Godzilla vs. Kong : les 5 meilleurs films du roi des monstres

La Rédaction | 6 mars 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 6 mars 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Depuis 1954, un monstre les écrase tous. Un monstre règne sur les écrans du monde entier, à la faveur d'une impressionnante saga. À quelques jours de la sortie de Godzilla vs. Kong, on revient sur les 5 films les plus fous de cette franchise née au Japon.

Pour beaucoup, Godzilla est ce monstre un peu vieillot, étrange costume en caoutchouc dans lequel devait se glisser un malheureux comédien pour détruire des maquettes, qui aura connu une seconde vie d'abord grâce à Roland Emmerich et son Godzilla, puis, avec plus d'assurance, par Gareth Evans et son... Godzilla. Certes, chacun est libre d'apprécier ces deux blockbusters (et dieu sait qu'on a vertement défendu le second dans ces colonnes), mais il serait regrettable de les appréhender comme les seules versions dignes d'intérêt, tant la saga nippone recèle de merveilles, de curiosités et d'épisodes géniaux.

Amis de la nostalgie, curieux des écailles, pourfendeurs du cauchemar nucléaire et autres fans du souffle atomique, voici pour vous une sélection (non-exhaustive) des grands longs-métrages de la franchise Godzilla.

 

photoEn attendant le choc des titans...

 

Godzilla - 1954

De quoi ça parle ? Un bateau disparait en mer. Un village de pêcheur n'attrape plus rien, puis, alors que des journalistes sont débarqués pour étudier le phénomène, une tempête particulièrement balèze détruit la petite communauté, laissant derrière elle une trace de pas aux dimensions impressionnantes. Tandis que les spécialistes se penchent sur l'affaire, un monstre géant fait une apparition remarquée. Pas de doute, Godzilla est parmi nous.

Lézard préhistorique réveillé par une bombe nucléaire, Godzilla commence à semer la panique, alors que plusieurs dispositifs sont étudiés pour freiner sa progression. La plupart d'entre eux, comme l'artillerie lourde ou une surcharge électrique, sont inefficaces. Mais dans son coin, le professeur Serizawa développe une arme terrifiante : l'oxygen destroyer. Il consent finalement à l'utiliser contre le Kaiju, mais quand celui-ci meurt, il se sacrifie pour emporter le secret de son invention dans sa tombe.

 

photoY'a pas de lézard !

 

Pourquoi c'est monstrueusement bien ? Il fut difficile d'établir une telle sélection, tant la franchise, dans son énormité, contient quantité de films réjouissants, et ce quel que soit votre définition du réjouissant. Il a fallu se tenir à une liste non exhaustive, opérant quelques choix pour rendre maladroitement compte de sa diversité. Seule une entrée n'a pas fait débat : celle du Godzilla original, à la fois une date dans l'histoire du cinéma populaire (ou du cinéma tout court) et une oeuvre passionnante, décrivant un vrai traumatisme comme peu l'ont fait avant elle.

Les frappes nucléaires qui ont meurtri le Japon sont encore dans tous les esprits en 1954, moins de dix ans plus tard, d'autant plus que les conséquences à long terme de la catastrophe continuent de résonner dans cette société. Godzilla, métaphore évidente à la fois de la bombe elle-même et de ses effets sur la nature, incarne cette peur, en plus de figurer la spirale mortifère de l'escalade de l'armement, toujours initiée -sans les nommer - par les États-Unis. Une spirale infernale qui culmine dans la création de cet Oxygen destroyer, littéralement décrit comme la capacité d'annihiler toute vie. Il faudra que son créateur se suicide pour stopper ce cycle destructeur et atteindre un happy-end en demi-teinte.

 

photoScientifique pas fou

 

Si Godzilla est aussi unique, ce n'est pas uniquement grâce à ses thématiques historiques, mais aussi grâce à leur insertion dans un carcan technique et spectaculaire particulièrement efficace. Il ne s'agit pas vraiment du premier film de monstre (l'influence de King Kong et du Monstre des Temps Perdus, au pitch similaire, est évidente), mais de celui qui a su articuler des thématiques plus graves dans un divertissement mené d'une main de maître, grâce à un noir et blanc précis et des effets spéciaux révolutionnaires à l'époque.

Et le résultat concret de cette addition prodigieuse, c'est bien évidemment Big G, ici plus menaçant que jamais. Le secret de sa longévité réside sûrement dans sa singularité. Dans une période où les monster movies américains aiment agrandir les animaux et ressusciter les dinosaures, Teizo Toshimitsu, Akira Watanabe et le grand Eiji Tsuburaya ont conçu un Kaiju unique, immédiatement reconnaissable. Une créativité dans la fabrication de monstre qui va devenir la marque de fabrique de la franchise. Une des franchises les plus prospères de l'histoire du cinoche.

