Mort ou vif : un méta-western encore plus fou qu'Evil Dead et Spider-Man réunis ?

Simon Riaux | 6 février 2021
Simon Riaux | 6 février 2021

Boudé par le public et la critique à sa sortie, Mort ou vif est un condensé de style signé Sam Raimi, au moins aussi énergisant que Spider-Man ou Evil Dead.

Au milieu des années 90, Sam Raimi est déjà devenu le chouchou des amateurs d’horreur, des fans de série B et autres lecteurs de comics, la troupe bigarrée qui deviendra quelques années plus tard l’Internationale Geek, au cœur des attentions des studios. Mais ces derniers sont encore loin de voir dans le réalisateur d’Evil Dead un technicien capable de diriger leurs plus grosses productions.

Le cinéaste va pourtant avoir l’opportunité de faire ses armes sur un western au budget confortable, sur lequel il bénéficiera d’une liberté de ton appréciable. Intitulé Mort ou Vif, le résultat a aujourd’hui des airs de tour de force stylistique d’une puissance et d’une intelligence exceptionnelles. Mais rendons à César ce qui est à César, c’est avant tout à son actrice principale et productrice que l’on doit ce petit miracle.

 

affiche américaine"Les rapides et les morts"... tout un programme

 

COEUR DE STONE

On aura, des années durant, présenté Sharon Stone comme une belle plante ne devant la longévité de sa carrière qu’à l’unique Basic Instinct, qui l’imposa comme un sex-symbol instantané. Si sa performance dans le film de Paul Verhoeven demeure aujourd’hui son rôle le plus adulé, il a souvent éclipsé (aidé par le peu de curiosité des commentateurs d’alors) les différentes facettes de la créatrice. En effet, après avoir joué la redoutable Catherine Tramell, Stone, nouvelle sensation hollywoodienne, est courtisée par les majors.

Notamment Sony, qui n’hésite pas à la faire productrice d’un prochain film pour peu qu’elle y tienne le haut de l’affiche. Un procédé relativement courant, qui permet d’ouvrir des gratifications supplémentaires, d’accorder un chouïa de contrôle artistique en plus, mais qui est assez rarement l’occasion pour une star de se transformer en véritable producteur. Sauf que Sharon Stone n’est pas là pour la gloriole et se transforme bientôt en productrice à part entière. Impitoyable vient tout juste de remettre le western au goût du jour, et le récit crépusculaire de Clint Eastwood a donné une fièvre de nouvelle frontière à Hollywood. Tous les studios veulent faire parler la poudre, et Stone compte bien embrayer sur cette voie, jetant son dévolu sur le scénario écrit par Simon Moore, que Sony a acquis en 1993.

 

photo, Leonardo DiCaprioUn Kid en route pour la gloire

 

On comprend aisément ce qui a tapé dans l'oeil de cette artiste en quête de rôles forts, à la mesure de celui qui l'a fait connaître. Le récit est emmené par une héroïne, Ellen, qui évolue seule et sans demander son reste, dans un monde quasi exclusivement masculin, et franchement hostile à sa seule présence. L'intrigue s'ouvre alors qu'elle arrive à Redemption, cité sous la coupe du cruel Herod, qui en contrôle le moindre aspect et organise chaque année un concours de duellistes.

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commentaires
Birdy tire à blanc
08/02/2021 à 11:51

Film too much, ça pourrait passer si on s'intéressait un peu au résultat, cousu hélas de fil blanc. Reste Di Caprio, lumineux, Hackman, qu'on adore détester, et quand même la 1ère fois que je voyais la gueule pas commune de Russell Crowe, encore sacrément bogoss.
Mais pour le coup, les choix de mise en scène de Raimi, le côté m'as tu vu du découpage, trop tex avery, tue la tension dramatique au lieu de l'amplifiée. Un western, surtout avec des duels à répétition, c'est quand même sensé etre un peu tendu...
Alors Kill Bill a su rendre les films de samouraï popcorn et jouissifs, mais Raimi n'a pas su le faire du western.

