Inferno : on se perd dans le labyrinthe de terreur de Dario Argento

Simon Riaux | 23 janvier 2021
Simon Riaux | 23 janvier 2021

Les Frissons de l'angoisse et Suspiria sont considérés comme les chefs-d'oeuvre de Dario Argento. Mais on aurait tort d'oublier son labyrinthique Inferno.

Il paraît que l'enfer est pavé de bonnes intentions, il l'est aussi de bons films. Inferno est de ceux-là. Comptant parmi les plus aboutis formellement et extrêmes narrativement du réalisateur, il a souvent laissé le public interloqué, abasourdi. Raison de plus pour se replonger dans cette expérience aveuglante, véritable acte de sorcellerie couché sur pellicule.

 

Affiche officielle

 

TOUT POUR LES MAMANS 

Le giallo, sous-genre du thriller italien (le "crimi"), stylisé à l’extrême et reconnaissable par son extrême fétichisation des meurtres et de leur(s) auteur(s), fit la gloire de Dario Argento. Au fur et à mesure que ces récits devenaient sa signature, le cinéaste devint l’empereur de cette approche baroque et revitalisée du polar, au point d’y consacrer ce qu’on devait appeler sa célèbre trilogie animale. L'oiseau au plumage de cristal, puis Le chat à neuf queues et Quatre mouches de velours gris vont permettre au réalisateur de parfaire son style, d'affirmer une grammaire dont il n'est pas à l'origine, mais qui semble avoir été inventée pour permettre à ses motifs de gagner en ampleur et de développer un langage inédit, éclatant et hypnotique.

Cette furie créatrice qui se dessine alors sera parachevée par Les Frissons de l'angoisse, film tentaculaire et polymorphe, qui répond à Blow-up de Michelangelo Antonioni, autant qu'il appelle sa réponse, qu'apportera Brian De Palma avec Blow Out. Quand sort le film en 1977, la mise en scène d'Argento paraît alors avoir atteint son sommet, son univers est désormais porteur d'une charge symbolique qui laisse difficilement imaginer que l'auteur soit capable de se renouveler, ou de pousser plus loin les potards d'un monde déjà saturé d'idées, d'obsessions et de couleurs. Ce sera pourtant le cas avec Suspiria, entame d'une nouvelle trilogie, aboutie dans la douleur, voire le sang, mais à la puissance et à l'influence décisives au cours des décennies qui suivirent.

 

photo Mater TenebrarumLe bûcher des vanités

 

Suspiria est donc le premier opus du cycle des Trois Mères. Chacun d'entre eux s'intéresse à la demeure et à la figure d'une grande sorcière, ainsi qu'aux malheureux qui croisent leur chemin, ou pénètrent dans leur rayon d'influence. Le premier film lève le voile sur Mater Suspiriorum, le deuxième sur Mater Tenebrarum et le dernier, La Troisième mère, nous embarque aux côtés de Mater Lachrymarum. Avec Suspiria, Dario Argento se métamorphose en maître de l'hallucination, en génie ébouriffant, chef d'orchestre d'une formation surréaliste, qui embarque le spectateur pour un grand huit d'une violence et d'une intensité uniques en leur(s) genre(s).

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commentaires
prof west
24/01/2021 à 09:54

Perso je me suis perdu tout court dans les films d'argento jamais aimé ces films

Mx
23/01/2021 à 18:18

Ha un argento de la bonne époque, perso j'aime beaucoup, comme pour certains films, il ne faut pas forcément chercher une cohérence, il s'agit plutôt de "ressentir", de toute manière les films d'argento fonctionnent comme cela, la plupart du temps, visuel, ambiance, musique, tout est poussé à son paroxysme!!

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