 

photo GodzillaLong live the king !

 

INVASION PLANETE X - 1965

De quoi ça parle : Comme d'habitude, Rodan et Godzilla s'amusent à tuer des millions de personnes, tout en ruinant les dernières innovations architecturales à la mode. Mais il en faut plus pour décourager l'espèce humaine, qui vient de découvrir l'existence de la Planète X, dissimulée derrière Jupiter. Ses habitants, des humanoïdes amateurs de lunettes soleil et de couleurs flashy, proposent d'aider les humains à vaincre le cancer, et invitent une délégation à faire leur connaissance.

Bien évidemment, ces aliens sont en réalité de séditieux conquérants, désireux de nous éliminer pour s'emparer de notre planète et de ses précieuses réserves d'eau. Ce n'est évidemment pas très cool. Heureusement, Godzilla et ses fringants copains sont tout à fait d'humeur à se payer une grosse tranche d'envahisseurs et ne tardent pas à sauver la mise d'une humanité décidément trop naïve.

 

photoUn vieil ennemi est de retour...

 

Pourquoi c'est monstrueusement bien ? Difficile de résister à ce nouvel épisode mis en scène par Ishirô Honda, le sixième de la saga. On pourrait craindre un film qui fasse passer les kaiju au second plan, et pourtant, on a bien affaire à un des chapitres les plus passionnants et divertissants. Un peu moins proéminents qu'à l'accoutumée, les affrontements destructeurs bénéficient une nouvelle fois d'un grand soin et dégagent toujours un charme irrésistible. Mais là où le film se démarque, c'est justement dans sa volonté d'étendre la mythologie dans une nouvelle direction, puisqu'une très grande partie de son action se déroule sur une autre planète.

L'occasion d'admirer la direction artistique de l'ensemble, tour à tour férocement créative et merveilleusement kitsch. Le décorateur Takeo Kita y a supervisé la création d'un univers dont les extérieurs, les décors extraterrestres, jusqu'aux accessoires et costumes de ces derniers, ont tous de quoi émerveiller. Avec un second degré toujours en embuscade, mais qui ne vire pas à la parodie, le métrage se mue ainsi en aventure de science-fiction naïve, particulièrement attachante, qui évoque autant Planète interdite que les albums de Tintin.

 

photo, Nick Adams, Jun TazakiL'enfer de la mode

 

Godzilla vs. Biollante - 1989

De quoi ça parle : Godzilla s'est fait bouter jusque dans son volcan. Mais la bataille n'est pas finie, parce que tout le monde veut récolter ses cellules, aux propriétés pour le moins uniques. Alors que le docteur Genshiro Shiragami aide un pays arabe, le Saradia, à utiliser cette ressource pour se développer dans le désert, sa fille est tuée dans un attentat terroriste.

Cinq ans plus tard, le gouvernement utilise ces cellules pour créer une bactérie anti-Godzilla. Le docteur en profite pour les implémenter dans une fleur censée contenir le patrimoine génétique de sa fille. Mauvaise idée : la plante se transforme en monstre croissant perpétuellement, nommé Biollante. Pour ne rien arranger, au même moment, Godzilla est réveillé par une organisation faisant chanter le Japon pour un accès à ses cellules. Les deux bestioles se bastonnent, jusqu'à ce que les humains parviennent à sauver la situation grâce aux bactéries, laissant les monstres retourner à leurs habitats naturels.

 

photoUn design bien plus menaçant

 

Pourquoi c'est monstrueusement bien ? Impossible de ne pas insérer un des films de la glorieuse période Heisei dans cette sélection. Et si l'apocalyptique Godzilla vs Destroyah est probablement un des sommets de la franchise, les cinéphiles moins familiers avec l'univers trouveront leur bonheur dans Godzilla vs. Biollante, qui, après un reboot qui se cherchait encore, emmène définitivement le roi des monstres dans une nouvelle ère, où les enjeux politiques reviennent en force, bien plus contemporains. Certes un peu confus, le scénario donne enfin une véritable ampleur à son existence, aussi dangereuse pour l'humanité qu'une arme atomique... ou génétique.