Kyle Reese
07/02/2021 à 01:33

Eh bien, mon avis à la revoyure n'a finalement pas changé. Mise en scène trop artificielle et trop démonstrative. C'est du Raimi c'est sur mais ça ne fonctionne pas pour un western.
Trop de mouvements de caméra gratuit, trop d'effets qui donnent à certaines scènes l’impression d'une parodie et qui nous empêchent de profiter de l'impact émotionnel que devraient nous procurer les duels les plus dramatiques. Une proportion de gros plans, plans serrés et plan moyens, beaucoup trop élevé qui étouffe l'appréhension de l'espace de manière générale et plus précisément de la ville qui semble du coup toute petite comme rétrécie par l'utilisation à l'excès de longue focale. Excès de contre plongé. Le cast est bon surtout Hackman impérial et Di Caprio qui impressionnait déjà par son talent précoce. L'histoire est carrée, classique mais tendue avec des dialogues savoureux. Mais voilà, la mise en scène ne fonctionne ça ne fait pas western, ça manque d'ampleur, de respiration, de grand espace, de grand angle. Les scènes les plus satisfaisantes ne sont du coup pas du tout les scènes de duel tant attendues, un comble. Je comprend l'échec du film voir même son reniement de la part du réal et de Di Caprio. Dommage, content d'avoir revus les acteurs Hackman en méchant c'est toujours un plaisir.

Kyle Reese
06/02/2021 à 22:24

Vous m'avez très sérieusement donné envie de le revoir avec votre critique Mr Riaux. Vue qu'une fois au ciné, avis mitigé à l'époque j'avais eu du mal je pense entre le mix de modernité de la mise scène de Raimi et les influences des westerns que j'adulais. Léone et Eastwood. La mise en scène folle pour l'époque de Raimi m'avait semblé artificielle et démonstrative. Or c'est sans doute ce que pouvait penser certains puristes du Western quand ils ont découvert les western de Léone.
Et rien que le petit extrait proposé m'a excité au plus haut point, et ce ne sont pas l'effet des guns proposés dans la séquence qui m'ont fait ça mais Hackman, Crow et le petit jeunot à la gueule d'ange qui ira loin comme on disait à l'époque...

Mx
06/02/2021 à 18:28

Non, ce n'est pas un plagiat, c'est un film sous-influence, qui a bien des qualités pour lui, et pas seulement la présence de gene hackman.

Cépafo
06/02/2021 à 17:55

@Mx

T'as le droit de croire ce que bon te semble.Je maintiens la nullité , outre le plagiat d'il etait une fois dans l'ouest sans le talent des acteurs.Sauf Gene Hackman.

Bref les gouts et les couleurs.....mais le film est nul sinon(selon moi).

Mx
06/02/2021 à 14:37

T'as le droit de pas aimer, dire que le film est nul, nan jcrois pas!!

Que le film soit sous haute influence "leionnienne", personne n'a prétendu le contraire, l'ombre d'il était une fois dans l'ouest se faisant hautement sentir, à travers le trauma de l'héroïne, mais dire que le film est nul, dans la gamme des quelques westerns sortis à la même époque, au milieu des silverados et consorts, je trouve que c'est l'un de ceux qui s'en sort le mieux..

Cépafo
06/02/2021 à 13:56

L'un des moins aboutis de Sam Raimi.

Je l'ai trouvé nul. Une pale copie Leonienne. Sam Raimi nous a pondu des chefs d'oeuvre beaucoup plus marquants.

Gregdevil
06/02/2021 à 13:21

J'adore, tellement original pour un western. Manque un peut de rythme mais sinon le reste est top. Et quel casting. A part "pour l'amour du jeu" tout ses films sont top au pere Sam. Et oui, même son Spider Man 3.

Mx
06/02/2021 à 13:18

Ben peu être, mais il y a des gens qui aiment ce film aussi!!

Karev
06/02/2021 à 13:09

Pour l'anecdote, dans le podcast du PIFFF avec Alexandre Bustillo et Julien Maury, ils déclarent que Dicaprio (le duo refuse une offre de mettre en scène Esther, que Dicaprio produit) déteste viscéralement Mort ou Vif, considérant ce film comme l'un des pires de sa filmographie. Et visiblement Sam Raimi n'aime pas trop le film non plus vu comment il ne l'évoque jamais et va ouvertement faire une remise en question de son style par la suite sur Un plan Simple ou Intuitons après le fiasco critique et financier du film.

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