment découvert Mosquito Coast ou dit vouloir le revoir : rôle de "passeur" donc oui), ce qui a donc permis de vérifier l'intérêt pour Peter Weir.

taffey lewis
05/05/2021 à 08:43

@Geoffrey Crété

Vrai.
Pour dire que si je traîne sur votre site, c'est que je l'apprécie et suis en général intéressé par vos avis, et bien souvent proche de vos points de vue.
Et là j'ai été un peu surpris que vous n'en fassiez pas mention, si ce n'est l'éloge.
Mais rien de bien dramatique.
A l'époque de Mosquito Coast, adolescent, sans un critique mentionnant la période australienne de Peter Weir, je serais passé à côté.
Là aujourd'hui, c'est à vous de jouer les passeurs pour que certains puissent à leurs tours découvrir ces films.
sinon, à quoi bon?

Geoffrey Crété - Rédaction
03/05/2021 à 18:30

@taffey lewis

... Disons que si, j'en cite au moins un dans l'article ;)

taffey lewis
03/05/2021 à 18:27

Étrange, personne ne cite ses premiers films!
Peter Weir c'est quand même un australien qui une fois à Hollywood a fait des films plus mainstream, plus accessibles... Avec talent, certes, mais plus communs....
Pique-nique à Hanging Rock : (Sofia Coppola a tout pompé dans ce film) et son style onirique sans pareil...
La dernière vague : crique en règle de la colonisation de l'Australie par un peuple de bagnards (si, si) au détriment des Aborigènes. Conte fantastique, prémonitoire (?) étrange et hypnotique.
Les voitures qui ont mangé Paris : là c'est carrément sous LSD ce film...
La période hollywoodienne???? mouais, si on a pas vu la période Australienne, peut-être...

Cacouac
03/05/2021 à 15:05

@Hocine

Clint Eastwood a toujours été un petit malin et il avait l'avantage d'être aussi réalisateur. C'était un deal connu.
Il faisait des films qui faisaient plaisir aux financiers et le studio lui accordait les films qui lui tenait vraiment à cœur. Comme Honkytonk Man ou Chasseur Blanc Coeur Noir, justement.
Il est l'un des rares a avoir pu fonctionner comme ça.

Cacouac
03/05/2021 à 14:56

En dehors de Green Card qui est gentiment insignifiant, tous les films de Weir sont intéressants d’une manière ou d’une autre, même les moins célébrés.
Mosquito Coast donc, qui est repassé il n’y a pas si longtemps sur TCM.
Mais l’Année de tous les dangers est aussi à revoir.
J’aime également beaucoup Etat second.
Et même son dernier, les Chemins de la liberté, prouve que Peter Weir est fait pour réaliser des films.

Mel Gibson, le réalisateur, affirme qu’il doit tout à deux cinéastes : Peter Weir et George Miller. Tu m’étonnes qu’il soit si bon !

Hocine
03/05/2021 à 14:47

Article très intéressant sur la genèse du film Mosquito Coast, qui est un film très méconnu avec Harrison Ford, dans un rôle à contre-emploi. Il était alors dans la meilleure période de sa carrière d'acteur (1977-1993). Durant cette période, Harrison Ford n'hésitait pas à prendre des risques artistiques entre deux Indiana Jones. Il aura fait Blade Runner, Witness, Mosquito Coast, Frantic, Working Girl.
Je considère que Le Fugitif est le dernier grand film avec Harrison Ford.

Malheureusement, les échecs commerciaux de films comme Mosquito Coast empêchent la plupart des stars de tourner plus de films hors des sentiers battus et les contraignent à tenir des rôles qui restent fidèles à leur image de marque.

Par exemple, Clint Eastwood a tourné Les Proies, Bronco Billy, Honkytonk Man ou Chasseur Blanc Coeur Noir, qui sont des films majeurs de sa filmographie, mais une grande partie du public leur préférera un film où son image de justicier est mise en avant.

Cat24
03/05/2021 à 14:04

Excellent article. J'avais vu le film à l'époque car très fan d'H. Ford. Ça ressemble pas mal à Délivrance de Boorman.

Rorbob
03/05/2021 à 12:47

Le doublage fr rend le perso vraiment antipathique.

Greg
03/05/2021 à 12:22

Excellent article, bravo !

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