C'est également un des volets les plus spectaculaires de la période, puisqu'il propose une des meilleures naissances de monstres, caractéristique commune à tous les bons chapitres de la franchise. Biollante, qui tranche violemment avec les pitreries de l'agonie de l'ère Showa, est un pur produit de cauchemar, qui évolue en plus en cours de film, jusqu'à une bataille finale gargantuesque. Et cela n'empêche pas notre Godzi préféré de tout casser. Le point de vue des soldats chargés de l'attaquer au bazooka bactériologique donne une perspective inédite sur sa masse démentielle. Comme le dit bien la chaîne Youtube Up from the Dephts, c'est tout ce que devrait être un film Godzilla.

 

photoDans la gueule du loup

 

GODZILLA FINAL WARS - 2005

De quoi ça parle : La Terre s’est dotée de mutants au look discutable, mais à l’efficacité redoutable pour affronter les kaijus. Mais quand ces derniers lancent une attaque simultanée sur notre belle planète, c’est le chaos. C’est à ce moment que réapparaissent les habitants de la Planète X, qui se proposent une nouvelle fois de nous aider. 

Malheureusement, il s’agit à nouveau d’un horrible complot, puisqu’après avoir tenté de nous voler notre Grande Bleue, les Xiliens veulent désormais utiliser l’humanité comme garde-manger. En résulte un énorme combat, aussi bordélique que sympathique. 

 

photoLa forteresse de la solitude ?

 

Pourquoi c'est monstrueusement bien ? Godzilla fête ses cinquante ans, et pour l’occasion, lance toutes ses forces dans la bataille. C’est d’ailleurs ce qui fait grandement le charme de cet épisode, indiscutablement foutraque, mais jubilatoire dans sa volonté de condenser à peu près toute la mythologie de la saga, tout en y distillant de forts éléments de parodie. 

Pour diriger ce long-métrage qui est à la fois un nouvel épisode et un énorme gâteau d’anniversaire, on retrouve le réalisateur Ryûhei Kitamura, qui s’est illustré notamment avec Versus, l'ultime guerrier et Azumi, et enchaînera ensuite avec Midnight Meat Train. Si le choix d’un cinéaste pas forcément rompu aux codes de la licence peut surprendre, le mélange des genres fonctionne, grâce au désir de l’intéressé de respecter la direction artistique, tout en renouvelant son approche filmique. C’est logiquement bordélique, parfois curieusement américanisé en termes de découpage, mais incroyablement dynamique. 

 

photoMénage de printemps

 

GODZILLA RESURGENCE - 2016

De quoi ça parle : Comme le prouve régulièrement l'administration française, une bureaucratie pas foncièrement compétente est tout à fait capable de survivre à une situation de crise, fût-elle mondiale. Mais quand il faut gérer un lézard atomique géant, les choses se compliquent. C'est ce que vont découvrir les citoyens japonais quand leur gouvernement panouille tragiquement pour réagir à l'apparition d'une créature grotesque, qui engendre des dégâts importants dans la baie de Tokyo.

Quelques tentatives de désinformation plus tard, la bête a muté et pulvérisé la communication gouvernementale. Voilà qui ne serait pas si grave si les États-Unis ne menaçaient pas de régler la question à leur manière, c'est à dire en atomisant le Japon une nouvelle fois. Heureusement, à quelques millions de morts près, tout est bien qui finit bien. Ou presque.

 

PhotoPeut-être la plus traumatisante utilisation du souffle atomique

 

Pourquoi c'est monstrueusement bien ? La mise en scène est confiée Shinji Higuchi et Hideaki Anno. Ce dernier est célèbre et célébré pour être un des architectes majeurs de Neon Genesis Evangelion, chef d’oeuvre de l’animation japonaise et révolution dans la représentation des méchas. Cet héritage est manifeste dans le film, où la dimension horrifique et la tonalité tragique présentes dans les débuts de l’œuvre d’Ishiro Honda retrouvent toute leur puissance. 

Higuchi, spécialiste des effets spéciaux, repense la représentation du monstre et allie quantité de techniques pour obtenir un rendu fidèle aux métrages précédents, mais qui tire parti de technologies modernes, pour aboutir à un grand spectacle authentiquement angoissant. Anno de son côté, tranche avec l’écriture du personnage de Godzilla, désormais authentiquement monstrueux, mais aussi des humains, mélanges d’anti-héros, de fonctionnaires veules. Le résultat est à la fois inventif, épique, et tétanisant. 

 

 

 

 

Tout savoir sur Godzilla vs. Kong

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commentaires
Raoul b
29/03/2021 à 23:04

Bon votre article m'a décidé à ressortir ma collection DVD et j'ai lancé Godzilla vs Destoroyah, et après un début qui fait planplan et ressemble à un remake du premier, l'arrivée des nouveaux monstres nous plonge enfin dans le bon vieux nawak tant attendu. Entre le pompage à peine camouflé du Aliens de Cameron (franchement voir des militaires habillé en Spaceball tenter de rejouer les scènes de la bande badass du film de Cameron, avec détecteur de mouvement et créatures planquées dans le faux plafond, ça vaut de l'or), les magnifiques maquettes de bateaux, les monstres en caoutchouc, les démonstrations scientifiques sorties de "c'est pas sorcier", les fonds incrustés, les petits soucis d'échelle et ces flots d'eau entourant les créatures geantes à peine plus bouillonnants que mon fils dans sa piscine 3 boudins, c'est absolument le kiffe.
Le tout est exécuté dans un 1er degré total (on grille tout de même un acteur qui joue un rôle de général important en train de se bidonné en arrière plan ou juste avant un focus sur son visage), et cela rend le tout extrêmement jouissif.

Spawn
08/03/2021 à 18:42

Je ne suis pas d'accord avec le classement mais j'aurais mis en effet plusieurs des film présents dans le classement dans mon top. Par contre je comprend pas comment certains peuvent mètre le film de 1998 dans le classement ce film est une insulte envers godzilla au même titre que godzilla vs kong sortant cette année . Le godzilla de 1998 n'est pas un mauvais film en sois mais certainement pas un bon godzilla

Flappy
08/03/2021 à 18:14

@ Polo et Kid
Vous êtes des petits rigolos vous dis donc

Kida95
07/03/2021 à 10:33

Pour ma part je n'en retiens qu'un qui est pour moi vraiment le meilleur, celui de 1998, surtout qu'en plus la suite de celui-là est un dessin animé qui est aussi une réussite, et aussi que celui de 1998 au moins il a l'air d'être vrai, les autres me laisse l'impression d'être faux.

Polo62
06/03/2021 à 21:04

Ba moi je pencherai plutôt vers ça

Godzilla (1998)
Mothra contre Godzilla (1964)
Godzilla (1954)
Le retour de Godzilla (1955)
Godzilla résurgence (2016)

Kaijul
06/03/2021 à 17:38

Globalement d'accord avec cette liste excepté pour Final Wars qui est sympathique mais trop foutraque et parfois HS.

Je lui aurait plutôt mis GODZILLA, MOTHRA, KING GHIDORAH GIANT MONSTERS ALL OUT ATTACK ou GMK pour les intimes, qui est plus généreux mieux écrit avec de meilleurs SFX.

Et en plus il est réalisé par Shuzuke Kaneko le bonhomme responsable de la TRILOGIE GAMERA œuvre importante du genre et dont la quasi totalité des kaijul eiga actuels que ce soit oriental ou occidental, s'en inspire plus ou moins.

Karev
06/03/2021 à 17:10

Cette grosse purge foutraque de Final Wars, sérieusement?

Et Godzilla vs Mothra de 64 ou 92 ?
Godzilla vs Mechagodzilla II ?
Godzilla vs Destroyah ?

J'aime bien globalement les Japonais mais honnêtement ça n'arrive pas à la cheville une seconde de la trilogie Gamera des années 90, notamment les deux suites, à quand un retour d'Ecran Large sur ses petites perles méconnues?

zetagundam
06/03/2021 à 16:39

Plutôt d'accord avec cette liste, et très content d'y retrouver Biollante, même si je reste sur un avis mitigé concernant Shin Godzillla, que nous attendons toujours officiellement en France, car celui-ci présente un très grand nombre de fautes de goûts (par exemple la boule à facette)

Zapan
06/03/2021 à 14:31

Vu "Shin Godzilla" (resurgence) il y a tout juste 3 semaines en bon film du dimanche aprem.
J'ai été scotché! Super film de bout en bout même si des longueurs et défauts certes, mais ça faisait un moment que je n'avais pas été pris par un film comme ça.

Et oui, ce Godzilla est terrifiant, et le devient encore plus lorsqu'il utilise son rayon atomique pour la 1er fois. Une vraie vision de désespoir!
Et ce combat finale PAPAPAAAAA!!

XenoCloud
06/03/2021 à 13:05

Globalement d'accord sur les films sélectionnés excepté pour Godzilla Final Wars que j'ai trouvé difficile à suivre visuellement parlant. Et attention l'image avec Godzilla et Ghidorah sélectionnée pour Invasion Planète X ne provient pas de ce dernier mais de Godzilla vs King Ghidorah (1991).

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